Barrage de Thénia

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Barrage de Thénia
Géographie
Pays Drapeau de l'Algérie Algérie
Kabylie Basse Kabylie
Wilaya de Boumerdès Daïra de Thénia
Daïra de Thénia Commune de Thénia
Coordonnées 36° 42′ 46″ nord, 3° 32′ 50″ est
Cours d'eau Oued Bourdine
Objectifs et impacts
Vocation Retenue d'eau potable
Propriétaire Thénia
Date du début des travaux 24 mai 1911
Date de mise en service 26 février 1913
Barrage
Type Barrage en enrochement
Hauteur du barrage
(lit de rivière)
13,26 m
Hauteur du barrage
(fondation barrage)
15 m
Longueur du barrage 68 m
Épaisseur du barrage
(au sommet)
3,25 m
Épaisseur du barrage
(à la base)
7,50 m
Réservoir
Altitude du réservoir 300 m
Volume du réservoir 0,03 millions de m3
Surface du réservoir 1,5 ha
Hauteur de chute 15 m

Géolocalisation sur la carte : Algérie

(Voir situation sur carte : Algérie)
Barrage de Thénia

Le barrage de Thénia ou barrage de l'Oued Bourdine, barrage de Méraldène et barrage de Mahrane est une retenue d'eau de la Basse Kabylie à l'ouest du Djurdjura (ou l'actuelle wilaya de Boumerdès en Kabylie, Algérie), qui se situe au sud-ouest de la ville de Thénia, ville nodale de Kabylie, rattachée à la wilaya de Boumerdès, dans la daïra de Thénia. L'Oued Bourdine c'est aussi l'appellation donnée à la vallée traversée par la rivière qui alimente ce barrage de Thénia en passant par les villages de Tabrahimt, Méraldène, Gueddara, Mahrane et Tizouighine avant de rejoindre Oued Arbia et Oued Boumerdès jusqu'à se déverser dans la Méditerranée à l'est de la ville de Boumerdès.

Le barrage de Thénia est l'un des 65 barrages opérationnels en Algérie[1] alors que 30 autres sont en cours de réalisation en 2015[2].

La commune de Thénia abrite ainsi les infrastructures de l'hôpital de Thénia, de la gare ferroviaire de Thénia et du barrage de Thénia.

Géographie[modifier | modifier le code]

Localisation[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Expédition de Thénia (1837).

Le barrage de Thénia est situé au centre de plusieurs villages à l'est et au sud-ouest de la ville de Thénia.

Oued Bourdine[modifier | modifier le code]

L'Oued Bourdine est le réceptacle des eaux du versant nord de Thénia (Massif de Khachna). Toutes les rivières en amont dans les deux commune de Ammal et Béni Amrane, ainsi que tous les ruisseaux, s'y jettent inlassablement. Oued Bourdine c'est aussi la partie en aval du plateau de Tabrahimt, son plus grand affluent qui prend naissance sur les hauteurs de Debbagha.

Affluents[modifier | modifier le code]

Les cours d'eau qui se jettent dans l'Oued Bourdine:

  • Oued Méraldène.
  • Oued Arbia.
  • Oued Boumerdès.

Adduction des eaux de Oued Bourdine[modifier | modifier le code]

Les travaux d'adduction des eaux de l'Oued Bourdine ont été décidés en 1911.

Le maire Philippe Jalabert de Thénia avait annoncé la disponibilité des pièces du projet pour les entrepreneurs, à partir 30 avril 1911 jusqu'au 24 mai 1911, dans les bureaux de la mairie de Thénia, dans les bureaux de M. Chauzy, ingénieur en génie civil à Alger, et à la préfecture d'Alger.

En effet, le 24 mai 1911, à trois heures du soir, il a été procédé, en séance publique, dans la salle des adjudications de la mairie de Thénia et dans les formes réglementaires à l'adjudication au rabais, sur soumissions cachetées, des travaux d'adduction des eaux de l'Oued Bourdine.

Ces travaux étaient évalués, pour les travaux à l'entreprise à 23 218,30 francs, pour la somme à valoir à 9 781,70 francs, et pour le total de la dépense à 33 000,00, avec un cautionnement de 1 000,00 francs.

Construction du barrage[modifier | modifier le code]

Les travaux de construction d'un barrage sur l'Oued Bourdine ont été décidés en 1911.

