Bataille de Tan-Tan

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Bataille de Tan-Tan
Informations générales
Date 28 -
Lieu Tan-Tan, Maroc
Issue Coup d'éclat politique du Polisario
Belligérants
Drapeau du Sahara occidental RASD Drapeau du Maroc Maroc
Commandants
Drapeau du Sahara occidental Lahbib Ayoub Drapeau du Maroc Abdelaziz Bennani[N 1]
Forces en présence
1 700 hommes
200 véhicules[1]
Pertes
Au moins 20 morts[2] Au moins 13 morts
Au moins 14 blessés
1-18 prisonniers
8 civils tués et 9 blessés. 10 femmes enlevées[L 1].

Guerre du Sahara occidental

Batailles

1975
Farsia, Dcheira, Haouza et Mahbes · Lagouira (en)

1976
Argoub · Amgala 1 · Amgala 2 · Aousserd · Laâyoune · Tarfaya · Bir Moghreïn 1 · Zouerate · Bir Moghreïn 2 · Bir Moghreïn 3 · Nouakchott

1977-1978
Offensive du Martyr-El-Ouali (Amgala · Tifariti · Zouerate · Nouakchott · Haouza) · Opération Lamantin

1979
Tan-Tan · Assa · Bir Anzarane · Lebouirate · Smara · Lemgat · Mahbès · Boukraa · Opération Ouhoud

1980
Siège de Zag (Opération Iman) · Boujdour · Akka · Tata · Ras-el-Khanfra · Ras-Lahmira

1981
Guelta Zemmour (mars) · Oum Ghreid · Guelta Zemmour (oct)

1982
Ras-el-Khanfra

1983
Lemsied · Smara

1984-1985
Z'Moul Niran · Mahbès

1987-1991
Mahbès · Farsia · Farsia et Oum Dreyga (en) · Guelta Zemmour · Haouza · Amgala · Offensive de Tifariti (en)

La bataille de Tan-Tan a lieu entre les 28 et opposant les troupes du Front Polisario et l'armée marocaine à Tan-Tan et ses environs au Maroc.

Contexte[modifier | modifier le code]

L'attaque de Tan-Tan est lancé après plusieurs attaques meurtrières menées dans le cadre de l'offensive Houari-Boumédiène[2].

Déroulement[modifier | modifier le code]

Attaque sur la ville (28-29 janvier)[modifier | modifier le code]

L'attaque commence aux alentours de 13h30 le . La ville ne compte qu'une faible garnison d'une trentaine de militaires au moment de l'attaque, sans compter les moghaznis, dépendants du ministère de l'Intérieur marocain[3]. Quand tout à coup, une colonne de 1 700 combattants et 200 véhicules du Polisario surgit par le sud et encercle rapidement la ville[1]. Des bases de feu sont installées à 6 ou 7 km de Tan-Tan, et les indépendantistes débutent rapidement le pilonnage de la ville à l'aide d'un armement sophistiqué. Le Polisario utilise des canons sans recul B-11 de 107 mm, des canons sans recul de 106 mm, des canons sans recul B-10 de 75 mm, des bitubes de 23 mm, des mortiers de 120 mm et 82 mm, des mitrailleuses lourdes de 14,5 et 12,7 ainsi que des Kalachnikov[L 1].

Le Polisario ne déploie pas toutes ses troupes à Tan-Tan. Pour empêcher l'arrivée de renforts, les polisariens installent un barrage sur la route Tan-Tan-Guelmim. D'autres combattants s'accrochent avec des renforts en mouvement. Les cibles visés sont principalement le P.C. du commandant du secteur, les casernes ainsi que les positions armées. Couverts à l'arrière, plusieurs groupes d'indépendantistes s'infiltrent dans les quartiers périphériques de la ville, et tirent dans le tas, civils et rares militaires confondus. Les groupes en profitent pour saccager et piller un maximum de magasins. Tandis que quelques chars marocains résistent et ripostent en attendant l'arrivée des renforts[L 1]. Les bombardements du Polisario n'atteignent pratiquement pas les objectifs ciblés[3]. On dénombre alors 20 tués parmi les assaillants et 5 morts parmi les civils sans savoir les pertes du côté marocain de l'armée marocaine[2]. Vers 15h00, des unités provenant de Zag et de Tarfaya atteignent la ville, provoquant le repli général des hommes du Polisario une demi-heure après[L 1].

