Bataille de Nicopolis (1798)

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Bataille de Nicopolis (1798)
Description de cette image, également commentée ci-après
Mêlée entre les soldats français et la cavalerie ottomane au cours de la bataille. Illustration de Felicien Myrbach.
Informations générales
Date
Lieu Prévéza (Épire)
Issue Victoire décisive ottomane
Belligérants
Drapeau de la France République française
Souliotes
Drapeau de l'Empire ottoman Empire ottoman
Commandants
Jean Colaud de La Salcette Ali Pacha de Janina et son fils Mukhtar
Forces en présence
280 grenadiers français ; 200 gardes civils ; 60 guerriers souliotes 7 000 soldats turcs et albanais
Pertes
Quasiment intégralement décimés durant la bataille et le massacre qui a suivi inconnues

Guerres de la Révolution française

Batailles

Guerre de la Deuxième Coalition
St George's Caye (navale) · Nicopolis · Corfou · Copenhague (navale) · Algésiras (navale)


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Campagne de Suisse
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Prise d'Alexandrie · Chebreiss · Pyramides · 1re Aboukir · Sédiman · Caire · El Arish · Jaffa · Saint-Jean-d'Acre · Mont-Thabor · 2e Aboukir · Damiette · Héliopolis · 3e Aboukir · Mandora · Canope · Siège d'Alexandrie


2e Campagne d'Italie

Vérone · Magnano · Cassano · Bassignana · Trebbia · Mantoue · Novi · Montebello · Gênes · Marengo · Pozzolo
Coordonnées 38° 57′ 39″ nord, 20° 44′ 59″ est

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Bataille de Nicopolis (1798)

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Bataille de Nicopolis (1798)

Contexte[modifier | modifier le code]

La garnison française de Prévéza défend les ruines du théâtre de Nicopolis. Illustration de Félicien Myrbach.

En application du traité de Campo-Formio (1797), dans lequel Napoléon Bonaparte décrète la dissolution de la république de Venise, la ville de Preveza, comme toutes les autres possessions vénitiennes de la région qui forment par la suite les départements français de Grèce, est cédée à la France révolutionnaire. Une garnison de quelque 280 grenadiers est transférée à Preveza sous le commandement du général Jean Colaud de La Salcette.

Ces troupes sont perçues comme amicales, ainsi que le montre les lettres d'époque dans lesquelles les habitants écrivent (el)ΠΕΑ (Πρώτο Ετος Απελευθέρωσης, « An 1 de la libération »)[1], et forment même une milice civique pro-française. À cette époque, le poète Rigas Ferraios soutient la Révolution française tout en appelant à un soulèvement grec contre le pouvoir ottoman.

En 1798, Napoléon débute la campagne d'Égypte et déclare ainsi la guerre à l'Empire ottoman voisin, ce qui compromet la situation des troupes françaises à Prévéza.

Assaut contre Prévéza[modifier | modifier le code]

À l'automne 1798, le gouverneur ottoman de la région, Ali Pacha de Janina, qui cherche à devenir semi-indépendant du pouvoir central, attaque Prévéza avec une forte armée. Le [2] ses 7 000 soldats turcs et albanais submergent la garnison, malgré le renfort de 200 gardes civils locaux et de 60 souliotes.

Massacre[modifier | modifier le code]

Durant les deux jours suivant l'assaut, les 13 et 14 octobre, un massacre généralisé des troupes françaises et de la population grecque a lieu à Prévéza et à Port Salaora sur le golfe Ambracique. Le massacre se déroule avant l'arrivée d'Ali Pacha, mais continue en sa présence[3]. Le sac de Prévéza est encore dans les mémoires et est un événement notable de l'histoire grecque[2]. Le 14 octobre, Ali Pacha annonce à ceux qui se sont réfugiés dans les montagnes qu'ils peuvent revenir sains et saufs dans la ville. Il fait pourtant exécuter 170 d'entre eux à la douane du port de Salaora[4],[2]. Un grand nombre des prisonniers survivants meurent des privations du voyage vers Janina. À l'arrivée, les survivants sont contraints de participer à la procession victorieuse d'Ali Pacha en portant les têtes coupées et salées de leurs compagnons, sous les lazzis de la population[2].

Conséquences[modifier | modifier le code]

Neuf grenadiers français, dont deux officiers, sont transférés à Istanbul pour être interrogés. Parmi eux se trouve le capitaine Louis-Auguste Camus de Richemont. Une rumeur évoque sa libération ultérieure sous l'influence de Letizia Bonaparte, la mère de Napoléon. Cette rumeur lie cette libération à l'apparition dans le trésor ottoman du diamant du fabricant de cuillères[2].

Même si Prévéza reste sous domination ottomane encore plus d'un siècle, cet événement — tant la période où une milice grecque était active, et influencée par les idées révolutionnaires, que le choc du massacre — a sa part dans le développement du nationalisme grec qui aboutit à la guerre d'indépendance grecque quelque 23 ans plus tard.

Références[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • (en) Harry Gouvas, History of Preveza Prefecture, Preveza, editions of Museum of Arts and Sciences, (ISBN 978-960-87328-2-7). 
  • (en) Katherine Elizabeth Fleming, The Muslim Bonaparte: Diplomacy and Orientalism in Ali Pasha's Greece, Princeton University Press, , 206 p. (ISBN 978-0-691-00194-4).
  • (en) Nikos Karabelas, « Foreign travellers in Preveza », Newspaper Kathimerini,‎ .
  • J.P. Bellaire, Précis des opérations générales de la division française du Levant, Paris, 1805, lire en ligne.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Kostas Filos, Collection de lettres privées du XVIIIe siècle, « Musée Harry Gouvas des arts et des sciences », Preveza.
  2. a, b, c, d et e Gouvas 2009.
  3. Fleming 1999, p. 99.
  4. Karabelas 2001.