Bastien Millot

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Bastien Millot, né le 5 septembre 1972 à Saint-Quentin (Aisne)[1], est avocat par équivalence, ancien chef d'entreprise français et ancien dirigeant de l'audiovisuel public. Il a été également premier adjoint (UMP) au maire de Beauvais entre 2001 et 2004 et conseiller régional de Picardie.

Biographie[modifier | modifier le code]

Débuts professionnels et politiques auprès de Jean-François Copé[modifier | modifier le code]

Petit-fils d'agriculteurs, né d'un cultivateur et d'une employée de La Redoute, Bastien Millot, à l'issue de ses études secondaires, intègre en 1991 le conseil municipal des jeunes de Saint-Quentin et l'Institut d'études politiques de Paris, où il rencontre Jean-François Copé, qui y enseigne l'économie[2].

Lorsqu'en 1995, Jean-François Copé gagne la mairie et la circonscription de Meaux, il nomme Bastien Millot[2], diplômé la même année de Sciences Po[1] assistant parlementaire jusqu'en 1997[3],[4], ainsi que directeur de cabinet et de communication à la mairie[2],[5].

Lors de l'élection municipale de 2001, Bastien Millot se présente à Beauvais sur la liste de Caroline Cayeux (UMP). Elle emporte la mairie, et il devient son premier adjoint. Accusé d'avoir signé des heures supplémentaires indues à un chauffeur de la ville, il est privé de ses délégations municipales, attaqué en justice par la municipalité[6], et condamné pour détournement de fonds publics, complicité de faux et usage de faux[7] en 2004 à une amende de 8 000 euros[8],[9],[10], après quoi il est exclu de la majorité municipale[6].

En 2002, Jean-François Copé, nommé secrétaire d'État chargé des Relations avec le Parlement et porte-parole du gouvernement Jean-Pierre Raffarin, l'appelle pour diriger son cabinet[2]. Il est alors le seul non-fonctionnaire à occuper un poste de directeur de cabinet et, à 29 ans, le benjamin des « dircabs »[11].

Il suit Jean-François Copé, dont il est directeur de campagne aux élections régionales de 2004 en Île-de-France[12], dans ses affectations ministérielles : chef de cabinet et conseiller auprès du ministre délégué à l'Intérieur en 2004[5], directeur-adjoint de cabinet au ministère délégué du Budget et de la réforme de l'État en décembre 2004[13]. Cette proximité lui vaut d'être cité en 2005 dans le cadre de l'affaire Gaymard car occupant l'appartement privé de Jean-François Copé que ce dernier jugeait « totalement inhabitable » pour justifier d'un logement de fonction, loué par l'État[14].

C'est par ailleurs Bastien Millot qui installe Jérôme Lavrilleux, auprès de Jean-François Copé à Meaux[15].

Directeur délégué de France Télévisions[modifier | modifier le code]

Bastien Millot est approché par Etienne Mougeotte pour devenir directeur de la communication du groupe TF1 mais est finalement nommé durant l'été 2005, numéro trois du groupe audiovisuel public France Télévisions[16]. Il exerce également les fonctions de vice-président et secrétaire général de la fondation d'entreprise France Télévisions[17] et de président-directeur général de France Télévisions Services[18], groupement d'intérêt économique qui assure la gestion des services généraux du groupe France Télévisions.

En décembre 2006, il fonde le Club France Télévisions[19] qui totalisera deux ans plus tard deux millions de téléspectateurs membres[20].

En décembre 2007, tout en conservant ses précédentes fonctions, Bastien Millot prend la direction générale de Multimédia France Productions (MFP)[21], une filiale du groupe France Télévisions, spécialisée dans la production de programmes télévisuels, ainsi que le sous-titrage[22].

Il est par ailleurs, de l'été 2005[23] à l'été 2008[24], actionnaire, administrateur et représentant permanent de TV5MONDE.

En 2014, il est mis en examen pour « recel de favoritisme » auprès de France Télévisions, pour des contrats passés entre la chaîne de télévision et sa société Bygmalion, sans mise en concurrence. Les prestations s'élèveraient à 2,5 millions d'euros[25],[26].

