Basilique Sainte-Justine de Padoue

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Basilique Sainte-Justine
Abbazia di Santa Giustina.jpg

La basilique Sainte-Justine

Présentation
Culte
Type
Style
Roman et gothique
Construction
Xe siècleVoir et modifier les données sur Wikidata
Site web
Localisation
Pays
Région
Commune
Coordonnées

La basilique Sainte-Justine (en italien Abbazia di Santa Giustina) est l'église d'une abbaye de Padoue, située dans le centre de la ville. Sa forme actuelle date du XVIIe siècle.

Historique[modifier | modifier le code]

Elle fut fondée au VIe siècle sur la tombe de sainte Justine de Padoue par le préfet du prétoire Venanzio Opolione (it). Sainte Justine, jeune fille de 16 ans, fut condamnée à mort par l'Empereur Maximien, parce qu'elle était chrétienne. Cette basilique fut au XVe siècle un important centre monastique. Entre le XIVe et le XVe siècle de grands travaux ont été entrepris axés sur le chœur, la sacristie, la chapelle de Saint-Luc et 4 cloîtres.

Il Romanino en avril 1513, est chargé par les pères bénédictins de réaliser le retable de l'autel majeur, puis un cenacolo, pour le réfectoire du couvent. Ces deux œuvres ont été perdues.

Le monastère fut supprimé en 1810 par Napoléon Bonaparte. En 1919, le monastère a rouvert et abrite en son sein la Biblioteca statale del monumento nazionale di Santa Giustina.

Description[modifier | modifier le code]

Avec 122 m de long pour 82 m de large, la basilique Sainte-Justine est une des plus grandes de la chrétienté. Ces dimensions impressionnantes font écho à celle de la place qui la borde : la place du Prato della Valle. Le pavement a initié vers 1608 et a pris fin en 1615; Il est en marbre et pierre de touche de Vérone jaune et rouge. il s’insère, en particulier dans les sections longitudinales entre les piliers. Un grand nombre de morceaux de marbre grec appartenant à l'ancienne basilique d'Opilione ont été recyclé.

La partie gauche de la nef[modifier | modifier le code]

Capella di San Giacomo
La première chapelle est dédiée à saint Jacques le mineur. L’autel est en pierres polychromes dans le style de la famille Corbarelli XVIIe siècle. Le retable en marbre blanc montre une huile sur toile de Carlo Caliari : le martyre de saint Jacques.
Cappella di San Gregorio Magno
La seconde chapelle est dédiée au pape Grégoire Ier. Autel en marqueterie minérale polychrome dans le gout de la famille Corbarelli duXVIIe siècle. Le retable est érigé en marbre vert d'Afrique et blanc de Carrare. Le tableau est une huile sur toile de Sebastiano Ricci représentant le pape Grégoire Ier qui invoque la Vierge pour la fin de la peste à Rome: début du XVIIIe siècle. L’œuvre de Ricci a remplacé une peinture initiale de Carlo Cignani qui «a mal tournée."
Cappella di san Daniele levita
La troisième chapelle est dédiée à Daniel de Padoue. L'architecture de l'autel se caractérise par l'utilisation de marbre rouge de France et des marbres de Carrare et de Padoue; le tableau du retable est d'Antonio Zanchi (1677), il représente le martyre de saint Daniel. L'autel est l'œuvre des frères Corbarelli.
Cappella di san Placido
La quatrième chapelle st dédiée à Saint Placide Martyr. Semblable à l'autel de Saint Maur. Le retable abrite une huile sur toile de Luca Giordano Le martyre de Saint Placide et de ses compagnons, de 1676. A noter la décoration raffinée de la famille Corbarelli en marqueterie de pierres polychromes derrière l'autel.


