Bataille d'Antietam

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Bataille d'Antietam
Description de cette image, également commentée ci-après
Charge de la Brigade de Fer, près de l'église de Dunker, le matin du 17 septembre 1862
par Thure de Thulstrup
Informations générales
Date
Lieu Sharpsburg, dans le Maryland
Issue Victoire stratégique de l'Union
Belligérants
Drapeau des États-Unis États-UnisDrapeau des États confédérés d'Amérique États confédérés
Commandants
George McClellanRobert Lee
Forces en présence
75 000 hommes
(dont 50 000 engagés)
38 000 hommes
Pertes
2 108 morts
9 540 blessés
753 prisonniers ou disparus
1 546 morts
7 752 blessés
1 018 prisonniers ou disparus

Guerre de Sécession

Batailles



Campagne du Maryland Coordonnées 39° 28′ 24″ nord, 77° 44′ 41″ ouest

Géolocalisation sur la carte : Maryland

(Voir situation sur carte : Maryland)
Bataille d'Antietam

Géolocalisation sur la carte : États-Unis

(Voir situation sur carte : États-Unis)
Bataille d'Antietam

La bataille d’Antietam (également connue dans l’historiographie sudiste comme la bataille de Sharpsburg)[note 1] est le premier grand affrontement armé de la guerre de Sécession à se produire sur le territoire de l’Union.

Elle se déroule durant la journée du , aux alentours de Sharpsburg et de l’Antietam Creek (en), dans le comté de Washington (État du Maryland) aux États-Unis d’Amérique.

Cette bataille de la campagne du Maryland reste à ce jour la plus sanglante de l’histoire des États-Unis (à se dérouler en une journée) avec près de 23 000 morts, blessés, prisonniers ou disparus[1].

Contexte[modifier | modifier le code]

L'armée confédérée dite armée de Virginie du Nord, forte de 40 000 hommes avec une artillerie relativement ancienne, commandée par le général Robert E. Lee, envahit le Maryland en deux colonnes. La première, sous ses ordres, avance en occupant les lieux stratégiques comme les cols de Blue Ridge tandis que la seconde, sous le commandement de Stonewall Jackson, attaque et prend Harpers Ferry et sa garnison. Bien qu'ayant 10 000 hommes pour la défendre, la ville est facilement conquise[2]. Jackson place une division sous les ordres d'Ambrose P. Hill pour rassembler les prisonniers et fait marcher le reste pour rejoindre son chef.

Deux soldats de l'Union[note 2] découvrent, par hasard, les plans de bataille sudistes dans une boîte de cigares abandonnée dans une prairie.[note 3], apprenant ainsi à l'état-major nordiste que la Confédération a divisé ses forces[3]. Mais George McClellan ne prend aucune initiative pendant les 18 heures qui suivent et laisse ainsi passer sa chance d'affronter une armée confédérée divisée[4].

Les forces en présence[modifier | modifier le code]

Type des canons utilisés par les deux camps.
Flag of the United States (1861-1863).svg Forces de l'Union
  • 7 corps d'infanterie, groupant 54 brigades.
  • 47 batteries d'artillerie[note 4].
  • 5 brigades de cavalerie, avec 4 batteries d'artillerie montée.
Flag of the Confederate States of America (1861–1863).svg Forces de la Confédération
  • 44 brigades d'infanterie groupées en deux ailes, gauche et droite.
  • 52 batteries d'artillerie[note 5].
  • 3 brigades de cavalerie avec 3 batteries d'artillerie montée.

Bataille[modifier | modifier le code]

Bataille d'Antietam par Kurz et Allison.

Lee déploie son armée, 50 000 hommes[5], au nord et à l'est de Sharpsburg. Son flanc droit (à l'est) est ancré sur la rivière Antietam, tandis que sa gauche (au nord), perpendiculaire au ruisseau, défend les approches au Nord de la ville dont la route de Hagerstown. McClellan a 87 000 soldats à sa disposition ; il estime que son adversaire dispose de plus de 110 000 combattants[5],[6]. Il arrive en face le [2]. Le lendemain Jackson rejoint Lee[2].

Vue générale des actions

À l'aube, sur l'aile droite de l'Union, l'artillerie du major général Joseph Hooker ouvre le feu sur les confédérés de Jackson[7]. Ces derniers attaquent mais sont repoussés par le Corps du major général Joseph Mansfield. Les combats ont notamment lieu dans un champ de maïs et des bosquets. Les hommes de l'Union enfoncent à chaque fois les lignes sudistes mais finissent toujours repoussés par les troupes du Sud[8].

Au centre, les hommes du major général Edwin Sumner subissent des pertes élevées, en particulier les Irlandais, en attaquant les confédérés du major général Daniel H. Hill retranchés dans une route encaissée[8].

Sur l'aile gauche, au sud est de la ville, les troupes du major général Ambrose Burnside, 10 000 hommes, sont décimées par les 500 franc-tireurs de la Géorgie de la brigade de Toombs au passage du pont qu'ils franchissent à 13 heures, après avoir avancé lentement pendant toute la matinée[8]. À la fin de l'après-midi, elles menacent de prendre Sharpsburg et les forces de Lee à revers. C'est à ce moment que la division légère d'A. P. Hill les prend de flanc, arrêtant leur progression puis les repoussant de l'autre côté du ruisseau[8]. Si les troupes de Burnside avaient avancé plus rapidement, elles n'auraient pas été bloquées par celles de Hill, ce qui aurait donné la victoire à L'Union.