Le maire Philippe Jalabert de Thénia avait annoncé la disponibilité des pièces du projet pour les entrepreneurs, à partir 30 avril 1911 jusqu'au 24 mai 1911, dans les bureaux de la mairie de Thénia, dans les bureaux de M. Chauzy, ingénieur en génie civil à Alger, et à la préfecture d'Alger.

En effet, le 24 mai 1911, à trois heures du soir, il a été procédé, en séance publique, dans la salle des adjudications de la mairie de Thénia et dans les formes réglementaires à l'adjudication au rabais, sur soumissions cachetées, des travaux de construction d'un barrage sur l'Oued Bourdine.

Ces travaux étaient évalués, pour les travaux à l'entreprise à 61 272,50 francs, pour la somme à valoir à 11 727,50 francs, et pour le total de la dépense à 73 000,00, avec un cautionnement de 2 500,00 francs[3].

Budget du projet[modifier | modifier le code]

Les travaux de construction du barrage comprenaient:

  • La construction du barrage proprement dit[4].
  • La construction des annexes:
    • Déversoir avec canal de fuite maçonné
    • Chambre de manœuvre des vannes.

Description de l'ouvrage du barrage[modifier | modifier le code]

En forme de couronne, le barrage aura 68 mètres de longueur et 3.25 mètres de largeur. Il est arrasé à 13.26 mètres au-dessus du fond de l'Oued, côté amont. Sa section, variable avec la hauteur des fondations échelonnées sur les deux berges, a une largeur de 7.50 mètres au niveau du sol amont. Il est surmonté de deux parapets ayant 0.80 mètres de hauteur sur 0.40 mètres d'épaisseur. La hauteur des fondations est donnée à titre d'indication seulement. Elle pourra varier, en plus où en moins, avec la nature du sol rencontré.

Description de l'ouvrage du déversoir[modifier | modifier le code]

Le seuil du déversoir est arrasé à 1 mètre en contre-bas du niveau supérieur du barrage. Il a 8 mètres de largeur. Le déversoir est prolongé par un canal de fuite maçonné de 5 mètres de largeur avec Port radiers et bajoyers de 0.50 mètres d'épaisseur.

Description de l'ouvrage de la chambre de manœuvre[modifier | modifier le code]

La chambre de manœuvre des vannes de prise est édifiée sur le barrage. Elle à 2.60 mètres sur 2.85 mètres de vide. Les murs sont en maçonnerie ordinaire de 0.40 mètres d'épaisseur. Elle est couverte en tôle ondulée sur charpente en sapin rouge du Nord.

Description de l'ouvrage des évacuateurs[modifier | modifier le code]

Les évacuateurs présenteront une section rectangulaire à l'amont de 0.35 mètres sur 0.50 mètres surmontée d'une voûte en plein cintre de 0.50 mètres de diamètre, le radier aura une pente de 0.04 par mètre.

Description de l'ouvrage des appareils de prise et vannes de fermeture des évacuateurs.[modifier | modifier le code]

Ces appareils ne font pas partie du présent marché et seront payés sur la somme à valoir. La commune de Thénia se réserve de fournir les dits appareils à l'entrepreneur qui devra en assurer la pose.

Suivi du projet[modifier | modifier le code]

Le Conseil Municipal de la ville de Thénia, dans sa séance du 1er septembre 1912, avait approuvé les conclusions des rapports de l'ingénieur de la ville au sujet du décompte définitif des travaux de construction du barrage de l'Oued Bourdine et de la fixation définitive des dépenses autorisées des entreprises Schneider Auguste et Fratissier[5].

Réception de l'ouvrage[modifier | modifier le code]

De toutes les questions économiques algériennes, la plus importante est celle des approvisionnements d'eau, souvent si difficiles à réaliser.

Aussi est-ce avec satisfaction que la population de la ville de Thénia avait vu terminer et inaugurer le 26 février 1913 l'important barrage de l'Oued Bourdine[6].

Ainsi, le 26 février 1913, la commission des travaux présidée par le maire, accompagnée par M. l'ingénieur Chauzy, auteur du projet, a procédé, en présence de M. Auguste Schneider, entrepreneur à Thénia, à la réception définitive du barrage.

Cet ouvrage de 14 mètres de hauteur sur 70 mètres de largeur, barrant la vallée du Méraldène, peut retenir un volume d'eau de 30.000 mètres cubes.

Cette eau est destinée à l'alimentation des dépôts de machines et ateliers des chemins du fer de l'état algérien concurremment avec la prise directe à 300 mètres en amont.

