Bat Ye'or

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Bat Ye'or (« fille du Nil ») — nom de plume de Gisèle Littman-Orebi — est une essayiste britannique née au Caire en 1933[1],[2], juive d'origine égyptienne, écrivant en français et en anglais. Elle a également publié sous le pseudonyme arabe Yahudiya Masriya (« juive égyptienne »)[3].

Bat Ye'or est connue pour ses thèses popularisées par les néologismes « dhimmitude », qui étudie les conditions de servitude des juifs et chrétiens (les dhimmis) en terre d'Islam, et « Eurabia », qui dénonce une Europe vassalisée et absorbée par le monde arabe à cause de la trahison de ses élites, et dont les populations musulmanes deviendraient majoritaires et dominantes. Sa thèse sur « Eurabia » a été accueillie favorablement dans certains milieux d'extrême-droite, néo-conservateurs ou pro-israéliens, mais est généralement considérée comme alarmiste et inexacte, voire conspirationniste et raciste par ses critiques. Dans le monde académique, ses travaux sur la « dhimmitude » sont considérés comme partisans et manquant de rigueur scientifique bien que digne d'intérêt car incarnant de manière extrême le mythe d'une oppression systématique des dhimmis en terre d'Islam.

Biographie

Bat Ye'or, qui signifie « fille du Nil » en hébreu[1], est le nom de plume de Gisèle Littman-Orebi.

Gisèle Orebi nait en 1933 en Égypte, dans une famille juive. En 1956, dans le contexte de la Crise du canal de Suez, elle et sa famille sont déchues de leur nationalité égyptienne. Ils émigrent au Royaume-Uni en 1957. De 1958 à 1960, elle étudie à l'Institut d'archéologie de l'université de Londres. C'est là qu'elle rencontre David Littman qu'elle épouse en septembre 1959[4]. En 1960, elle part s'installer avec son mari en Suisse. En 1961 et 1962, elle étudie les sciences sociales à l'université de Genève. Ils trois enfants et plusieurs petits-enfants, aujourd'hui installés en Israël.

En 1961, Bat Ye'or et son mari David Littman prennent une part active à l'Opération Mural (en), montée par le Mossad pour transférer clandestinement plus de 500 enfants marocains juifs en Israël via Morgins[5]. En juin 2008, ils seront reçus par le Président Shimon Pérès lors d'une commémoration organisée en leur honneur[6].

Bat Ye'or entame l'écriture dans les annes 1970 avec un premier ouvrage intitulé en français « Les Juifs en Égypte, aperçu sur 3000 ans d'histoire ». Une version en hébreu est publiée en 1974 à l'initiative du ministère israélien de la Culture et de l'Organisation sioniste mondiale[7].

Thèses

Présentations

Bat Ye'or a publié plusieurs ouvrages traitant de la vie des Juifs en Égypte, des dhimmis, des relations entre juifs et chrétiens et des relations entre l'Europe et le monde arabe. Elle a élaboré dans ceux-ci deux thèses principales au travers des néologismes « dhimmitude » et « Eurabia ».

La « dhimmitude » stigmatise les « dhimmis » qui adoptent une position de « servitude »[8]. Dans « Les Chrétientés d'Orient : Entre jihad et dhimmitude VIIe-XXe siècle », Bat Ye'or chronique les persécutions dont les minorités juives et chrétiennes ont été victimes à différentes échelles et leur soumission à la « Charia » et elle décrit l'adoption du « djihad » et plus tard du terrorisme par l'Islam militant[9]. Elle y défend la thèse que les « Églises dhimmis palestiniennnes » puis de manière plus large les « Églises chrétiennes orientales » sont devenues antisionistes et antisémites par soumission et par peur, préférant nier la légitimité d'Israël plutôt que de dénoncer l'oppresseur islamique. Elle dénonce l'influence qu'elles ont exercé sur le monde chrétien en ce sens[10]. Elle y dénonce l'arabisation de Jésus et la dé-judaisation de la Bible et appelle juifs et chrétiens à résoudre leurs différends[10]. Elle s'inquiète du risque d'auto-destruction du monde occidental entretenue par l'influence de la haine provenant du monde de la dhimmitude[10].

