Bataille de Landshut (1809)

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Bataille de Landshut
Le général Georges Mouton, aide de camp de l'Empereur, mène les compagnies de grenadiers du 17e de ligne sur le pont de Landshut. Peinture de Louis Hersent.
Le général Georges Mouton, aide de camp de l'Empereur, mène les compagnies de grenadiers du 17e de ligne sur le pont de Landshut. Peinture de Louis Hersent.
Informations générales
Date 21 avril 1809
Lieu Landshut
Issue Victoire française
Belligérants
Drapeau de l'Empire français Empire français
Flagge Königreich Württemberg.svg Royaume de Wurtemberg
Drapeau du Royaume de Bavière Royaume de Bavière
Drapeau de l'Empire d'Autriche Empire d'Autriche
Commandants
Napoléon Ier Johann von Hiller
Forces en présence
36 000 hommes 40 000 hommes
Pertes
774 hommes[1] 1 543 tués ou blessés
6 227 prisonniers[1]
Cinquième Coalition
Batailles
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La bataille de Landshut eut lieu le 21 avril 1809, entre les armées alliées de France, de Wurtemberg (8e Corps) et de Bavière (7e Corps) sous les ordres de Napoléon fortes d'environ 77 000 hommes, et les 36 000 Autrichiens du général Johann von Hiller. Elle se termina par une victoire française.

Contexte[modifier | modifier le code]

L'invasion du royaume de Bavière par l'empire autrichien le 8 avril 1809 oblige Napoléon Ier à engager une campagne pour refouler l'armée autrichienne hors de Bavière, et forcer l'empereur d'Autriche à faire la paix. Les Autrichiens ont pour commandant en chef l'archiduc Charles. Celui-ci prend Munich le 16 avril, et l'armée française, commandée par le maréchal Berthier, est obligée de se fixer à Ratisbonne (3e corps du maréchal Davout) et à Augsbourg (4e corps du maréchal Masséna).

Napoléon a quitté Paris le 13 avril, afin de reprendre le commandement à Berthier. Le 19 avril, il arrive en Bavière, accompagné du maréchal Lannes, qui doit prendre le commandement du 2e corps. Le but de Napoléon est de réunir toute son armée, séparée malencontreusement par les manœuvres de Berthier ; puis il compte couper l'armée autrichienne en deux, et se débarrasser des différentes parties l'une après l'autre. L'armée bavaroise, dirigée par le maréchal Lefebvre, et l'armée wurtembergeoise, commandée par le général Vandamme, se rassemblent autour du corps de Masséna. Davout, quant à lui, bat à la bataille de Teugen-Hausen le corps de Rosenberg (de), tandis que le général de cavalerie Montbrun tient en échec à Dinzling le corps de Hohenzollern[2]. Cela permet au 3e corps de rejoindre le gros des troupes françaises.

À la bataille d'Abensberg le 20 avril, l'empereur français arrive à ses fins : l'archiduc Charles est coupé de son aile gauche, commandée par le général Hiller, et a perdu une partie non négligeable de ses forces, une grande partie de son infanterie étant faite prisonnière. Napoléon tente durant la journée du 21 avril de repousser l'aile gauche autrichienne, basée à Landshut, afin de l'encercler. Une seule bonne nouvelle pour l'armée autrichienne : Ratisbonne, défendue par le colonel Coutard, est tombée dans les mains des corps de Kolowrat (de) et de Liechtenstein[3].

Déroulement de la bataille[modifier | modifier le code]

Préparatifs[modifier | modifier le code]

Napoléon ordonne à Davout et Lefebvre, au centre du dispositif, d'attaquer l'aile droite autrichienne, afin de l'empêcher de rejoindre l'aile gauche. Masséna a pour ordre de traverser l'Isar, et de se porter à hauteur de Landshut par la rive droite ; il franchit l'Isar à Moosburg. Pendant ce temps, le commandant en chef français envoie les Wurtembergeois, la division bavaroise du général Wrede et le corps de Lannes devant Landshut, où campe les troupes du général Hiller. Poussés sur la ville, les Autrichiens ne peuvent que traverser l'Isar, et Masséna doit être là pour les encercler sur la rive droite[4].

