Bataille du Piave

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Offensive du Piave
Bataille du Piave
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Cours du Piave, qui était aussi la principale ligne de défense de l'armée italienne entre 1917-1918

Informations générales
Date du 10 au
Lieu Le long du fleuve Piave
en Italie
Issue Victoire alliée décisive
Belligérants
Drapeau du Royaume d'Italie Royaume d'Italie
Drapeau de la France France
Drapeau du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande Royaume-Uni
Drapeau de l'Autriche-Hongrie Autriche-Hongrie
Commandants
Armando Diaz Arthur Arz von Straußenburg
Forces en présence
58 divisions italiennes
6 divisions françaises
5 divisions britanniques
57 divisions
Pertes
Environ 80 000 morts et blessés Environ 60 000 morts
80 000 blessés
30 000 prisonniers
10 000 disparus

Première Guerre mondiale

Batailles

Front italien
1re Isonzo (06-1915) · 2e Isonzo (07-1915) · 3e Isonzo (10-1915) · 4e Isonzo (11-1915) · 5e Isonzo (03-1916) · Trentin (06-1916) · 6e Isonzo (08-1916) · 7e Isonzo (09-1916) · 8e Isonzo (10-1916) · 9e Isonzo (11-1916) · 10e Isonzo (05-1917) · Mont Ortigara (06-1917) · 11e Isonzo (08-1917) · Caporetto (12e Isonzo) (10-1917) · Piave (06-1918) · San Matteo (08-1918) · Vittorio Veneto (10-1918)


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Bataille de l'Atlantique
Coordonnées 45° 49′ 50″ Nord 12° 12′ 34″ Est / 45.830555555556, 12.209444444444

Géolocalisation sur la carte : Vénétie

(Voir situation sur carte : Vénétie)
 Différences entre dessin et blasonnement : Bataille du Piave.

Géolocalisation sur la carte : Italie

(Voir situation sur carte : Italie)
 Différences entre dessin et blasonnement : Bataille du Piave.

La bataille du Piave ou offensive du Piave est une bataille qui s'est déroulée en juin 1918 dans le Nord de l'Italie au cours de la Première Guerre mondiale. Elle s'est conclue par la défaite de l'armée austro-hongroise, dont elle a constitué la dernière offensive majeure au cours de la guerre.

Contexte[modifier | modifier le code]

Après le succès remporté par les troupes germano-austro-hongroises en novembre 1917, le front italien s'est stabilisé sur le Piave, en partie en raison de l'épuisement de l'offensive des puissances centrales, en partie à cause des renforts acheminés en urgence par les Alliés et de la préparation d'une ligne de défense sur le fleuve[1]. Au cours des mois suivants, les troupes austro-hongroises tentent plusieurs franchissements du fleuve, comme les alliés tentent de mener à bien la reconquête des territoires perdus[2].

Préparation de l'offensive[modifier | modifier le code]

Planifiée durant le premier trimestre de l'année 1918, conjointement avec le commandement allemand, cette offensive vise à obtenir la sortie de l'Italie du conflit[3].

Lors de la conférence de Spa, le 12 mai, le commandant des unités austro-hongroises, Arthur Arz von Straußenburg, annonce à ses homologues allemands, qui l'approuvent, sa volonté de lancer une offensive contre le front italien dans le mois suivant[3].

Différents plans ont été élaborés mais l'indécision de l'empereur, incapable de choisir entre deux bonnes idées, aboutit à la préparation de deux offensives, les affaiblissant l'une et l'autre. En effet, Charles donne son accord pour deux attaques conjointes[3], l'attaque frontale, préconisée par le maréchal Svetozar Boroevic von Bojna et la manœuvre de contournement, proposée par Franz Conrad von Hötzendorf[4]. La mise en œuvre de ces plans, du moins dans leur phase de préparation, est rapidement connue des commandants de troupes alliés, qui planifient des contre-mesures pour contrer l'attaque austro-hongroise[5].

Effectifs engagés[modifier | modifier le code]

Quelques 58 divisions, austro-hongroises uniquement, sont engagées dans la grande attaque dans le nord de l'Italie, destinée à prendre les Italiens en tenailles. Le général Franz Conrad von Hötzendorf, qui opère dans la région du Trentin, reçoit l'ordre de prendre Vérone, tandis que le maréchal Svetozar Boroevic von Bojna, réservé sur le succès de cette offensive[6], doit traverser le Piave et gagner l'Adige et la ville de Padoue.

