Bataille de Konna

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Bataille de Konna
Informations générales
Date 9 - 17 janvier 2013
Lieu Konna
Issue Victoire franco-malienne
Belligérants
Drapeau du Mali Mali
Drapeau de la France France
Drapeau Ansar Dine.JPG Ansar Dine
ShababFlag.svg MUJAO
ShababFlag.svg AQMI
ShababFlag.svg Boko Haram
Commandants
Drapeau du Mali Didier Dacko
Drapeau du Mali Abass Dembele
Drapeau du Mali Kassim Goїta
Drapeau du Mali Elysé Daou
Drapeau du Mali Pascal Berthe
Drapeau Ansar Dine.JPG Iyad Ag Ghali
Drapeau Ansar Dine.JPG Abdelkrim Kojak †
Drapeau Ansar Dine.JPG Amadou Koufa
Drapeau Ansar Dine.JPG Souleymane Keïta
Forces en présence
Drapeau du Mali
2 000 hommes[1]
2 char T-55[2]
~ 30 blindés BRDM-2[3]
3 BM-21[2]
2 hélicoptères Mi-24[3]

Drapeau de la France
100 hommes[4]
4 hélicoptères Gazelle[5]
1 hélicoptère Tigre[6]
6 avions Mirage 2000D
Drapeau Ansar Dine.JPG ShababFlag.svg
1 200 à 1 500 hommes[7],[8]
4+ blindés BRDM-2 et BTR-60[9]
150 pick-up[10]
Pertes
Drapeau du Mali
11 à 58 morts[12],[13]
60 blessés au moins[12]

Drapeau de la France
1 mort[12]
1 hélicoptère Gazelle détruit[5]
1 hélicoptère Gazelle endommagé[14],[15]
Drapeau Ansar Dine.JPG ShababFlag.svg
50 à 150 morts[16],[6],[9]
4 blindés BRDM-2 détruits[9]
~ 50 pick-up détruits[17]
Civils :
15 morts[11]
19 blessés[11]

Guerre du Mali

Coordonnées 14° 57′ 00″ nord, 3° 53′ 00″ ouest

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Bataille de Konna

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Bataille de Konna

La bataille de Konna se déroule du 9 au lors de la guerre du Mali. Elle voit pour la première fois la participation de l'armée française depuis le déclenchement du conflit dans le cadre de l'Opération Serval et marque le début de l'intervention militaire au Mali. Attaquée le 9 janvier, Konna est prise le lendemain à l'armée malienne par les djihadistes. Cependant la progression des forces d'Ansar Dine, du MUJAO et d'AQMI vers Mopti et Sévaré est contrée le 11 par l'intervention des hélicoptères des forces spéciales françaises. Après plusieurs jours de bombardements, les forces franco-maliennes contre-attaquent le 16 janvier et reprennent le contrôle de Konna le 17 janvier.

Prélude[modifier | modifier le code]

Le , les représentants d'Ansar Dine adressent deux demandes principales au gouvernement malien par l'intermédiaire du président burkinabè Blaise Compaoré, qui assure la médiation lors des négociations. Il demande que « le caractère islamique de l'État du Mali soit proclamé solennellement dans la Constitution » et réclame l'autonomie de l'Azawad. Le gouvernement malien refuse[3].

Le , Iyad Ag Ghali dénonce dans un communiqué la « mauvaise volonté » du gouvernement malien lors des négociations et déclare suspendre son offre de cessation des hostilités[18]. Le 4, Ansar Dine remet un document au médiateur et président burkinabè Blaise Compaoré dans lequel il réclame l'autonomie de l'Azawad et l'application de la charia au nord du Mali[19]. Mais depuis le 2 janvier, venus des régions de Gao et de Tombouctou, les forces djihadistes d'Ansar Dine, du MUJAO, d'AQMI et de Boko Haram se rassemblent à Bambara Maoudé[20],[21],[22]. Le 7, une cinquantaine de leurs véhicules dépasse Douentza et se positionne à Dangol-Boré, face à l'armée malienne[23]. Pour plus de discrétion, les pick-up djihadistes évitent de se former en colonne mais se déplacent dans des zones boisées par petits groupes et en formation dispersée afin de ne pas se signaler par des panaches de fumée[24]. Les pick-up sont camouflés en étant recouverts de boue et les combattants se dissimulent sous des toiles de tente pour échapper aux visions infrarouges[24].

