Basilique Notre-Dame de Gray

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Basilique Notre-Dame de Gray
Image illustrative de l’article Basilique Notre-Dame de Gray
Présentation
Culte Catholique romain
Dédicataire Notre-Dame en son Assomption
Type Église, basilique
Rattachement Diocèse de Besançon
Début de la construction 1478
Fin des travaux 1571 (église), 1863 (portail occidental)
Style dominant Gothique/Renaissance
Protection Logo monument historique Classé MH (1988)
Site web Paroisse de Gray
Géographie
Pays France
Région Bourgogne-Franche-Comté
Département Haute-Saône
Ville Gray
Coordonnées 47° 26′ 47″ nord, 5° 35′ 31″ est
Géolocalisation sur la carte : France
(Voir situation sur carte : France)
Basilique Notre-Dame de Gray
Géolocalisation sur la carte : Haute-Saône
(Voir situation sur carte : Haute-Saône)
Basilique Notre-Dame de Gray

La basilique Notre-Dame de Gray est l'église paroissiale de la ville de Gray, en Franche-Comté. Rattachée au diocèse de Besançon, elle fait partie de la paroisse Notre-Dame de Gray. Elle est édifiée aux XVe siècle et XVIe siècle, dans un style hybride gothique-Renaissance, à l'emplacement d'une première église Notre-Dame détruite en 1477 pendant la Guerre de Succession de Bourgogne. Elle abrite depuis 1641 le cœur de saint Pierre Fourier et depuis 1802 la statue miraculeuse de Notre-Dame de Gray. La possession de ces deux reliques lui vaut l'élévation au titre de basilique mineure le par le pape Pie XII.

Elle fait l'objet d'un classement au titre des monuments historiques depuis le [1].

Historique[modifier | modifier le code]

Construction[modifier | modifier le code]

La première mention d'une église à proximité du château de Gray remonte à 1227. La paroisse-mère se trouve alors à Gray-la-Ville. Les archives de Gray mentionnent toutefois la présence de chanoines attachés à la chapelle du château dès le début du XIIe siècle, mais qui n'interviennent pas dans la paroisse[2]. En 1266 le comte Hugues fait construire une chapelle[3] dédiée à Sainte Élisabeth, récemment canonisée, dans l'enceinte du château. En 1319, par fondation de la reine Jeanne, le chapitre devient royal[4].

La nuit du , en pleine Guerre de Succession de Bourgogne, les troupes bourgignonnes menées par les sires de Vaudrey lancent l'assaut contre la ville de Gray, alors seule ville comtoise contrôlée par les troupes françaises. Au cours des violents combats, les assiégeants mettent feu à toutes les maisons occupées par des Français, ce qui conduit à l'incendie de la ville. Le gouverneur Jean Salazar parvient toutefois à prendre la fuite[5]. L'église Notre-Dame est vraisemblablement très endommagée par l'incendie et le siège du château ; l'on décide donc de sa reconstruction. Le chantier de la nouvelle église commence dès 1478 avec la pose de la première pierre. Le faible avancement du chantier lui permet de ne pas souffrir de la reprise de la ville par les troupes de Louis XI en 1479. Une fois la paix revenue, et malgré les difficultés économiques de la région, le recours aux indulgences permet le financement régulier des travaux. L'ouvrage progresse à un rythme lent. Privés de la chapelle du château dont la reconstruction se fait attendre, les chanoines de Gray utilisent le nouveau chœur de Notre-Dame pour leurs offices[6]. Cela implique que cette partie de l'église est déjà couverte en 1484. Une fois le chœur achevé, l'on pose en 1509 les fondations du transept.

Fondation des piliers de la nef le 5 juillet 1509

En 1531 le voûtement de la nef est achevé. Les comptes de la ville conservent les noms des maîtres d'œuvre qui se sont succédé : Matthieu Grand en 1513, Philippe Lenfant en 1523 puis Antoine Le Rupt à partir de 1527. En 1532, c'est le pavage qui est achevé, ainsi que la façade occidentale en collaboration avec Pierre Arnoux. Après une brève interruption l'année suivante, Le Rupt reprend le voûtement des bas-côtés puis travaille sur d'autres chantiers graylois[7].

Il faut cependant attendre 1548 pour la couverture de la nef, 1559 pour l'achèvement du clocher couvert de fer-blanc et encore 1571 pour l'escalier de la façade Sud.

Modifications des XVIIe siècle et XVIIIe siècle[modifier | modifier le code]

Vers 1660, les ouvertures de la nef sont agrandies en baies en plein cintre davantage dans le goût de l'époque, ce qui entraîne la disparitions des fenêtres gothiques.