Les unités engagées par la double monarchie sont affaiblies par les privations alimentaires et mal ravitaillées en armes et munitions. De ce fait, elles n'ont pas le moral nécessaire pour mener une telle offensive[7].

Déroulement de l'offensive[modifier | modifier le code]

Ajournée depuis le 28 mai, attendue par les Italiens, l'offensive va rapidement tourner au fiasco pour les unités engagées par la double monarchie.

Le 13 juin 1918[modifier | modifier le code]

Les Austro-Hongrois lancent une attaque de diversion sur le col de Tonale dans le nord de l'Italie afin que les Italiens ne puissent pas soupçonner qu'ils préparent une offensive sur le Piave.

Du 15 au 22 juin 1918[modifier | modifier le code]

Dès le premier jour, l'offensive austro-hongroise doit affronter une armée italienne décidée à la tenir en échec. En effet, parfaitement informés des projets autrichiens grâce à des déserteurs[8], les contre-mesures italiennes remettent en cause les concentrations austro-hongroises : les tirs de barrage sur les positions ennemies éliminent un certain nombre de batteries austro-hongroises et un grand nombre d'unités[5], les déploiements d'unités austro-hongrois ayant été signalés au commandement italien par les déserteurs[4].

Dans le nord, les Xe et XIe armées de Hötzendorf sont arrêtées dès le deuxième jour de l'offensive. Elles subissent ensuite les puissantes contre-attaques des réserves constituées par les Ve et VIe Italiens renforcés par des unités britanniques et françaises[5]. Contraints de battre en retraite, les Austro-Hongrois perdent 40 000 hommes.

À l'est, les Austro-Hongrois attaquent sur la ligne du Piave sur un front large de 24 km. Durant plusieurs jours, leurs IVe et Ve armées progressent difficilement avant de buter contre les défenses des IIIe et VIIIe armées italiennes. Ayant lancé de fragiles ponts sur le fleuve, ils gagnent un peu de terrain (4 km) sur la rive droite. Cependant, malgré un ravitaillement important[N 1],[9], ils échouent à élargir ces têtes de ponts[10].

Le 18, employant des réserves massées tout près des lignes, une contre-attaque italienne oblige les Autrichiens à se replier sur la rive gauche[10].

Le 19 juin, l'as de l'aviation italienne, Francesco Baracca, trouve la mort alors qu'il effectuait une mission de harcèlement avec la 91e squadriglia (escadrille) au-dessus des positions ennemies.

Issue de l'offensive[modifier | modifier le code]

L'offensive austro-hongroise se désagrège en raison du mauvais temps et des attaques aériennes qui affaiblissent les lignes de communication et rendent difficile le ravitaillement des troupes. Le 22 juin, les Austro-Hongrois en déroute battent en retraite sur le Piave. Leurs pertes s'élèvent à 150 000 hommes dont 24 000 prisonniers.

Néanmoins, le chef d'état-major italien, le général Armando Diaz, décide de ne pas poursuivre l'ennemi malgré les demandes de Foch[11]. Il préfère renforcer ses troupes pour une offensive ultérieure qu'il espère décisive. Repoussant son offensive au mois d'octobre, il réclame aux Alliés un certain nombre de moyens, des chars, des obus à gaz et des renforts américains, afin d'obtenir les moyens d'une décision définitive[11].

Bilan de ce désastre[modifier | modifier le code]

Causes de l'échec de l'offensive austro-hongroise[modifier | modifier le code]

Les causes de l'échec essuyé par les puissances centrales sont multiples.

Tout d'abord, la chaîne de commandement n'était pas rationnellement organisée. Plusieurs centres de commandement exerçaient conjointement une autorité sur la planification et l'exécution des opérations, depuis le siège du commandement centralisé à Baden jusqu'au poste de commandement avancé mis en place au plus près de l'offensive, à Belluno[12].

