Sélune

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la Sélune
La Sélune à Ducey.
La Sélune à Ducey.
Caractéristiques
Longueur 84,7 km
Bassin 1 038 km2
Débit moyen 11 m3/s
Régime pluvial océanique
Cours
Source La Luardière
· Localisation Saint-Cyr-du-Bailleul
· Altitude 180 m
· Coordonnées 48° 33′ 41″ N, 0° 46′ 37″ O
Embouchure la Manche
· Localisation Baie du mont Saint-Michel
· Coordonnées 48° 38′ 50″ N, 1° 24′ 00″ O
Géographie
Principaux affluents
· Rive gauche Airon, Lair, Beuvron
· Rive droite Cance, Gueuche, Argonce, Oir
Pays traversés Drapeau de la France France
Régions traversées Normandie
Principales localités Saint-Hilaire-du-Harcouët, Ducey

Sources : Géoportail, SANDRE

La Sélune est un fleuve côtier français qui coule dans le département de la Manche. Il prend sa source à Saint-Cyr-du-Bailleul et se jette dans la baie du mont Saint-Michel.

Hydronymie[modifier | modifier le code]

Géographie[modifier | modifier le code]

Topographie[modifier | modifier le code]

La longueur de son cours est de 84,7 km[1] ou 68 km[2].

La Sélune prend sa source à environ 175 mètres d’altitude à la limite sud-est de la commune de Saint-Cyr-du-Bailleul et à l’ouest du Parc naturel régional Normandie-Maine. Elle coule librement vers l’ouest jusqu’à Saint-Hilaire-du-Harcouët à une altitude de 64 mètres. Elle forme ensuite deux lacs artificiels : le Grand lac et le Petit Lac. Après le barrage de la Roche-qui-boit, elle se trouve à une altitude de 19 mètres. Elle se dirige alors vers le nord-ouest et passe au pied du bourg de Ducey où elle se sépare en plusieurs bras. Elle termine sa course à Pontaubault avant de se jeter dans la baie du mont Saint-Michel.

Hydrographie[modifier | modifier le code]

Le bassin versant de la Sélune s’étend sur une superficie de 1 009 km2. Bien que la Sélune elle-même coule uniquement dans le département de la Manche (région Normandie), son bassin versant s’étend sur 13 communes d’Ille-et-Vilaine ( région Bretagne) et 9 de Mayenne (région Pays de la Loire) en plus de 57 communes de la Manche[2]. Ce bassin avoisine celui de la Sée au nord, celui de la Loire (par ses sous-affluents la Varenne, la Colmont et l'Ernée) à l'est et au sud-est et le bassin du Couesnon au sud-ouest.

Les principaux affluents de la Sélune sont, d'amont en aval :

Histoire[modifier | modifier le code]

Ce fleuve eut le statut de frontière entre le royaume de Bretagne et le duché de Normandie Jusqu'en 1009. À cette date, la frontière fut déplacée de quelques kilomètres vers le sud-ouest, jusqu'au Couesnon[30].

Barrages hydroélectriques[modifier | modifier le code]

Le lac de retenue du barrage de Vezins.

Deux barrages hydroélectriques ont été construits sur la Sélune dans la première moitié du XXe siècle : le barrage de la Roche-qui-boit et le barrage de Vezins.

Ces deux barrages sont âgés et arrivent bientôt en fin de concession. Trois options ont été envisagées : continuité de la production d'énergie hydroélectrique telle qu'elle se fait ; arrêt de la production d'énergie hydroélectrique et maintien des barrages pour préserver les deux lacs artificiels ; destruction et remise en état d'avant construction des barrages du fleuve, ce qui devrait permettre à plusieurs espèces de poissons migrateurs (saumons, truites, aloses, lamproies, anguilles, épinoches) de remonter vers la source et de faire leur dévalaison, sans nécessité d'aménagements lourds. Une étude économique sera rendue le 9 juin 2012 par l’État dans le cadre de choix nouveaux d'aménagement et de développement économique pour la vallée de la Sélune une fois les barrages de Vezins et la Roche-qui-Boit effacés, dont la taille et le positionnement faisait deux obstacles à la remontée des migrateurs. Peu avant le rendu de cette étude, le WWF-France a demandé[31] à la Ministre de l'écologie de rapidement confirmer la fin des concessions annoncé par Chantal Jouanno alors secrétaire d’État chargée de l’Écologie (le 13 novembre 2009[32]. Les sédiments accumulés par ce type de barrage contiennent généralement des métaux lourds, des polluants organiques et des nitrates et phosphates, qui peuvent polluer en aval (au détriment des activités halieutiques et conchylicoles notamment) si on les libère dans le milieu. 4 millions d'euros ont été provisionnés pour le traitement de 2009 à mi-2013 de ces questions. La dernière vidange datait de 1993. La Sélune doit reprendre de sa valeur écologique, et pour l'aménagement du territoire dans le cadre du Schéma de cohérence territoriale du Pays de la Baie et de la trame verte et bleue régionale et donc du futur Schéma SRCE qui la préfigure en 2012. Les opérations de vidange, de gestion des boues et d'arasement des ouvrages étaient prévus de 2015 à 2018[33].