Forces en présence[modifier | modifier le code]

Les forces maliennes s'attendent à combattre. Dans la région de Mopti, le commandement est assuré par le colonel-major Didier Dacko. Le commandant Abass Dembele dirige les forces maliennes du Groupement des Commandos Volontaires (GCV), Kassim Goïta ; le régiment de Gao, Elysé Daou ; la garde nationale et le capitaine Pascal Berthe ; l'artillerie[25]. Les forces maliennes sont constituées principalement des soldats du 62e Régiment d'Infanterie Motorisée, ainsi que des éléments du 35e Régiment Blindé et du 36e Régiment d'Artillerie[3]. En décembre 2012, Jeune Afrique rapporte que selon une source militaire plus de 2 000 soldats sont présents à Konna[1].

Le nombre des combattants salafistes n'est pas connu avec précision. Peu avant l'offensive, la DGSE estime que les djihadistes ont concentré 1 500 hommes près de la ligne de démarcation, dont 300 hommes d'AQMI et 500 à 600 issus du MUJAO. 30 pick-up forment l'avant-garde, soutenus par une réserve de 40 autres véhicules à Douentza tandis que 80 autres pick-up vont être détachés pour prendre part à l'offensive sur Diabaly. Les services maliens estiment quant à eux les forces djihadistes à environ 5 000 hommes[8]. D'après un rapport du Sénat français rendu le , 1 500 à 3 000 djihadistes sont mobilisés pour les offensives au sud du Mali[26].

La force des rebelles salafistes est initialement estimée à 1 200 hommes selon RFI et Al Jazeera[7],[27]. Dans la nuit du 9 janvier au 10 janvier, un enseignant, près de Dangol-Boré, affirme avoir compté plus de 300 véhicules jihadistes[28]. Pour le reporter Jean-Paul Mari, les assaillants rassemblent initialement 70 véhicules autour de Bambara Maoudé puis en engagent 150, dont 70 pour Ansar Dine dans l'assaut sur Konna[10]. Pour Laurent Touchard, les forces djihadistes rassemblées au nord de la ligne de démarcation sont de 1 500 à 2 500 hommes avec 300 véhicules. Leurs forces sont constituées de combattants parmi les plus aguerris et les mieux équipés, les nouvelles recrues étant généralement laissées en arrière pour tenir les villes[3].

Peu avant l'attaque, différents chefs se réunissent brièvement à Léré ; Iyad Ag Ghali, émir d'Ansar Dine, ainsi que Djamel Okacha et Abou Zeïd qui prendra le commandement du détachement qui attaquera la ville de Diabaly[8]. Iyad Ag Ghali a été le principale initiateur de l'offensive, les chefs d'AQMI et du MUJAO ont accepté de s'y joindre mais sans enthousiasme, ceux-ci avaient jugé préférable de consolider leurs positions dans le nord[29]. Cependant l'objectif des salafistes n'est pas connu avec certitude, deux hypothèses sont émises par la DGSE. Selon la première le but des djihadistes est de s'emparer de Bamako et de prendre le contrôle du pays, selon la deuxième l'offensive ne vise que les villes de Mopti et Sévaré et l'aéroport international de Mopti Ambodédjo, le seul aéroport du centre du Mali dont la prise handicaperait grandement le déploiement d'une éventuelle intervention internationale[30].

Déroulement[modifier | modifier le code]

Prise de Konna par les djihadistes[modifier | modifier le code]

Le , les djihadistes sont près de la ligne de démarcation dans la région de Mopti, les soldats maliens effectuent quelques tirs de sommation et des renforts sont envoyés[31],[32],[33]. De leur côté, les combattants d'Ansar Dine effectuent quelques tirs d'artillerie et de roquettes dans la nuit du 8 au 9[3].

Le 9, en fin d'après-midi, le lieutenant-colonel Mamadou Samaké effectue une mission de reconnaissance avec une dizaine de blindés BRDM-2. Les soldats maliens ne rencontrent aucune opposition de la part des djihadistes et font donc demi-tour. Mais sur le chemin du retour, ils tombent dans une embuscade. L'ensemble des forces islamistes franchit alors la ligne de démarcation et attaque la ville de Konna[3],[34].

