Barrage de Cahora Bassa

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

Barrage de Cahora Bassa
Image illustrative de l’article Barrage de Cahora Bassa
Géographie
Pays Drapeau du Mozambique Mozambique
Coordonnées 15° 35′ 09″ sud, 32° 42′ 17″ est
Cours d'eau Zambèze
Objectifs et impacts
Date du début des travaux 1969
Date de la fin des travaux 1975
Date de mise en service 1976
Barrage
Hauteur du barrage
(lit de rivière)
171 m
Longueur du barrage 300 m
Réservoir
Réservoir Cahora BassaVoir et modifier les données sur Wikidata
Centrale hydroélectrique
Puissance installée 2 075 MW

Géolocalisation sur la carte : Mozambique

(Voir situation sur carte : Mozambique)
Barrage de Cahora Bassa

Le barrage de Cahora Bassa est un barrage sur le Zambèze en Mozambique. La construction du barrage prit fin en 1975. Haut de 171 m, il est associé à une centrale hydroélectrique d'une capacité de 2 075 MW. Il a créé le lac de Cahora Bassa. C'est un objet de fierté lors de sa construction car il ressemble en tous points au barrage Hoover des États-Unis.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le barrage est né d’un accord entre le Portugal et l’Afrique du Sud le , pour fournir de l’électricité à celle-ci, via une ligne à haute tension de 1 400 kilomètres de long[1] et développer l'industrie du Mozambique, alors contrôlé par le Portugal. L'abondance de la production d'électricité assurée par le barrage dépasse très largement la consommation mozanbicaine[1]. Le site prévoit de fournir à la fonderie d'aluminium du groupe de l'industriel et banquier António de Sommer Champalimaud (1918 – 2004), près de Maputo, une énergie bon marché, sur le site la future Mozal[1]. António de Sommer Champalimaud prévoit de se fournir en bauxite, dans les mines du futur Malawi, qui n'est pas encore indépendant[2]. Il a créé à l'automne 1969, en association avec Lonrho et l'Etat du Malawi, l'Alumina Corporation of Malawi (Alcoma) pour les mines de bauxite du Massif Mulanje[3]. Pour ce projet, l'accès au port mozambicain de Nacala et aux livraisons d'essence de Durban sont vitaux[3]. Mais l'indépendance du Mozambique, consécutive à la Révolution des Œillets portugaise, mettra fin à ce projet.

Le barrage permet aussi un projet d'extraction de sables lourds[1] et divers projets portant sur l'exploitation de mines de charbon dans la province de Tete, opérés par Rio Tinto et Vale[1].

Après l’indépendance du pays en 1975, l’Afrique du Sud appuya le mouvement de rébellion Renamo, qui sabota l’ouvrage en 1980, privant le Mozambique d’une importante source de revenus.

En 1984, dans le cadre de la stratégie d’apaisement, l’Afrique du Sud et le Mozambique signèrent les accords d’Inkomati, qui prévoyaient l’arrêt du soutien du Mozambique à l’ANC et le retrait réciproque de l’appui de l’Afrique du Sud à la Renamo. Six semaines plus tard, un nouvel accord fut trouvé entre Eskom, la compagnie sud-africaine, et la société mozambicaine Hidroelectrica de Cahora Bassa, pour exporter à nouveau le courant vers le réseau sud-africain[4].

Le , à Songo, Joaquim Chissano et Pieter Botha renouvelèrent la coopération entre leurs pays respectifs pour sauver le barrage de Cahora Bassa. Le rapprochement entre les deux gouvernements fut facilité par l'entregent de Pik Botha, le ministre sud-africain des affaires étrangères qui devint un habitué de Maputo.

En juillet 1989, Le Frelimo abjurait le marxisme. Peu de temps après, Chissano accueillait encore une fois Pieter Botha sur le site du barrage de Cahora Bassa au moment de l'achèvement des travaux de la commission tripartite (Portugal, Mozambique, Afrique du Sud) pour la réhabilitation du grand projet de développement électrique.

Description[modifier | modifier le code]

Il s'agit d'un barrage-voûte de 171 m de hauteur et de 302 m de longueur en crête. Il produit entre 2075 et 3600 MW.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e "Mozambique Rising: Building a New Tomorrow", par Ms.Doris C Ross,Victor Duarte Lledo,Mr.Alex Segura-Ubiergo,Mr.Yuan Xiao,Ms.Iyabo Masha,Mr.Alun H. Thomas,Mr.Keiichiro Inui, page 32 [1]
  2. "The Third Portuguese Empire, 1825-1975: A Study in Economic Imperialism", par W. G. Clarence-Smith, page 212 [2]
  3. a et b "Lonrho: portrait of a multinational", par Suzanne Cronjé, Margaret Ling, Gillian Cronjé J. Friedmann, 1976, page 234
  4. David Blanchon, "Les nouveaux enjeux géopolitiques de l’eau en Afrique australe", sur Hérodote, 2001

Articles connexes[modifier | modifier le code]