Basilique Notre-Dame d'Avioth

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Basilique Notre-Dame d'Avioth
Notre-Dame d'Avioth
Notre-Dame d'Avioth
Présentation
Nom local « La Recevresse »
Culte Catholique romain
Type Basilique
Rattachement Diocèse de Verdun
Début de la construction XIVe siècle
Fin des travaux XIVe siècle
Style dominant Architecture gothique
Protection Logo monument historique Classé MH (1840)
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Lorraine
Département Meuse
Ville Avioth
Coordonnées 49° 34′ 00″ nord, 5° 23′ 29″ est

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Basilique Notre-Dame d'Avioth

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Basilique Notre-Dame d'Avioth

La basilique Notre-Dame d'Avioth est un édifice religieux de style gothique édifié au XIVe siècle et situé dans le nord du département français de la Meuse dans l'ancien comté de Chiny. Elle est classée monument historique depuis la première liste de 1840[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Initialement simple hameau, le village d'Avioth doit son développement à la découverte miraculeuse d'une vierge à l'enfant en bois dans le courant du XIIe siècle. Rapidement un pèlerinage s'y développe, et les autorités ecclésiastiques et féodales soutiennent rapidement l'édification d'une église digne de ce pèlerinage : la grande église d'Avioth est née ! Bernard de Clairvaux y aurait chanté pour la première fois le Salve Regina. C'est le Pape Jean-Paul II qui a élevé l'édifice au rang de Basilique en 1993. L'église Notre-Dame d'Avioth était autrefois un « sanctuaire à répit » très fréquenté. Le pèlerinage de Notre-Dame d'Avioth a lieu depuis le XIIe siècle et réunit encore aujourd’hui, le 16 juillet, de nombreux fidèles.

Architecture[modifier | modifier le code]

La « Recevresse »[modifier | modifier le code]

« La Recevresse » est un monument unique au monde et sa reproduction, grandeur nature, se trouve au musée des monuments français à la Cité de l'architecture et du patrimoine à Paris.

Ce chef-d'œuvre du gothique flamboyant a vraisemblablement été construit à l’endroit de la découverte de la statue miraculeuse « sur son buisson d’épines ». Il remplace un premier oratoire plus modeste. Au début du XIVe siècle, lorsque la statue de Notre-Dame d’Avioth put entrer dans son église, une autre statue de la Vierge prit sa place pour recevoir, en son nom, les offrandes des pèlerins. On appela cette statue : la Vierge Recevresse. Avec le temps, le nom de Recevresse fut donné au monument. Ainsi, depuis huit siècles, la Basilique d’Avioth a été construite et entretenue grâce à des dons et à des offrandes. C’est encore le cas aujourd’hui. Grâce à la générosité des adhérents de l’association des amis de la Basilique d’Avioth et des nombreux pèlerins qui viennent prier Notre-Dame d’Avioth, la commune peut engager régulièrement des travaux et obtenir l’aide du conseil général de la Meuse et la direction régionale des affaires culturelles de Lorraine.

Les menottes au-dessus de la statue ont été placées là par des prisonniers en signe de reconnaissance à Notre-Dame d’Avioth pour leur délivrance.

Les armoiries sur le mur sont celles de Gilles de Rodemack, prévôt de Montmédy et gouverneur du Luxembourg au début du XVe siècle.

La Recevresse a été restaurée par Boeswilwald de 1844 à 1846.

Les vitraux de la chapelle Saint-Jean sont dus au maître verrier Jean-Jacques Grüber (1930).

Notre-Dame d'Avioth est une des rares vierges noires du nord-est de la France[2]. La datation au carbone 14 de la statue en tilleul de Notre-Dame d'Avioth montre que le bois a été coupé vers l'an 1095 et confirme la tradition selon laquelle la statue a été découverte au XIIe siècle[3]

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir.