Dans sa thèse « Eurabia », développée dans son ouvrage « Eurabia: l'axe euro-arabe »[11], elle dénonce un accord passé entre certaines instances dirigeantes européennes après la crise pétrolière de 1973 sous l'instigation de la France et sous couvert du « dialogue euro-arabe » [2]. Selon Bat Ye'or, « le dialogue entre Européens et musulmans n’est pas mené selon les critères rationnels propres à l’Occident, mais selon les règles de la Da-wa, qui prévoient la conversion des infidèles à l’islam »[12]. L'objectif serait de créer un ensemble méditerranéen euro-arabe visant à contrebalancer les États-Unis[12]. Dans cette perspective, les dirigeants européens auraient négocié une « reddition politique et culturelle » en vue d'obtenir des garanties dans leur approvisionnement en pétrole et dans la lutte contre le terrorisme tout en favorisant l'immigration musulmane et en adoptant une politique anti-israélienne et pro-palestinienne[12],[2],[13],[14].

Réception et critiques

Extrême-droite et milieux néo-conservateurs

Robert Wistrich (en) estime que jusque dans les années 1980, les travaux de Bat Ye'or n'étaient pas du tout acceptés et qu'elle n'est sortie de l'anonymat que quand Bernard Lewis a cité ses ouvrages dans une note de son livre Jews of Islam[13]. Ses thèses ont d'abord été relayés par les sites d'extrême-droite comme Riposte laïque[15],[16] mais selon Wistrich, elles suscitent aujourd'hui plus d'intérêt en particulier depuis la prise de « conscience de l'aspect fanatique de l'Islam »[13].

Les idées de Bat Ye'or sont reprises par Pierre André Taguieff dans « Judéophobie des Modernes : Des Lumières au Jihad mondial » où il fait référence à son ouvrage sur « Eurabia » comme étant une « critique sévère et argumentée de la démissions des Européens face aux offensives convergentes des islams politiques, ainsi que de leur glissement politique opportuniste vers les positions « antisionistes » radicales »[17].

Selon Niall Ferguson, « les futurs historiens regarderont un jour son invention du terme Eurabia comme prophétique. Ceux qui souhaitent vivre dans une société libre doivent être éternellement vigilants. La vigilance de Bat Ye'or est sans égal »[18].

Intellectuels

Des intellectuels et commentateurs tels que Ivan Jablonka[2], Caroline Fourest[19], David Aaronovitch (en)[20], The London Review of Books[21], loonwatch.com[22] et de nombreux autres[23] soulignent avant tout le caractère conspirationniste de sa thèse « Eurabia ». Par exemple, André Sapir (en) écrit que « l'idée même d'Eurabia [est] basée sur une théorie du complot extrémiste, selon laquelle l'Europe et les États arabes joindraient leurs forces pour rendre la vie impossible à Israël et islamiser le vieux continent (...) »[14].

Certains vont jusqu'à la comparer aux Protocoles des Sages de Sion[12] comme Mohamed Sifaoui qui écrit qu'elle reproduit « un schéma de pensée dont elle a elle-même été victime ainsi que des millions de ses coreligionnaires » et qu'elle « marche sur les pas de ces écrivains racistes dont l'objectif n'était pas autre chose que de stigmatiser, de manière très négative, un groupe ethnique ou religieux »[24]. Robert Wistrich répond à cette comparaison en soulignant qu'au contraire des Protocoles, qui sont un faux, les écrits de Bat Ye'or sont documents et argumentés même s'ils peuvent être discutés[13].

Robert Brenton Betts voit dans ces thèses une tentative de diaboliser la prétendue menace islamique envers la civilisation occidentale avec un résultat généralement peu édifiant et souvent irritant[25]. Pour Alain Gresh, Bat Ye'or fait partie des purs idéologues dont les travaux relèvent uniquement d’une volonté d’engager le monde dans une guerre de civilisation[26].

Monde académique

Bat Ye'or a présenté ses travaux lors de conférences universitaires à Georgetown, Brown, Yale, Brandeis et Columbia[27],[28]. Les spécialistes du sujet, tels que Hames Constant[29], Sindre Bangstad[30], Ivan Jablonka[2], Anver Emon[31] jugent cependant qu'ils ne répondent pas aux standards scientifiques ou universitaires ; à l'exception notable de Martin Gilbert qui la loue[32] et fait référence à ses travaux[33], allant jusqu'à la qualifier d'« experte reconnue sur le sort des juifs et chrétiens en terres islamiques »[32]. Cette prise de position avec d'autres ont cependant porté le discrédit sur lui[33].