Toutefois, l'opposition locale reste forte contre la destruction des barrages. Les maires des communes riveraines, ainsi que le député de la circonscription d'Avranches, refusent la démolition, afin de préserver l'emploi touristique, la pêche carnassière et la beauté du site. Le lac artificiel de Vezins est le seul lac de grande envergure dans la région du Sud-Manche. Une association, Les Amis du barrage de Vezins, fédère les actions citoyennes contre le projet gouvernemental[34].

En 2016, la société Valorem est candidate à la reprise du barrage de Vezins à la suite de la recherche d'une alternative à l'arasement par la ministre de l'Environnement Ségolène Royal[35].

Le barrage de Vezins[modifier | modifier le code]

Le barrage de Vezins.

Ce barrage, construit sur la limite des communes de Vezins (associée à Isigny-le-Buat) et de Saint-Laurent-de-Terregatte, est à voûtes multiples, avec des contreforts en béton armé et mesure 35 mètres de haut et 278 de long[36]. Il est huit fois plus puissant que celui de la Roche-qui-boit.

Il appartient au Groupe d’Exploitation Hydraulique Ouest avec le barrage de Guerlédan, le barrage de Saint-Adrien, l’usine de La Rance, le barrage de La-Roche-qui-Boit et le barrage de Rabodanges[37].

Le barrage devrait être détruit en 2018, suite aux décisions de Chantal Jouanno et de Nathalie Kosciusko-Morizet. À l’époque une opposition s’organise pour protéger « 800 emplois directs ou induits »[38].

Son potentiel a été identifié lors de l'intense spéculation boursière des années 1920 sur l'hydroélectricité. Il a ensuite été construit de 1929 à 1932 par la Société des forces motrices de la Sélune.

Les ingénieurs étaient Louis Pelnard-Considère et Albert Caquot[39].

Durant la Seconde Guerre mondiale, le barrage de Vezins servait à alimenter l'arsenal de Cherbourg ainsi que le mur de l'Atlantique. Un sabotage détruisit deux transformateurs, ce qui retarda la construction d'une partie de ces fortifications.

De nos jours, une base de loisirs est installée au bord du lac : la base de loisirs de la Mazure. On y pratique la pêche, le kayak, l'aviron, le canotage, etc.

Le barrage de la Roche-qui-boit[modifier | modifier le code]

Situé en aval du barrage de Vezins, dont il est devenu un ouvrage de compensation après la construction de celui-ci, ce barrage produit annuellement 4 millions de kilowattheures. Il restitue à la rivière un débit minimum de 2 m3/s. Le lac de retenue est long de 5 km, 40 hectares et 4 millions de mètres cubes d'eau.

L'autorisation de la construction du barrage a été accordée par arrêté préfectoral en août 1914. Les travaux ont commencé durant la Première Guerre mondiale, en 1916 pour s'achever en 1919
Le barrage fait 129 mètres de long et 16 mètres de hauteur. Il relie les territoires de Ducey et Saint-Laurent-de-Terregatte, mais la quasi-totalité du lac de retenue est partagée entre les territoires de Vezins et de Saint-Laurent.

Pêche[modifier | modifier le code]

