Bataille du convoi Espero

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Bataille du convoi Espero
Description de cette image, également commentée ci-après
Le croiseur léger HMS Orion, navire amiral du Vice-amiral Tovey.
Informations générales
Date
Lieu Sud-ouest de la Crète, mer Méditerranée
Issue Indécise (voir section conséquences)
Belligérants
Naval Ensign of the United Kingdom.svg Royal Navy
Naval Ensign of Australia.svg Royal Australian Navy
Flag of Italy (1861-1946) crowned.svg Regia Marina
Commandants
Drapeau du Royaume-Uni John ToveyFlag of Italy (1861-1946) crowned.svg Enrico Baroni
Forces en présence
5 croiseurs légers3 destroyers
Pertes
1 croiseur léger légèrement endommagé1 destroyer coulé
150-180 morts
47 capturés

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Coordonnées 35° 08′ 16″ nord, 20° 34′ 37″ est

Géolocalisation sur la carte : Méditerranée

(Voir situation sur carte : Méditerranée)
Bataille du convoi Espero

La bataille du convoi Espero est le premier engagement naval entre les navires de guerre Italiens et Alliés de la Seconde Guerre mondiale, l'affrontement s'étant déroulé le au sud-ouest de la Crète

La Regia Marina choisit trois destroyers de classe Turbine commandés par le capitano di vascello Enrico Baroni pour renforcer les positions italiennes de Cyrénaïque et livrer une unité de canons antichar. Mais sur leur route, ces navires rencontrèrent cinq croiseurs britanniques. Pris dans les feux des navires Alliés, le destroyer italien Espero fut coulé tandis que les autres navires parvinrent à s'échapper.

Arrière-plan[modifier | modifier le code]

Le , l'Italie déclare la guerre à la Grande-Bretagne et à la France. Face à l'avance des forces blindées de l'armée britannique en Cyrénaïque, le haut commandement italien décida d'envoyer une unité antichar à Tobrouk le plus vite possible. L'unité comprenait dix canons antichars, 110 tonnes de munitions et 162 soldats.

Prélude[modifier | modifier le code]

Les Italiens ont choisi trois destroyers de classe Turbine (Espero, Zeffiro et Ostro) pour transporter l'unité antichar, pour leur grande vitesse (36 nœuds, 67 km/h) et leur capacité de chargement. La flottille italienne était commandée par le capitano di vascello Enrico Baroni. Deux petits navires d'escorte de la Première Guerre mondiale, le Pilo et le Missori, transportant 52 soldats et des approvisionnements supplémentaires, partirent indépendamment pour Tobrouk quelques heures plus tard.

Au même moment, trois convois alliés — deux de Malte et un autre de Grèce — se dirigeant vers Alexandrie étaient couverts par sept croiseurs (deux croiseurs légers — HMS Capetown et Caledon — et cinq du 7e escadron de croiseurs: HMS Orion (navire amiral), Liverpool, Gloucester, Neptune et HMAS Sydney) et 16 destroyers. Les navires de guerre britanniques étaient commandés par le vice-amiral John Tovey. L'opération Alliée était soutenue par les hydravions à coque Sunderland d'Alexandrie et de Malte.

La bataille[modifier | modifier le code]

Carte de la bataille.

Les destroyers italiens sont localisés à midi par deux Sunderland à environ 80 km à l'ouest de l'île de Zante. Alors à portée de tir du 7e escadron du vice-amiral Tovey, l'ordre est lancée d'intercepter les Italiens en deux divisions.

Les 6 premiers salves de 150 mm des croiseurs alliés sont tirés à 18 h 30 sur la flottille italienne prise par surprise, à une distance de 16 000 mètres. Baroni comprenant que la flotte britannique n'était pas à portée de tirs, et ce malgré la meilleure vitesse de ses navires, décida de sacrifier l'Espero afin de permettre aux deux autres destroyers de s'échapper. L'Espero posa des écrans de fumée et mena des manœuvres évasives pendant que les Zeffiro et Ostro se dirigèrent en toute sécurité vers le sud-ouest à pleine vitesse.