Cappella san Mauro
La cinquième chapelle st dédiée à Saint Maur. Le retable est en marbre noir et blanc de Gênes; L'autel de marbre vert, marbre de Gênes, et marbre rouge de France. Le tableau du retable représentant saint Maur invoqué par les malades (1673) de Valentin Le Febvre.
Cappella di san Giuliano
La sixième chapelle est dédié saint Julien martyr. L'autel abrite le tombeau de saint Julien martyr; c'est l'œuvre du sculpteur de Trévise Giovanni Comin (1680) à qui l'on doit aussi la statue du saint, placé à la tête du cercueil. Le reste de la décoration sculpturale, y compris les belles statues de Saint Andrée et de saint Mathieu, sont de Bernardo Falcone.
Cappella di santa Felicita
La septième et dernière chapelle de la partie gauche de la nef est dédiée à Sainte Félicité de Padoue. La chapelle abrite l'autel monumental surmonté de l'urne contenant les restes de la sainte, découverts en 1502 dans la chapelle de Saint Prosdocime de Padoue. Les sculptures sont d'Orazio Marinali et joue sur les couleurs de marbre blanc et rouge de France. La statue de la sainte en prière est placée sur l'urne, sur les côtés deux anges et saint Marc et Saint Simon. L'autel est très raffiné, décoré par les frère Corbarelli: il représente des fontaines, des jardins et la façade inachevée de la basilique.


Transept gauche[modifier | modifier le code]

Chapelle de Saint Luc l'évangéliste.
La vaste chapelle a été réaménagée pour les adaptations liturgiques mises en œuvre dans les années du Concile Vatican II. Au centre le monument qui abrite les reliques de saint Luc l'évangéliste. Travail très soigné de l'école pisano-vénitienne de 1313, commandé par l'abbé Gualpertino Mussato et initialement érigé dans l'ancienne chapelle gothique en 1562. Le monument est fait en serpentine et marbre de Vérone. Il est enrichi de huit panneaux d’albâtre sculpté en bas-relief représentant des anges et des symboles liés au saint. L’ensemble repose sur deux colonnes en granit, deux colonnes en spirale d'albâtre et le centre est placé sur un support en marbre grec, représentant des anges en cariatides, soutenant l’ensemble.
L'autel du XVIe siècle, aujourd’hui déplacé, a servie un temps de base au monument. Tout autour court un chœur en bois moderne et controversée.
Au sommet est placée la version du XVIe siècle - attribué à Alessandro Bonvicino – de la Vierge Salus Populi Patavini Constantinople. Elle est encadrée et soutenue par des anges de bronze de Hamlet Sartori (1960-1961). L'icône byzantine d'origine, selon la tradition, peinte par saint Luc et amené à Padoue pour sauver de la fureur iconoclaste de Constantinople, est maintenant dans un sanctuaire dans le monastère.
Capella Beato Arnaldo da Limena
La chapelle est dédiée au bienheureux Arnaud Cataneo (Arnaldo da Limena). L'autel a été érigé en 1681, lorsque Bernardo Falcone a donné le groupe d'anges et la statue placée au-dessus de l'urne qui abrite les reliques du bienheureux Arnaldo da Limena. Les statues latérales de saints Pierre et saint Paul, sont des œuvres de Orazio Marinali et Michele Fabris. Le travail de marqueterie de pierres polychrome de l'autel est l’œuvre de la famille Corbarelli.
Sur le grand mur de droite, il y a la grande toile d’Antonio Balestra, une œuvre de 1718 représentant ‘’le martyre des Saints Côme et Damien’’. En face, sur le mur gauche, ‘’Le grand massacre des innocents’’ par Sebastiano Galvano, œuvre signée du milieu du XVIe siècle. Initialement cette œuvre était dans l'église de San Benedetto Novello.

Le Choeur[modifier | modifier le code]

Chapelle absidiale de gauche[modifier | modifier le code]

Cappella del Santissimo Sacramento
La chapelle est dédiée au Saint Sacrement. Avant d'héberger le Saint-Sacrement, la chapelle a contenue les reliques des Saints Innocents. Le plafond est décoré de fresques représentant les anges et les apôtres adorant le Saint-Sacrement. L’œuvre est de Sebastiano Ricci faite vers 1700; elle se caractérise par l'utilisation du trompe l’œil. La voûte au-dessus de l’autel est occupé par la représentation du Père éternel, précédé par les Apôtres, représentés comme s'ils étaient placés au-dessus des murs de la chapelle, et sont attirés par l'Eucharistie portée en triomphe par une foule angélique.
L'autel est œuvre faite en plusieurs temps dans les années 40 du XVIIe siècle. La conception est de Lorenzo Bedogni réalisée par Pietro Paolo Corbarelli, et leurs fils Simone, Antonio et Francesco vers 1656. Elle fut achevée en 1674 par Giuseppe Sardi et Josse le Court qui a façonné les deux anges adorateurs tandis que les statues de bronze sur le tabernacle ont été fondues par Carlo Trabucco (1697). Les autres sculptures sont de Michele et Alessandro Fabris Tremignon.

