Barrage d'Émosson

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Barrage d'Émosson
Image dans Infobox.
Géographie
Pays
Canton
Commune
Coordonnées
Cours d'eau
Objectifs et impacts
Vocation
Propriétaire
Date du début des travaux
Date de la fin des travaux
Barrage
Type
Hauteur
(fondation)
180 m
Longueur
560 m
Épaisseur en crête
m
Épaisseur à la base
45 m
Volume du barrage
1,1 millions de
Réservoir
Nom
Lac d'Émosson
Altitude
1 931 m
Volume
227 millions de
Superficie
3,27 km²
Centrale(s) hydroélectrique(s)
Débit d'équipement
45 m³/s
Géolocalisation sur la carte : canton du Valais
(Voir situation sur carte : canton du Valais)
Point carte.svg
Géolocalisation sur la carte : Suisse
(Voir situation sur carte : Suisse)
Point carte.svg

Le barrage d'Émosson est un barrage de type voûte à vocation hydroélectrique situé en Suisse dans le canton du Valais.

Géographie[modifier | modifier le code]

Localisation[modifier | modifier le code]

Carte du lac d'Émosson

Le barrage se trouve dans le canton du Valais sur la commune de Finhaut, sur la rive gauche du Rhône au-dessus de Martigny. Fermant le cirque d'Émosson, il est alimenté par des eaux du massif du Giffre et artificiellement par des eaux du massif du Mont-Blanc et des Aiguilles Rouges. Le lac d'Emosson est situé sur le territoire des communes de Salvan et Finhaut. Le barrage d'Émosson est le troisième plus haut barrage de Suisse après celui de la Grande-Dixence et celui de Mauvoisin. En amont du barrage d'Emosson se trouve le barrage du Vieux-Emosson à 2 205 m d'altitude construit par les CFF en 1955.

Hydrologie[modifier | modifier le code]

En plus des eaux du bassin versant naturel du barrage — le cirque d'Émosson — trois collecteurs transportent l'eau vers le barrage d'Émosson. Le collecteur Sud capte les eaux du glacier d'Argentière, du glacier du Tour et du glacier de Lognan par des prises d'eau principalement sous-glaciaires. Une galerie en écoulement libre de 8,55 km de long conduit l'eau par gravité vers un puits blindé où l'eau franchit la vallée du Trient puis remonte, toujours par gravité, vers le barrage. Le collecteur Ouest capte les eaux des vallons français de Bérard et de Tré-les-eaux. Ces eaux sont acheminées par écoulement libre dans une galerie de 7,95 km directement vers le barrage. Le collecteur Est capte les eaux à La Fouly et en contrebas du glacier du Trient et les conduit par une galerie de plus de 18 km de long vers le bassin des Esserts, d'où l'eau est, soit turbinée directement à l'usine de Vallorcine, soit pompée dans la retenue d'Émosson[1].

Le barrage bloque le torrent de Barberine, alimentant ainsi le lac d'Émosson. Ce dernier a une superficie de 3,27 km2, une profondeur maximale de 161 mètres et une profondeur moyenne de 69 mètres pour un total de 227 millions de m3 d'eau.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le chantier de nuit éclairé par un ciel de projecteurs.
Pendant la construction du barrage d'Émosson. Octobre 1971.

La société Électricité d'Émosson SA a été créée en 1954 afin de construire le barrage. L'aménagement est franco-suisse, en raison de la provenance des capitaux, des lieux de pompage de l'eau ainsi que des différentes usines. La construction est décidée en avril 1967[2]. Auparavant, il a fallu procéder à une modification de frontière afin que l'ouvrage se trouve intégralement sur territoire suisse. En effet, la frontière aurait coupé le barrage en deux. Les communes concernées ont donc procédé à un échange de territoires, avalisé en 1963[3]. Les travaux commencèrent en 1967, et la mise en service eut lieu en 1975, soit huit ans plus tard[1]. Sur le cours du torrent de Barberine il y avait déjà un premier barrage, le barrage de Barberine, propriété des Chemins de fer fédéraux, dont il fallut obtenir l'autorisation afin d'immerger le premier ouvrage dans le lac de retenue du nouvel édifice.

