Base d'aéronautique navale de Cát Lái

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BAN Cát Lái
Localisation
Pays Drapeau de la République socialiste du Viêt Nam Viêt Nam
Ville Cát Lái
Informations aéronautiques
Type d'aéroport militaire
Gestionnaire Marine nationale

La Base d'aéronautique navale de Cát Lái (ou BAN Cát Lái) est une ancienne base d'aéronautique navale de la Marine nationale française, qui fut active de 1931 à 1953[1] à Cát Lái, en Indochine française (de nos jours, le Viêt Nam).

Historique[modifier | modifier le code]

En 1929, une instruction ministérielle décide la création d'une base d'hydravions sur la rivière Donnaï, près du village de Cát Lái situé à une dizaine de kilomètres de Saïgon. La base est créée le et armée officiellement le . Son insigne représente une jonque noire sur fond rouge. En effet, « Cát Lái » signifie en vietnamien « L'homme qui tient la barre sur un bateau »[2].

En 1933, lorsque l'Armée de l'air est créée, la base lui est transférée[3] et passe à l'Aviation coloniale le [2]. Douze ans plus tard, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale et au début de la guerre d'Indochine, la base revient dans le giron de la Marine[3]. Elle est officiellement rouverte le [2], lors de la constitution de l'escadrille 8S qui y sera stationnée jusqu'à sa fermeture en 1956. Elle abritera également l'escadrille 9S[3] entre sa création en et sa dissolution en [2]. Elle servait notamment de dépôt d'essence[4].

Installations fixes[modifier | modifier le code]

La base était dotée des infrastructures suivantes : une grue pour mettre à l’eau les hydravions, des réservoirs construits par les Japonais durant l'Occupation, un château d'eau, une infirmerie dotée d’une ambulance, des logements pour les équipages, pour les familles des officiers et officiers mariniers, et en bordure du Donnaï, un mess officiers avec un maître d'hôtel, et la maison du commandant de la base[3].

Si la vie quotidienne était bien plus confortable que pour les soldats du Corps expéditionnaire qui traquaient les Viet Minh sur le terrain, elle n’était pas exempte de dangers : en dépit du mur d’enceinte, des cinq tours de surveillance aux angles et des miradors qui délimitaient le périmètre, la base subit un attaque Viet en . La route toute droite qui menait à Saïgon, via Thủ Đức, était dangereuse du fait des embuscades fréquentes. La BAN disposait d’un half-track avec lequel le personnel faisait de temps à autre des patrouilles pour l'« ouverture » de la route jusqu'à un poste de garde situé sur la route, bien avant d'arriver à la base. En dépit de ces précautions, un camion de type GMC a sauté sur une mine entre Cát Lái et Saïgon. Les liaisons vers Saïgon étaient surtout assurées par une chaloupe de type LCM, ce qui était plus rapide et plus sûr[3].

Unités navigantes[modifier | modifier le code]

Avant la création officielle de la BAN, en 1931, une petite formation d'hydravions, composée d'un FBA 17 et d'un CAMS 37 LIA, y stationne. Ces deux appareils sont renforcés en 1931 par l'arrivée d'un CAMS 53, puis de trois CAMS 37A. En 1932, quatre autres CAMS 37A s'y ajoutent.

L’escadrille 8S était stationnée à Cát Lái[5]. Son insigne était un toucan sur fond blanc. Après avoir utilisé dans un premier temps des avions japonais, « prise de guerre » après la capitulation des anciens occupants[6], l’escadrille a été dotée, dans le cadre de l’aide militaire américaine, de petits hydravions bimoteurs d'origine américaine Grumman G-21 Goose. Ils étaient très appréciés de leurs équipages, comme de tous ceux qui avaient la chance de faire un vol à bord comme passagers[3].

La base est placée en gardiennage le et désarmée le [2]. Elle est définitivement dissoute en [1] lorsque le Sud-Vietnam accède à l'indépendance. Une fois la base désarmée et rendue aux Sud-Vietnamiens, tout le personnel a été transféré à Tan Son Nhut[3], qui avait aussi le statut de BAN du jusqu'à sa dissolution en . Après 1956, les États-Unis ont agrandi cet aéroport, en ajoutant une piste en béton armé longue de 2 194 mètres, et faisant ainsi de Tan Son Nhut l'aéroport international de Saïgon[5]. Cát Lái, où toute activité aérienne a cessé, devient une partie du port de commerce de Saïgon, le principal point d'entrée et sortie du pays par voie maritime.

Les petits avions amphibies Grumman G-21 Goose, de conception traditionnelle et robuste, continueront à voler dans le reste de l’Empire colonial français. Le Landing Ship Tank (LST) Golo, transformé en transport d'hydravions, emmena sur son pont trois ou quatre Grumann Goose d'Indochine vers Nouméa en 1956. On pouvait encore en voir à Alger ou à Dakar vers 1959[3].

Distinctions[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « La guerre d’Indochine » (consulté le 14 juin 2019).
  2. a b c d et e « En Indochine (Vietnam) », sur Insignaero (Site dédié aux insignes brochés de l'aéronautique navale) (consulté le 15 juin 2019).
  3. a b c d e f g et h douzef, « [LES B.A.N.] CAT LAI (INDOCHINE) », sur Anciens Cols Bleus et Pompons Rouges. Forum de discussions pour les anciens de la Marine Nationale, sam 19 avr 2008 (consulté le 10 juin 2019).
  4. lagny, « Cat-Laï », sur Alabordache (consulté le 10 juin 2019).
  5. a et b « Base aéronautique navale Tan-Son-Nhut - Aéronavale », sur AUX MARINS. Mémorial national des marins morts pour la France (consulté le 15 juin 2019).
  6. Alain Pelletier, « Les avions japonais à cocardes françaises », Le Fana de l'Aviation, no 309,‎ , p. 14-23.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]