Le chœur liturgique[modifier | modifier le code]

Le chœur

Il est surélevé par rapport au reste de l'édifice et est accessible par un escalier monumental. Au-dessous, s'ouvre une grande crypte, maintenant aménagée en chapelle d'hiver. Les balustrades sont l'œuvre de Francesco Contini (1630). Sur les côtés, en haut, des niches à l'intérieur, deux bustes qui représentent idéalement les deux patriciens romains Vitaliano (à droite) et Opilione (à gauche) œuvres de Giovanni Francesco de surdis de 1561.

Le maître-autel
Décoré «  à la florentine » associant de fines incrustations de marbre sur laquelle sont placés de pièces de nacre, de corail, lapis-lazuli, cornaline, perles, et d'autres matériaux précieux. Le travail délicat a été réalisé entre 1637 et 1643 par Pietro Paolo Corbarelli conçu par Giovan Battista Nigetti, frère du célèbre Matteo Nigetti. Le 7 Octobre, 1627 en grande pompe, il a été placé sous l'autel le corps de sainte Justine.
La tableau du retable
Le martyre de saint Justine par Veronese huile sur toile de 1576.

Chapelle absidiale de droite[modifier | modifier le code]

Cappella della Pietà

La chapelle est l’œuvre de l'artiste génois Filippo Parodi en 1689. L'artiste a pris en charge la conception architecturale, décorative et sculpturale y compris le plafond, orné par une foule angélique en stuc. Au centre se trouve la Pietà entourée de deux statues de Marie Madeleine et de saint Jean.

Transept droit[modifier | modifier le code]

Chapelle de Saint Maxime de Padoue
L'autel abrite la tombe contenant les restes du deuxième évêque de Padoue, saint Maxime. Le groupe de statue : saint maxime, les anges qui tiennent les insignes de l'évêque et Saint jacques est l'œuvre de Michele Fabris (1681), alors que la statue de Saint-Barthélemy est le résultat du ciseau de Bernardo Falcone (1682). L'autel en marqueterie de pierre polychrome, est l'oeuvre de la famille Corbarelli.
Chapelle de Saint Matthias l'Apôtre
Le grand espace est dominé par deux toiles imposantes: à droit La mission des Apôtres (1631) de Battista Bissoni et Saints Cosmas et Damian sauvé par l'ange (1718) d'Antonio Balestra, celui-ci provient de l'Eglise de la Miséricorde. Au-dessous des tableaux, les confessionnaux et une chaire datant du XVIIe siècle.
Au fond de la chapplle un monument en marbre grec et africain où repose le corps de Saint Matthias l'apôtre. L'oeuvre est inspirée par la tombe reliquaire de Saint-Luc qui est antérieure. Elle a été achevée en 1562 par Giovanni Francesco de Surdis qui a sculpté les bas-reliefs représentant les apôtres.
Derrière l'arche, s'ouvre la porte menant à la salle des Martyrs. La voûte du XVe siècle est décoré dans le goût de la Renaissance. Les bas-reliefs sont attribués au cercle de Bartolomeo Bellano. Un petit temple d'Albâtre avec de riches ferronneries abrite une représentation de la vierge.
Le corridor des martyrs (Il Corridoio dei Martiri)

Il est accessible à partir du transept droit. Construit en 1564 sur les ruines de l'ancienne église abbatiale du Moyen Age, il a été conçu pour permettre le passage vers le Sanctuaire de saint Prosdocime de Padoue. Le couloir, peint entre le XVI et XVII siècle, est contre-voûté et, au milieu, un espace octogonal couvert par un dôme décorée à fresque par Giacomo Ceruti. Au centre il y a le puits des Martyrs: construit sur les ordres de l'abbé Angelo Sangrino en 1565 au dessus du puits médiéval (toujours visible dans le sous-sol) qui se trouvait au milieu de la nef de la basilique originale. La margelle octogonale en marbre de Vérone et albâtre, est finement travaillée. Une grille permet de voir au fond les os des martyrs de l’époque de Dioclétien découvert à cet endroit en 1269 par la bienheureuse Giacoma. Dans le coin ouest un morceau de la décoration en mosaïque qui ornait le sol de la basilique opilionea du VIe siècle est encore visible. Au fond un autel du XVIe siècle sur avec un tableau de Pietro Damini La découverte du puits des martyrs et la puissance miraculeuse des douze bougie compte parmi les meilleures œuvres de l'artiste. Est également visible une grande cage de fer, datant du Moyen Age, qui a contenue les restes de saint Luc. Les deux statues des saints Pierre et Paul, sont l’œuvre de Francesco Segala.

