Barrage de Vajont

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Barrage de Vajont
Image illustrative de l'article Barrage de Vajont
Le barrage du Vajont en 2008.
Géographie
Pays Drapeau de l'Italie Italie
Région Frioul-Vénétie julienne
Province Pordenone
Commune Erto e Casso
Coordonnées 46° 16′ 02″ Nord, 12° 19′ 44″ Est
Cours d'eau Vajont
Objectifs et impacts
Nom (en langue locale) (it) diga del Vajont
Vocation Énergie hydroélectrique
Propriétaire SADE
Date du début des travaux 1956
Date de la fin des travaux 1959
Date de mise en service 1960
Barrage
Type Barrage voûte en béton armé
Hauteur du barrage
(lit de rivière)
261,6 m
Longueur du barrage 190,15 m
Épaisseur du barrage
(au sommet)
3,4 m
Épaisseur du barrage
(à la base)
22,11 m
Réservoir
Altitude du réservoir 722,5 m
Volume du réservoir 168,715 millions de m3

Géolocalisation sur la carte : Italie du Nord

(Voir situation sur carte : Italie du Nord)
Barrage de Vajont

Géolocalisation sur la carte : Italie

(Voir situation sur carte : Italie)
Barrage de Vajont

Le barrage de Vajont (nom d'une rivière de la région), construit de 1956 à 1959, est situé au-dessus de Longarone, dans la province de Belluno, à cent kilomètres de Venise, au pied du mont Toc en Italie. Il est désaffecté depuis la catastrophe qui l'a touché le .

Histoire[modifier | modifier le code]

Construction[modifier | modifier le code]

Catastrophe[modifier | modifier le code]

Vue aérienne du barrage de Vajont le lendemain de la catastrophe montrant le glissement de terrain occupant l'emplacement de la partie aval du lac de retenue, contre le barrage dans le bas de la photo.
Vue des dégâts à Longarone après l'inondation.

La SADE (Società Adriatica Di Elettricità), société qui a construit le barrage, a affirmé que la géologie de la gorge avait été étudiée, y compris l'analyse d'éventuels glissements de terrain, on croyait ainsi que celui-ci serait suffisamment stable. Cependant, lors du remplissage du barrage on a pu constater une modification dans la roche ; un premier glissement de terrain a eu lieu le 4 novembre 1960. On a donc fait baisser le niveau du lac qui a alors été contrôlé attentivement. Les recherches ont conclu qu'une catastrophe était peu probable. Le lac fut entièrement rempli puis vidé à trois reprises.

À ce moment-là, l'Italie débutait une nationalisation des centrales électriques et la SADE était impatiente de vendre ce barrage au service public.

Le 9 octobre 1963 à 22 h 39, un glissement de terrain fait s'écrouler deux cent soixante millions de mètres cubes de terres et de roches dans le lac de retenue du barrage, à plus de cent dix kilomètres à l'heure. Au passage, l'éboulement emporte les lignes d'alimentation électrique, plongeant ainsi Longarone dans le noir sur un kilomètre et demi. Le glissement de terrain provoque deux vagues de vingt cinq millions de mètres cubes d'eau, l'une se dirigeant vers l'amont, l'autre vers l'aval. Celle se dirigeant vers l'aval passe par-dessus le barrage. Les masses d'eau de celle se dirigeant vers l'amont reviennent ensuite en arrière et passent à leur tour par dessus l'ouvrage. Ce puissant débordement de cent cinquante mètres de hauteur détruit les localités de Longarone, Pirago, Rivalta, Villanova et Faè, puis touche de nombreux autres petits villages aux alentours (Castellavazzo, Erto e Casso...). Avant même l'arrivée de l'eau, l'onde de surpression atmosphérique qu'elle génère produit des vents violents qui causent de nombreux dégâts. On estime à environ mille neuf cents le nombre de personnes tuées par le mégatsunami. Le barrage, lui, n'a pratiquement pas été endommagé.

Les signes avant-coureurs de ce glissement de terrain dûment mesurés chaque jour étaient suivis depuis des mois par les ingénieurs.

L'un des responsables du désastre se suicidera. La plupart des autres responsables politiques et techniques ont été absous faute de preuves, en dehors de l'ingénieur en chef du projet, Alberico Biadene, condamné à cinq ans de prison en 1977 (et qui a bénéficié d'une mesure de grâce au bout d'un an).

Depuis un demi-siècle, le site fait l'objet de nombreuses investigations scientifiques qui ont notamment révélé la présence d'une mince couche d'argile entre le sol instable qui s'était effondré et la roche dure sous-jacente. Celle-ci avait été fragilisée par les variations de niveau du lac conduites par les ingénieurs. La nuit fatidique, après un lent processus de plusieurs semaines, cette couche d'argile, sous l'effet conjugué de la pression de la terre et de l'eau qui l'imbibait, a fini par se fragmenter totalement, entraînant vers le lac les quarante mètres d'épaisseur de sol meuble qui reposaient sur elle. Les sondages trop peu profonds des sols, effectués lors des études préliminaires du projet de barrage n'avaient pas révélé la présence de cette couche d'argile, sinon le projet aurait été annulé[1].

Désaffection[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Documentaire audiovisuel, National Geographic Channel, "La Minute de Vérité", mai et août 2012

Annexes[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

Documentaires télévisés[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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