Bataille du lac George

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Bataille du Lac George
Le général Johnson sauvant le baron Dieskau après la bataille, peinture de Benjamin West.
Le général Johnson sauvant le baron Dieskau après la bataille, peinture de Benjamin West.
Informations générales
Date 8 septembre 1755
Lieu Extrémité du sud de Lac George, État de New York
Issue Victoire britannique
Belligérants
Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Abénaquis
Drapeau du Royaume de Grande-Bretagne Royaume de Grande-Bretagne
Iroquois
Commandants
Jean Armand Dieskau
Jacques Le Gardeur, sieur de Saint-Pierre. †
William Johnson
Hendrick Theyanoguin (en)
Forces en présence
1 500 hommes 2 200 miliciens
300 Mohawks
Pertes
132 à 149 morts
163 à 184 blessés
27 prisonniers
154 à 223 morts
103 à 108 blessés
Guerre de Sept Ans
Batailles
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Saint-Louis (1758) · Gorée (1758) · Gambie

Coordonnées 43° 25′ 44″ N 73° 40′ 48″ O / 43.429, -73.6843° 25′ 44″ Nord 73° 40′ 48″ Ouest / 43.429, -73.68  

Géolocalisation sur la carte : États-Unis

(Voir situation sur carte : États-Unis)
 Différences entre dessin et blasonnement : Bataille du lac George.

Géolocalisation sur la carte : New York

(Voir situation sur carte : New York)
 Différences entre dessin et blasonnement : Bataille du lac George.

La bataille du lac George a été livrée le 8 septembre 1755 dans le nord de la colonie de New York. La bataille fait partie du théâtre nord-américain de la guerre de Sept Ans. Les forces britanniques, aidées par 300 Agniers et leur chef de guerre, le "Roi Hendrick", ont gagné la bataille.

Contexte[modifier | modifier le code]

Carte de la région, de 1777, permettant de positionner, le fort Saint Frédéric sur le lac Champlain, le fort Carillon, le lac du Saint Sacrement (lac George), le futur fort William Henry et le fort Edward

Après la bataille de la Monongahela, et la déroute des Anglais, les Français saisirent un grand nombre de documents indiquant des plans d'attaques anglais contre les forts Frontenac, Niagara et Saint-Frédéric sur le lac Champlain.

Pour le marquis Pierre de Rigaud de Vaudreuil, l'attaque des forts Frontenac, Niagara étaient les plus menaçants. Il charge le baron Jean Armand Dieskau avec 3 000 hommes environ, d'effectuer une contre-attaque contre fort Oswego, afin d’enlever aux Anglais leur base d’opérations sur les Grands Lacs.
Lors du rassemblement de cette force armée qui avait lieu au fort Frontenac, les Français apprirent que le colonel William Johnson était en route attaquer fort Saint-Frédéric et ravager le pays jusqu’à Montréal.

Le marquis de Vaudreuil, ordonna au baron Dieskau, de se rendre au lac Champlain afin d’engager la bataille contre la milice coloniale de Johnson, signalée à l’extrémité supérieure lac George.

En route[modifier | modifier le code]

Début septembre, l’armée française ayant descendu la rivière Richelieu, campa au fort Carillon, en cours de construction puis se dirigea sur fort Frontenac.
Le baron Dieskau, décida de laisser un fort contingent pour la défense de ce dernier fort et avec une armée réduite à environ 3 000 hommes[1] il se dirige vers le lac Saint-Sacrement ou étaient positionnées les forces anglaises du colonel William Johnson composée d'une milice coloniale de 3 000 hommes environ et de 300 Indiens Agniers, commandés par leur chef Hendrick Theyanoguin.

Apprenant l'arrivée des troupes françaises à Ticonderoga, Johnson fit ériger un fort à l’extrémité supérieure du lac George[2] à environ 25 km à l'ouest de fort Edward, situé sur le fleuve Hudson.

Le 3 septembre, un prisonnier apprit à Dieskau que les forces ennemies s'étaient divisée et on lui fit croire que l’armée anglaise s’était repliée sur Albany, ne laissant que 500 hommes au fort Edward et que 2 400 miliciens attendu en renforts par Johnson, seraient acheminés directement vers le lac George sans passer par fort Edward.

Dieskau, décida alors de marcher sur le fort Edward avec un corps d’élite de 1500 hommes composé 200 réguliers, 600 miliciens et environ 700 Indiens. Il laissa au fort Carillon, 1 300 réguliers et 400 miliciens pour défendre le fort en cas d’une attaque des Anglais.

Les forces en présences[modifier | modifier le code]

Britanniques

Les troupes britanniques sont sous le commandement du général William Johnson


Français

Les troupes Françaises sont sous le commandement du baron Jean Armand Dieskau

La bataille[modifier | modifier le code]

Le 7 septembre 1755, le détachement français arrive sur le fleuve Hudson, se positionne pour attaquer le fort Edward.
La position fortifiée étant défendue par des canons, les indiens refusèrent d'attaquer. Au lieu d'attaquer uniquement avec les réguliers et les miliciens, Dieskau, décida d'attaquer l'ennemi à l’extrémité supérieure du lac George[2] où il était moins bien retranché et avec l'aide des indiens.