Pour Hames Constant, le « [travail de Bat Ye'or sur les dhimmis doit] être pris avec des pincettes non pas parce qu'il est partisan (...) mais parce que les assises historiques générales et locales, les analyses sociologiques spécifiques sont quasiment absentes et que le plaidoyer court à travers les siècles, les lieux, les textes, de façon tout à fait cavalière et sans situer le contexte »[29]. Il estime cependant, qu'on soit d'accord ou non avec la thèse et malgré son mauvais traitement, que le sujet, rarement abordé, mérite réflexion[29]. Pour Bernard Lewis, la « dhimmitude » est un « mythe » qui « contient des éléments significatifs de vérités » ; la « vérité historique » se situant « à sa place habituelle quelque part au milieu des extrêmes »[34]. Michael Sells (en) a également critiqué les travaux de Bat Ye'or notamment pour ses constructions de comparaisons inexactes entre les minorités non chrétiennes en Europe et les minorités non musulmanes dans le monde islamiques[35],[36]. Esther Benbassa estime que Bat Ye'or, « qui n'a jamais été une historienne de métier, a en revanche une solide réputation d'idéologue militante [...]. Ses écrits rassemblent une masse de sources hétérogènes qu'elle manipule à sa guise pour appuyer une thèse univoque » en particulier à propos de l'emploi de son néologisme « dhimmitude », utilisé par elle à la place de « dhimmité » : « dhimmitude » évoque une proximité phonétique voulue avec le mot « servitude » (qui existe en français et en anglais, et que l'on retrouve dans ses ouvrages dans ces deux langues)[37].

Influences

Selon Ivan Jablonka, Bat Ye'or tire sa pensée de celle de l'historien, sociologue et théologien protestant[38] Jacques Ellul[2] qui dénonce en termes hostiles une incompatibilité entre le judéo-christianisme et l'islam et le danger que constituerait ce dernier pour l'Occident[39]. Elle se spécialise dès lors dans l’histoire des minorités en terre d’islam : les dhimmis. Jacques Ellul préfacera son livre Les chrétientés d'Orient entre jihâd et dhimmitude, paru en 1991.

Selon Raphaël Liogier, bien qu'initialement confinée à quelques groupes extrémistes, la thèse d’Eurabia s’est diffusée en Europe pour devenir un des argument majeur de l'extrême-droite comme en France, en Suisse, en Norvège, en Autriche ou au Royaume-Uni[16]. Le sujet d'une Europe envahie par l'Islam a fait depuis la une de nombreux journaux[16]. Des intellectuels en font la promotion comme la journaliste Oriana Fallaci, l'économiste Thilo Sarrazin ou l'écrivain Renaud Camus[16]. La thèse est également reprise par des chercheurs tels que l’historien Egon Flaig (de) en Allemagne ou la démographe Michèle Tribalat qui a rédigé une préface au livre de Christopher Caldwell prédisant l’effondrement d’une Europe vaincue par l’islam[16].

Au travers de leur soutien dans les milieux néoconservateurs, les travaux de Bat Ye'or ont servi de support à des débats publics aux États-Unis sur le droit à critiquer l'Islam ainsi que ses dérives et son intolérance supposées ; ou encore à l'incapacité supposée des musulmans à être des commerçants honnêtes. En 2010, ils ont été utilisés dans le cadre d'une campagne nationale visant à faire interdire la Charia[31].

Les thèses de Bat Ye'or ont influencé Anders Behring Breivik, l'auteur des attentats de 2011 en Norvège, qui se réfère plusieurs dizaines de fois à ses théories dans le « manifeste » qu'il a rédigé[40]. Breivik affirme également dans son manifeste que Bat Ye'or lui aurait écrit, ce que Bat Ye'or dément formellement[12]. Elle dit être choquée par la récupération politique de ses idées et que Breivik est un fou qui a agi comme un djihadiste[12]. Selon elle, « on essaie de m’imputer la responsabilité des massacres d’Oslo parce que je suis citée dans le manifeste, mais il s’agit d’une campagne d’incitation à la haine contre ma personne. On cherche à discréditer, voire à supprimer mes travaux »[12]. Elle estime être « victime d'une chasse aux sorcières bien organisée par des plumitifs ignares recourant uniquement à la diffamation d’une œuvre qu’ils n’ont pas même lue »[41].

