Bataille d'Anéfis (juin 2013)

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Bataille d'Anéfif
Informations générales
Date
Lieu Anéfis
Issue Victoire malienne
Belligérants
Drapeau du Mali Mali MNLA flag.svg MNLA
Commandants
Didier Dacko
El Hadj Ag Gamou
Forces en présence
Plusieurs centaines d'hommes 400 hommes[1]
Pertes
2 blessés
(selon le Mali)[2]

plusieurs morts
~ 12 prisonniers
6 pick-up ou véhicules détruits
(selon le MNLA)[3],[4]

~ 10 blessés
(selon une source militaire française)[5]
1 à 2 morts
2 à 3 blessés
1 pick-up détruit
(selon le MNLA)[6],[3]

30 morts
28 prisonniers
2 pick-up détruits
4 pick-up capturés
(selon le Mali)[2],[7]

2 morts
(selon une source militaire française)[5]

Guerre du Mali

Coordonnées 18° 02′ 38″ nord, 0° 36′ 11″ est

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La deuxième bataille d'Anéfis a lieu le lors de la guerre du Mali. Elle se termine par une victoire de l'armée malienne qui prend la ville d'Anéfis au MNLA.

Prélude[modifier | modifier le code]

Alors que des négociations entre le gouvernement malien et le MNLA se sont ouvertes à Ouagadougou, la situation s'aggrave à Kidal le 2 juin. Ce jour-là le MNLA arrête plusieurs personnes, certains sont relâchés le lendemain mais environ 10 ou 20 prisonniers, accusés d'être des espions et des militaires maliens infiltrés sont maintenus en prison. Le gouvernement malien réagit et accuse le MNLA d'avoir commis des pillages contre les populations noires ; Songhaï, Peuls et Bellas. Selon des témoins, plusieurs habitants noirs sont contraints de prêter allégeance au MNLA sous peine d'être chassés de Kidal et évacués vers Gao. Le lendemain, le MNLA déclare que les personnes interpellées qui ne sont pas originaires de l'Azawad vont être expulsées et reconduites jusqu'à Douentza[8],[9].

Dans son communiqué, le MNLA déclare : « Sur les 180 personnes arrêtées initialement, seules vingt personnes sont restées aux arrêts et sont pour la plupart des agents, et pour certains des officiers, des services secrets maliens et autres services associés. Ces agents maliens seront maintenus aux arrêts et seront traités conformément au droit international régissant le droit des prisonniers de guerre. Les autres personnes arrêtées, n’étant pas azawadiennes et n’appartenant pas formellement aux services maliens, seront reconduites à la ligne de démarcation, au-delà de Douentza »[10].

Le 4 juin, 24 jeunes noirs chassés de Kidal sont accueillis à Gao, ces derniers déclarent avoir été emprisonnés pendant deux jours puis expulsés car « le MNLA nous reproche notre non-adhésion à ses initiatives de marche contre l'arrivée de l'armée malienne à Kidal ; notre non- adhésion à son projet d'indépendance de l'Azawad (...). Le MNLA nous a dit que nous sommes des Maliens et que par conséquent nous devons quitter l'Azawad. Durant notre détention, on ne mangeait pas »[11].

Le 4 juin, l'armée malienne se met en mouvement et entre à Anéfis[12], petite ville située à environ 100 kilomètres au sud de Kidal. Le même jour, un kamikaze tente d'assassiner un colonel du MNLA à Kidal, il se fait exploser mais ne fait qu'un blessé[13].

Déroulement[modifier | modifier le code]

Le , vers 5 heures 30, l'armée malienne attaque les positions du MNLA près de la petite ville d'Anéfis. Les forces maliennes sont commandées par les colonel-majors Didier Dacko et El Hadj Ag Gamou. Selon Ibrahim Ag Mohamed Assaleh, chargé des relations extérieures du MNLA, les soldats maliens disposent de 300 véhicules avec des blindés BRDM-2[1].

Le combat s'engage à 15 kilomètres à l'Ouest d'Anefis. Après quelques heures, Souleymane Maïga, porte-parole de l'armée malienne affirme que la ville est prise. Les officiers du MNLA confirment avoir ordonné un repli, ils déclarent avoir perdu 2 hommes et un véhicule[6],[14]

Bilan[modifier | modifier le code]

Selon le lieutenant-colonel Souleymane Maïga, les pertes sont de 10 morts et 28 prisonniers pour le MNLA et aucun tué du côté des militaires maliens. D'après les déclarations du colonel Didier Dacko, deux soldats maliens ont été blessés, l'un d'une balle au cou, l'autre au pied[2],[1]. Le lendemain, le porte-parole de l'armée malienne revoit le bilan à la hausse et parle de 30 morts chez les rebelles[7].

D'après Mossa Ag Acharatoumane, délégué du MNLA, alors présent à Paris, à la mi-journée du 5 juin les pertes de son mouvement sont de 2 tués et 2 blessés, ainsi qu'un pick-up détruit[1]. À Ouagadougou, le porte-parole du MNLA, Mossa Ag Attaher, déclare : « Pour le moment, on a enregistré, pour un bilan très provisoire, un mort et trois blessés de notre côté et on a explosé plusieurs véhicules maliens avec des militaires à l'intérieur. Il y a une douzaine de Maliens qui ont été faits prisonniers[3]. » Pour Mahamadou Djéri Maïga, il y a « un mort, deux blessés et un véhicule détruit » du côté du MNLA, « mais l'armée malienne a perdu six véhicules que nous avons explosés avec de nombreux hommes à l'intérieur, il y a plusieurs morts de leur côté[4]. »

Selon l'agence de presse chinoise Xinhua, le bilan définitif des combats est de 31 morts chez les rebelles, un prisonnier (un second se serait suicidé lors de son transfert à Gao), deux véhicules détruits et quatre autres saisis[15].