Centrales[modifier | modifier le code]

Conduite d'arrivée des eaux d'Émosson à la centrale de la Bâtiaz à Martigny.

La centrale de la Bâtiaz à Martigny est le palier inférieur de l'aménagement de type classique avec deux groupes verticaux une turbine Pelton et un alternateur complété par un bassin d'expansion et un canal de fuite enterré d'une longueur de 1.2 km. Les données de tous les ouvrages sont rassemblés ici. L'ensemble de l’installation est commandé et surveillé à distance dont la centrale très complexe de Vallorcine.

Station de pompage-turbinage du Nant de Drance[modifier | modifier le code]

Ce projet a été lancé par Alpiq et les CFF en 2009 : il s'agit de construire une station souterraine de pompage et turbinage entre le Vieux-Émosson et Émosson, sur le Nant de Drance[4]. L'eau sera pompée du lac d'Émosson vers le lac du Vieux-Émosson pendant les périodes de faible consommation électrique (nuit et week-end) ; elle sera turbinée en sens inverse au moment des pointes de consommation. Le projet initial prévoyait que quatre turbines fournissent une puissance totale de 600 MW. Les Forces Motrices Valaisannes participent également au projet, à hauteur de 10 %[5]. Le groupe Alstom fournit la turbine à vitesse variable, elle sera livrée d’ici à 2017[6]. Les travaux commencent en décembre 2008 et étaient prévus initialement durer 7 ans. La cérémonie officielle a eu lieu le .

En avril 2011, les autorisations administratives en vue de l'adoption d'une variante Nant de Dranse+ sont obtenues. Cette variante porte la puissance totale de 600 à 900 MW par l'adjonction de deux turbines supplémentaires, avec une modification de la concession autorisant un réhaussement du barrage du Vieux-Émosson de 45 à 67 mètres. Cette modification porte aussi le volume de retenue de 13,5 millions de m3 à 25 millions de m3, avec un faible impact sur l’environnement[7]. Les trois partenaires au projet (Alpiq, les CFF et les Forces motrices valaisannes) se donnent quelques mois supplémentaires pour valider la faisabilité technique et financière[8]. La décision est emportée au mois de juin 2011[7] et les travaux préparatoires au réhaussement du barrage du Vieux-Émosson commencent immédiatement, alors que s'est tout juste achevé le percement des galeries.

Cyclisme[modifier | modifier le code]

La montée au barrage d'Émosson (ou col de la Gueulaz), sur le site, a été classée hors-catégorie et a servi d'arrivée à la 7e étape du critérium du Dauphiné Libéré 2014. Lieuwe Westra réussit à s'extirper de son groupe d'échappés pour l'emporter. Aussi, Alberto Contador attaqua à 2 km de l'arrivée et réussit à prendre 20 secondes à Christopher Froome, et ainsi endosser provisoirement le maillot jaune[9].

Une arrivée au lac d'Émosson a été organisée sur le tour de France 2016 lors de la 17e étape. Ilnur Zakarin s'imposait en échappée tandis que Christopher Froome consolidait son maillot jaune, ayant suivi une accélération de Richie Porte dans les deux derniers kilomètres.

Références[modifier | modifier le code]

Cet article est partiellement ou en totalité issu de l'article intitulé « Lac d'Émosson » (voir la liste des auteurs).
  1. a et b Entre Valais et Mont-Blanc, un sommet d'énergie renouvelable, 2009, p. 54
  2. Histoire du barrage sur le site de la société gestionnaire
  3. Entre Valais et Mont-Blanc, un sommet d'énergie renouvelable, 2009
  4. Projet Nant de Drance
  5. Le site des FMV
  6. LITRA, Service d'information pour les transports publics, 2009.
  7. a et b « Feu vert pour l'augmentation de puissance de la station de pompage-turbinage Nant de Drance ».
  8. Rhône FM, 19 avril 2011
  9. Westra sur le fil, Contador en jaune.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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