Autres idées

La pertinence de cette section est remise en cause, considérez son contenu avec précaution. En discuter ? (avril 2015)

Lors d'interviews et sur son site web, Bat Ye'or présente d'autres thèses et néologismes afférents.

« Palestinisme »

Bat Ye'or définit le « Palestinisme » comme une idéologie inventée par des intellectuels et politiciens européens et arabes qui vise à remplacer Israël par la Palestine[42]. Selon elle, il est « le cheval de Troie de la reddition de l’Europe, de son islamisation, de sa flagellation, de sa négation d’une identité chrétienne car elle est enracinée dans le judaïsme et dans l’histoire d’Israël que l’islam nie et que l’Europe nazie a abhorrés »[43].

Le « Palestinisme » s'oppose à Israël pour deux raisons. Les Juifs étant un peuple de dhimmis, ils ne peuvent gouverner des musulmans et encore moins gouverner un pays, de surcroit s'il s'agit d'un pays libéré de la colonisation du jihad, ce qui est le cas d'Israël[42]. Ensuite, la doctrine musulmane rejetant la Bible, elle considère que le judaïsme et le christianisme sont des falsifications de l'Islam : elle nie donc le patrimoine ancestral des juifs et des chrétiens en Terre Sainte, ce qui explique sa guerre contre Israël[42].

Selon Bat Ye'or, dans le monde arabe et musulman, le « Palestinisme » est un outil utilisé par des djihadistes pour détruire l'indépendance et la liberté du peuple dhimmi juif. En Europe, il sert de prétexte à la Communauté européenne pour soutenir le djihad de la Ligue arabe et lui fait oublier ses valeurs judéo-chrétiennes pour soutenir l'objectif djihadiste d'imposer l'islam totalitaire au monde entier[42]. La guerre palestinienne contre Israël est une occasion pour les antisémites européens de maintenir une culture de haine et de dénigrement des Juifs en vue d'offrir un soutien moral et politique à un second holocauste[42].

Selon Bat Ye'or, « l'Europe a légitimé les intentions de l'OLP de détruire Israël dès les années septantes, ses enlèvements et ses massacres de civils, ses détournements d'avions, son terrorisme, par le rejet de sa responsabilité sur les victimes plutôt que sur leurs auteurs »[42]. L'Europe est également le plus grand bailleur de fond des Palestiniens[42]. En faisant d'Israël la source des conflits, l'Europe se paralyse face à ses ennemis, s'empêche de combattre leur idéologie et se condamne à la disparation[43].

Œuvres

Cette liste n'inclut pas une trentaine d'articles dans diverses langues, publiés à partir de 1969, ni les compte-rendus d'auditions devant des commissions du Congrès des États-Unis d'Amérique, en 1997 (deux fois) et en 2002.