Combats à Khaloua, Lemsied et Oudel Zita (29 au 31 janvier)[modifier | modifier le code]

Le 29, pendant la retraite des indépendantistes, une partie est interceptée à Khaloua par une unité marocaine, provoquant de nouveaux combats où l'aviation entre en action. L'affrontement dure jusqu'à la nuit tombée[L 1].

Le lendemain, des renforts marocains venus de Lemsied interceptent des indépendantistes au sud-ouest de Tan-Tan, déclenchant d'autres combats. Le 30 janvier, à Oudel Zita, à une soixantaine de kilomètres au sud-est de Tan-Tan, des accrochages opposent l'armée marocaine et les maquisards du Polisario. L'aviation marocaine intervient à nouveau pour bombarder les positions ennemies[L 1]. Selon le Polisario, un combat aurait eu lieu à Lemsied le 31 janvier[4].

Bilan et conséquences[modifier | modifier le code]

Les pertes seraient beaucoup plus lourdes pour le Polisario que le Maroc selon l'écrivain Attilio Gaudio. Ainsi, 200 combattants polisariens auraient été tués et 100 véhicules détruits. Un important matériel de guerre aurait été abandonné par les polisariens. Tandis que côté marocain, Gaudio parle de 13 soldats tués et 14 blessés ainsi qu'un policier prisonnier. En outre, 8 civils sont morts et 9 blessés. 10 femmes ont été enlevées par les polisariens, dont 3 ont réussi à s'enfuir[L 1].

Selon le Polisario, les militaires marocains déplorent 314 tués, 300 blessés et 18 prisonniers, tandis que 118 prisonniers sahraouis auraient été libérés[4]. Louis Gravier, journaliste du Monde venu sur place, constate que le communiqué exagère notamment les destructions subies par la ville et qu'il qualifie par exemple l'agent de police capturé de « commissaire de police de la province »[3]. Le Polisario revendique aussi 48 tués, 30 blessés et un chasseur F-5 Freedom Fighter dans les combats de Lemsied[4].

Après cette attaque en territoire marocain non contesté, tous les partis politiques, notamment l'Istiqlal et l'USFP, appellent à l'union nationale[5]. Le colonel Abdelaziz Bennani, commandant des opérations, est démis de ses fonctions après l'attaque[6].

Annexes[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Commandant de la zone sud

Sources bibliographiques[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f et g Gaudio, p. 315.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Abdelahad Sebti, « Sahara : Quand le Maroc a failli perdre la guerre », Zamane, no 35,‎ (lire en ligne)
  2. a, b et c Louis Gravier, « Rabat voit dans l'attaque de Tan-Tan par le Polisario l'œuvre de l'aile dure du F.L.N. algérien », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  3. a, b et c Louis Gravier, « La ville de Tan-Tan ne paraît pas avoir gravement souffert de l'attaque du Polisario », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  4. a, b et c D.J., « Le Polisario fait état d'une nouvelle victoire contre les troupes de Rabat », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  5. Louis Gravier, « Les partis marocains appellent à l'union nationale après l'attaque de Tan-Tan », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  6. Tony Jaques, « Tan-Tan : 1979 : Western Sahara wars », dans Dictionary of Battles and Sieges : A Guide to 8,500 Battles from Antiquity through the Twenty‐First Century, vol. 3 : P-Z, Greenwood Press, (ISBN 0-313-33539-7, lire en ligne), p. 995

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Attilio Gaudio, Guerres et paix au Maroc: reportages, 1950-1990, Karthala Editions, , 439 p. (lire en ligne)