Plus de trois mille six cents hommes meurent sur le champ de bataille ; les unionistes eurent 12 410 soldats mis hors de combat, tandis que les confédérés subissent 10 700 pertes[9],[note 6].

En dépit de la supériorité numérique de l'armée de l'Union, le général en chef George McClellan fait preuve une fois de plus de son tempérament temporisateur en n'engageant pas le gros de ses troupes dans la bataille, ce qui permet à Robert Lee de réaliser une retraite en bon ordre et de ramener en territoire confédéré son armée durement éprouvée par la bataille (proportionnellement, les pertes sudistes ont été beaucoup plus élevées).

Conséquences[modifier | modifier le code]

Lincoln visitant le champ de bataille d'Antietam le . On peut voir Custer qui appartient à l'état-major de McClellan qui se trouve à l’extrême droite près de la tente. Photographie d'Alexander Gardner

Lee fait retraite en Virginie poursuivi par le nouveau général de l'armée du Potomac, Burnside. Lee inflige à ce dernier une cinglante défaite à la bataille de Fredericksburg, en décembre 1862.

Le président Lincoln annonce l'abolition de l'esclavage. Il voulait le faire plus tôt mais attendait une victoire pour ne pas paraître agir en position de faiblesse[10],[11].

Les puissances européennes sont confortées dans leur opinion que le Sud ne gagnera pas la guerre et s'abstiennent d'intervenir. Par ailleurs, la proclamation entraîne un vif soutien de la population européenne vis-à-vis de l'Union, dissuadant encore plus les gouvernements européens d'intervenir[12],[13].

Antietam au cinéma[modifier | modifier le code]

Notes & Références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Pour les nordistes, la bataille est nommée d'après la rivière la plus proche ; pour les sudistes, elle est nommée d'après la ville la plus proche.
  2. D'après David J Eicher, il s'agit du sergent John M Bloss et du caporal Barton W Mitchell
  3. Si toutes les sources s'accordent sur l'existence de cette péripétie, les détails divergent. On parle d'une boîte, ou d'une enveloppe (Eicher), ou juste des cigares enroulés dans la copie des ordres confédérés(McPherson), etc.
  4. Une batterie d'artillerie de campagne nordiste aligne, en théorie, 6 canons. Au total, 60% des canons sont des canons rayés.
  5. Une batterie d'artillerie de campagne sudiste aligne, en théorie, 4 canons. Sur le nombre de batteries, 30 sont regroupées dans une « réserve d'artillerie ». Du total, 40% sont des canons rayés et un bon nombre des autres sont des pièces de 6 livres, obsolètes, car datant de l'époque de la guerre avec le Mexique.
  6. C'est à dire que les pertes de cette journée furent plus élevées que celles dues, pour les américains, au débarquement en Normandie.

Références[modifier | modifier le code]

  1. McPherson, p. 3.
  2. a b et c McPherson, 1991, p.587.
  3. McPherson, 1991, pp.585-586.
  4. McPherson, 1991, pp.586-588.
  5. a et b McPherson, 1991, p.585.
  6. Eicher, 2001, p. 340.
  7. McPherson, 1991, p.592.
  8. a b c et d McPherson, 1991, pp.592-594.
  9. Stevens, 1994, p. 85.
  10. Stevens, 1994, pp. 87-88.
  11. McPherson, 1991, pp. 608-609.
  12. McPherson, 1991, pp. 599-608.
  13. Eicher, 2001, p. 381.

Bibliographie et sources[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

Ouvrages en français
  • Frédéric Naulet, Antietam: Le jour le plus sanglant de la guerre de Sécession, Economica, 2005. Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • James M. McPherson, La Guerre de Sécession, 1861-1865", 1991, Robert Laffont, Bouquins, 1056 pages, (ISBN 978-2221067420). Document utilisé pour la rédaction de l’article
Ouvrages en anglais
  • Bailey, Ronald H., and the Editors of Time-Life Books, The Bloodiest Day: The Battle of Antietam, Time-Life Books, 1984, (ISBN 0-8094-4740-1).
  • Eicher, David J., The Longest Night: A Military History of the Civil War, Simon & Schuster, 2001, (ISBN 0-684-84944-5). Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Esposito, Vincent J., West Point Atlas of American Wars, Frederick A. Praeger, 1959.
  • Jamieson, Perry D., Death in September: The Antietam Campaign, McWhiney Foundation Press, 1999, (ISBN 1-893114-07-4).
  • Kennedy, Frances H., Ed., The Civil War Battlefield Guide, 2nd ed., Houghton Mifflin Co., 1998, (ISBN 0-395-74012-6).
  • McPherson, James M., Crossroads of Freedom: Antietam, The Battle That Changed the Course of the Civil War, Oxford University Press, 2002, (ISBN 0-19-513521-0).
  • Sears, Stephen W., Landscape Turned Red: The Battle of Antietam, Houghton Mifflin, 1983, (ISBN 0-89919-172-X).
  • Norman S Stevens, Antietam 1862, the civil war's bloodiest day, 1994, Osprey, Campaign 32, 96 pages, (ISBN 9781855323704). Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Tucker, Phillip Thomas, Burnside's Bridge: The Climactic Struggle of the 2nd and 20th Georgia at Antietam Creek, Stackpole Books, 2000, (ISBN 0-8117-0199-9).
  • Wolff, Robert S., "The Antietam Campaign", Encyclopedia of the American Civil War: A Political, Social, and Military History, Heidler, David S., and Heidler, Jeanne T., eds., W. W. Norton & Company, 2000, (ISBN 0-393-04758-X). Document utilisé pour la rédaction de l’article
Articles en anglais

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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