Forces en présence[modifier | modifier le code]

Armée alliée, commandée par Napoléon Ier :

  • 2e corps du maréchal Lannes
  • Avant-garde du 4e corps du maréchal Masséna
  • 7e corps (wurtembergeois) du général Vandamme
  • 8e corps (bavarois) du maréchal Lefebvre
    • Division Wrede
    • Cavalerie du général Zandt
  • Cuirassiers du général Nansouty

Armée autrichienne, commandée par le général Hiller :

Attaque française[modifier | modifier le code]

Alors que les Autrichiens sont installés à Landshut, les troupes commandées par Napoléon se positionnent devant la ville. L'artillerie canonne l'armée autrichienne, et sa cavalerie est chargée par son homologue bavaroise. Les Autrichiens, exposés, refluent alors vers l'intérieur de la ville et les ponts de l'Isar.

La ferme défense du faubourg menant àl'abbaye de Seligenthal permet à l'armée autrichienne de prendre un peu d'avance sur ses attaquants, alors que les chevaux-légers et les dragons bavarois continuent à harceler leurs adversaires ; leur commandant Zand est fauché par un boulet, mais les chasseurs et les cuirassiers de Nansouty chargent également. La division Morand aborde le faubourg, et s'en empare. Les Autrichiens ont alors traversé le premier pont de Landshut, et se disposent à franchir le deuxième pont depuis l'île centrale sur l'Isar ; ils essaient également de détruire le premier pont pour éviter d'être suivis par les Français.

Le général Marbot, dans ses mémoires, explique que Napoléon apercevant par hasard son aide de camp, le général Mouton qui vient d'arriver, lui dit « Vous arrivez fort à propos !… Placez-vous à la tête de cette colonne et enlevez la ville de Landshut ! » Mouton traverse le premier pont avec les grenadiers du 17e de ligne, et s'empare de l'île, pous traverse le second pont avant que les Autrichiens ne puissent le brûler[Note 1]. Les Bavarois suivent le mouvement, mais Hiller et l'archiduc Louis résistent à la progresssion[5].

Échec de l'encerclement[modifier | modifier le code]

Le corps de Masséna, qui doit être à ce moment devant Landshut, sur la rive droite, pour empêcher Hiller de se sortir de la nasse, n'est pas encore arrivé. Son avant-garde, commandée par le général Claparède, ne s'engage pas et préfère attendre le gros des troupes pour attaquer. Aussi les Autrichiens peuvent-ils battre en retraite, poursuivi par les Français enfin regroupés[6].

Pertes[modifier | modifier le code]

Les Autrichiens ont perdu près de 8 000 hommes (1 543 tués ou blessés, et 6 227 prisonniers[1]), cinquante-deux pièces, un équipage de pont[6]... Les Français, eux, perdent moins de 1 000 soldats.

Conséquences[modifier | modifier le code]

La gauche autrichienne n'est pas anéantie, mais elle est désormais trop loin de sa droite (les Français se trouvent alors entre les deux ailes), et est assez diminuée pour ne plus être un danger. L'armée de l'archiduc Charles est donc diminuée de 45 000 hommes[6].

Napoléon laisse le maréchal Bessières, avec les divisions Molitor et Wrède, poursuivre Hiller. Lui-même se dirige vers l'aile droite autrichienne, que les combats avec Davout ont amenée vers la ville d'Eckmühl, sur la route de Ratisbonne. Il envoie des renforts à marche forcée : le soir même a lieu la bataille d'Eckmühl.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Après la campagne, l'Empereur fait porter chez lui un tableau d'Hersent (que Napoléon a commandé), dans lequel le général Mouton est représenté marchant à la tête de sa colonne.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Pigeard 2004, p. 694-695.
  2. Thoumas 1891, p. 280
  3. Thoumas 1891, p. 282
  4. Thoumas 1891, p. 283
  5. Thoumas 1891, p. 284
  6. a, b et c Thoumas 1891, p. 285

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]