D'après une source militaire française, les pertes sont de 2 morts pour le MNLA et d'une dizaine de blessés du côté des soldats maliens[5].

Réactions diplomatiques[modifier | modifier le code]

Le , le gouvernement français condamne les arrestations commises par le MNLA à Kidal, Philippe Lalliot, porte-parole du ministère français des Affaires étrangères déclare que des informations « font état d'arrestations et de violences, dans la localité de Kidal, contre des personnes issues notamment des communautés songhaï, peul et bella, fondées sur la couleur de leur peau (...) la France condamne ces violences et ces arrestations extrajudiciaires et demande la libération des personnes concernées. Elle rappelle son attachement à ce qu'une solution négociée soit trouvée sur la situation à Kidal[16]. »

Le 5 juin, la France appelle les rebelles à déposer les armes. Philippe Lalliot déclare que la France soutient les « efforts des autorités maliennes pour réinstaller leur administration au nord du pays ». Il ajoute qu'il « ne peut et ne doit y avoir au Mali qu'une seule armée. (...) nous appelons les groupes armés à déposer les armes et à poursuivre les discussions avec les autorités maliennes »[17].

En réaction, le MNLA publie un communiqué dans lequel il déclare : « C’est avec grand regret que le MNLA et le HCUA constatent que la France, informée de l’épuration ethnique menée par l’armée malienne et ses milices, vient de condamner officiellement la simple arrestation des militaires maliens qui se sont infiltrés à Kidal en vue d’y préparer la prise de Kidal, alors-même qu'elle s’est abstenue d’élever la moindre protestation contre le massacre quotidien, et maintes fois prouvé, des civils touaregs et maures notamment à Sévaré, Diabaly, Konna, Léré, Gossi, Tombouctou dans le sillage même de l’opération Serval[18]. »

Le MNLA accuse également l'armée malienne d'avoir violé le cessez-le-feu et refuse de déposer les armes : « MNLA et le HCUA informent la France et la communauté internationale qu’ils ne sont plus tenus de respecter le cessez-le-feu proclamé par le MNLA. Le cessez-le feu ayant été violé par les troupes maliennes aujourd’hui à Anefis, le MNLA et le HCUA se réservent le droit de se défendre contre une armée ethnocidaire assistée par des milices ethniques parfaitement connues et identifiées. Les instances militaires de l’Azawad se considèrent désormais en état de légitime défense et engageront les actions militaires nécessaires pour refouler l’armée malienne au-delà des positions qu’elle a réoccupées à la faveur de l’opération Serval ». Il précise cependant que « MNLA et le HCUA maintiennent leurs engagements auprès de la Communauté internationale et restent disposés aux négociations politiques dans l’objectif de trouver une solution négociée qui soit pérenne, juste et équitable[18]. »

L'offensive malienne sur Kidal est cependant freinée par l'intervention de la France qui, le soir même du combat, envoie un détachement de liaison de 15 à 20 soldats à Anéfis, suivi par un « détachement de protection » d'une centaine d'hommes[19],[7],[4].

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Jeune Afrique : Mali : après des combats, l'armée malienne reprend Anefis au MNLA, par Baba Ahmed et Benjamin Roger.
  2. a, b et c Le Figaro avec AFP : Mali: combats au nord, dix rebelles tués
  3. a, b et c La Dépêche : Mali: combats dans le nord entre rébellion touareg et armée
  4. a, b et c Jeune Afrique : Mali : l'armée lorgne Kidal mais veut laisser "une chance au dialogue"
  5. a, b et c Le Monde : "Mettre un drapeau malien à Kidal, c'est une déclaration de guerre" pour le MNLA, par Jacques Follorou.
  6. a et b RFI : L'armée malienne prend Anefis au MNLA, dernier village avant Kidal
  7. a, b et c La Croix : Mali, des soldats français se trouvent à Anefis
  8. RFI : Mali: la situation s'envenime à Kidal
  9. RFI : Mali: la tension est un peu retombée à Kidal
  10. MNLAMOV : Expulsion des infiltrés maliens et relations de l'armée malienne avec les réseaux terroristes
  11. Xinhua : Mali: arrivée à Gao de 24 jeunes chassés par le MNLA à Kidal
  12. Le Figaro avec AFP : Mali : des soldats en route vers Kidal
  13. RFI : Mali: attentat-suicide dans la maison d'un chef du MNLA à Kidal
  14. RFI : Mali: calme précaire à Anéfis
  15. Xinhua : Mali : des militaires français prennent position à Anefis
  16. PressAfrik : Mali : la France condamne les «violences et arrestations extrajudiciaires» à Kidal
  17. Le Nouvel Observateur avec AFP : MALI. Paris demande aux groupes armés de déposer les armes
  18. a et b MNLAMOV : Violation du cessez-le-feu et légitime défense
  19. RFI : Mali: après les affrontements d'Anéfis, le MNLA et l'armée attendent les pourparlers de Ouagadougou