Bataille du col de Mang Yang

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La bataille du col de Mang Yang (également connue comme la bataille de An Khe ou bataille de Dak Po) est officiellement la dernière bataille de la guerre d'Indochine. Ce fut l'une des plus sanglantes défaites de l'Union française avec la bataille de Dien Bien Phu en 1954 et de la bataille de la RC 4 en 1950.

Arrière-plan[modifier | modifier le code]

Le Groupement mobile no 100 (G. M. 100) était une task force du Corps expéditionnaire français en Extrême-Orient. Il comprenait une unité d'élite, le Bataillon de Corée qui avait combattu durant la guerre de Corée à Chipyong-ni, Wonju et à la bataille de Crèvecœur.

Embuscades[modifier | modifier le code]

Le 24 juin, 1954, soucieux d'éviter une deuxième catastrophe comme le siège de Dien Bien Phu, l'état-major français a ordonné au G. M. 100 d'abandonner sa position de défense à An Khê (en) dans les montagnes centrales et de revenir à Pleiku, à quelque 50 km à l'ouest via la RC 19 (Route coloniale 19) alors que les rapports des Services de Renseignement français font état de la présence de plusieurs régiments Viet Minh (le 803, le 810, le 120 et le 96) comprenant plus de 15 000 combattants appuyés par 25 000 porteurs divers et brancardiers, sur le parcours de cette RC 19[1].

C'est l'opération Églantine.

À 14h15, la colonne tombe dans une embuscade de troupes Viet Minh appartenant au 803e régiment, et subit de lourdes pertes. L'embuscade est montée sur trois kilomètres, entre le kilomètre 12 et le kilomètre 15. Les restes du G. M. 100 réussissent à s'échapper. Rejoints par le G. M. 42 et le 1er groupe, ils doivent encore parcourir plus de 30 km de route en territoire contrôlé par l'ennemi. Les 28 et 29 juin, ils tombent dans une autre embuscade du 108e régiment du Viet-Minh à Dak Ya-Ayun. Les survivants atteignent finalement Pleiku le jour suivant.

En cinq jours de combats, le G. M. 100 a perdu 85 % de ses véhicules, 100 % de son artillerie, 68 % de ses équipements de transmission et de 50 % de ses armes légères. La compagnie d'état-major n'a plus que 84 hommes sur 222. Le 43e colonial, le 1er et le 2e Bataillon de Corée qui comptait environ 834 hommes chacun n'ont plus que respectivement 452, 497, et 345 hommes. Le 2e Groupe du 10e d'artillerie coloniale qui a été réduit à combattre comme une compagnie d'infanterie, après la perte de tous ses canons, ne compte plus que 215 hommes sur les 475 d'origine. Plusieurs hommes dont le colonel Barrou ont été faits prisonniers de guerre[2]. En comparaison, le 96e régiment Viet-Minh a perdu 100 hommes[3],[4].

Le 29 juin, le reste du 1er bataillon de Corée reçoit l'ordre de prendre part à l'opération Myosotis afin d'ouvrir la RC 14 (Route coloniale 14) entre Pleiku et Buôn Ma Thuột qui était à plus de 96 kilomètres au sud. Le 17 juillet, la colonne tombe dans une embuscade au col de Chu Dreh tendue par les unités locales du 96e régiment Viet-Minh. Lorsque les survivants sont enfin arrivés à Ban Me Thuot, le lendemain, il ne restait plus que 107 hommes sur 452, dont 53 blessés. En outre, 47 véhicules supplémentaires ont été perdus.

Conclusion[modifier | modifier le code]

L'embuscade et la destruction du GM 100 sont considérées comme la dernière bataille de la première guerre d'Indochine. Trois semaines plus tard, le 20 juillet 1954, un cessez-le-feu est annoncé lorsque les accords de Genève sont signés et l'armistice entre en vigueur le 1er août, mettant fin à l'Indochine française et ouvrant la voie à la partition du Vietnam le long du 17e parallèle. Les dernières troupes françaises quittent le Sud-Vietnam en avril 1956, à la demande du Président Ngô Đình Diệm.

Ordre de bataille[modifier | modifier le code]

Forces françaises[modifier | modifier le code]

Les G. M. (Groupement mobile) ont été conçus comme des régiments autonomes motorisés de la force opérationnelle calqués sur le modèle de l'Armée américaine de la Seconde Guerre mondiale de régiments groupes de combat. Les G. M. sont généralement composés de trois bataillons d'infanterie plus un bataillon d'artillerie, ainsi que des éléments blindés légers, du génie, des transmissions et services de santé actifs, pour un total de 3 000 à 3 500 soldats[2].

Les unités du G. M. 100 comprennent :

  • Le bataillon de Corée (formé des 1er et 2e bataillons de Corée).
  • Le bataillon de marche du 43e régiment d'infanterie coloniale.
  • Le 520e TDKQ (Tiểu-đoàn Khinh-quân), un bataillon léger de la l'armée nationale vietnamienne qui était en garnison à An Khe.
  • Le 2e groupe du 10e régiment d'artillerie coloniale.
  • Le 3e escadron du 5e cuirassiers “Royal Pologne” régiment de cavalerie blindée (en réserve à Pleiku quand le GM 100 a quitté An Khe)

Les forces du Viet Minh[modifier | modifier le code]

Le 96e régiment Viet-Minh comprenait :

  • Le 40e bataillon (trois compagnies d'infanterie).
  • Le 79e bataillon (deux compagnies d'infanterie).
  • Deux compagnies d'armes (mortiers, canons sans recul...).

Dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

La scène d'ouverture du film Nous étions soldats – à propos de la bataille de Ia Drang en novembre 1965 – fait allusion à la destruction du Groupement mobile no 100, même si les deux champs de bataille sont distants de plus de 50 km.

Le roman Le facteur s'en va-t-en guerre relate l'embuscade dans laquelle est tombée le GM no 100.

Sources[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  • Fall, Bernard., Street Without Joy: The French Debacle in Indochina. Stackpole Military History, 1961, (ISBN 0-8117-3236-3)
  • Summers Jr., Harry G. Historical Atlas of the Vietnam War. 1995 (ISBN 0-395-72223-3)
  • Kirk A. Luedeke, Death on the Highway: The Destruction of Groupement Mobile 100. Armor Magazine, January–February 2001, p. 22–29.
  • Từ Điện Biên Phủ đến Bắc Tây Nguyên. Trung đoàn 96 - trận tiêu diệt binh đoàn cơ động 100 của Pháp. NXB Quân đội Nhân dân, 1995.(De Dien Bien Phu au Nord des montagnes centrales - Le 96e Régiment et la bataille qui détruisit le Groupement Mobile 100 Français. Maison d'édition de l'Armée Populaire, 1995).

Liens externes[modifier | modifier le code]