Malgré des tirs nourris, l'Espero ne fut touché qu'à 19 h 20 à une distance de 13 000 mètres. À ce moment, Tovey avait abandonné la poursuite des deux autres destroyers. Après 130 minutes de combats acharnés et environ 5 000 obus tirés, la 7e escadron envoya l'Espero par le fond.

Un seul obus italien de 120 mm heurta le Liverpool à seulement 3 pieds au-dessus de la ligne de flottaison, ne causant que peu de dommages. Le Sydney sauva 47 hommes du destroyer italien, et six autres furent retrouvés vivants par un sous-marin italien près de 20 jours plus tard. Le capitaine Baroni, décédé lors de l'affrontement, fut décoré à titre posthume de la Medaglia d´oro al valor militare.

Conséquences[modifier | modifier le code]

Les destroyers Zeffiro et Ostro atteignent Benghazi le lendemain et Tobrouk peu de temps après. Les deux tiers du convoi avaient été sauvés. Les navires Pilo et Missori arrivèrent également en toute sécurité en Libye avec leurs précieuses cargaisons après avoir été détournés vers le port de Tripoli. À l'inverse, les dépenses massives des obus des croiseurs britanniques exacerbèrent la pénurie de munitions à Alexandrie, de sorte que les convois prévus vers Malte furent reportés de deux semaines. 

Des leçons ont été tirées des deux côtés après cette bataille. Pour les Alliés, la bataille a montré qu'une action navale de jour à longue portée était peu susceptible d'être décisive lorsque les unités ennemies surpassaient leur propre vitesse. Pour les Italiens, ce fut une triste leçon sur l'importance d'une surveillance aérienne bien coordonnée. Si des avions italiens avaient repéré les croiseurs alliés avant qu'ils ne soient à portée, les trois destroyers auraient pu s'en échapper indemnes.

Ordre de bataille[modifier | modifier le code]

(F) désigne navire amiral

Alliés[modifier | modifier le code]

Naval Ensign of the United Kingdom.svg

  • Vice-Amiral John Tovey7e escadrons de croiseurs

Croiseurs légers: Orion (F), Neptune, HMAS Sydney, Gloucester et Liverpool.

Italien[modifier | modifier le code]

Flag of Italy (1861-1946) crowned.svg

  • Capitaine de vaisseau Enrico Baroni2e escadron de destroyers

Destroyers: Espero (F), Ostro, Zeffiro

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Michel Vergé-Franceschi, Dictionnaire d'Histoire maritime, Paris, éditions Robert Laffont, coll. « Bouquins », , 1508 p. (ISBN 2-221-08751-8 et 2-221-09744-0)
  • Guy Le Moing, Les 600 plus grandes batailles navales de l'Histoire, Marines Éditions, , 620 p. (ISBN 978-2-35743-077-8)
  • Bragadin, Marc-Antoine, de la Marine italienne dans la seconde Guerre mondiale, 1re éd., US Naval Institute, Annapolis, 1957. (ISBN 087021327X)
  • Greene, Jack & Massignani, Alessandro : La Guerre navale dans la Méditerranée, 1940-1943, Chatam Publishing, Londres, 1998. (ISBN 1-86176-057-4).
  • Miller, Nathan : la Guerre sur Mer : Une Histoire de la Marine de la seconde Guerre Mondiale, Oxford University Press, Oxford, 1995. (ISBN 0-19-511038-2) (Pbk.).
  • De la Sierra, Luis: La Guerra Navale en el Mediterráneo, Editorial Juventud, Barcelone, 1976. (ISBN 84-261-0264-6). (es)
  • Vincent P. O'Hara, Struggle for the Middle Sea: The Great Navies at War in the Mediterranean Theater, 1940–1945, Annapolis, Maryland, Naval Institute Press, (ISBN 978-1-59114-648-3)
  • Richard Woodman, Malta Convoys 1940–1943, London, John Murray, (ISBN 0-7195-6408-5)