Bataille de Grengam

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Bataille de Grengam
Description de cette image, également commentée ci-après
La Bataille de Grengam le 27 juillet 1720, tableau de Ferdinand Victor Perrot
Informations générales
Date 27 juillet 1720 ( dans le calendrier grégorien)
Lieu À proximité de Granhamn dans le détroit de Ledsund dans le golfe de Botnie
Issue Aucun des belligérants ne s’avoue vaincu
Belligérants
Naval Ensign of Sweden.svg Marine royale suédoiseNaval Ensign of Russia.svg Marine impériale russe
Commandants
Vice-amiral Carl Georg SiöbladGénéral Mikhaïl Golitsyne
Amiral Matija Zmajevic
Forces en présence
1 vaisseau de ligne
4 frégates
3 galères
6 petits navires[1]
Plus de 1000 marins
61 galères
29 autres navires
11 000 marins et soldats[2]
Pertes
103 morts,
407 prisonniers,
4 frégates capturées
82 morts,
236 blessés

Grande guerre du Nord

Batailles

Coordonnées 60° 00′ nord, 20° 18′ est

La bataille de Grengam (en suédois Slaget vid Ledsund ou Slaget vid Föglöfjärden[3] est la dernière grande bataille navale de la Grande guerre du Nord. Livrée en 1720, elle se déroule près des îles d’Åland, dans le détroit de Ledsund entre les îlots de Föglö et Lemland. L’affrontement marque la fin des opérations entre les marines russe et suédoise dans la mer Baltique, mais la flotte russe conduit encore un raid sur les côtes suédoises au printemps avant que le traité de Nystad ne soit signé, lequel met un terme à la guerre[4].

Emplacement de l’affrontement[modifier | modifier le code]

La Bataille de Grengam, 27 juillet 1720. Eau-forte d’Alexeï Zoubov (1721).

La principale route maritime reliant Stockholm en Suède à Turku en Finlande passe dans les eaux de l’archipel de Åland. Elle entre dans le détroit de Ledsund par le sud-ouest, laissant Föglö au sud-est et Lemland au nord-ouest[5]. L’île de Föglö recèle un mouillage sur la côte de Flisö bien abrité des vents dominants venant du sud-ouest par deux petits îlots. Ce mouillage était anciennement appelé Granhamn, un mot suédois désignant le « havre aux pins ». Sur les cartes modernes, le lieu est appelé Rödskärs flädan d’après le plus grand des deux îlots protégeant le mouillage[6] ; le plus petit des deux est aujourd’hui baptisé Granhamns holmen, île de Granhamn. Ce nom ne doit pas prêter à confusion avec l’île de Granhamn située dans l’archipel de Stockholm.

Onomastique[modifier | modifier le code]

Le nom de Grengam donné à cette bataille est issu de la romanisation du russe Гренгам, lui-même issu de la cyrillisation traditionnelle de Gränhamn, ancienne orthographe de Granhamn. Le nom de Gränhamn figure déjà sur une carte de Hans Hansson datée des environs de 1650[6]. En Suède, la bataille est davantage connue sous le nom de « bataille de Ledsund » du nom du détroit éponyme[3]. En Finlande, c’est le nom de « bataille de Flisö » (Flisön meritaistelu) qui est généralement employé[1].

La bataille[modifier | modifier le code]

Les récits suédois et russe de la bataille diffèrent de manière significative. Tous s’accordent néanmoins sur le fait que, le 27 jullet 1720 a.s., une formation de navires suédois sous le commandement du vice-amiral Carl Georg Siöblad assaille une flotte russe et qu’au cours de la bataille rangée qui s’ensuit les quatre frégates suédoises tombent aux mains des marins russes.

Esquisse suédoise contemporaine de la bataille, montrant le vaisseau de ligne suédois et les frégates qui l’accompagnent approchant les galères russes.

Compte-rendus suédois[modifier | modifier le code]

Une petite formation suédoise met le cap sur une puissante flotte russe ancrée à Granhamn. Une féroce bataille s’engage, au cours de laquelle les Suédois perdent leurs quatre frégates après qu’elles se soient échouées[7] mais les pertes russes sont si considérables que la flotte entière bat en retraite et abandonne les îles Åland, laissant derrière elle 43 navires coulés et 1000 marins tués[8]. Les pertes russes empêchent leur marine de lancer toute opération d’envergure jusqu’au terme de la guerre, conclue par la paix de Nystad l’année suivante.