Une importante restauration néogothique[modifier | modifier le code]

Les combats du et ses suites[modifier | modifier le code]

Architecture[modifier | modifier le code]

Architecture générale[modifier | modifier le code]

Longue de quarante mètres et haute de vingt mètres, la basilique présente un plan de croix latine en trois nefs. Les voûtes en croisée d'ogive ornées de liernes et de tiercerons sont soutenues par des piliers octogonaux sans chapiteaux, ce qui lui confère une belle élévation. Le projet initial consistait probablement en quatre travées avec une voûte quadripartite.

La reprise d'ogive est visible à la naissance des deux premières ogives de la nef.

Le départ des ogives de la première travée à partir du transept montre les traces du changement de programme[8]. Aux trois travées de la nef sont adossées de part et d'autre six chapelles latérales qui donnent sur les bas-côtés.

Le chœur[modifier | modifier le code]

Doté d'une abside gothique polygonale à cinq côtés, le chœur fut achevé avant 1484. La verrière centrale, haute de quinze mètres, a conservé son remplage d'origine qui dessine un arbre de Jessé. Ce joyau de la sculpture gothique flamboyante est mis en lien avec le sculpteur Conrad Meit et le chantier contemporain du Monastère royal de Brou.

En 1697, Jean-François Jobelot commande à Jean Ligier un imposant retable en bois doré. Son achèvement en 1718 implique le murage de la partie inférieure des fenêtres ancienne. Une Assomption de Marie du peintre louvaniste Lambert Blendeff orne le centre du retable. Le retable est d'abord amputé de sa partie supérieure puis complètement retiré en 1927[9]. Le Mgr Georges Béjot consacre un nouvel autel qui prend place dans le chœur au pied des verrières restituées en 1849. En 1996 un second autel est installé dans le chœur.

Les chapelles latérales[modifier | modifier le code]

L'orgue[modifier | modifier le code]

Le Buffet en chêne sculpté de l'orgue a été construit en 1728 par Claude Valentin, qui n'a pas pu achever la construction de la partie instrumentale, qui a été achevée par Charles-Joseph Riepp en 1759. En 1827, Joseph Callinet reconstruit la partie instrumentale dans le Buffet de Claude Valentin. Une grande restauration de l'orgue a été réalisée par Jean-François Muno en 1993. La Buffet du Grand-Orgue laisse apparaître 61 tuyaux de façade et le Buffet de Positif 29 tuyaux de façade. L'instrument possède 37 jeux répartis sur 3 claviers et un pédalier, pour un total de 2.227 tuyaux.

Buffet Valentin de l'orgue.

Le portail occidental[modifier | modifier le code]

Personnalités liées à la basilique[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Notice n°PA00102180 », sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture
  2. Cf. Henri Gatin, Louis Besson et Charles Godard, Histoire de la ville de Gray et de ses monuments : Nouvelle édition, revue et continuée, Paris, Firmin Didot et Cie, (lire en ligne), p. 655.
  3. Cf. Pierre Louvet, Abregé de l'histoire de la Franche Comté, de la situation du pays, & des Seigneurs qui y ont dominé jusqu'à présent, Lyon, Estienne Baritel, (lire en ligne), p. 68.
  4. Cf. Jean-Baptiste-Joseph Crestin, Recherches historiques sur la ville de Gray, au comté de Bourgogne, Besançon, J.F. Couché, (lire en ligne), p. 71.
  5. Cf. (H. Gatin, L. Besson et Ch. Godard, op. cit. p. 126-129).
  6. Frédéric Genévrier, « La Communauté des prêtres desservant l'église paroissiale de Gray, d'après leur comptabilité et les archives de la paroisse de Gray (1486-1530 », dans Jacky Theurot, Nicole Brocard (éd.), La ville et l'Eglise du XIIIe siècle à la veille du Concile de Trente, Besançon, Presses universitaires de Franche-Comté, (ISBN 9782848671956, lire en ligne), p. 101.
  7. Jean-Pierre Jacquemart, « Antoine Le Rupt, itinéraire d’un architecte sculpteur d’ornement (vers 1490-vers 1570) en Bourgogne et en Franche-Comté », Bulletin Monumental, vol. 170, no 2,‎ , p. 144 (www.persee.fr/doc/bulmo_0007-473x_2012_num_170_2_8278, consulté le )
  8. (Jacquemard, op. cit. 2012, p. 143-144)
  9. La partie inférieure du retable, d'abord stockée sommairement dans l'ancienne chapelle du collège des jésuites a été remontée en 1973 dans le chœur de l'église Saint-Maurice de Gray-la-Ville.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Gatin, Henri, Besson, Louis et Godard, Charles, Histoire de la ville de Gray et de ses monuments : Nouvelle édition, revue et continuée, Paris, Firmin Didot et Cie, , 772 p. (lire en ligne)
  • Mauclair, Michel, Notre-Dame de Gray : Quatre siècles de culte et de dévotion, Langres, Dominique Guéniot, , 182 p. (ISBN 9782878254549)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens internes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]