Les djihadistes atteignent Konna dans la nuit du 9 au 10 janvier. Le 10, les affrontements commencent à 8 heures 30 et s'achèvent à 16 heures. Les djihadistes attaquent sur trois points, la première colonne attaque au nord, par la route de Korientzé, un village de la commune de Korombana. Une deuxième colonne attaque à l'est, par la route de Douentza, tandis qu'une troisième contourne par le sud afin de couper la retraite de la garnison. À l'ouest, le fleuve Niger rend la zone infranchissable[3].

Selon le gouvernement malien, un bus rempli de djihadistes infiltrés parvient à entrer à l'intérieur de la ville. Selon Jean-Paul Mari, vers 13 heures, deux bus pénètrent dans la ville après avoir été contrôlés par des soldats maliens, mais il s'avère que les 14 occupants de ces bus sont des combattants d'AQMI déguisés en civils. Arrivés à un check-point au milieu des militaires ils ouvrent le feu et fauchent une soixantaine de soldats avant d'être à leur tour exterminés par les Maliens[10]. Cette version est également défendue par Jean-Christophe Notin[2], elle est en revanche contestée par Laurent Touchard, selon lequel « l'agresseur déboule alors que l'identité des passagers du bus - de véritables civils - est en cours de vérification. Le bus en question est d'ailleurs pris pour cible par les hommes d'Iyad Ag Ghaly[3]. »

Des combats de rues s'engagent dans la ville, mais les soldats maliens sont débordés, désorganisés et se retrouvent à court de munitions, de plus leurs messages radios sont interceptés par les djihadistes. Vers 11 heures, les Maliens commencent leur repli, les combats durent jusqu'à 16 heures et à 17 heures les forces islamistes contrôlent la totalité de la ville. À l'extérieur de la ville, le lieutenant-colonel Samaké, presque à court de munitions, parvient également à battre en retraite avec ses blindés. Les troupes maliennes en déroute se replient sur Sévaré[3],[35],[36],[37],[38].

Offensive djihadiste sur Sévaré et Mopti[modifier | modifier le code]

Cependant, l'offensive des djihadistes au sud du Mali provoque l'entrée en guerre de la France. Le 11 janvier, l'armée française lance l'Opération Serval, les forces aériennes sont aussitôt engagées et dès les 10 et 11 janvier, des soldats des forces spéciales transportés par avions sont déposés à Sévaré[7],[39],[40],[41].

Le matin du 11 janvier, Mopti et Sévaré se retrouvent directement menacés. Seuls 70 soldats français des forces spéciales tiennent l'aéroport international de Mopti Ambodédjo[41], tandis que l'armée malienne déploie de son côté deux chars T-55 et trois camions lance-roquettes multiple BM-21 en guise d'artillerie[42]. Si les djihadistes s'emparent de Mopti, plus aucune défense ne peut s'opposer à leur progression jusqu'à Bamako[42].

Les deux camps reçoivent également des renforts dans la journée du 11 janvier. Du côté des Maliens ; 300 soldats « bérets rouges » du 33e Régiment Commando-Parachutiste avec une vingtaine de blindés BRDM-2. Les combattants d'Ansar Dine sont quant à eux renforcés par 500 hommes du MUJAO et d'AQMI[3]. Les effectifs du COS à Sévaré passent également à une centaine d'hommes[4], issus principalement du 1er régiment de parachutistes d'infanterie de marine (1er RPIMa), du 13e régiment de dragons parachutistes (13e RDP), du Commando parachutiste de l'air n° 10 (CPA-10) et des commandos marin de l'ESNO[43],[4].

Les djihadistes poursuivent alors leur progression et se portent en direction des villes de Mopti et Sévaré. Dans la matinée, deux hélicoptères maliens Mi-24, fraîchement réparés, décollent à Bamako et gagnent Sévaré. À la demande des Français, ils se portent ensuite à Konna afin d'attaquer un groupe d'une centaine d'hommes repérés par un Atlantic-2 en train de fêter leur victoire autour d'un méchoui. Vers 9 heures, les hélicoptères sont à Konna et ouvrent le feu sur les combattants salafistes, ils leur infligent des pertes mais tuent également quelques civils. Leur mission effectuée, ils regagnent ensuite Sévaré[44],[3].

