Basilique Notre-Dame-du-Pilier de Saragosse
| Cathédrale-basilique Notre-Dame-du-Pilier de Saragosse | |
Façade arrière de la cathédrale. | |
| Présentation | |
|---|---|
| Nom local | Catedral basílica de Nuestra Señora del Pilar |
| Culte | Catholique romain |
| Type | Cocathédrale, basilique mineure |
| Rattachement | Archidiocèse de Saragosse |
| Début de la construction | 1681 |
| Fin des travaux | 1754 (gros œuvre) (travaux jusqu'en 1961) |
| Architecte | José Felipe de Busiñac (d), Felipe Sánchez (d) et Francisco Herrera el Mozo |
| Style dominant | Baroque |
| Protection | Classée BIC (1904) |
| Site web | Site de la cathédrale |
| Géographie | |
| Pays | |
| Région | |
| Département | |
| Ville | Saragosse |
| Coordonnées | 41° 39′ 25″ nord, 0° 52′ 42″ ouest |
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La cathédrale-basilique Notre-Dame-du-Pilier (en espagnol : Basílica de Nuestra Señora del Pilar) est un édifice religieux situé à Saragosse, capitale de la communauté autonome d'Aragon en Espagne. On y conserve et vénère la colonne (pilar en castillan) sur laquelle la Vierge Marie serait apparue à l'apôtre Jacques le Majeur en 40 apr. J.-C.. Elle est la cocathédrale de l'archidiocèse et une basilique mineure[1].
La basilique est consacrée à une image de la Vierge fort vénérée en Espagne, à tel point que de nombreuses Espagnoles portent le prénom de Pilar. La Vierge du Pilar est patronne de la garde civile, et surtout de l'Hispanité (et ce, depuis Pie XII), fêtée, tout comme cette Vierge, le , ce qui donne lieu à Saragosse à une longue semaine de festivités. La basilique est par ailleurs le centre d'un pèlerinage réputé.
Histoire
[modifier | modifier le code]Selon la tradition, l'apôtre Jacques serait venu évangéliser la péninsule Ibérique vers l'an 40. Il se serait d'abord découragé face aux difficultés de la tâche ; c'est là qu'au bord de l'Ebre lui serait apparue la Vierge Marie sur une colonne de marbre pour l'encourager à prêcher, en lui promettant que jamais la foi ne ferait défaut en Espagne. Jacques aurait alors élevé une chapelle destinée à abriter l'image miraculeuse de la Vierge à l'endroit même de l'apparition, créant ainsi ce qui fut le premier sanctuaire marial de la chrétienté.
Plusieurs édifices se succédèrent alors. Après la reconquête de la ville par Alphonse Ier en 1118, un premier édifice roman est construit, il n'en reste aujourd'hui qu'un tympan. En 1434, un incendie ravageur contraint en effet les autorités épiscopales à démolir le temple roman pour reconstruire un édifice gothico-mudéjar, achevé en 1515. L'édifice était composé d'une nef unique, et d'un cloître abritant la chapelle du Pilar. L'historienne d'art María del Carmen Lacarra pense que la statuette (38 cm) de la Vierge du pilier exécutée entre 1434 et 1443 serait du sculpteur aragonais Jean de la Huerta[2].
Face à l'accroissement constant de la ferveur vouée à la Vierge du Pilar, Juan de Marca, un zaragozano, propose dès 1638 de bâtir un nouveau temple. L'idée trouve un écho favorable auprès du chapitre qui organise un concours d'architecture. L'idée est d'adopter un style plus actuel que le gothique, mais aussi de rivaliser avec le plus grand monument religieux d'alors à Saragosse : la cathédrale Saint-Sauveur. Les projets se veulent grandioses et monumentaux. Les travaux de construction de la nouvelle basilique commencèrent en 1681 sur ordre de Jean de Habsbourg, qui en confia la construction aux architectes Francisco Herrera Hidestrosa et Felipe Pérez, qui conçurent un édifice baroque plutôt robuste, dont le gros-œuvre est terminé en 1754.
Architecture
[modifier | modifier le code]Extérieur
[modifier | modifier le code]Face au développement toujours constant du culte, et voulant offrir à la Vierge du Pilar un écrin digne de son prestige, en 1725, le chapitre confie à l'architecte Ventura Rodríguez le soin de reconstruire la Sainte-Chapelle, achevée en 1765. Il réorganise également l'édifice dans le style classique. C'est à cet artiste que l'on doit la configuration et la décoration actuelles de la basilique.
Quelques années plus tard, en 1771, Goya peignit les fresques de la voûte du petit chœur, représentant l'Adoration du nom de Dieu, ainsi que la fresque Regina Martyrum (la Reine des Martyrs) sur une des coupoles. Francisco Bayeu réalisa pour le plafond, les fresques Regina Sanctorum Omnium (1775) et Regina Prophetarum (1781).
La basilique continue à être aménagée durant les siècles suivants. La couverture totale est terminée en 1872 avec l'achèvement de la coupole centrale et de la première tour. Les trois autres tours seront élevées en 1907 et 1961.
L'édifice mesure 130 mètres de long, pour 67 de large. Il est couronné de onze coupoles, dix lanternes et quatre tours.
- Extérieur de la basilique
- Vue panoramique de la façade.
- Vue générale de la basilique.
