Bataille de Thessalonique

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Bataille de Thessalonique
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Victoire Bulgare à Thessalonique, Chronique de Jean Skylitzès

Informations générales
Date 995
Lieu Près de Thessalonique
Issue Victoire bulgare
Belligérants
Empire byzantin Premier Empire bulgare
Commandants
Grégoire Taronitès
Ashot Taronites
Samuel Ier de Bulgarie

Guerres byzantino-bulgares

Coordonnées 40° 39′ 00″ N 22° 54′ 00″ E / 40.65, 22.940° 39′ 00″ Nord 22° 54′ 00″ Est / 40.65, 22.9

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 Différences entre dessin et blasonnement : Bataille de Thessalonique.

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La bataille de Thessalonique se déroule en 995 ou un peu avant, près de la ville de Thessalonique, en Grèce. Elle fait partie de la longue guerre qui oppose le Premier Empire bulgare, dirigé par Samuel Ier de Bulgarie, à l'Empire byzantin de Basile II, à la charnière entre le Xe siècle et le XIe siècle. Les Bulgares sont dirigés par Samuel en personne[1], qui parvient à tendre une embuscade et à détruire la garnison byzantine de Thessalonique, tuant Grégoire Taronitès (le gouverneur de la ville) et capturant son fils Ashot.

Prélude[modifier | modifier le code]

Après sa grande victoire à la bataille des Portes de Trajan et la guerre civile qui s'ensuit au sein de l'empire byzantin, Samuel Ier de Bulgarie est libre d'attaquer les forteresses byzantines positionnées dans la péninsule balkanique. Après avoir affirmé son pouvoir au nord des Balkans, en 995, il mène une campagne contre Thessalonique, la deuxième plus grande ville de l'empire byzantin, défendue par le dux Grégoire Taronitès.

La date exacte de cette bataille a fait débat. Une source arménienne la place dès 991. Jean Skylitzès la fixe à 996 mais en se basant sur le fait que le successeur de Grégoire Taronitès comme doux de Thessalonique prend ses fonctions à la fin de l'année 995, les recherches modernes citent en général la date de 995 pour cette bataille[2],[3].

La bataille[modifier | modifier le code]

Samuel envoie un petit détachement vers la ville tandis que le gros de l'armée reste en arrière, pour préparer précautionneusement une embuscade contre l'armée byzantine. Alors que la petite force bulgare approche de Thessalonique, Grégoire Taronitès envoie son fils, Ashot, avec l'avant-garde, pour s'y opposer et reconnaître les positions bulgares. Ashot s'attaque au détachement bulgare qu'il parvient à repousser mais il ne tarde pas à tomber dans l'embuscade préparée par les Bulgares et à être encerclé avec ses hommes. Son père, qui le suit avec la principale troupe byzantine, s'élance à sa rescousse mais il est tué au cours de l'action[4],[5].

Conséquences[modifier | modifier le code]

Une fois fait prisonnier, Ashot est emmené en Bulgarie où il épouse Miroslava, la fille de Samuel. Il est nommé gouverneur de Dyrrachium, où il décide finalement de rejoindre les Byzantins à bord d'un navire qui rallie Constantinople[6],[7].

A Thessalonique, Jean Chaldos succède à Grégoire Taronitès. Toutefois, il est lui aussi victime d'une embuscade bulgare et est fait prisonnier en 996[8],[9]. Après cette nouvelle victoire, Samuel est enhardit et il s'aventure vers le sud, au sein du thème de l'Hellas, pour une expédition de pillage. Il s'empare de Larissa et atteint Corinthe où il apprend l'arrivée d'une armée dirigée par Nicéphore Ouranos. Il décide alors de repartir vers le nord. Les deux armées se rencontrent près de la rivière Sperchios où Samuel est vaincu[10],[11]. Toutefois, il faut attendre 1018 pour voir la fin du long conflit entre les Bulgares et les Byzantins, avec la victoire de ces derniers.

Références[modifier | modifier le code]

  1. En 995, Samuel n'est que le général en chef des armées bulgares mais, du fait que le tsar Roman de Bulgarie est détenu par les Byzantins depuis 991, il agit comme empereur de facto.
  2. Holmes 2005, p. 403-404.
  3. Strässle 2006, p. 78, 405.
  4. Holmes 2005, p. 165, 406-407.
  5. Wortley 2010, p. 323.
  6. Holmes 2005, p. 103-104, 196.
  7. Wortley 2010, p. 324-325.
  8. Holmes 2005, p. 404 (note 15).
  9. Wortley 2010, p. 324 (note 126).
  10. Holmes 2005, p. 163-167.
  11. Wortley 2010, p. 324.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Catherine Holmes, Basil II and the Governance of Empire (976-1025), Oxford University Press,‎ (ISBN 978-0-19-927968-5)
  • (de) Paul Meinrad Strässle, Krieg und Kriegführung in Byzanz: die Kriege Kaiser Basileios' II. gegen die Bulgaren (976–1019), Cologne, Böhlau Verlag,‎ (ISBN 3-412-17405-X)
  • (en) John Wortley, John Skylitzes: A Synopsis of Byzantine History, 811-1057, Cambridge University Press,‎ (ISBN 978-0-521-76705-7)