Annexes

Articles connexes

Liens externes

Notes et références

  1. a et b cf. Yves Ternon : « Bat Ye'Or, Juifs et chrétiens sous l'islam : les dhimmis face au défi intégriste », in Vingtième Siècle. Revue d'histoire, 1995, vol. 45, no 1, p. 167-168, recension en ligne
  2. a, b, c, d, e et f Ivan Jablonka, Bat Ye’or et le spectre de l’ « Eurabie », La Vie des idées, 01/05/2006, ISSN 2105-3030, article en ligne
  3. « Voir les commentaires sur « Les juifs en Egypte » » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), consulté le 2015-01-26
  4. Raphael Israeli, Remembering David G. Littman, historian, activist, and a great friend, 21 mai 2012
  5. Michel Orcel , De la dignité de l'Islam, Bayard 2011, p. 107-108
  6. Conferring the "Hero of Silence" Order on David G. Littman, New English Review, 1er juillet 2009.
  7. Joel Beinin, The dispersion of Egyptian jewry, The American University in Cairo Press, 1998, p. 14.
  8. Esther Benbassa « Réponse à une idéologue militante », in Le Point, 17/03/2005.
  9. Revue de Islam and dhimmitude, Middle Eastern Studies, Vol. 38, octobre 2002.
  10. a, b et c Calvin E. Shenk, « Islam and Dhimmitude (Book Review) », Missiology,‎ (lire en ligne)
  11. (en) Bat Ye'or, Eurabia: The Euro-Arab Axis, New Jersey, USA, Fairleigh Dickinson University Press,‎ (ISBN 978-0838640777)
  12. a, b, c, d, e, f et g Patricia Briel, A Gland, une égérie d'Anders Breivik, Le Temps, 4 août 2011.
  13. a, b, c et d Adi Schwartz, The protocols of the elders of Brussels, Ha'aretz, 20 juin 2006.
  14. a et b André Sapir (en), Europe's destiny : the old lady and the bull, Johns Hopkins University Press, p. 161 écrit : « The very idea of Eurabia was based on an extremist conspiray theory, according to which Europe and the Arab states would join forces to make life impossible to Israel and islamize the old continent (...) »
  15. cf. cette recherche
  16. a, b, c, d et e Raphaël Liogier, Le mythe de l’invasion arabo-musulmane, Le Monde diplomatique, mai 2014.
  17. Pierre André Taguieff, Judéophobie des Modernes : Des Lumières au Jihad mondial, Odile Jacob, 2008, p. 674.
  18. « Future historians will one day regard her coinage of the term 'Eurabia' as prophetic. Those who wish to live in a free society must be eternally vigilant. Bat Ye'or's vigilance is unrivalled. » cité dans le dossier de presse de Eurabia: The Euro-Arab Axis
  19. Caroline Fourest dans un entretien avec Rudy Reichstadt, Une mise au point sur "Eurabia"[1], Conspiracy Watch, 2010-02-23;
  20. « This is a concept created by a writer called Bat Ye’or who, according to the publicity for her most recent book, “chronicles Arab determination to subdue Europe as a cultural appendage to the Muslim world-and Europe’s willingness to be so subjugated”. This, as students of conspiracy theories will recognise, is the addition of the Sad Dupes thesis to the Enemy Within idea. » dans David Aaronovitch (en), It's the latest disease: sensible people saying ridiculous things about Islam, The Times, 2005-11-15.
  21. « The second rule to bear in mind when putting together a conspiracy theory is that in order to hold water it needs to be circular, or rather spiral, so that any criticism can be sucked in and turned into evidence in its favour. » dans Thomas Jones, « Short Cuts: How to concoct a conspiracy theory », London Review of Books,‎ (lire en ligne);
  22. « Bat Ye'or: a crazy old lady » dans Danios, Bat Ye’or: Anti-Muslim Loon with a Crazy Conspiracy Theory Named “Eurabia” (« Bat Ye'or : une cinglée anti-musulmans avec une théorie du complot délirante nommée "Eurabia" »), loonwatch.com, 2009-09-10;
  23. [7]
  24. « The first thing that strikes the reader of Bat Ye'or's study is that it is not only about Eastern Christianity under Islam but also about Judaism in equal if not greater measure. Thus the title is misleading, and the basic premise of her text is flawed since the two communities had virtually no contact with each other in traditional Islamic society (both dealt directly with their Muslim rulers) and, while both were regarded as dhimmis or protected citizens, they tended to be treated quite differently. [...] The general tone of the book is strident and anti-Muslim. This is coupled with selective scholarship designed to pick out the worst examples of anti-Christian behavior by Muslim governments, usually in time of war and threats to their own destruction (as in the case of the deplorable Armenian genocide of 1915). Add to this the attempt to demonize the so-called Islamic threat to Western civilization and the end-product is generally unedifying and frequently irritating. » dans (en) Robert Brenton Betts, « The Decline of Eastern Christianity Under Islam: From Jihad to Dhimmitude (review) », Middle East Policy (en), Wiley-Blackwell, vol. 5, no 3,‎ , p. 200–203 (DOI 10.1111/j.1475-4967.1997.tb00274.x, lire en ligne) (inscription nécessaire)
