Bataille de Challans (juin 1794)

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Bataille de Challans
Description de cette image, également commentée ci-après
Vue de Challans, lithographie de Thomas Drake, album vendéen, XIXe siècle.
Informations générales
Date 6 juin 1794
Lieu Challans
Issue Victoire républicaine
Belligérants
Flag of France.svg RépublicainsDrapeau de l'Armée catholique et royale de Vendée Vendéens
Commandants
Jean-Baptiste BoussardFrançois-Athanase Charette
Jean-Nicolas Stofflet
Charles Sapinaud de La Rairie
Louis Guérin
Forces en présence
~ 500 à 1 000 hommes[1]6 000 à 11 000 hommes[2],[3]
Pertes
~ 10 morts[2],[4]600 morts
(selon les républicains)[2]

Guerre de Vendée

Coordonnées 46° 50′ 48″ nord, 1° 52′ 41″ ouest

Géolocalisation sur la carte : Vendée

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Bataille de Challans

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(Voir situation sur carte : Pays de la Loire)
Bataille de Challans

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Bataille de Challans

La bataille de Challans se déroula lors de la guerre de Vendée. Le , les armées vendéennes réunies attaquent la ville mais les Républicains retranchés dans la place repoussent l'attaque.

Prélude[modifier | modifier le code]

À la fin du mois de mai, à l'appel de Charette, Jean-Nicolas Stofflet se réunit à lui avec ses troupes au village de la Bésilière, dans la paroisse de Legé. Les Républicains commandés par le général Jacques Dutruy s'étaient emparés du marais du Perrier, de ses moissons et de ses 50 000 bêtes à cornes. Il était important pour les Vendéens de reprendre ce territoire afin de ravitailler leurs troupes[1].

Le 30 mai, Charette part le premier et bat le bataillon d'Ille-et-Vilaine commandé par l'adjudant-général Brière à la bataille de Mormaison. Stofflet, parti à son tour est cependant affaibli en route par un affrontement dans lequel il perd ses vivres et une partie de ses munitions. Néanmoins les Vendéens, bientôt rejoints par les troupes de Sapinaud se mettent en marche sur Challans avec l'intention de prendre la ville[1].

Forces en présence[modifier | modifier le code]

La ville de Challans, fortifié par le général Dutuy, est défendue par le bataillon de la Côte d'Or et le bataillon d'Orléans, commandés par le général Boussard[1].

Concernant les forces vendéennes, un soldat vendéen fait prisonnier après la bataille fut interrogé par le général Bossard, selon ses renseignements, Charette était à la tête de 4 000 hommes à pied et 200 cavaliers tandis que Stofflet commandait 2 000 fantassins et 100 cavaliers[2]. Bossard ajoute que les brigands « se rendraient tous, s'ils ne craignaient pas qu'on les fit mourir[2]. » Cependant selon l'officier vendéen Pierre-Suzanne Lucas de La Championnière, l'armée était forte de 8 000 à 10 000 hommes à pied, dont 4 000 pour l'armée de Stofflet, et 900 cavaliers[3].

La bataille[modifier | modifier le code]

Le 6 juin, les Vendéens passent à l'attaque. Le combat a lieu sur deux points, Boussard commande le flanc droit républicain et affronte les Angevins de Stofflet à la tête du bataillon d'Orléans, sur le flanc gauche l'adjudant-général Chadau avec le bataillon de la Côte d'Or affronte les Bretons et les Bas-Poitevins de Charette[2], soutenu au nord par Sapinaud[1]. Dans le combat, une amazone, semble-t-il Madame Dufief, « vêtue de nakin, s'est fait remarquer, elle caracolait à la tête des brigands[2]. »

Mais Sapinaud rompt le combat rapidement, quant à Stofflet il est retardé à la suite d'une attaque sur la route de Challans par un parti de Républicains qui parvient à se saisir des vivres et des munitions de son armée[5].

L'avant-garde vendéenne est menée par Louis Guérin à la tête des Paydrets tandis que Charette attaque depuis la route de Machecoul. La cavalerie républicaine sort de la ville et se porte la rencontre de Guérin mais une décharge suffit à la repousser. Cependant 20 cavaliers poursuivent leur charge. Les Vendéens ouvrent le feu mais n'abattent que deux chevaux et l'action quasi-suicidaire des hussards suffit à mettre l'avant-garde en fuite, la panique se propage dans toute la division du Pays de Retz qui est mise en déroute[3].

Toutes les forces républicaines se tournent ensuite contre Charette dont les troupes sont à leur tour mises en fuite. Stofflet arrive trop tard mais il parvient à rallier les fuyards afin d'empêcher la déroute et effectuer une retraite en bon ordre[3].

Finalement repoussés, les Vendéens sont poursuivis sur une demi-lieue, sur la route de Saint-Christophe-du-Ligneron[2].

Les pertes[modifier | modifier le code]

Dans son premier rapport, adressé au général Vimeux et rédigé le jour même, le général Boussard estime la perte des Vendéens à peut-être 200 à 300 hommes, mais dans un second rapport rédigé le lendemain, il revoit son estimation à la hausse, selon lui 600 brigands sont restés sur le champ de bataille[2]. Concernant les pertes républicaines, elles sont, toujours d'après Boussard, de trois officiers ; l'adjudant-général Brière, le capitaine de dragons Saint-James, le chef du bataillon bataillon d'Orléans, et de trois ou quatre soldats d'infanterie et de cavalerie[2].

Selon les états du 11e bataillon de Paris, dit de la République, cinq hommes du bataillon sont mis hors combat le 6 juin 1794 à Challans ; le volontaire Gabriel Aumaître, tué d'un coup de feu, le volontaire Claude Moreaux, mort de ses blessures le 10 juin, le caporal Alexandre Peychoto, mort de ses blessures le 23, le volontaire Claude Barbier, blessé d'un coup de feu à l'avant-bras gauche et le volontaire Georges Goudal, blessé par un coup de feu au cou[4].

Conséquences[modifier | modifier le code]

Après la bataille, Charette et Stofflet entrent de nouveau en conflit, le premier reprochant à l'autre de n'avoir engagé qu'une partie de ses forces tandis que le second pense avoir été attiré dans un piège destiné à l'affaiblir. Enfin les officiers vendéens rédigent une réponse à un courrier envoyé par le comte d'Artois et proposent comme lieu de débarquement possible, la pointe de L'Aiguillon-sur-Mer, le courrier est remis à Vincent de Tinténiac chargé de la correspondance entre les Princes et les insurgés de l'Ouest. Finalement, Charette et Stofflet se séparent à La Bésilière et le premier regagne son quartier-général à Belleville-sur-Vie[6].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]