Base d'aéronautique navale de Landivisiau

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BAN Landivisiau
Super Etendard vu lors d'une JPO sur la base en 2003.
Super Etendard vu lors d'une JPO sur la base en 2003.
Cocarde
Localisation
Pays Drapeau de la France France
Date d'ouverture
Coordonnées 48° 31′ 49″ nord, 4° 09′ 06″ ouest
Superficie 380 ha[1]
Altitude 106 m (348 ft)
Informations aéronautiques
Code IATA LDVVoir et modifier les données sur Wikidata
Code OACI LFRJ
Type d'aéroport Militaire
Gestionnaire Marine nationale
Pistes
Direction Longueur Surface
07/25 2 700 m (8 858 ft) asphalte
Géolocalisation sur la carte : France
(Voir situation sur carte : France)
BAN Landivisiau
BAN Landivisiau

La base d'aéronautique navale de Landivisiau ou BAN Landivisiau est une base d'aéronautique navale de la Marine nationale française située près de Landivisiau dans le Finistère et sur les communes de Bodilis, Saint-Servais, Saint-Derrien, Plougar et Plounéventer. Elle a été inaugurée le .

Située à proximité de la ville de Landivisiau, à une trentaine de kilomètres de Brest, la base aéronautique navale de Landivisiau assure, depuis le , le soutien de l’ensemble de l’aviation de chasse embarquée de la Force maritime de l'aéronautique navale. Sur ces 370 hectares travaillent près de 1 600 personnes dont 230 civils[1], réparties au sein de quatre groupements de services, qui assurent la mise en œuvre opérationnelle, technique et logistique de ses trois flottilles (11F, 12F et 17F) et de son escadrille (57S).

Historique[modifier | modifier le code]

La création de la base aéronavale, décidée en 1962, entraîne de nombreuses expropriations dans les communes de Bodilis, Saint-Servais et Saint-Derrien ; le village de Poulhoat-Euzen (en Saint-Derrien) est totalement rasé[2]. Dans le même temps, l'implantation de la base lance la construction de 600 logements sur la commune de Landivisiau pour loger les militaires qui y sont affectés[3].

Un Super Étendard modernisé de la flottille 11F garé à Landivisiau, en 2008. L'appareil porte une livrée spéciale à l'occasion du NATO Tiger Meet.
Un Super Étendard modernisé de la 11F peint pour le NATO Tiger Meet de 2008 devant les hangars de la base de Landivisiau.

Elle a été créée à la demande du président français Charles de Gaulle qui avait demandé que les porte-avions Clemenceau et Foch, alors basés à l'arsenal de Brest, puissent partir en mission avec des flottilles de chasseurs embarqués (des Dassault Étendard IV, puis des Vought F-8 Crusader), proches de leurs lieux d'entraînement. C'est ainsi que la base aéronavale a vu le jour, permettant d'effectuer des appontages simulés sur piste, à proximité des deux porte-avions. La base est inaugurée le par Charles de Gaulle[4].

La base est initialement sous statut OTAN[5], jusqu'au retrait de la France dans le commandement intégré de l'Organisation en 1966. En effet, l'implantation correspondait également à la volonté de l'OTAN de renforcer le potentiel aéronaval de l'Atlantique, et l'organisation a participé à la construction de la base[3].

Créée en 1918, et basée à Landivisiau depuis après l'arrivée des premiers Dassault Étendard IV sur cette base[4], la 11F est la plus ancienne flottille de la chasse embarquée française. Les Dassault Super-Étendard remplaçant les Étendard IVM de la 11F, s'y sont posés pour la première fois le . Elle est équipée de Rafale depuis . La 17F, quant à elle, a vu le jour en 1958 à Hyères et a rejoint la BAN de Landivisiau en . La 17F a été la dernière flottille de l'aéronautique navale à être équipée de Super-étendard modernisés (SEM). Ils assurent des missions d’assaut ou de reconnaissance ainsi que la défense aérienne à basse altitude. Ces missions sont réalisées depuis la terre ou à partir de porte-avions. Chacune des flottilles de chasse (11F, 12F et 17F) regroupe environ 170 hommes, dont une vingtaine de pilotes.

En 2008, la base accueille le NATO Tiger Meet, la flottille 11F étant membre de la NATO Tiger Association. Elle l’a accueilli à nouveau en [6]'[7].

En 2019 c’est Laurent Machard de Gramont qui prend le commandement de la base pour deux ans suivit en suite par Marc Moreau .

Activités[modifier | modifier le code]

Deux avions Rafale et deux Super Étendard modernisé basés à Landivisiau, volant en formation.
2 Rafale M et 2 Super-Etendard le .

La base permet la formation et l'entraînement du personnel des flottilles composant le groupe aéronaval du Charles de Gaulle, ainsi que l'entretien de leur matériel.

Les pilotes de chasse de l'aéronaval réalisent des appontages simulés sur piste, qui consistent à reproduire la manœuvre d'appontage sur la piste du terrain à des fins d'entraînement avant de se rendre sur le porte-avion. Cet entraînement s'avère nécessaire pour assurer la sécurité des pilotes, mais aussi des équipages et des installations du porte-avion[8].

La base permet aussi de mener des entraînements aux manœuvres du pont d'envol, lors d'exercices baptisés Carrier weeks. Un marquage au sol reproduit le pont d'envol du Charles de Gaulle, et permet aux pilotes et au personnel de pont d'entraîner leurs automatismes et d'apprendre à travailler avec les signaux visuels des directeurs de pont et les annonces radio du PC avia, le tout avec la proximité des avions et le bruit des réacteurs[9].

Nuisances sonores[modifier | modifier le code]

Les activités aériennes de la base provoquent une pollution sonore importante[10], qui a poussé les riverains à mettre en place l'« association des Riverains de la Base aéronavale » pour défendre leurs intérêts et dialoguer avec le commandement de la base.

Les riverains se plaignent particulièrement des appontages simulés sur piste (ASSP)[11], qui voient les avions de chasse survoler le centre-ville de Bodilis a très basse altitude et à très haute vitesse. Les exercices d'ASSP durent une à deux heures par séance, au cours desquelles les avions se succèdent à faible intervalle. Pour limiter ces nuisances, des plages horaires ont été mises en place, et des exercices d'ASSP sont régulièrement délocalisés sur la base aéronavale de Lann-Bihoué[12].

Le commandement de la base assure entretenir un « dialogue permanent avec les élus et l'association de riverains »[12], mais les riverains regrettent le manque de considération de leurs voisins militaires.

Les unités présentes sur la BAN[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Julie Desbois, « Depuis 1965, la base aéronavale fait partie du paysage », Ouest-France, vol. Morlaix, no 21319,‎ 6-7 septembre 2014, p. 10 (ISSN 0999-2138, lire en ligne, consulté le ).
  2. François Abjean, « Expropriation d'une vieille famille bretonne », Le Lien du Centre généalogique du Finistère, no 149,‎ .
  3. a et b « L'aménagement de la " base du Ponant " commencera en avril », sur Le Monde, (consulté le ).
  4. a et b Philippe Chapleau, « Il y a 50 ans, la BAN de Landivisiau accueillait ses premiers Etendard IV », sur Ouest-France, (consulté le ).
  5. « La Marine française va renforcer considérablement ses moyens aéronavals dans l'Atlantique », sur Le Monde, (consulté le ).
  6. « Landivisiau : les escadrons de l'OTAN réunis pour deux semaines d'entraînements complexes », sur France 3 Bretagne (consulté le )
  7. « Le retour du NATO Tiger Meet en France », sur www.journal-aviation.com (consulté le )
  8. Olivier Mélennec, « 1 500 marins sur le « porte-avions du Léon » », Ouest-France, vol. Finistère, no 19909,‎ , p. 9 (ISSN 0999-2138).
  9. Olivier Mélennec, « Landivisiau, doublure du « Charles de Gaulle » », Le Marin,‎ , p. 6 (ISSN 1149-9877, lire en ligne, consulté le ).
  10. Sylvia Zappi, « Le bruit, une pollution négligée pendant des décennies », sur Le Monde, (consulté le ).
  11. « Bodilis. Excédés par le bruit, les riverains de la Base aéronavale vont durcir le ton », sur Ouest-France, (consulté le ).
  12. a et b Olivier Mélennec, « Des mesures pour lutter contre le bruit », Ouest-France, vol. Finistère, no 19909,‎ , p. 9 (ISSN 0999-2138).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]