  25. Alain Gresh, « Bat Ye’or, Eurabia et l’axe euro-arabe », blog du Monde Diplomatique, 26 septembre 2006
  26. Julia Duin, « State of 'dhimmitude' seen as threat to Christians, Jews », The Washington Times,‎ (lire en ligne)
  27. Nidra Poller, « The Brave New World of Eurabia », The New York Sun,‎ (lire en ligne)
  28. a, b et c Hames Constant. Bat Ye'or Le dhimmi. Profil de l'opprimé en Orient et en Afrique du Nord depuis la conquête arabe, Archives des sciences sociales des religions, 1980, vol. 50, no 2, p. 240.[8]
  29. « It would be an understatement to assert that the work of Gisèle Littman/Bat Ye’or is regarded among most qualified historians of Islam and the Middle East as failing to meet basic standards of academic research, yet the pseudo-scientific appearance of her work, replete with academic paraphernalia such as extensive footnotes and references, is central to its ability to convince readers. » dans Sindre Bangstad, Eurabia Comes to Norway, Islam and Christian-Muslim Relations, vol. 24-3, pp. 369-391, 2013-06-03, DOI:10.1080/09596410.2013.783969.
  30. a et b Anver M. Emon, Religious Pluralism and Islamic Law: Dhimmis and Others in the Empire of Law, Oxford University Press, 2012, p. 39-40.
  31. a et b Martin Gilbert, A History of the Twentieth Century, Volume III: 1952–1999, p. 127: "Most of those who went elsewhere did so as 'stateless refugees, among them Gisele Orebi (later Gisele Litrman), who was to become the acknowledged expert on the plight of Jews and Christians in Muslim lands, and their vigorous champion: her book The Dhimmi. Jews and Christians under Islam, written under the pen name Bat Ye'or, brought the issue of continuing discrimination to a wide public."
  32. a et b Robert Irwin, In The House Of Ishmael: A history Of The Jews In Muslim Land, By Martin Gilbert, The Independant, 3 décembre 2010
  33. Bernard Lewis, 'The New Anti-Semitism', The American Scholar Journal – Volume 75 No. 1 Winter 2006 p. 25–36.
  34. « The essentialism of Ellul and Bat Yeo'r has been discredited by scholars of minorities in Islam. » dans Michael Sells, Kosovo Mythology and the Bosnian Genocide, pp. 180-206, dans dans Omer Bartov, Phyllis Mack (dir.), In God's Name: Genocide and Religion in the Twentieth Century, Berghahn Books, 2001-01-01, ISBN 978-1571813022, p. 194.
  35. « by obscuring the existence of pre-Christian and other old, non-Christian communities in Europe as well as the reason for their disappearance in other areas of Europe, Bat Ye'or constructs an invidious comparison between the allegedly humane Europe of Christian and Enlightenment values and the ever present persecution within Islam. Whenever the possibility is raised of actually comparing circumstances of non-Christians in Europe to non-Muslims under Islamic governance in a careful, thoughtful manner, Bat Ye'or forecloses such comparison. » dans Emran Qureshi et Michael Sells, The New Crusades: Constructing the Muslim Enemy, Columbia University Press, New York, 2003, ISBN 9780231126663, p. 364
  36. Esther Benbassa « Réponse à une idéologue militante », in Le Point, 17/03/2005. Sur l'étude de la notion de dhimmi (en dehors de l'exégèse islamique sur cette question), les travaux des historiens sont nombreux. Pour d'autres approches occidentales du sujet, différentes de celle de Bat Ye'Or, voir par exemple, Esther Benbassa, « Comment être non-musulman en terre d'Islam », L'Histoire, 134, juin 1990, p. 86-91.
  37. Frédéric Rognon, Jacques Ellul : une pensée en dialogue, éd. Labor et Fidès, 2007, p. 139, extrait en ligne
  38. « Non à l’intronisation de l’Islam en France », Réforme, 15 juillet 1989.
  39. Toby Archer, « Breivik's Swamp » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), consulté le 2015-01-26, Foreing Policy, 25 juillet 2011.
  40. Bat Ye'or, [ http://www.dhimmitude.org/eurabia/les-vrais-conspirateurs-d-eurabia.pdf Les vrais conspirateurs d'Eurabia], dhimmitude.org, 17 février 2012.
  41. a, b, c, d, e, f et g entretien entre Jamie Dazlov et Bat Ye'or, [9] La « palestinisation » de l'Europe, FrontPageMagazine.com (en), 26 avril 2007.
  42. a et b Véronique Chemla, Interview de Bat Ye'or sur son livre : l'Europe et le spectre du califat, 23 janvier 2014.