Principaux navires de l’escadre suédoise
Nom Classification suédoise Artillerie
Pommern Vaisseau de ligne
  • 22 × canons de 18 livres
  • 22 × canons de 8 livres
  • 10 × canons de 4 livres
  • 2 × canons de 3 livres
Stor Phoenix Frégate
  • 2 × canons de 12 livres
  • 18 × canons de 8 livres
  • 10 × canons de 4 livres
Vainqueur Navire marchand gréé en guerre
  • 24 × canons de 6 livres
  • 6 × canons de 3 livres
Kiskin Navire marchand gréé en guerre
  • 6 × canons de 8 livres
  • 14 × canons de 4 livres
  • 4 × canons de 3 livres
Danska Örn Frégate
  • 4 × canons de 6 livres
  • 14 × canons de 4 livres

Conséquences[modifier | modifier le code]

Entrée cérémonielle de quatre frégates suédoises capturées à Saint-Pétersbourg. Gravure d’Alexeï Zoubov.

Les deux camps revendiquent la victoire après la bataille de Grengam. Stockholm et Saint-Pétersbourg ne s’accordent que sur la perte de quatre frégates suédoises : le Stor Phoenix, le Vainqueur, le Kiskin et le Danska Örn sont tombés aux mains des Russes. Plus aucune bataille navale d’envergure n’a lieu entre les marines suédoises et russes jusqu’à ce que la défaite suédoise dans la grande guerre du Nord ne soit entérinée au traité de Nystad ().

Le récit russe[modifier | modifier le code]

Les Suédois ont à déplorer 103 tués et 407 prisonniers. Les Russes comptent 82 tués et 236 blessés. La bataille de Grengam fait la démonstration de l’habileté manœuvrière des galères dans un environnement de récifs et l’efficacité d’une bonne reconnaissance préalable et du choix réfléchi du lieu où livrer bataille, comme de l’instant auquel lancer une attaque coordonnée de plusieurs directions à la fois. L’issue de la bataille de Grengam permet aux Russes de consolider leur position dans l’archipel, stratégique pour la poursuite des opérations contre le commerce maritime suédois dans la région[9].

Le récit suédois[modifier | modifier le code]

Quatre frégates suédoises s’échouent et tombent aux mains des forces russes[7]. 43 des 61 galères russes sont ou coulées par les Suédois ou brûlées et abandonnées après la bataille. Le vice-amiral suédois Carl Georg Siöblad est d’abord critiqué après la bataille mais quand l’ampleur des pertes russes est connues, il est ensuite loué. La Russie célèbre également cet affrontement telle une victoire, mais leur flotte s’avère incapable de lancer de nouvelles opérations avant que la guerre ne prenne fin, en .

Célébrations[modifier | modifier le code]

À l’instar de la précédente bataille de Gangut (), la bataille de Grengam est livrée à la Saint-Pantaléon. Pour commémorer ce qui est perçu comme une victoire, les Russes édifient à Saint-Pétersbourg une église en bois debout dédiée à Pantaléon en . Elle est reconstruite en pierre entre et . Depuis , la façade de l’église porte deux plaques de marbre listant les unités, navires et régiments, ayant pris part aux combats de Gangut et Grengam.

Notes et références[modifier | modifier le code]

(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Battle of Grengam » (voir la liste des auteurs).

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Alastair Wilson et Joseph F. Callo, Who's who in Naval History : From 1550 to the Present, Routledge, , 346 p. (ISBN 0-415-30828-3, présentation en ligne)
  • (sv) Christer Kuvaja, Karolinska krigare 1660–1721, Schildts Förlags Ab, , 275 p. (ISBN 978-951-5-01823-6)
  • (en) George Bruce, Harbottle's Dictionary of Battles, Van Nostrand Reinhold, (ISBN 0-442-22336-6)
  • (en) William Richard Morfill, A History of Russia : From the Birth of Peter the Great to Nicholas II, Londres, James Pott Publisher,
  • (sv) Gunnar Unger, Illustrerad svensk sjökrigshistoria, omfattande tiden 1680-1814, Stockholm, Albert Bonniers Förlag,
  • (sv) Magnus Ullman, Rysshärjningarna på Ostkusten sommaren 1719