Bygmalion[modifier | modifier le code]

À l'automne 2008, Bastien Millot quitte France Télévisions pour créer Bygmalion, « une agence spécialisée dans le conseil et la communication »[27]. Au titre des activités de cette société son nom est cité dans le cadre de plusieurs affaires judiciaires, notamment celle concernant le financement de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2012 et l'affaire des factures imputées à l'UMP. Il prétend n'en rien savoir, ce que contestent Guy Alvès, le directeur général du groupe, qui rappelle ses liens avec Jérôme Lavrilleux[28], l'avocat[29] et le comptable de la société[30]. Franck Attal, patron d'Event et Cie, a raconté aux policiers que Bastien Millot et Guy Alvès acceptèrent la proposition qui leur fut faite par Jérôme Lavrilleux et Éric Cesari, de rentrer dans « l'irrégularité »[30] par ce système de fausses factures. Le 1er octobre 2014, après deux jours de garde à vue, il est mis en examen conjointement avec Guy Alves, pour complicité de faux et usage de faux dans le cadre de cette affaire[31].

Le 25 juin 2014, Le Canard enchaîné affirme que Bastien Millot bénéficiait d'une rémunération « attractive » et de « dépenses somptuaires » : plus de 115 000 euros de notes de frais et loyers, ou encore la location de sa propriété dans le Var à la société, pour les vacances du personnel, pour 6 000 euros[32][pertinence contestée]. Il quitte Bygmalion le 31 août 2013.

Activités politiques, médiatiques, reconversion comme avocat[modifier | modifier le code]

Depuis 1999[23], Bastien Millot est chargé de cours en communication politique à l'Institut d'études politiques de Paris, ainsi qu'à l'université Paris II en Vie publique & relations institutionnelles depuis l'automne 2007[1].

Millot est d'octobre 2008 à mars 2010 conseiller régional UMP de Picardie en remplacement d'Antoine Lefèvre (fraîchement élu sénateur)[33]. En août 2009, se mettant en congé de l'UMP[34], il rejoint l'équipe de Jean-Marc Morandini sur Europe 1 dans Le Grand direct des médias pour décrypter chaque jour l'actualité sous l'angle de la communication dans « C'est tout com' »[35]. Pendant l'été 2012, il anime l'émission Les secrets de com' avec Wendy Bouchard tous les samedis à 10 h sur Europe 1[36].

Il quitte Bygmalion le 31 août 2013 et cherche à vendre les 23 % qu'il possède dans la société pour devenir, en faisant valoir ses diplômes et son expérience dans la fonction publique, avocat au barreau de Marseille. Il prête serment le 6 mars 2014 à Aix-en-Provence. Il doit cesser alors ses activités de chroniqueur à Europe 1 et BFM TV[37]. Par ailleurs, il s'investit dans la gestion d'une maison d'hôtes dans une propriété de famille en Picardie[38].