Ensuite, l'armée austro-hongroise était de faible qualité combattive et morale. Sur les différents fronts où elle était engagée, elle comprenait, outre les Autrichiens et les Hongrois, des contingents tchèques, slovaques, roumains, slovènes, croates... dont la solidarité avec la double-monarchie était toute relative. Après quatre années de guerre, la lassitude et la démoralisation envahissaient des troupes d'ailleurs mal nourries et mal approvisionnées en munitions.

Lors de l'offensive du Piave, l'artillerie de rupture et les unités pour exploiter la percée ont fait défaut le moment venu[13].

Cette bataille a donc révélé l'état de désagrégation de la force militaire austro-hongroise à cette étape du conflit. L'offensive italienne d'octobre confirmera pleinement ce fait (Vittorio Veneto, 24 octobre 1918). La complète défaite autrichienne précèdera de peu l'armistice allemand du 11 novembre.

Conséquences[modifier | modifier le code]

Au termes de huit journées de combat, en dépit d'indéniables succès initiaux, les unités austro-hongroises comptent 125 000 soldats perdus, dont 25 000 prisonniers[5].

Tout d'abord, les militaires austro-hongrois, tablant sur un succès (et sur la conquête des stocks alliés amassés près de la ligne de front), ont vidé les entrepôts militaires de la double monarchie. Ainsi, le 16 juin, 29 trains de matériel sont partis de Vienne à destination de l'Italie. Cette initiative rend hasardeuse la poursuite du conflit, puisqu'elle remet en cause l'approvisionnement des unités engagées dans les Balkans et sur d'autres portions du front italien[9].

De plus, les pertes essuyées achèvent de convaincre les responsables austro-hongrois de la vanité de poursuivre une guerre perdue, Charles allant jusqu'à affirmer aux responsables allemands, « chez nous, c'est absolument terminé », lors de la conférence de Spa en aout[14].

À la suite de cette offensive, les unités austro-hongroises connaissent une crise morale aggravée, focalisée notamment sur la faillite du commandement. Pour y faire face, l'empereur Charles relève définitivement de son commandement Franz Conrad von Hötzendorf, considéré comme responsable de l'échec[N 2],[15]. De même, le chef d'état-major autrichien, Arthur Arz von Straußenburg, présente sa démision que l'empereur refuse pour des raisons politiques[16].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Les stocks de munitions de Vienne sont vidés afin de soutenir l'offensive.
  2. Il en porte une part de responsabilité, mais il n'a jamais été en mesure de remplir ses objectifs avec les moyens mis à sa disposition.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Schiavon, 2011, p. 181
  2. Schiavon, 2011, p. 182
  3. a, b et c Schiavon, 2011, p. 219
  4. a et b Bled, 2014, p. 384
  5. a, b, c et d Schiavon, 2011, p. 221
  6. Bled, 2014, p. 383
  7. Bled, 2014, p. 382
  8. Schiavon, 2011, p. 220
  9. a et b Bled, 2014, p. 385
  10. a et b Renouvin, 1934, p. 593
  11. a et b Renouvin, 1934, p. 594
  12. Schiavon, 2011, p. 222
  13. Schiavon, 2011, p. 223
  14. Fischer, 1961, p. 627
  15. Bled, 2014, p. 387
  16. Bled, 2014, p. 388

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Paul Bled, L'agonie d'une monarchie : Autriche-Hongrie 1914-1920, Paris, Taillandier, , 464 p. (ISBN 979-10-210-0440-5). Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Fritz Fischer (trad. Geneviève Migeon et Henri Thiès), Les Buts de guerre de l’Allemagne impériale (1914-1918) [« Griff nach der Weltmacht »], Paris, Éditions de Trévise, , 654 p. (notice BnF no FRBNF35255571) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Pierre Renouvin, La Crise européenne et la Première Guerre mondiale, Paris, Presses universitaires de France, coll. « Peuples et civilisations » (no 19), (réimpr. 1939, 1948, 1969 et 1972) (1re éd. 1934), 779 p. (notice BnF no FRBNF33152114) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Max Schiavon, L'Autriche-Hongrie la Première Guerre mondiale : La fin d'un empire, Paris, Éditions SOTECA, 14-18 Éditions, coll. « Les Nations dans la Grande Guerre », , 298 p. (ISBN 978-2-9163-8559-4) Document utilisé pour la rédaction de l’article

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]