Base sous-marine de La Rochelle

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Base sous-marine de La Rochelle
Image illustrative de l'article Base sous-marine de La Rochelle

Lieu La Rochelle (Nouvelle-Aquitaine, France)
Type d’ouvrage Base de sous-marins
Construction 1941
Architecte Organisation Todt
Matériaux utilisés Béton armé, béton, granit
Utilisation Base sous-marine, stockage, réparation
Contrôlé par Drapeau de la France France
Guerres et batailles Seconde Guerre mondiale
Coordonnées 46° 09′ 31″ nord, 1° 12′ 33″ ouest

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Base sous-marine de La Rochelle

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Base sous-marine de La Rochelle

La base sous-marine de La Rochelle est un immense blockhaus de la Seconde Guerre mondiale, destiné à abriter la 3e flottille de U-boots (109 unités) de la Kriegsmarine. Elle s'inscrit dans le contexte du Mur de l'Atlantique. Dans l'usage, on parle de la « Base sous-marine de La Pallice », La Pallice étant un quartier de La Rochelle (à l'ouest de la ville rue Autman).

Histoire[modifier | modifier le code]

La construction de la base sous-marine de La Pallice, intégrée aujourd'hui au Grand port maritime de La Rochelle, débute en avril 1941. Le projet de construction et sa réalisation sont confiés à l'organisation Todt. Le chantier, qui commence à l'extrémité est du bassin à flot du port de La Pallice, nécessite l'emploi de 2 143 travailleurs : 632 ouvriers, 1 172 manœuvres, auxquels s'ajoutent 290 ouvriers et 49 manœuvres de l'organisation Todt, pour la plupart des travailleurs forcés du STO. Les conditions de travail sont particulièrement pénibles. Les travaux se poursuivent jour et nuit, pour s'achever en 1943.

Le bunker, qui occupe une surface de 3,5 hectares, mesure 192,25 mètres de long, pour 165 mètres de large et 19 mètres de hauteur. Ses murs font entre 2 et 3,5 mètres d'épaisseur, et sa toiture est composée de 2 dalles en béton fortement armé de 3,50 m d’épaisseur chacune, séparées entre elles par une chambre d'éclatement appelée Fangrost, qui joue un rôle anti-déflagration. L'ensemble représente un volume de 425 000 m3 de béton armé. Il est constitué de 10 alvéoles protégés par des portes blindées. Une écluse, fortifiée sur les mêmes principes que la base elle-même, a été également construite parallèlement à celle existante, afin de protéger les bâtiments des bombardements pendant leur éclusage pour accéder au bassin à flot. De nombreux blockhaus sont dispersés sur le site, centrale électrique, réserves de carburant et de munition, ou de défense.

Utilisation[modifier | modifier le code]

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

La 3e flottille de U-boote, créée en 1937 à Kiel et reformée en mars 1941 sous le commandement du korvettenkapitän Hans-Rudolf Rösing, est basée à La Rochelle à partir du [1]. La Frontflottille , ou "flottille de combat" s'installe rapidement. Le 19 novembre 1941, l'U-82 du Kapitänleutnant Siegfried Rollmann arrive dans la base. Le 16 décembre 1941, l'U-332 du Kapitänleutnant Liebe arrive à son tour, suivit par l'U-432 du commandant Heinz-Otto Schulze, le 24 décembre 1941. L'U-333 du commandant Cremer sera aussi rattaché à cette flottille, du 1er janvier 1942 au 31 juillet 1944, date de son naufrage dans l'Atlantique Nord[2]. Les U-Boots étant engagés dans la Bataille de l'Atlantique menée contre les Alliés, la base de La Pallice sert de point de départ - ou de retour pour les plus chanceux - pour de nombreuses missions opérationnelles. En plus des sous-marins de la 3e flottille de U-boote, de nombreux sous-marins doivent faire escale à La Pallice au cours de leur mission. C'est notamment le cas de l'U-196, commandé par le commandant Kentrat, le 16 mars 1944[3]. Du 9 au 19 août 1944, près de 2500 tonnes de bombes sont larguées au-dessus du U-Bunker. Une trentaine de bombes atteignent leur cible, en particulier deux Tallboy, qui touchent l'alvéole n°10. La 3e flottille est alors transférée en Norvège. Déclarée "Festung" par Hitler, la base est occupée, jusqu'à la fin des combats, par l'armée allemande. Après la reddition du vice-amirale Schirlitz, la Marine nationale peut prendre possession d'une base sous-marine intacte et bien entretenue[4]. Après la guerre, en 1947, l'U-766 de l'Oberleutnant zur See Wilke, pris le 08 août 1945, sera réarmé par la Marine nationale, sous le nom de " Laubie"[1]

Après-guerre[modifier | modifier le code]

La base, où se trouvait un atelier du service local des constructions et armes navales, est occupée par la Marine nationale. C'est à l'épi sud, entre les alvéoles 7 et 8 que se sont amarrés de 1964 à 1980, les 3 patrouilleurs qui assuraient la police et la sécurité à la mer, au large du centre d'essais des Landes (CEL) de Biscarosse, pendant les campagnes de tirs. Les engins de débarquement de la 311 Cie de Transbordement du Génie étaient abrités dans plusieurs alvéoles. L'épi sud, depuis appelé quai d’honneur, accueille encore des navires.

En 1981, le site s'affiche au cinéma en servant de décor au film allemand Das Boot et pour quelques scènes du film américain Les Aventuriers de l'arche perdue.

Depuis nombre d'années, l'édifice a été scellé de toutes parts pour empêcher les intrusions et sécuriser le secteur, dont certains endroits sont susceptibles d'effondrement. Les fondations sont agressées par la mer, et les dégâts occasionnés durant la guerre, notamment le largage anglais de Tallboys qui ont cassé le béton, ont fragilisé la structure : la pluie s'infiltre, corrode les barres de fer, qui fissurent le béton armé. Enfin, étant entré le dans l'espace du Grand port maritime de La Rochelle, le site est malheureusement totalement interdit d'accès aux personnes non liées à l'activité portuaire du site.

Galerie de photos[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]


Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Bases Sous-Marines ; Sous-Marins et U-Boote ; La Bataille de l'Atlantique sur u-boote.fr
  2. Luc Braeuer : L'U-333 d'Ali Cremer l'incoulable : La Rochelle, 1939-1945, La Crèche : Geste éditions, Paris, 2016 (ISBN 978-2-36746-602-6).
  3. Busch, R & Roll, H-J.: German U-boat Commanders of, World War II: A Biographical Dictionary, Naval Institute Press, 1999.
  4. Rémy Desquesnes : Les poches de résistance allemandes sur le littoral français : août 1944 - mai 1945, Rennes, éd. Ouest-France, coll. « Histoire », février 2011 (ISBN 978-2-7373-4685-9).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]