Dans l'après-midi, les Français engagent à leur tour des hélicoptères Gazelle du 4e régiment d'hélicoptères des forces spéciales afin de contrer la progression des djihadistes entre Konna et Sévaré[45],[46],[47]. Vers 14 heures, deux appareils décollent à Djibo, au Burkina Faso, vers 16 heures, ils s'attaquent à un groupe de pick-up djihadistes. Cependant les Français volent bas, sans soutien au sol et les djihadistes disposent de batteries antiaériennes sur certains de leurs véhicules. Lors de l'échange de tirs qui suit, un pick-up est détruit et ses quatre occupants sont tués par un missile HOT, cependant les deux Gazelle sont également touchés. Le co-pilote du premier hélicoptère est grièvement blessé par une balle d'un AK-47, l'appareil parvient à rejoindre l'antenne médicale militaire française la plus proche, mais le militaire français blessé succombe ensuite à ses blessures. Le deuxième hélicoptère doit quant à lui se poser en catastrophe au nord de Sévaré, mais l'équipage s'en tire sauf et est récupéré par les forces spéciales au sol. Les Français se replient ensuite sur Sévaré après avoir détruit leur appareil[5],[48],[3]

Deux autres hélicoptères Gazelle sont engagés peu après et ouvrent le feu avec des missiles HOT et des canons de calibre 20 mm, au total quatre véhicules djihadistes sont détruits[49],[5]. Les djihadistes abandonnent le combat et se replient sur Konna et Douentza[50],[48].

Puis dans la soirée, les Mirage 2000D basés Ndjamena entrent à leur tour en action. Deux premiers appareils décollent vers 19h15, heure locale. Vers 22 heures, ils larguent deux bombes sur un bâtiment de Konna qui sert de quartier-général à Ansar Dine. Le bâtiment est ravagé et plusieurs véhicules à l'entrée sont détruits. Les avions poursuivent leurs frappes et bombardent ensuite un dépôt logistique, puis vers minuit une deuxième vague de Mirage détruit encore quatre bâtiments. Le port de pêche, les bâtiments militaires et administratifs, la sous-préfecture et ses environs ont été particulièrement visés. Selon des témoignages d'habitants, les frappes ont fait au moins une dizaine de morts. Plusieurs combattants islamistes prennent la fuite, paniqués. Une bonne partie des mercenaires recrutés par Ansar Dine se débandent. Certains fuyards se seraient même noyés dans le fleuve[51],[52].

Le 12 janvier, l'état-major de l'armée malienne revendique la prise de la ville de Konna[53],[54],[55]. Toutefois, le 15 janvier, le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, dément l'information[56].

Dans la nuit du 12 au 13 janvier, les Mirages 2000D basés à Ndjamena effectuent de nouvelles frappes entre Konna et Léré[57]. Dès le 13 janvier, Konna commence à être abandonnée par les djihadistes selon des témoignages d'habitants[58]. Les djihadistes se positionnent aux alentours de la ville[59]. Dans les jours qui suivent, certains d'entre-eux continuent d'apparaître en petit nombre à Konna, essentiellement pour se procurer de l'eau et des vivres[59]

Konna reprise par les forces franco-maliennes[modifier | modifier le code]

Le soir du 16 janvier, les forces franco-maliennes lancent l'offensive sur Konna. 400 soldats maliens commandés par le colonel Dacko quittent Sévaré, épaulés par une quarantaine de militaires français des forces spéciales, dont une douzaine de commandos marine du 1er RPIMa. En fin d'après-midi, ils se heurtent aux groupes salafistes près de village de Dengaourou, situé dans une zone boisée, à une quarantaine de kilomètres de Konna. Le combat va se poursuivre pendant toute la nuit. Deux soldats maliens sont tués au début de l'affrontement, dont un par un tireur d'élite. Cependant, les positions des djihadistes sont repérées par les forces spéciales françaises et signalées à l'artillerie malienne, constituée notamment de camions lance-roquettes multiple BM-21. Les salafistes sont écrasés par les tirs d'artillerie, au total 14 de leurs pick-up sont détruits[6].

