Barrage du Sapt

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Barrage du Sapt/des Plats
Image illustrative de l'article Barrage du Sapt
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Subdivision Loire
Coordonnées 45° 19′ 53″ nord, 4° 24′ 27″ est
Cours d'eau Semène
Objectifs et impacts
Vocation Alimentation en eau potable
Propriétaire Ville de Firminy
Date du début des travaux 27 juin 1957
Date de mise en service 15 décembre 1958
Barrage
Réservoir
Volume du réservoir 1,6 millions de m3
Surface du réservoir 200 ha

Géolocalisation sur la carte : Loire

(Voir situation sur carte : Loire)
Barrage du Sapt/des Plats

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Barrage du Sapt/des Plats

Le barrage du Sapt, ou des Plats, est un barrage de type poids, barrant du haut de ses 18 m la Semène entre Saint-Genest-Malifaux et Jonzieux (Loire), il est la propriété de la ville de Firminy. Il permet l'approvisionnement en eau potable des 17 000 habitants de la ville de Firminy, et le surplus est vendu aux communes voisines[1].

Contexte et acteurs[modifier | modifier le code]

Le mur est érigé en 1957 afin d'alimenter la commune, ainsi que trois attenantes[2] en eau potable. Mais aussi les nombreuses industries du secteur, en renfort de l'Échapre, jugé insuffisant: les élus appelous[3] escomptent une forte croissance démographique, qui ne se produira jamais[4].

Neuf autres communes disséminées sur les deux départements, Haute-Loire au sud, se regroupent à la même période en un Syndicat des Eaux de la Semène, qui rachète à Firminy l'eau traitée[5]. Des tensions voient le jour entre propriétaire-exploitant et utilisateurs, car le bassin appelou perd de la population, alors que les membres du syndicat, communes rurales, connaissent depuis les années 1990 une forte expansion[6]. Il devient impératif de revoir les modalités de fonctionnement, la répartition de la matière première.

Événements contemporains[modifier | modifier le code]

La vidange du barrage, imposée par la loi tous les dix ans, n'a jamais été effectuée[7]. Cette négligence devient problématique en 2003, lorsque la forte sécheresse est suivie des pluies importantes de l'automne ; la succession subite des deux évènements conduit à un remplissage trop rapide du barrage, causant des failles profondes à sa base et rendant la vidange urgente[1]. Elle sera finalement entamée le 30 septembre 2005 : en l'espace de deux semaines, les 1 500 000 m3 d'eau sont déversés[1]. Après cette étape qui constitue la vidange en tant que telle, il faut encore attendre que les 20 000 m3 de sédiments se vident[1]. Lors de cette phase d'écoulement sédimentaire, dans la nuit du 18 octobre, la boue s'engouffre trop vite à travers les vannes, baignant la rivière d'une couche de 20 cm de limon[1]. Les pêcheurs locaux sont impuissants à lutter contre cette vague de pollution : 700 kg de perches, sandres et carpes sont récupérés et transférés dans un réservoir temporaire, mais plusieurs tonnes de poisson dépérissent dans la boue, ou déchiquetés dans les grilles de filtrage[8].

Cette catastrophe menace non seulement l'approvisionnement en eau potable des communes en aval, mais aussi la reproduction des truites et par conséquent la pisciculture locale[1]. De plus, la vidange révèle le mauvais état du barrage, tel qu'une crue le ferait céder[1]. Une ouverture d'urgence de trois mètres de large sur trois mètres de long est pratiquée à la base du barrage, permettant le libre écoulement de la Semène pour la première fois en quarante-sept ans[1]. Les évènements conduisent à la mise en doute de l'utilité de la construction[1]. La mobilisation des associations environnementales locales et nationales aboutissent à un nouveau programme d'aménagement du territoire ligérien proposé par le collectif « Loire vivante », consistant à supprimer les barrages inutiles sur le cours du fleuve Loire, où il s'en trouve près de dix milliers de petite taille et trente-huit grands (de plus de 20 m de hauteur)[1].

À ce stade des négociations, un conflit d'intérêts entre en considération avec le maire de Saint-Genest-Malifaux pour qui le plan d'eau créé par le barrage est un atout touristique[1]. Ses partisans sont avantagés lorsque l'agence de l'eau Loire-Bretagne annonce pouvoir financer un tiers des six millions d'euros nécessaires à sa reconstruction[1]. Le 22 mai 2012, la préfecture autorise le début des travaux, durant lesquels 8 000 m2 de béton vont être déposés pour doubler l'ancien ouvrage et reconstituer le mur de 21 m de hauteur[9]. Toutefois, suite aux efforts des associations environnementales, le tribunal administratif de Lyon annule l'arrêté le 14 novembre 2013 alors que les travaux ont commencé depuis plus d'un an, donnant pour motif un « défaut d'information » des élus locaux[10]. Les travaux sont arrêtés, laissant alors le mur du nouveau barrage inachevé et la Semène malgré tout libre de son cours[1].

Le 28 février 2015, le collectif Loire Amont Vivante annonce que la Commission européenne a été saisie par différentes associations. L'Europe aurait demandé à l'État quelques précisions concernant la reconstruction du barrage, notamment si elle respectait le droit européen[11].

Finalement le remise en eau est effectuée au printemps 2015, permettant à la commune de Saint-Genest-Malifaux d'affirmer, sur son site officiel, l'incontournable intérêt touristique du lieu[12].

Galerie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l et m Dominique Lang, « Et au milieu coule la Semène », Pèlerin,‎ , p. 32-34 (ISSN 0764-4663)
  2. Unieux, Fraisses, St-Paul en Cornillon, soit plus de 30 000 habitants.
  3. Habitants de Firminy.
  4. Historique de l'ouvrage
  5. Données économiques
  6. Plus de 15 000 habitants, soit la moitié de l'autre groupement.
  7. Historique vidange
  8. http://loireamontvivante.fr/blog/grands-barrages/2009/05/13/barrage-des-plats-incidences-sur-le-milieu-aquatique/
  9. [1]>
  10. [2]>
  11. « Communiqué de presse – 28 février 2015 », sur Collectif Loire Amont Vivante (consulté le 19 mars 2015)
  12. « Barrage du Sapt (ou des Plats) à Saint-Genest-Malifaux | Histoire & balade », sur Saint-Genest-Malifaux.fr (consulté le 17 juin 2017)

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]