Bataille de Vertières

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Bataille de Vertières
Informations générales
Date 18 novembre 1803
Lieu Près du Cap-Français
Issue Victoire décisive haïtienne,
Départ du corps expéditionnaire français,
Indépendance de Saint-Domingue renommée Haiti
Belligérants
Drapeau de la France République française Flag of Haiti (1803-1804).svg Rebelles haïtiens
Commandants
Donatien de Rochambeau Jean-Jacques Dessalines
François Capois
Forces en présence
2 000 hommes 27 000 hommes[1]
Pertes
~ 1 200 morts ou blessés 1 200 morts
2 000 blessés[2]

Révolution haïtienne

Batailles

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Expédition de Saint-Domingue
La Ravine-à-Couleuvres · Kellola · Plaisance · La Crête à Pierrot · Port-au-Prince · Vertières
Coordonnées 19° 44′ 00″ nord, 72° 13′ 28″ ouest

Géolocalisation sur la carte : Haïti

(Voir situation sur carte : Haïti)
Bataille de Vertières

La bataille de Vertières s'est déroulée à Vertières près du Cap-Français dans le nord de l'ancienne colonie française de Saint-Domingue (aujourd'hui Haïti), le 18 novembre 1803. Elle oppose les troupes commandées par le général de Rochambeau et à celles du général Jean-Jacques Dessalines, chef indépendantiste, né esclave. Ce fut la dernière bataille de l'Expédition de Saint-Domingue.

La surprenante résistance des troupes rebelles menées par Dessalines et la contribution de la 9e brigade commandée par François Capois à la victoire finale obligent Rochambeau à capituler.

Les combats[modifier | modifier le code]

La résistance française[modifier | modifier le code]

Le 18 novembre 1803, Jean-Jacques Dessalines ordonne de prendre le fort de Vertières, situé sur une colline à côté de la ville de Cap-Français. François Capois dit Capois-la-Mort commandait une demi-brigade qui est en partie décimée par le tir des canons en provenance du fort. Il lance un nouvel assaut, mais ses hommes sont encore fauchés, au pied de la colline, par la mitraille. Capois court chercher des renforts, puis pour la troisième fois, il lance ses forces à l'assaut de ce fort en vain et laissant une fois de plus de nombreux morts. Lors du quatrième assaut, il demande à ses hommes de le suivre en criant : « En avant ! En avant ! ». Pendant qu'il était à la tête de ses hommes, son cheval est touché par un boulet de canon, il tombe, mais Capois prend son épée, se relève et court se mettre à nouveau à la tête de ses soldats noirs en criant toujours « En avant ! En avant ! ». Son bonnet garni de plumes, est emporté par un boulet. Un messager personnel de Rochambeau monte sur son cheval et part vers Capois-La-Mort. Avec une voix forte, il crie: « Le général Rochambeau envoie des compliments au général qui vient de se couvrir de gloire comme ça ! ».

Les renforts de Dessalines[modifier | modifier le code]

Pour renforcer les bataillons épuisés de Capoix-La-Mort, Dessalines envoie des renforts sous les ordres des généraux Gabart, Clervaux et Jean-Philippe Daut. Au milieu de l'après-midi, Gabart prend position sur la butte de Charrier avec Benjamin Noël. Les combats redoublent d'intensité. Le soir venu, les deux tiers des défenseurs français étaient morts ou blessés.

La capitulation de Rochambeau[modifier | modifier le code]

Le lendemain matin, un officier français, Duveyrier, se rend aux sentinelles de Capois et est conduit au quartier général de l'armée haïtienne sur un cheval et porte le message suivant : « Le capitaine-général Rochambeau offre ce cheval comme une marque d'admiration pour l'« Achille noir » pour remplacer celui que son armée française regrette d'avoir tué ». Les pourparlers avec Dessalines durent une journée entière. Avant la tombée de la nuit, un accord est signé. Rochambeau obtient dix jours pour évacuer le fort de Vertières et embarquer les restes de son armée et quitter Saint-Domingue.

Les conséquences[modifier | modifier le code]

L'île est proclamée indépendante de la France officiellement le 1er janvier 1804 par l'Acte de l'Indépendance de la République d'Haïti lu par Dessalines aux Gonaïves. Haïti devient alors la première république noire au monde.

Lors de la seconde Restauration, le Royaume de France ne reconnaît pas cette indépendance acquise contre la République française. En 1826, le roi Charles X réclame à Haïti une indemnité de 150 millions de francs or à la jeune république pour que la France reconnaisse son indépendance ; quatre ans plus tard Charles X lance l'expédition d'Alger. En 1838, sous la Monarchie de Juillet, cette dette sera allégée par le roi Louis-Philippe à 90 millions de francs et fut intégralement versée à la France.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Jacques de Cauna, Haïti, l'éternelle révolution: histoire de sa décolonisation (1789-1804), p.177.
  2. Berthony DuPont, Jean-Jacques Dessalines: itinéraire d'un révolutionnaire, p.228.

3. Jean-Pierre Le Glaunec. L’armée indigène: La défaite de Napoléon en Haïti. Lux Éditeur. 2014