- Vue depuis la tour nord-ouest.
- La basilique de nuit, coté nord.
- La basilique et le pont de Pierre sur l'Èbre.
Intérieur
[modifier | modifier le code]La disposition intérieure de la basilique du Pilar s'articule en trois nefs — la centrale plus large — et sept travées, qui reposent sur de gros piliers décorés de pilastres adossés de style classique. Au-dessus d'eux se trouvent des entablements sobres qui soutiennent des coupoles sur pendentifs et des voûtes abaissées. Dans les murs s'ouvrent des chapelles latérales couvertes de dômes avec lanternes ou de voûtes. Les intrados des arcs en plein cintre, les chapiteaux des voûtes et les coupoles ont été décorés en 1871 par le sculpteur Manuel Miguel Gálvez avec des guirlandes et des putti.
En suivant un parcours dans le sens des aiguilles d'une montre, depuis la dite porte basse (la plus proche de la Vierge, à l'extrémité est de la façade sud), se trouvent la chapelle Sainte-Anne et celle de Saint Joseph. Ensuite, au centre de la nef latérale sud, s'ouvre la sacristie principale. Puis ce sont la chapelle de Saint Antoine et celle de Saint Braule jusqu'à l'entrée de la porte haute. Dans la section ouest, dans le transept, se trouvent quatre petites chapelles, de chaque côté du chœur, parmi lesquelles se distinguent celles de l'Ecce Homo (avec un tableau attribué à Roland de Mois ou à Pablo Scheppers) et celle de la Vierge de Bonne Espérance, avec un tableau de Francisco Cortes de Vega (XVIIe siècle). Sur la droite du maître-autel, s'ouvrent deux autres chapelles : celle du Rosaire et celle de Saint-Augustin (appelée également paroisse du Pilier, où se célèbrent des offices religieux quotidiens) et entre elles se trouve la salle capitulaire[3].
Du côté nord et depuis la porte haute du nord, qui donne sur la rive de l'Ebre, il y a trois autres chapelles : Saint Pierre d’Arbues, Saint Laurent et Saint Joachim et la sacristie de la Vierge, laissant au centre l'espace occupé par le musée du Pilier. Enfin, du côté est, en face de la Sainte Chapelle, se trouve le Chœur de la Vierge et de chaque côté deux chapelles : au nord celle de Saint Jacques et au sud celle de Saint Jean, déjà à la porte basse d'entrée du côté de la place mentionnée au début de ce parcours, qui est celle qui reçoit le plus de public.
Le musée du Pilier conserve une multitude d'objets d'orfèvrerie liturgique, mais il se distingue surtout par ce qu'on appelle le coffre à bijoux de la Vierge, où sont présentées des couronnes, diadèmes, rayons, etc. en pierres précieuses, ainsi que la collection de plus de 350 manteaux de la Vierge.
Dans la basilique du Pilar sont enterrés la plupart des archevêques de Saragosse de l'époque moderne, ainsi que reposent les corps de saint Braule et du duc de Saragosse, le général Palafox, entre autres.
Lors du soulèvement militaire des républicains du 3 août 1936 qui allait déclencher la guerre civile espagnole, 4 bombes touchèrent la basilique ne causant que des dégâts mineurs excepté la détérioration de deux tableaux. Deux des projectiles sont exposés et conservés dans l'un des piliers près de la Sainte Chapelle. Cet événement fut attribué par l'ensemble des nationalistes et de la population de Saragosse à un miracle de la Vierge[4].
La présence de nombreux drapeaux d'Espagne et d'Amérique hispanique s'explique par la popularité de la Vierge du Pilier et qu'elle est la patronne de l'Hispanité (fête le 1é octobre)[5].
- Intérieur de la basilique
- Le retable du maître-autel.
- La coupole centrale.
- La chapelle Saint-Jean.
- Statue de la Vierge du Pilier.
Protection
[modifier | modifier le code]La basilique fait l’objet d’un classement en Espagne au titre de bien d'intérêt culturel depuis le [6].
Notes et références
[modifier | modifier le code]- (it) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en italien intitulé « Catedral basílica de Nuestra Señora del Pila) » (voir la liste des auteurs).
- ↑ (en) Cathedral Basilica of Our Lady of the Pillar, G-Catholic.
- ↑ María Josefa Tarifa Castilla, « Una pintura de la Virgen del Pilar en el retablo mayor de la parroquia de Santiago de Intza [« Une peinture de la Vierge du Pilier dans l'autel principal de la paroisse Saint-Jacques d'Intza] », (version du sur archive.org).
- ↑ (es) Capillas secundarias, Catedral Basílica del Pilar de Zaragoza.
- ↑ (es) El bombardeo de la basílica del Pilar, Historia de Aragón.
- ↑ (es) « Pourquoi Notre-Dame du Pilier est-elle considérée comme la sainte patronne de la Journée hispanique ? », Roberto Ruiz Anderson, El Confidencial (10/2025).
- ↑ Base BIC du ministère espagnol de la Culture sous le nom Catedral. Iglesia Magistral de Nuestra Señora del Pilar et le numéro de référence RI-51-0000083.
Annexes
[modifier | modifier le code]Articles connexes
[modifier | modifier le code]Liens externes
[modifier | modifier le code]- (es + en) Site officiel
- Ressource relative à la religion :
- Ressource relative à la musique :
- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :