Bateau pilote

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Bateau pilote du port du Havre

Le bateau pilote, ou pilotine, est un bateau rapide qui est utilisé pour transporter le pilote à bord des navires qui arrivent ou quittent le port. Ce navire appartient à la station de pilotage du port concerné. Il peut être construit spécialement pour effectuer ce travail. Dans les petits ports, ces bateaux peuvent également servir occasionnellement de bateau de service de lamanage.

Historique[modifier | modifier le code]

Les pilotes maritimes sont indissociables de leurs bateaux. Les pêcheurs furent les premiers à guider les navires aux entrées et sorties de port. Ce service était tellement important pour le commerce des cités du Moyen Âge que les villes, les guildes de marchands ou l’amirauté ont cherché très tôt à réglementer cette profession : examen de compétence, âge, chaloupe. Dès 1600 pour être pilote au Havre, il faut « avoir une chaloupe garnie d’ancres et d’avirons toujours prête à aller à l’avant des vaisseaux ».

Les pilotes travaillent suivant le principe de « l’attrape qui peut ». Ils se livrent une course sans merci pour être le premier à bord du plus gros navire ce dernier offrant le meilleur revenu. Nécessité faisant loi, les simples chaloupes de pêche se transforment en cotres, bricks, et autres goélettes avec pour principales caractéristiques : vitesse, sécurité, confort dans le gros temps, simplicité du gréement pour être manœuvrés en équipage réduit et esthétisme des lignes.

Petit à petit les pilotes se regroupent sous la pression des autorités pour rendre le service universel et fiable, tous les navires sont servis en fonction de leur arrivée. Ils partagent les revenus et construisent des bateaux plus gros en commun sur le principe de la « bourse commune ».

Au début du XXe siècle, les bateaux pilotes stationnaires (PSV = Pilot Station Vessel) apparaissent avec l’arrivée de la vapeur. Ils débarquent à la station les pilotes des navires sortants puis les embarquent sur les entrants au moyen de canots sous bossoir (à rames puis à moteur). Ces navires sont les gardiens des entrées de port, en route ou au mouillage, ils croisent 365 jours par an au point d’embarque officiel porté sur les cartes.

Après la seconde guerre mondiale, les progrès de l’architecture navale et la mise au point de petits moteurs Diesel de forte puissance permettent la mise en service de vedettes rapides qui accostent directement le navire, appelées pilotine (ou HST = High Speed Tender). Elles font la navette entre la terre et la station pilote pour servir les navires.

Bateau pilote stationnaire[modifier | modifier le code]

Bateau pilote stationnaire avec pilotine en transfert de pilote

On appelle bateau pilote stationnaire, un bateau pilote qui en raison du trafic intense, reste en position en mer. Il possède des embarcations de service sous bossoir lui permettant de délivrer et de récupérer les pilotes. Par exemple, le bateau pilote Elbe[1] positionné dans une zone où le mauvais temps est fréquent en hiver, est de type construction SWATH qui permet de limiter au minimum les mouvements.

La géographie des lieux, les conditions océanographiques et météorologiques locales imposent le moyen le plus favorable entre le bateau pilote stationnaire, la pilotine ou l’hélicoptère.

En France, les bateaux pilotes stationnaires ont été peu à peu abandonnés à Dunkerque, Le Havre, Rouen et Bordeaux.

La station de pilotage de la Loire est la dernière à posséder un bateau pilote stationnaire. La Couronnée IV[2] assure le service en Loire en restant au mouillage ou en route à 12 milles nautiques au large de Saint Nazaire. Elle a été conçue par le Bureau d’étude Mauric et construite par le chantier espagnol Armon en 2007.

La Couronnée IV, bateau pilote de la Loire

Les ports de San Francisco[3], New York[4], Houston, Rotterdam[5], Amsterdam, Anvers, Hambourg, Bremerhaven, Shanghaï[6] possèdent aussi des bateaux pilotes stationnaires.

En référence au Règlement international pour prévenir les abordages en mer[modifier | modifier le code]

Le bateau pilote en service de pilotage doit montrer en supplément des autres feux prescrits pour un navire de sa longueur, deux feux superposés visibles sur tout l'horizon, le feu supérieur étant blanc et le feu inférieur rouge. Ces feux sont mémorisés par la phrase cheveux blancs, nez rouge, ce qui n'est pas très flatteur pour les pilotes. La marque de jour d'un navire lorsqu'un pilote est à bord est le pavillon H du code international des signaux. Un bateau pilote par visibilité réduite peut faire entendre un signal de quatre sons brefs en plus des autres signaux règlementaires pour sa catégorie. Ce signal ne permet que d'attirer l'attention des autres navires pour l'identifier plus précisément (règle 35-k du Règlement international pour prévenir les abordages en mer).

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Elbe
  2. Visite du navire
  3. (en) « site des pilotes de San Francisco »
  4. (en) « site des pilotes de New York »
  5. (en) « site des pilotes de Rotterdam »
  6. (en) « site des pilotes de Shangaï »

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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