La conception de cet ouvrage important qui a permis dans une région aride d'amasser l'eau suffisante aux besoins industriels de la ville de Thénia, fait le plus grand honneur à l'une des précédentes municipalités présidée par l'honorable M. Fatton, qui en a poursuivi la réalisation ; à l'éminent et distingué ingénieur M. Chauzy qui en a dressé le projet et surveillé l'exécution, enfin à M. A. Schneider qui a exécuté les travaux avec compétence.

La réception définitive a été faite le barrage plein, toutes les conditions étaient réunies pour que la commission puisse se prononcer en tout état de cause.

Avec barrage, électricité, municipalité intelligente et travailleuse, Thénia était ainsi devenue un centre remarquable[7].

Exploitation du barrage[modifier | modifier le code]

Alimentation de la Gare ferroviaire[modifier | modifier le code]

Lors de la création de la gare ferroviaire de Thénia, durant l'époque coloniale, une retenue d'eau a été érigée au niveau du village de Mahrane, au nord-ouest de la ville, pour subvenir aux besoins en eau de cette station ferroviaire arrimant Alger à Tizi Ouzou et à Constantine.

À l'origine, le site de ce barrage de Thénia était un ruisseau, le Chrob-ou-Hrob ("اشرب واهرب" signifiant « bois et fuis » à cause de la présence de fauves, qui s'y abreuvaient, notamment le lion de l'Atlas[8]). D'où le nom de Mahrane donné au village mitoyen, signifiant en langue berbère « source aux lions ».

Ce barrage se trouve à l'ouest de Thénia où il permettait des balades individuelles et familiales à l'époque où il avait une bonne retenue d'eau[9]. Il est actuellement presque totalement envasé, et la route qui y mène reste à goudronner[10].

Même dans le passé, il arrivait au barrage de Mahrane de manquer d'eau durant les années à faible pluviométrie.

Des générations d'habitants de Thénia ont fait leurs premières brasses dans le bassin du barrage.

Il existait à 20 mètres au-dessus du barrage un énigmatique rocher à côté d'un petit puits. Il y avait dessus une belle gravure d'apparence naturelle, représentant un sabot de cheval et un pied d'homme de plus de 35 cm.

Les instituteurs des écoles primaires de Thénia amenaient chaque printemps leurs élèves en promenade jusqu'au barrage.

Ce barrage servait à alimenter les locomotives à vapeur de la Gare de Thénia. Pour cela, l'eau arrivait du barrage de Mahrane jusque dans des bassins de compensation situés en face de la gare[11].

Les enfants de Thénia apprenaient aussi les rudiments de la nage dans ces bassins, en plus du lac de retenue du barrage. Ces bassins accueillaient aussi des poissons d'eau douce.

Tout autour du barrage de Mahrane étaient récoltés les myrtilles dites « Chelmoune شلمون » et les arbouses dites « Sissenoue سيسنو ». Le lièvre y était aussi chassé à côté des vannes.

Entretien[modifier | modifier le code]

Lors de la séance du 20 juin 1915 du conseil communal de Thénia, présidée par le maire César Boniface, il avait été approuvé le traité de gré à gré passé avec la Maison Robert et Durafour pour réparations des vannes du barrage de l'Oued Bourdine[12].

Extension[modifier | modifier le code]

Lors de la séance du 16 novembre 1930 du conseil communal de Thénia, présidée par le maire César Boniface, il avait été décidé la mise à l'étude de l'exhaussement du barrage de l'Oued Bourdine pour augmenter la capacité de retenue de l'eau industrielle destinée aux dépôts et ateliers de la gare ferroviaire de Thénia[13].

Passerelle et pont[modifier | modifier le code]

Lors de la séance du 19 décembre 1934 du conseil communal de Thénia, présidée par le premier adjoint Auguste Schneider, c'est Mohamed Bouisri, conseiller communal indigène musulman originaire du village de Mraïel, qui avait sollicité au nom des villageois habitant la région du barrage de l'Oued Bourdine, l'aménagement d'une passerelle permettant aux montagnards de se rendre à Thénia par tous les temps et en particulier pendant l'hiver où l'oued est infranchissable et dangereux[14].

Ainsi, c'est au cours de la semaine du 22 au 28 juillet 1935 que les travaux d'élargissement du pont sur l'Oued Bourdine (Oued Méralden) ont été exécutés[15].

Au cours de la semaine du 23 au 28 septembre 1935, une opération de rechargement de la chaussée du pont sur l'Oued Bourdine (Oued Méraldène) a été effectuée[16].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]