Le 8 septembre 1755, l'armée Française se dirigent en 3 colonnes vers le lac George, les réguliers par la piste, les Indiens et les Canadiens, en protection sur les flancs, progressent à travers la forêt. Durant le trajet, Dieskau est averti par un déserteur, qu'une colonne de secours, parti du lac George, forte de 1 000 hommes et 200 indiens était en marche pour fort Edward, William Johnson le croyant assiégé.
Jean Armand Dieskau, déploie alors ses troupes afin de tendre une embuscade à la colonne ennemie et en interdisant aux miliciens et aux Indiens de tirer avant que les troupes régulières aient ouvert le feu, afin de tendre le même piège que lors de la bataille de la Monongahela.

À 10h30, la colonne de Johnson tomba dans le piège, mais s'en aperçu prématurément. À 11h00, le gros des troupes anglaises put se replier dans la confusion, vers le camp de Johnson, situé à l’extrémité supérieure du lac George, pendant qu'une centaine de soldats et les guerriers Mohawk engageaient un combat d'arrière garde, infligeant de fortes pertes aux Français. Pendant ces combats, Jacques Legardeur de Saint-Pierre, le colonel Ephraim Williams (en) et le chef indien Hendrick Theyanoguin (en) furent tués. La perte de leur chef ébranla le moral des Indiens.

Afin de s'assurer un succès complet, le baron Dieskau ordonna à ses miliciens Canadiens et aux Indiens de lancer une attaque sur le camp de Johnson. « Quant aux Indiens, « irrités d'avoir perdu quelques hommes » au cours de la bataille, ils se sont attachés à massacrer « 30. ou 40. prisonniers qu'ils avoient faits tant anglois que Sauvages, apres avoir ouvert les entrailles aux chefs des Sauvages ». »[3]

Alerté par les coups de feu, les Anglais avaient en hâte construit des barricades défensives avec des « charettes, bateaux renversés et des arbres taillés en bas » et positionnant 3 canons tirant en direction de la route et un quatrième canon positionné au sommet de la colline. Les défenseurs furent bientôt rejoints par les hommes du détachement des vaincus. 500 hommes furent détachés pour garder les flancs du camp et le reste prirent position derrière la barricade.

À 12h30, Dieskau fait attaquer ses 222 grenadiers français en une colonne, avec six soldats de front, les conduisant en personne contre le camp de Johnson. Les Canadiens et une partie des Indiens progressent, en soutient, à travers les bois. Les artilleurs américains tirent alors à la mitraille sur la colonne, obligeant l'armée régulière française à retraiter et à se mettre à couvert. Le baron Dieskau est blessé à la jambe une première fois. Après avoir échoué au centre de la position britannique, les Français font une deuxième tentative contre le flanc droit britannique qui est à nouveau repoussé. Pendant ce temps, la fusillade devient générale sur l'ensemble du front.

Après plusieurs heures, la bataille se termina en impasse. Le baron Dieskau blessé une seconde fois, est remplacé par Pierre-André Gohin de Montreuil qui vers 17h00, laisse en arrière garde l'armée régulière, les forces françaises se retirant en bon ordre, malgré le harcèlement des Anglais jusque vers 19h.

Bilan[modifier | modifier le code]

Pendant ce combat et l'embuscade qui précède les Anglais et leurs alliés perdent 191 tués, 150 blessés et 62 disparus tandis que les Français ont 132 tués, et 184 blessés.

Le bilan côté officiers et officiers supérieurs est lourd :
Parmi les morts, on peut signaler ;
Le colonel Ephraim Williams, les capitaines Ingersal, Puter, Ferral, Stoddert, McGimes et Steevens, tous les officiers indiens ainsi que leur chef Hendrick Theyanoguin coté anglais
Jacques Legardeur de Saint-Pierre coté français.

Parmi les blessés on peut signaler ; Le général William Johnson, le major Nichols chez les Anglais.
Coté français, le baron Jean Armand Dieskau blessé trois fois fut fait prisonnier. Il fut libéré après 8 ans de captivité, en 1763.

À la nouvelle de cette bataille, le marquis de Vaudreuil, était furieux contre baron Dieskau. En effet ce dernier avait désobéi aux ordres, lui ordonnant de ne pas diviser ses forces, manquant ainsi l’occasion de massacrer les Anglais.
Le baron Dieskau avait joué et perdu. Toutefois il démontra un grand courage personnel, une grande capacité d’adaptation à la guerre nord-américaine dans sa tentative d’embuscade et infligea de lourde pertes à l’ennemi réussissant ainsi à stopper l’invasion prévue.

Pour les Anglais, cette bataille est considérée comme une grande victoire, alors qu’il ne s’agit que d’un succès tactique.

Les Anglais demeurèrent à l’endroit qui devait devenir le fort William Henry, et les Français construisirent le fort Carillon.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. 1 500 réguliers, 1 000 miliciens 500 à 600 Indiens
  2. a et b sur l’emplacement du futur Fort William Henry également connu sous le nom de Fort George
  3. Guy Frégault, La Guerre de la Conquête 1754-1760, FIDES,‎ 2009, 520 p. (ISBN 9782762129892), p. 150

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]