Barrage de Kokaral

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Barrage de Kokaral
Géographie
Pays Drapeau du Kazakhstan Kazakhstan
Coordonnées 46° 05′ 48″ nord, 60° 47′ 35″ est
Objectifs et impacts
Date de la fin des travaux 2005
Barrage
Hauteur du barrage
(lit de rivière)
10 m
Longueur du barrage 13 000 m
Réservoir

Géolocalisation sur la carte : Kazakhstan

(Voir situation sur carte : Kazakhstan)
Barrage de Kokaral

Le barrage de Kok-Aral est une digue construite dans l'ancienne mer d'Aral afin de maintenir un certain niveau dans la partie nord de ce qu'il reste de cette mer. Sa construction s'est achevée en août 2005.

Contexte[modifier | modifier le code]

La cause principale de la construction du barrage est l'assèchement important de la mer d'Aral, ne pouvant plus puiser ses sources dans l'Amou Daria et le Syr Daria. A la suite des ordres de Joseph Staline en 1950, une déportation massive de la population est mise en place pour mener à bien son projet : un gigantesque chantier agricole[1]. L'URSS ayant une forte exigence de production, un million de tonnes de coton est cultivé chaque année de 1960 à 1970[2], ce qui a fini par assécher la mer. La situation géopolitique de la mer, placée entre différents pays, ne permet pas de trouver un accord. Un projet est finalement mis en place par le gouvernement Kazakh et la Banque mondiale en 2001[3].

Le but de ce barrage est de faire remonter le niveau de l'eau, d'éliminer l'excès de sel (en utilisant des déversions) qui créent des dégâts dans les villages aux alentours (Aralsk, Mouyak) abîmant ainsi la faune, la flore et le patrimoine culturel[4], de permettre de remettre en place des poissons et une activité de pêche.

Construction du barrage[modifier | modifier le code]

Le barrage est construit dans la partie nord de l'ancienne mer d'Aral, à l'est de l'île de Kok-Aral. Pour des raisons financières, la digue a d'abord été montée avec des sacs de sable en 1992 et en 1996 mais ces premières constructions ont rapidement cédé[5]. La construction de l'actuelle digue en béton a commencé en 2003. Longue de 13 km pour une hauteur de 10 m, elle a permis de porter le niveau de l'eau à une altitude de 42 mètres et de relancer l'industrie de la pêche.

Le premier aménagement fut de créer un grand barrage ; c'était à la base une digue constituée uniquement de sable pour limite le débit de l'eau dans les deux fleuves Amou-Daria et Syr-Daria qui débouchent dans la mer afin de permettre une remontée des eaux dans la mer d'Aral. Une vanne a été aussi ajoutée en haut du barrage pour évacuer le surplus d'eau et de ne pas prendre le risque que le barrage cède et que toute l'eau se disperse et ainsi inonde les villes voisines.Aujourd'hui le barrage fait environ une dizaine de mètres de hauteur pour un kilomètre et demi de longueur. Le coût de cet aménagement s'est élevé à plus de 85 millions de dollars[6] .

Conséquences[modifier | modifier le code]

Depuis la construction du barrage en août 2005, le niveau de la mer a considérablement augmenté. L'irrigation pour l'alimentation des champs de coton à partir des deux fleuves, l'Amou-Daria et le Syr-Daria, s'est atténuée et est de plus en plus régulée et surveillée afin de ne plus surconsommer l'eau de la mer d'Aral.

Le barrage a créé un obstacle infranchissable pour les poissons.

Depuis la construction du barrage, le niveau de la mer a reconquis 50% de sa surface[7]. Il a augmenté de 18 mètres et atteint aujourd'hui[Quand ?] 42 mètres. La barrage a permis à la population de revenir progressivement et de se réinstaller dans certains villages de pêcheurs[8]. La pêche a repris son activité ainsi que la vente de poissons[9]. Aussi, la biodiversité revient peu à peu; au moins 22 espèces de poissons réapparaissent[réf. nécessaire].

Perspectives[modifier | modifier le code]

Un projet de rehausse de 6 m a été présenté par le président Noursoultan Nazarbaïev[10], ce qui permettrait à l'industrie de la pêche de retrouver son niveau d'avant la catastrophe, et à la ville d'Aralsk de redevenir un port. Ce projet estimé à 120 millions de dollars (98 millions d'euros) serait financé principalement par les revenus du pétrole du Kazakhstan. Ce projet prévoit également le creusement d’un canal de jonction entre les deux bassins et la construction de nouvelles structures pour exploiter l’énergie hydroélectrique.

Références[modifier | modifier le code]

  1. ThalassaOfficiel, « Et si on sauvait la mer ! (émission intégrale Thalassa) », (consulté le 24 janvier 2018)
  2. « Disparition de la mer d’Aral : les causes d’un désastre écologique », Disparition de la mer d’Aral : les causes d’un désastre écologique | National Geographic,‎ (lire en ligne)
  3. « La renaissance de la mer d'Aral », sur lefigaro.fr, (consulté le 24 janvier 2018)
  4. « Aral, mer asséchée 2 par Khalem - Dailymotion », sur Dailymotion, (consulté le 24 janvier 2018)
  5. The North Aral Sea  In: www.nailaokda.8m.com, 2002.
  6. « SAUVETAGE. La mer d’Aral renaît grâce à un grand barrage », Courrier international,‎ (lire en ligne)
  7. Paula Boyer, « La renaissance de la « petite mer » d’Aral », sur La Croix, (consulté le 9 février 2018)
  8. Feurat ALANI et Vincent ROUX, « Vidéo : en Asie centrale, la mer d’Aral renoue avec l'eau et la vie », sur France 24, (consulté le 9 février 2018)
  9. Reid Standish, « Les poissons réapparaissent peu à peu dans la mer fantôme d'Aral », sur Vice news, (consulté le 9 février 2018)
  10. http://www.lalibre.be/actu/planete/l-espoir-revient-a-la-mer-d-aral-51b8f273e4b0de6db9c83a82