Les eaux de la Sélune sont riches en saumons. La Sélune est classée par les pêcheurs en première catégorie. Elle est également peuplée de truites de mer, d'anguilles, de truites fario ou arc-en-ciel, de brochets, de tanches, de gardons, de sandres, de perches et de carpes.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Sandre, « Fiche cours d'eau - Fleuve la Sélune (I9--0200) » (consulté le 15 mars 2013)
  2. a et b SAGE Sélune sur Gest'Eau, le site des outils de gestion intégrée de l’eau.
  3. Sandre, « Fiche cours d'eau - Cours d’eau de la Grandière (I9001500) »
  4. Sandre, « Fiche cours d'eau - Ruisseau du Moulin Richard (I9008000) »
  5. Sandre, « Fiche cours d'eau - Ruisseau de la Franciere (I9010600) »
  6. Sandre, « Fiche cours d'eau - Ruisseau de Chenilly (I9028000) »
  7. Sandre, « Fiche cours d'eau - Ruisseau du Moulin de Pontorsier (I9029000) »
  8. Sandre, « Fiche cours d'eau - Ruisseau de Mesnelle (I9039000) »
  9. Sandre, « Fiche cours d'eau - Rivière de Saint-Jean (I9041000) »
  10. Sandre, « Fiche cours d'eau - La Cance (I90-0400) »
  11. Sandre, « Fiche cours d'eau - Ruisseau du Val (I9071000) »
  12. Sandre, « Fiche cours d'eau - Ruisseau du Marignon (I9072000) »
  13. Sandre, « Fiche cours d'eau - La Gueuche (I9080600) »
  14. Sandre, « Fiche cours d'eau - La Roulante (I9091000) »
  15. Sandre, « Fiche cours d'eau - Ruisseau de Bahan (I9098000) »
  16. Sandre, « Fiche cours d'eau - L’Argonce (I9100600) »
  17. Sandre, « Fiche cours d'eau - La Douenne (I9120600) »
  18. Sandre, « Fiche cours d'eau - L’Airon (I91-0400) »
  19. Sandre, « Fiche cours d'eau - Ruisseau de Vaux Roux (I9201000) »
  20. Sandre, « Fiche cours d'eau - L’Yvrande (I9206000) »
  21. Sandre, « Fiche cours d'eau - Le Lair (I92-0400) »
  22. Sandre, « Fiche cours d'eau - L’Isolant (I9231000) »
  23. Sandre, « Fiche cours d'eau - Ruisseau de Livet (I9233000) »
  24. Sandre, « Fiche cours d'eau - Le Beuvron (I92-0420) »
  25. Sandre, « Fiche cours d'eau - Le Beuvron (I9265001) »
  26. Sandre, « Fiche cours d'eau - L’Oir (I9280600) »
  27. Sandre, « Fiche cours d'eau - Ruisseau de Guyot (I9292000) »
  28. Sandre, « Fiche cours d'eau - Ruisseau du Moulinet (I9294000) »
  29. Sandre, « Fiche cours d'eau - La Douve (I9295000) »
  30. Dom Jacques Hourlier, « Les sources écrites de l’histoire montoise avant 966 », in Millénaire monastique du Mont-Saint-Michel, Raymonde Foreville (éd.), t. 2, Vie montoise et rayonnement intellectuel, Paris, Lethielleux, 1966, p. 13-28
  31. Universal Press Agency, Effacement des barrages de Vezins et la Roche qui Boit : une porte s'ouvre enfin pour la renaissance de la vallée de la Sélune, selon le WWF Le 9 janvier prochain, une étude économique devrait enfin être rendue par l’Etat , consulté 2012-01-03
  32. « Site du ministère de l'Écologie, de l'Énergie, du Développement durable et de la Mer - 13.11.09 À l'occasion de la signature du premier contrat d'objectifs de l'ONEMA, Chantal Jouanno annonce le lancement d'un plan d'action national pour la restauration des cours d'eau » (consulté le 14 novembre 2009))
  33. « Ouest-france.fr - Les barrages de la Sélune seront détruits en 2018 - Louvigné-du-Désert » (consulté le 19 juin 2013)
  34. « Ouest-france.fr - Les saumons vont-ils vaincre les barrages de la Sélune ? - Normandie » (consulté le 11 février 2012)
  35. « Barrages de la Sélune : le démantèlement n'est plus d'actualité », sur actu-environnement.com, Actu-Environnement (consulté le 21 décembre 2016)
  36. Préfecture de la Manche.
  37. Groupe d'exploitation hydraulique Ouest.
  38. Wikimanche.
  39. Structurae (fr) : Barrage de Vezins (1932)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Installations hydro-électriques de la Société des forces de la Selune. Barrage et usine de la "Roche qui boit"... à Ducey, près Avranches, Manche, Rennes, 14 p., in-8o (notice BnF no FRBNF33432222)
  • Henri Moulin, Considérations sur un chemin de fer d'Orléans à la mer suivant la vallée de la Sélune, , 20 p., in-8o (notice BnF no FRBNF30987884)
  • Sage de la Sélune / Association Bassin de la Sélune de l'Amont à l'aval, De la Sélune à la baie, (ISSN 1761-1083, notice BnF no FRBNF38990030)
    Bulletin d'information semestriel du Schéma d'aménagement et de gestion des eaux de la Sélune

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]