Bataille du Mont Graupius

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Bataille du Mont Graupius
Description de cette image, également commentée ci-après
Bennachie, lieu présumé de la bataille du Mont Graupius.
Informations générales
Date 83 apr. J.-C.
Lieu Bennachie ?, Écosse
Issue Victoire romaine
Belligérants
Calédoniens et Pictes Armée romaine
Commandants
Calgacus Julius Agricola
Forces en présence
30 000 hommes 20 000 hommes
Pertes
10 000 360

La bataille du Mont Graupius est une bataille ayant opposé en 83 ou 84 apr. J.-C. l'armée romaine dirigée par Julius Agricola aux Pictes ou Calédoniens de Calgacus en Calédonie (actuelle Écosse). Relatée par l'historien romain Tacite dans sa Vie d'Agricola, il s'agit d'une victoire romaine, la première contre les peuples de l'actuelle Écosse, dans le cadre de la campagne de conquête de la Bretagne de son beau-père, le gouverneur Julius Agricola.

Bien que vainqueurs, les Romains n'osèrent pas s'aventurer plus loin en territoire picte.

Le lieu précis de la bataille fait encore l'objet de débats. Selon certains historiens, on peut la situer à Bennachie, dans l'Aberdeenshire central[1].

Tacite imagine les discours des deux chefs et livre une description circonstanciée de la bataille dans son Agricola, XXIX-XXXVIII.

Le contexte historique[modifier | modifier le code]

Selon Tacite, Gnaeus Julius Agricola, son beau-père et gouverneur romain de Bretagne, avait envoyé sa flotte en avance afin de paniquer les Calédoniens, puis à atteint avec l'infanterie légère et les auxiliaires Bretons le site de la bataille où se trouvait déjà les ennemis.

Même si les romains étaient en infériorité numérique par rapport aux tribus bretonnes, celles ci refusaient de les rencontrer en bataille ouverte. Les Calédoniens étaient la dernière tribu a ne pas avoir été conquise, et après de nombreuses années à éviter les Romains, ils furent forcés à se battre quand les légions marchèrent sur les greniers qu'ils venaient de remplir avec les récoltes, ne pouvant pas les abandonner, au risque de mourir de faim durant le prochain hiver.

La bataille[modifier | modifier le code]

Toujours selon le récit de Tacite, Agricola disposa aux centres les 8000 auxiliaires et les 3000 cavaliers sur les flancs, tandis que les légionnaires restaient en réserve dans leur camp. Les estimations de la taille de l’armée romaine varient entre 17000 et 30000 hommes. L'armée calédonienne, dont Tacite prétend qu'elle était dirigée par Calgacus (Tacite mentionne seulement qu'il donna un discours, probablement fictif), a été estimée à plus de 30 000 hommes. Elle était stationnée principalement sur un terrain plus élevé; ses premiers rangs étaient sur le terrain plat, mais les autres rangs s'élevaient en gradins, sur la pente de la colline en formation de fer à cheval. Après un bref échange de projectiles, Agricola a ordonné aux auxiliaires (quatre cohortes de Bataves et deux cohortes d'épéistes Tongres) de lancer une attaque frontale contre l'ennemi. Les Calédoniens ont été abattus et piétinés sur les pentes inférieures de la colline. Ceux du haut tentent alors un mouvement de débordement, mais sont eux-mêmes débordés par la cavalerie romaine. Les Calédoniens sont ensuite mis en déroute et fuient pour se réfugier dans les bois voisins, mais ils ont été poursuivis sans relâche par des unités romaines bien organisées.

On dit que les Légions romaines n'ont pas pris part à la bataille, étant tenues en réserve tout au long de celle-ci. Selon Tacite, 10 000 Calédoniens ont perdu la vie contre seulement 360 soldats auxiliaires. 20 000 Calédoniens se replient dans les bois, où ils s'en sortent beaucoup mieux contre les poursuivants, les éclaireurs romains n'étant pas en mesure de localiser les forces restantes le lendemain matin.

Le récit de Tacite et sa mise en doute[modifier | modifier le code]

Les lieux présumés[modifier | modifier le code]

Les conséquences et la portée[modifier | modifier le code]

Après cette dernière bataille, il a été proclamé qu’Agricola avait finalement maîtrisé toutes les tribus de Grande-Bretagne. Peu de temps après il fut rappelé à Rome, et son poste est revenu à Sallustius Lucullus. Il est probable que Rome avait l'intention de poursuivre le conflit, mais que les exigences militaires ailleurs dans l'empire nécessitaient un retrait des troupes et l'occasion a été perdue.

La déclaration de Tacite "Perdomita Britannia et statim missa” ("La Grande-Bretagne a été complètement conquise et immédiatement abandonnée" en latin), dénote l'unification de toute l'île sous la domination romaine après le succès de la campagne d'Agricola.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  • (en) « Mons Graupius », in Scottish History, Lomond Books, éd. 2009, p. 36, 37.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Michael Lynch, Scotland, a New History, Pimlico, London, 1992
  • (en) James E. Fraser, The Roman Conquest Of Scotland: The Battle Of Mons Graupius AD 84
  • (en) Duncan B. Campbell, Mons Graupius AD 83, Oxford: Osprey Publishing, 2010.

Voir aussi[modifier | modifier le code]