Les djihadistes se replient après plusieurs heures d'affrontements, mais ils sont poursuivis par des hélicoptères. Peu avant l'aube, les deux Mi-24 maliens attaquent un groupe de douze pick-up et en détruisent quatre. Du côté des Français, un Tigre et une Gazelle neutralisent deux autres véhicules. Les pertes des djihadistes ne sont pas connues, seulement quatre corps sont retrouvés selon les soldats français, tandis qu'un capitaine malien déclare à l'AFP le lendemain du combat que six islamistes ont été tués, huit de leurs véhicules capturés et plusieurs détruits. Au vu du nombre des pick-up détruits, leurs pertes réelles sont probablement plus importantes, les djihadistes ayant sans doute emportés la plupart de leurs morts[6],[60].

Le soir du 17 janvier, les troupes françaises et maliennes reprennent possession de Konna, abandonnée par les troupes islamistes[61],[62]. Les forces maliennes entrent les premières, vers 17 heures, suivies de trois véhicules français puis de quatre véhicules maliens qui ferment la marche. Les militaires sont acclamés par la population qui brandit des drapeaux maliens et français[63].

Le 18 au matin, seuls huit islamistes se trouvent encore dans la ville, quatre prennent la fuite vers Douentza en volant deux motos, les quatre autres s'enfuient après avoir menacé avec leurs armes de jeunes habitants qui voulaient les lyncher. Le lendemain la ville est entièrement contrôlée par les forces franco-maliennes[64].

Bilan et pertes[modifier | modifier le code]

Les Français déplorent un mort lors de la bataille ; le lieutenant Damien Boiteux, co-pilote d'un hélicoptère Gazelle, mortellement blessé le 11 janvier[45].

Le 12 janvier, l'armée malienne, indique dans un premier bilan que 11 de ses soldats ont été tués et une soixantaine sont blessés, elle estime également les pertes islamistes à une centaine de tués[12],[54],[55]. Cependant ce bilan est contesté par des témoignages d'habitants qui affirment avoir compté un plus grand nombre de cadavres vêtus d'uniformes[3].

Selon le colonel français qui commandait le détachement des forces spéciales à Sévaré, le colonel Didier Dacko lui avait annoncé le 10 janvier que ses pertes étaient de 20 morts et d'environ 60 blessés[43].

Selon une « source sécuritaire régionale » de l'AFP, au moins 46 islamistes sont morts lors des combats livrés du 10 au 12 janvier, tandis que selon un habitant de Konna des dizaines de corps ont été laissés dans la ville[16]. 6 autres islamistes sont tués dans la nuit du 16 au 17 selon les déclarations d'officiers maliens[60]. Selon un rapport d'Human Rights Watch, trois enfants soldats enrôlés par les islamistes sont morts pendant les affrontements[65].

Le 12 janvier, un commerçant de Konna affirme à l'agence Reuters avoir compté 148 morts, dont plusieurs dizaines de l'armée malienne[55]. Un autre témoin, nommé Mohammed, affirme avoir compté 47 corps de soldats maliens dans la ville[52]. Selon des habitants de Konna, une cinquantaine de véhicules ont été détruits par les frappes aériennes[17]. D'après certains habitants, 36 soldats maliens sont enterrés à Sama[13]. Selon une source militaire, 58 soldats maliens ont été tués lors des combats[13].

Le 14 janvier, selon le journal malien 22 septembre, 101 djihadistes, 11 soldats maliens et un pilote français sont tués lors de la bataille. Pour le journal Nouvelle Libération, du 11 au 14 janvier, les djihadistes ont perdu 130 hommes, dont Firhoun, le fils adoptif de Iyad Ag Ghali, ainsi que 30 véhicules et 4 BRDM-2 détruits[9],[66].

Parmi les morts figure un des chefs d'Ansar Dine, Abdel Krim, dit Kojak[67]. Grièvement touché dans les combats à Konna, il succombe à ses blessures dans l'hôpital de Gao[58]. Selon d'autres sources, le chef Kojak s'appellerait Mohamed Ag Aghaly Ag Wambadja[68]. Le 13, contactés par Sahara Media, des chefs d'Ansar Dine confirment que Kojak et quatre de ses combattants ont été tués le 10 janvier lors des combats contre les militaires maliens[69].

