Barrière de l'Esseillon

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Barrière de l'Esseillon
Forts Esseillon - Fort Charles-Felix.jpg

Barrière de l'Esseillon. Au centre les ruines du fort Charles-Felix, au fond le fort Marie-Christine. Vue depuis le fort Victor-Emmanuel.

Présentation
Type
fort, arsenal
Construction
de 1819 à 1834
Statut patrimonial
3 forts Logo monument historique Classé MH (1983, 1991)
Géographie
Pays
Région
Département
Commune
Localisation
Coordonnées
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La Barrière de l'Esseillon, ou forts de l'Esseillon, constitue une série de cinq fortifications situées en France sur la commune d'Aussois dans le département de la Savoie en région Rhône-Alpes.

Construites au XIXe siècle sur un verrou rocheux fermant la haute-vallée de l'Arc (vallée de la Maurienne) en amont de Modane, ces fortifications avaient pour rôle de protéger la partie cisalpine du royaume de Sardaigne d'une éventuelle invasion française. Elle comprend quatre forts et une redoute, qui portent les noms de membres contemporains de la Maison de Savoie.

Deux des forts sont classés au titre des monuments historiques depuis le [1]'[2] et un autre depuis le [3].

Histoire[modifier | modifier le code]

Construits entre 1819 et 1834, les forts de l'Esseillon ont été financés par les indemnités versées par la France au royaume de Sardaigne, à la suite du Congrès de Vienne de 1815. Cette édification s'est faite sous pression de l'Autriche[4]. Cet ensemble fortifié protège l'accès au col du Mont-Cenis, et donc le versant du royaume sarde, transformant le duché de Savoie en glacis avec la France. L'Autriche voyait en ces forts un dispositif stratégique car cela protégeait leur possessions italiennes, envahies durant les campagnes napoléoniennes.

L'intérêt stratégique de ce passage tenait au fait que la route passant par le col avait été améliorée, rendant plus aisée une progression vers le Piémont. Par ailleurs, cet ensemble venait remplacer les fortifications du val de Suse détruites lors de la campagne d'Italie en 1796[5].

Ces forts n'ont jamais vu le moindre combat, l'alliance franco-sarde de 1857 les rendant caducs[6]. Le traité de Turin, qui précisait les conditions de l'Annexion, stipulait que la France s'engageait à détruire ces forts. À l'exception du fort Charles-Félix, cet engagement n'a pas été respecté. Après l'annexion de la Savoie par la France en 1860, l'armée française a mis en œuvre des travaux afin de s'en servir pour protéger, en sens inverse, la France d'une invasion italienne.

Toutefois au cours de la Seconde Guerre mondiale, les forts ont servi : en 1943, le fort Victor-Emmanuel a servi de prison.

Les forts[modifier | modifier le code]

Ces fortifications ont été construites sur le modèle de Montalembert qui, contrairement au modèle de Vauban, repose sur un principe de fortifications perpendiculaires et de tours à canons. Les forts se protègent mutuellement par des tirs croisés. Quatre de ces forts sont sur la rive droite de la rivière Arc et une redoute est de l'autre côté de la rivière sur la rive gauche. Entre les deux un petit pont surnommé Pont du diable surplombe des falaises abruptes.

  • fort Victor-Emmanuel (le plus grand, capable d'accueillir une garnison de 1 500 hommes) ;
  • fort Charles-Albert (jamais achevé) ;
  • fort Charles-Félix (construction : 1820-1827) le seul à être partiellement détruit sur ordre de Napoléon III en 1860 ;
  • fort Marie-Christine, le plus élevé des cinq et le plus proche du village d'Aussois est maintenant transformé en auberge ;
  • redoute Marie-Thérèse (isolée sur la rive gauche de l'Arc, accessible à pied par une passerelle, le Pont du Diable, et en voiture par la N6).

Une tranchée bastionnée (maintenant disparue) courait du fort Marie-Christine (nord ouest) au fort Charles-Albert (nord est) afin de protéger le nord du quadrilatère fortifié de l'Esseillon. Celui-ci pouvait ainsi servir de camp retranché pour 10 000 hommes.

Aujourd'hui[modifier | modifier le code]

Classés Monuments Historiques, restaurés ou en cours de restauration, ce sont maintenant des lieux de tourisme, de culture, de gastronomie et de sport (via ferrata autour de l'Arc).

Une association, l'Association des Forts de l'Esseillon (fondée en 1970), organisant un chantier de bénévoles, restaure les Forts de l'Esseillon depuis 1972. Le fort Marie-Christine, premier objet de restauration, accueille aujourd'hui un centre culturel, un gîte d'étape et l'une des entrées du parc national de la Vanoise.

Vues[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Base Mérimée - Ministère de la Culture, « Forts de l'Esseillon : Fort Charles-Félix (PA00118187) », sur culture.gouv.fr
  2. Base Mérimée - Ministère de la Culture, « Forts de l'Esseillon : Fort Marie-Christine (PA00118188) », sur culture.gouv.fr
  3. Base Mérimée - Ministère de la Culture, « Forts de l'Esseillon : Fort Victor-Emmanuel (PA00118318) », sur culture.gouv.fr
  4. André Palluel-Guillard, C Sorrel, A. Fleury), J. Loup, La Savoie de la Révolution à nos jours, XIX-XXe siècle, 1986, Tome IV, coll. Histoire de la Savoie, J.-P. Legay (sous la dir.), Ed. Ouest France, p. 87
  5. Information sur Sabaudia.org
  6. André Palluel-Guillard, C Sorrel, A. Fleury, J. Loup, La Savoie de la Révolution à nos jours, XIX-XXe siècle, 1986, …, p. 87.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Y. Devaux, La Barrière de l’Esseillon, 1978.
  • A. Dupouy, Les forts de l’Esseillon, Bulletin de la Société d'histoire et d'archéologie de Maurienne, t. XXVI.
  • H. Coquet, A. Dupouy, F. Forray, J.-Ph. Michel, Ph. Pucelle, A. Palluel-Guillard, L’Esseillon citadelle sarde, Bull. de la SSHA, numéro spécial, 1989.
  • H. Coquet, Les fortifications de Savoie, Bulletin de la Société savoisienne d'histoire et d'archéologie, no 77, 1998.
  • B. Berthier et R. Bornecque, Pierres Fortes de Savoie, éd. La Fontaine de Siloé, 2001

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]