La « grande-église » d'Avioth[modifier | modifier le code]

fondation[modifier | modifier le code]

Au XIIe siècle, la découverte fortuite d'une statue de la vierge à l'enfant et se retour miraculeux à son emplacement d'origine sont à l'origine d'une premier oratoire. Une petite chapelle de bois est probablement édifiée peu de temps après pour abriter la statue, mais devint rapidement insuffisante face à la ferveur populaire. Une première église romane est probablement édifiée en pierre, du moins certains piliers du chœur semblent dater de cette époque. Le village est affranchi en 1223 et amène rapidement un essor économique parallèlement au pèlerinage. Il semble ainsi que la construction d'un vaste vaisseau gothique lui succède de peu, probablement dans la fin du XIIIe siècle.

édification[modifier | modifier le code]

Peu de documents permettent de dater l'église actuelle dont l'édification semble avoir commencée par la chœur dans un style rayonnant typique de la fin du XIIIe. L'église se présente sur une vaste terrasse entourée d'un enclos encore bien visible et dominé par la recevresse.

Le plan est de type basilical à deux niveaux et déambulatoire. Le style général semble emprunter à de nombreuses écoles, Lorraine pour les élévations (double élévation - transepts non-saillants), Champenoise pour le déambulatoire et le portail vitré de la façade occidentale, à la rémoise. La façade occidentale, qui date du XIVe siècle, présente une impressionnante profusion de sculptures (épargnées après la Révolution) et reprend nettement l'élévation de la proche abbatiale de Mouzon.

Le côté Nord a été le moins modifié, petit portail ouvrant sur le Transept et surmonté d'une vaste baie à la mode touloise. Dans la première travée du chœur fut ajouté au XVe siècle un élégant petit édifice à deux étages dont la fonction est inconnue et qui reste totalement invisible de l'intérieur.

Le portail latéral, datant du XVe siècle est devenu le portail principal, un profusion de sculptures présente en son centre un tympan sculpté évoquant la vie de la Vierge.

À la fin du XVe siècle, une vaste chapelle flamboyante est adjointe dans le prolongement du transept Sud, elle fut nettement modifiée et redécorée à la Renaissance notamment dans sa décoration.

Le XVIIIe siècle a établi un vaste escalier permettant d’accéder directement à la terrasse devant le portail occidental. Peu de statues furent arrachées à la révolution et quelques restaurations peu visibles furent établies au XIXe siècle par Émile Boeswillwald.

intérieur[modifier | modifier le code]

Bien que l'entrée soit latérale, l'élévation à deux niveaux donne une belle impression de hauteur sous voute, les bas-côtés sont peu élevés. Les deux premières travées de la nef sont séparées de la troisième par deux marches du fait de la différence de niveau.

La vaste travée du transept, non saillant apporte une belle lumière, ainsi que la chapelle neuve située dans le prolongement du transept sud. Le chœur, profond de deux travées, est ceint d'une belle clôture de pierre, ajourée et surmontée d'une impressionnante armoire eucharistique dont la forme semble avoir inspiré celle de la Recevresse extérieure. Un déambulatoire ouvrant sur des chapelles achève de donner son volume à la basilique.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Notice no PA00106460, base Mérimée, ministère français de la Culture
  2. E. Saillens, Nos vierges noires, leurs origines. Les Editions Universelles, Paris, 1945.
  3. Ministère de la culture et de la communication – «Le carbone 14 confirme une tradition ». – La vie mystérieuse des chefs-d'œuvre, la science au service de l’art, 180-181. Paris : Editions de la réunion des musées nationaux, 1980.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Abbé Yves Rozet - Comprendre Avioth - Verdun, 2000
  • Simone Collin-Roset, Avioth (Meuse). Église Saint-Brice puis basilique Notre-Dame, dans Congrès archéologique de France. 149e session. Les Trois-Évêchés et l'ancien duché de Bar. 1991, p. 9-31, Société française d'archéologie, Paris, 1995
  • Pierre Scharff, Avioth, Saisons d'éternité, SI Virton, 2011