Bataille de Fuzhou

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Bataille de Fuzhou
Combat naval de Fou Tchéou
馬江海戰
Combat naval de Fou Tchéou, 23 août 1884 (peinture de Vignaud, XIXe siècle)
Combat naval de Fou Tchéou, 23 août 1884 (peinture de Vignaud, XIXe siècle)
Informations générales
Date 23-26 août 1884
Lieu Port de Mawei, Fuzhou, Chine
Issue Victoire française décisive
Belligérants
Drapeau de la Chine (Dynastie Qing) Empire de Chine Drapeau de la France France
Commandants
Drapeau de la Chine (Dynastie Qing) Zhang Peilun Drapeau : France Amédée Courbet
Forces en présence
22 bâtiments dont :
  • 11 de type « occidental »
  • 11 jonques
13 bâtiments
Pertes
* 796 morts
  • 150 blessés
  • 51 portés disparus
  • 9 bâtiments coulés[1]
  • > 10 bâtiments endommagés
* 10 tués
  • 48 blessés
  • 2 bâtiments endommagés[2]
Notes
  1. Les pertes chinoises s'élèvent à 2 000 ou 3 000 hommes pendant tout le conflit (i.e. en comptant celles survenues pendant la descente de la rivière Min).
  2. Les pertes françaises incluent toutes celles survenues entre le 23 et le 31 août 1884 (i.e. aussi bien à Fuzhou que durant la descente de la rivière Min).
Guerre franco-chinoise
Batailles
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Coordonnées 25° 58′ 37″ N 119° 27′ 04″ E / 25.976944444444, 119.4511111111125° 58′ 37″ Nord 119° 27′ 04″ Est / 25.976944444444, 119.45111111111

La bataille de Fuzhou, ou bataille de Foochow, également connue sous le nom de combat naval de Fou Tchéou ou encore bataille navale de la Pagode (en chinois : 馬江海戰, 馬江之役 ou 馬尾海戰 , littéralement bataille de Mawei), est une bataille navale de la guerre franco-chinoise. Elle a eu lieu le 23 août 1884 au large du mouillage de la Pagode dans le port de Mawei (馬尾), à 15 kilomètres au sud-est de la ville de Fuzhou (Foochow). Au cours de cette bataille, l'escadre d'Extrême-Orient commandée par l'amiral Courbet réduisit pratiquement à néant la flotte du Fujian, l'une des quatre flottes régionales chinoises.

Les différents affrontements de la guerre franco-chinoise.

Contexte[modifier | modifier le code]

La guerre franco-chinoise de 1884-1885 se déroule sur fond de tentatives françaises de colonisation en Extrême-Orient, notamment en Annam et au Tonkin.

Un corps expéditionnaire français tente d'établir un protectorat sur ce qui deviendra l'Indochine française et se heurte aux menées des Pavillons noirs soutenus par les Chinois. Après la défaite de Bac Lê (1884), précédée par la mort du capitaine de vaisseau Rivière au pont de Papier, près d'Hanoï en 1883, la composante navale du corps expéditionnaire français s'est lancée dans une démonstration de force contre l'escadre chinoise dans la rade de Fou Tchéou, à l'embouchure de la rivière Min. L'escadre de l'amiral Courbet tient le blocus quasiment à bout portant en attendant la fin des tractations diplomatiques avec le vice-roi du Fo Kien. Les équipages français restent quasiment en permanence aux postes de combat. La situation de la flotte française est assez inconfortable, non pas tant à cause de l'escadre chinoise de l'amiral Ting (dont les navires ne sont pas blindés) mais par le fait qu'en s'ancrant au mouillage de la Pagode, l'escadre de Courbet est très proche des fortifications côtières chinoises qui verrouillent la sortie de l'estuaire vers la haute mer.

Déroulement[modifier | modifier le code]

L'amiral Courbet bénéficie d'une confortable supériorité numérique mais surtout technique (navires cuirassés, équipages mieux entraînés, armement plus efficace) mais il opère loin de ses bases, contrairement aux Chinois, et d'autre part certains des navires de renfort demandés par Courbet n'ont pu le rejoindre, le cuirassé Triomphante, rappelé de Shanghai, calant trop de tirant d'eau pour franchir les passes du port tandis que le La Galissonnière était resté bloqué à Jilong par le mauvais temps.

L'amiral Ting avait concentré le plus gros de sa flotte au mouillage devant l'arsenal naval de Fou Tchéou (construit par l'ingénieur français Prosper Giquel dix ans auparavant) afin de le protéger d'une attaque par la mer.