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Bastien Millot, Mediatic Circus, Paris, éditions du Moment,‎ 9 décembre 2010, 200 p. (ISBN 2354171080)
    Adaptation écrite de sa chronique sur Europe 1.
  • Bastien Millot, Politiques, pourquoi la com' les tue, Paris, Flammarion,‎ 18 janvier 2012, 300 p. (ISBN 2081270374)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c (fr) « Bastien Millot », Who's Who in France, édition 2008
  2. a, b, c et d Bastien Hugues, « Dans l'ombre de Copé, l'ascension fulgurante et controversée de Bastien Millot », 28 février 2014.
  3. (fr) Claude Baudry, « Le retour de Patrice Duhamel », L'Humanité, 24 août 2005
  4. (fr) « Carnet - dans la fonction publique - Ministère délégué à l'intérieur », Les Échos no 19136, 14 avril 2004, p. 10
  5. a et b (fr) « Ministère délégué à l'intérieur : Raphael Bartolt, Bastien Millot, Guy Alves, Benoît de Saint Chamas », Les Échos no 19136, 14 avril 2004, page 10
  6. a et b Jérémie Baruch, Maxime Vaudano et Samuel Laurent, « Affaire Copé : ce qu'on sait, ce qu'on savait, ce qu'on ignore encore », Le Monde, 27 février 2014.
  7. Michel Deléan, "La condamnation oubliée de Bastien Millot, l'homme de Copé, Mediapart, 15 mars 2014.
  8. (fr) dépêche de l'Agence France-Presse, « Heures sups fictives à Beauvais: amende pour le chef de cabinet de M. Copé », 14 octobre 2004
  9. (fr) « Justice - Bastien Millot assigne la mairie », Le Parisien (édition Oise), 2 septembre 2005
  10. (fr) Nathalie Raulin, « Un proche de Jean-François Copé mis à l'amende », Libération, 19 octobre 2004
  11. (fr) « Cabinets : les préfets en vogue », L'Express, 25 juillet 2002
  12. (fr) « Second tour : dix-huit heures chrono », L'Express, 8 mars 2004
  13. (fr) « Arrêté du 1er décembre 2004 portant nomination au cabinet du ministre délégué », Journal officiel de la République française, 1er décembre 2004
  14. (fr) « Quand Jean-François Copé s'embrouille les m² », Le Nouvel Observateur, 5 mars 2005
  15. Emmanuel Berretta, Bastien Millot : "Bygmalion n'est pas la cash machine de Copé" , Le Point, 20 juin 2014.
  16. (fr) « Le grand séisme à France Télévisions », La Libre Belgique, 26 août 2005
  17. (fr) « Le Conseil d’administration de la fondation France Télévisions » sur le site internet de France Télévisions
  18. (fr) [PDF] « Compte rendu du comité de groupe 17 octobre 2007 » par la SNRT-CGT
  19. (fr) « Club France Télévisions : objectif 2 millions » dans Le Figaro, 14 avril 2008
  20. (fr) « Le Club France Télévisions a dépassé le cap des deux millions de membres ! » sur le site officiel du Club France Télévisions
  21. (fr) « Nouveau départ à la direction de France Télévisions » sur toutelatele.com, 23 septembre 2008
  22. (fr) « Bastien Millot va prendre la direction générale de Multimédia France Production » dans la lettre d'information hebdomadaire du magazine Stratégies 31 octobre 2007
  23. a et b (fr) Biographie de Bastien Millot sur son site personnel
  24. (fr) Gilles Klein, « TV5 : Ockrent renforcée », Arrêt sur images, 30 avril 2008
  25. Vincent Monnier, "France Télévisions : qui veut gagner des Bygmalions ?", Le Nouvel Observateur, 18 juin 2014.
  26. L’ex-dirigeant de Bygmalion mis en examen pour « recel de favoritisme » auprès de France Télévisions, Les Échos, 22 avril 2014.
  27. (fr) Julien Mielcarek, « Bastien Millot va quitter la direction de France Télé » sur Ozap.com, 23 septembre 2008
  28. Emmanuel Berratta, Bastien Millot : "Bygmalion n'est pas la cash machine de Copé", Le Point, 20 juin 2014.
  29. Bygmalion : "Je ne vois pas comment Monsieur Bastien Millot aurait pu ignorer tout cela", TF1, 23 juin 2014.
  30. a et b Gérard Davet et Fabrice Lhomme, « Le comptable et les patrons de Bygmalion accusent l'UMP », Le Monde,‎ 24 septembre 2014 (lire en ligne)
  31. « Bygmalion : Guy Alvès et Bastien Millot mis en examen », sur La Depêche,‎ 01/10/2014 (consulté le 01/10/2014)
  32. Les 15 chiffres fous de l’affaire Bygmalion, Le Monde, 25 juin 2014.
  33. (fr) Emmanuel Berretta, « France Télévisions : Carolis perd un homme de confiance » sur le site officiel de l'hebdomadaire Le Point, 22 septembre 2008
  34. (fr) Bertrand Duchet, « Millot tisse sa toile à Saint-Quentin », L'Aisne nouvelle, 7 septembre 2009
  35. (fr) Benoît Daragon, « Bastien Millot chroniqueur sur Europe 1 » sur cbnews.fr, 23 juin 2009
  36. Europe 1, « Nouvelles émissions, nouvelles voix : un été avec les talents d’Europe 1 », sur europe1.fr,‎ 18 juin 2012
  37. Béatrice Gurrey, « Bastien Millot, l'un des ex-dirigeants de Bygmalion, est devenu avocat », Le Monde.fr, 11 mars 2014.
  38. Bastien Millot, l'homme qui murmurait à l'oreille de Jean-François Copé Le Point, 27 mai 2014

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]