Le 15 janvier, le mouvement Ansar Dine publie une vidéo qu'il affirme avoir filmée la veille à Konna. Un chef islamiste, Abu El Habib Sidi Mohamed, qui se présente comme étant membre de la commission de communication d’Ansar Edine, déclare que le mouvement tient toujours la ville et montre plusieurs blindés pris à l'armée malienne. Il déclare que seulement cinq combattants de son mouvement ont été tués et que sept civils sont morts lors d'un bombardement français[70].

Le 19 janvier, Ansar Dine déclare avoir tué 25 soldats maliens à Konna dans les combats du 10 janvier et avoir également capturé 11 véhicules, 6 chars et une grande quantité de munitions, il estime également que 60 soldats maliens ont été tués, plusieurs dizaines d'autres blessés, deux hélicoptères français abattus et ne reconnaît qu'une perte de 8 hommes dans l'ensemble des combats livrés depuis le 10 janvier[71],[72],[17]. Cependant selon Laurent Touchard, les « chars » que Ansar Dine revendique comme prise de guerre sont en réalité des blindés BRDM-2 et BTR-60PB[3].

Selon Human Rights Watch, au moins 10 civils sont également tués lors des combats les 11 et 12 janvier, dont 3 enfants qui se noient en essayant de traverser le fleuve Niger[54]. Amnesty International affirme de son côté qu'au moins cinq civils dont trois enfants ont été tués par un bombardement aérien le 11 janvier[65]. Pour Jean-Christophe Notin, ces cinq civils n'ont été tués par les frappes aériennes françaises mais ont été victimes de tirs d'hélicoptères Mi-24 de l'armée malienne[44].

En février 2013, le maire de Konna, Ibrahima Diakité dit Sory déclare que 15 civils ont été tués et 19 blessés lors de la bataille de Konna, il estime également qu'au moins 502 islamistes ont été tués[11]. Cette dernière estimation s'appuie probablement sur le témoignage d'un habitant de Konna, qui avait affirmé avoir été sollicité par les djihadistes pour les aider à laver leurs cadavres dans la nuit du 10 janvier, avant l'intervention française. Il estime avoir compté 502 corps qui ont ensuite été conduits vers Douentza[52].

71 personnes, blessées lors des combats à Konna, sont envoyés à l'hôpital de Mopti selon le Comité international de la Croix-Rouge[73].

Exactions[modifier | modifier le code]

Selon Human Rights Watch, sept soldats maliens, dont cinq blessés, ont été exécutés sommairement par des islamistes lors de la prise de la ville[65].

Selon des habitants, plusieurs prisonniers islamistes ou des suspects sont tués par des soldats maliens dans des camps militaires à Sévaré, parmi lesquels des blessés pris à Konna, des témoins évoquent notamment un charnier de 25 à 30 corps ou bien des cadavres jetés dans des puits[74]. D'après Human Rights Watch, au moins 13 personnes ont été exécutées sommairement par des soldats maliens et 5 autres ont disparu entre le 9 et le 18 janvier à Sévaré, Konna et les villages environnants[65].

Annexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Vidéographie[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Malika Groga-Bada, Mali : la drôle de guerre, Jeune Afrique, 3 décembre 2012.
  2. a, b et c Jean-Christophe Notin, La guerre de la France au Mali, p. 164.
  3. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n et o Laurent Touchard, Mali : retour sur la bataille décisive de Konna, Jeune Afrique, 30 janvier 2014.
  4. a, b et c Jean-Christophe Notin, La guerre de la France au Mali, p. 208.
  5. a, b, c et d Jean-Christophe Notin, La guerre de la France au Mali, p. 181-182.
  6. a, b, c et d Jean-Christophe Notin, La guerre de la France au Mali, p. 247-248.
  7. a, b et c Mali: l'armée française entre en guerre, RFI, 12 janvier 2013.
  8. a, b et c Jean-Christophe Notin, La guerre de la France au Mali, p. 158.
  9. a, b, c et d La guerre au Mali à la Une des journaux bamakois, APA news, 14 janvier 2013.
  10. a, b et c Jean-Paul Mari, Grands repotrters : Mali : les dessous d’une guerre
  11. a, b et c Diakité dit Sory, Maire de Konna : « Les militaires maliens ont été exemplaires dans la défense de la ville », Le Républicain, 11 février 2013.
  12. a, b, c et d Mali : la France bombarde les bases arrière des islamistes dans le Nord, Le Monde avec AFP, 13 janvier 2013.
  13. a, b et c Dorothée Thiéno, Mali: dans la ville libérée de Konna, "chacun cherche sa tête", L'Express, 28 janvier 2013.
  14. Jean-Marc Tanguy, « Une bande qui en dit long... mais pas tout », Le mamouth (consulté le 12 janvier 2013)
  15. Jean-Dominique Merchet, « Mali : l'offensive des djihadistes n'est pas encore complètement stoppée », sur Secret Défense, (consulté le 16 janvier 2013)
  16. a et b Mali: les islamistes stoppés par l'armée, AFP, 12 janvier 2013.
  17. a, b et c Mali: les islamistes d’Ansar Dine affirment avoir tué 60 soldats maliens, MaliActu, 21 janvier 2013.
  18. Mali: Ansar Dine retire son offre de cessation des hostilités, RFI, 4 janvier 2013.
  19. Ansar Dine durcit sa position et réclame l'autonomie du nord du Mali, RFI, 5 janvier 2013.
  20. Mali: rassemblés à Bambara-Maoudé, les groupes jihadistes reluquent vers le sud, RFI, 7 janvier 2013.
  21. Mali : déploiement des troupes jihadistes aux abords de la ligne de démarcation, RFI, 7 janvier 2013.
  22. Laurent de Castelli, Mali : des combattants nigérians de Boko Haram soutiennent les groupes islamistes Mali : des combattants nigérians de Boko Haram soutiennent les groupes islamistes, Iris, 14 janvier 2013.
  23. rfi : Mali: les islamistes armés se rapprochent de la ligne de front
  24. a et b Jean-Christophe Notin, La guerre de la France au Mali, p. 151.
  25. Dawn : War against terrorism: The underside of the battle Konna
  26. RAPPEL DES PRINCIPAUX FAITS INTERVENUS DEPUIS LE PRÉCÉDENT RAPPORT « MALI : COMMENT GAGNER LA PAIX » ? (23 AVRIL 2013)
  27. France launches Mali military intervention, Al Jazeera, 11 janvier 2013.
  28. Moussa Sidibe, Comment les populations ont vécu la bataille de Konna et l’occupation des régions du Nord, Maliweb, 8 mars 2013.
  29. Jean-Christophe Notin, La guerre de la France au Mali, p. 154.
  30. Jean-Christophe Notin, La guerre de la France au Mali, p. 159.
  31. Mali : tirs de sommation sur la ligne de démarcation, RFI, 8 janvier 2013.
  32. Mali : l'armée renforce ses positions près de la ligne de démarcation, RFI, 9 janvier 2013.
  33. Frédéric Couteau, A la Une : des accrochages entre Ansar Dine et l’armée malienne, RFI, 8 janvier 2013.
  34. Mali : affrontements entre militaires et islamistes après une tentative d'incursion des jihadistes, RFI, 10 janvier 2013.
  35. Mali: bataille décisive entre l'armée régulière et les jihadistes, RFI, 10 janvier 2013.
  36. Ursula Soares, Mali : les islamistes sont entrés dans Konna, RFI, 10 janvier 2013.
  37. Maria Malagardis, L’armée du Mali par delà la déroute, Libération, 20 janvier 2013.
  38. Témoignages de Konna, ville du Nord-Mali prise au piège des combats, France 24, 10 janvier 2013.
  39. Norbert Navarro, A la Une de la presse française: l’engagement militaire français au Mali, RFI, 12 janvier 2013.
  40. Mali: la contre-offensive stoppe la progression des jihadistes, RFI, 12 janvier 2013.
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  43. a et b Jean-Christophe Notin, La guerre de la France au Mali, p. 163.
  44. a et b Jean-Christophe Notin, La guerre de la France au Mali, p. 174.
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  68. Moussa Kondo, Intervention militaire dans les régions nord : – Plus de 800 islamistes tués dans les combats : – Iyad Ag Ghaly abandonne ses hommes pour fuir en Algérie, L'Express de Bamako, 16 janvier 2013.
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