Base monétaire

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La base monétaire, ou « monnaie banque centrale » ou monnaie fiduciaire (en anglais, high powered money), désigne la monnaie qui a été créée directement par la banque centrale (BC).

Concept[modifier | modifier le code]

La monnaie banque centrale se compose à la fois des billets et pièces en circulation (qui représentent environ 15 % de la masse monétaire M1) et des avoirs monétaires détenus par les titulaires de comptes auprès de la banque centrale (les banques commerciales)[1].

Cette monnaie banque centrale est précieuse pour les banques commerciales car elles ne peuvent en créer. Néanmoins, celles-ci ont le droit de créer la monnaie scripturale (monnaie écriture). La banque centrale est la seule maîtresse de l'émission des billets et des pièces. Or, le règlement des dépenses sur le marché interbancaire ne peut se réaliser qu'en monnaie banque centrale, et non en monnaie scripturale (que les banques commerciales peuvent créer)[1].

Les dépôts à la banque centrale sont pour la plupart sous la forme de « réserves obligatoires », qui sont rémunérées à un taux directeur décidé par la banque centrale appelé taux de rémunération des dépôts. Elles correspondent à l'obligation pour les établissements financiers (les banques) de détenir à la banque centrale un certain pourcentage minimum des dépôts à vue ou à terme de leurs clients. Ce taux dépend des zones monétaires ; il est d'environ 2% en zone euro. Le taux de réserves obligatoires est un outil de politique macroprudentielle[1].

La banque centrale qui souhaite calmer une dynamique de création de crédit trop importante (de peur de voir l'inflation exploser) peut jouer sur la quantité de la monnaie banque centrale. En limitant l'émission de monnaie banque centrale et en augmentant le taux de réserves obligatoires, la banque centrale oblige les banques commerciales à réduire la création de crédit[1].

Base monétaire et effet multiplicateur du crédit[modifier | modifier le code]

À partir de cette base monétaire, les banques, par les crédits qu'elles accordent, peuvent accroître, si elles ont la demande, la quantité de monnaie scripturale et donc la masse monétaire. Du fait de l'effet multiplicateur du crédit, la masse monétaire est égale à la monnaie banque centrale multipliée par le multiplicateur du crédit. L'équation peut s'écrire ainsi :

M = k * MC

où M est la masse monétaire totale, k est le multiplicateur du crédit, et MC est la monnaie banque centrale[2].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b c et d Yoann Brun, Lou Dumez, Matthias Knol et Fabrice Tricou, Monnaie et financement de l'économie, dl 2019 (ISBN 978-2-35030-634-6 et 2-35030-634-8, OCLC 1134989408, lire en ligne)
  2. Dominique Plihon, La monnaie et ses mécanismes, La Découverte, coll. « Repères », (ISBN 978-2-7071-9755-9, DOI 10.3917/dec.pliho.2017.02, lire en ligne)