Le sanctuaire de San Prosdocime de Padoue

A la suite du corridor des Martyrs se trouve le sanctuaire de Saint Prosdocime de Padoue ou Sanctuaire de Santa Maria. Une des constructions la plus ancienne de la Vénétie : datée du VIe siècle. C’est le seul vestige préservé de la basilique opilionea. A l'origine il s'agissait d’une chapelle dédiée à la conservation des reliques. L'espace est conçu sur le plan de la croix grecque, il est caractérisée par un auvent très élégant composé de dôme tous peints en grotesque au XVIe siècle pour remplacer la décoration en mosaïque présente à l' origine. Ce fut le lieu de sépulture des premiers évêques de Padoue, y compris le premier, St Prosdocime de Padoue dont le corps repose dans l'autel dés 1564. Il est constitué d'un sarcophage romain placé sur la droite (par rapport à l'abside). Au- dessus de l'autel est exposé un bas-relief représentant St Prosdocime de Padoue dans la tenue d'un aristocrate romain, datant du Ve siècle. Devant l’abside une pergola, en marbre grec, étonnant travail du VIe siècle pratiquement intact conservé dans la position initiale d’Iconostase Le long de la paroi du petit hall d'accès, des restes de fresques du XIIe siècle , les décorations du XVIe siècle. Le tympan de la porte de la basilique opilionea du Ve siècle.

Partie droite de la Nef[modifier | modifier le code]

La chapelle de sant'Urio
L'arche placée sur le dessus de l'autel (1682) contient les restes de sant'Urio qui était le prêtre gardien de l'église de Santi Apostoli à Constantinople qui a sauvé les reliques de saint Luc, de saint Matthieu et l'icône de la Vierge de la fureur iconoclaste portant l'ensemble jusqu'à Patavium. La statue de sant'Urio, les anges et les saints Thomas et Thaddeus sont de Bernardo Falcone. Le travail de marqueterie en pierres polychromes est de Corbarelli.
La chapelle des saints Innocents
La chapelle construite durant la première moitié du XVIIe a été utilisé initialement pour le Saint-Sacrement, qui a été transféré dans une des chapelles absidiales. L’aspect actuel date de 1675 avec le sanctuaire pour les reliques de Saints Innocents (les restes de trois victimes d'Hérode) . Le désarroi de Santa Rachel qui couronne l'ensemble est de Giovanni Comin (1690); les deux saints : Jacques le Mineur et Jean sont attribués à Michele Fabris. Le travail de marqueterie en pierre polychrome est de Corbarelli.
Chapelle de saint Benoit
L’autel est érigé en marbre noir et blanc de Gênes. Le tableau du retable : Saint Benoit accueille saint Placide et saint Maur est de Palma le Jeune.
Chapelle de sainte Scolastique
Les colonnes qui soutiennent l'autel sont de marbre de Salò. Le tableau du retable représente La Mort de sainte Scolastique est du à Luca Giordano en 1674.
Chapelle de saint Gerardo Sagredo
Le tableau du retable daté de 1674 par Johann Carl Loth montre le Martyre de saint Gerardo Sagredo.
Chapelle de sainte Gertrude
Le tableau du retable par Pietro Liberi montre L'extase de sainte Gertrude
Chapelle de la Conversion de saint-Paul
Le tableau du retable est attribué à Paolo Veronese en collaboration avec ses étudiants, il représente La conversion de saint Paul. Sur le mur gauche une toile en lunette représente le même sujet, ce travail est de Gaspare Diziani anciennement dans l'église des thérèses.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Laura Sabatino, Lapidi e marangoni in un cantiere rinascimentale. La Sacrestia della Basilica di Santa Giustina in Padova, Editrice il Prato (ISBN 88-89566-06-X).
  • Padoue, Basilique de Sainte Justine. Histoire et Art, Editions Studio Fotografico / Giorgio Deganello, Padoue.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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