La marée était un élément crucial dans le déroulement du plan d'attaque de Courbet: en effet lors de la renverse de courant à l'étale de haute mer, les navires chinois ancrés par l'avant mais non embossés à l'arrière évitaient avec le courant et ne pouvaient pas tirer sur la flotte française avec leurs batteries latérales, par ailleurs la marée haute devait permettre au cuirassé Triomphante de franchir les passes et de se mettre en bonne position pour bombarder les fortifications côtières.

Pour attaquer les navires chinois au mouillage et notamment le vaisseau amiral Yangwu, Courbet comptait sur les torpilleurs n° 46 et 47 commandés respectivement par les lieutenants de vaisseau Douzans et Latour. Il s'agissait de grosses chaloupes à vapeur, équipées non de torpilles comme nous les connaissons actuellement, mais de torpilles à hampe, c'est-à-dire de charges explosives installées au bout d'un tangon qu'il fallait amener au contact du navire ennemi, après avoir "apiqué" le tangon, de manière à faire détoner l'explosif juste sous la ligne de flottaison du navire cible.

Cette attaque "au contact" était périlleuse, car les deux petits bâtiments étaient sous un feu nourri de mousqueterie, mais elle se révéla pleinement efficace, car en coulant le navire amiral, les Français désorganisaient la riposte de l'escadre chinoise.

Le cuirassé Triomphante ayant enfin pu rallier la flotte de Courbet, la suite du combat, très inégale, vit la destruction quasi totale de l'escadre chinoise qui, cependant, combattit avec acharnement, visant notamment le croiseur Volta, navire amiral de Courbet , qui eut plusieurs blessés et tués parmi les officiers rassemblés sur la passerelle de commandement.

L'arsenal de Fou Tchéou était l'objectif suivant mais Courbet préféra ne pas risquer un combat terrestre contre les troupes d'infanterie chinoise qui s'y étaient concentrées et ne débarqua pas ses troupes de marine, préférant bombarder avec ses navires les bâtiments de l'arsenal, la destruction n'étant cependant pas complète, car les navires portant les plus gros canons étaient aussi ceux de plus fort tirant d'eau, ce qui les empêcha de s'approcher à bonne portée.

Restait à forcer le passage pour retourner vers la haute mer en passant devant l'embouchure du fleuve Min, défendu par plusieurs importantes fortifications ce qui fut fait le 25 juillet, en bénéficiant du fait que les batteries de ces forts étaient conçues pour tirer vers le large et non vers le port.

La planification intelligente par Courbet de cette bataille lui permit d'infliger aux Chinois une défaite spectaculaire (plus de 2 000 tués, neuf grands navires coulés alors que les pertes françaises furent légères (10 morts, dont le lieutenant de vaisseau Bouët-Willaumez, et 48 blessés). Un autre facteur déterminant dans l'issue de la bataille fut le fait que l'escadre française avait pénétré dans la rade de Fou Tchéou alors que l'état de guerre n'était pas encore déclaré, ce qui lui évita d'essuyer le feu des batteries côtières. Par ailleurs deux cuirassés chinois modernes, équipés de tourelles et bien plus puissants que les navires de Courbet, les Dingyuen et Shenyuen, construits en Allemagne aux chantiers Vulkan de Stettin furent retenus par les équipages allemands chargés de les convoyer jusqu'en Chine. Leur présence à Fou Tchéou aurait pu largement renverser la balance des forces navales dans la guerre franco-chinoise.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

En français 
  • Ernest Picard-Destelan, Annam et Tonkin : Notes de voyage d'un marin, Paris, 1892
  • Émile Duboc, Trente-cinq mois de campagne en Chine, au Tonkin, Paris,‎
  • S. Ferrero, Formose, vue par un marin français du XIXe siècle, Paris, 2005
  • Huard, La guerre du Tonkin, Paris, 1887
  • Maurice Loir, L'escadre de l'amiral Courbet, Paris, 1886
  • Maurice Rollet de l'Isle, Au Tonkin et dans les mers de Chine, Paris, 1886, [lire en ligne]
  • Auguste Thomazi, La conquête de l'Indochine, Paris, 1934
  • R. Vienet, « Devant le champ de bataille de Mawei (Chine) », dans La Géographie, n° 1525, juin 2007, p. 31–53
En anglais 
  • (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Battle of Fuzhou » (voir la liste des auteurs).
  • (en) James F. Roche et L. L. Cowen, The French at Foochow, Celestial Empire,‎ , totales49 p. (lire en ligne)
  • (en) J. Rawlinson, China's Struggle for Naval Development, 1839–1895, Harvard, 1967
  • (en) R. Wright, The Chinese Steam Navy, 1862–1945, Londres, 2001
  • Lung Chang [龍章], Yueh-nan yu Chung-fa chan-cheng [越南與中法戰爭, Vietnam and the Sino-French War] (Taipei, 1993)

Articles connexes[modifier | modifier le code]