Baptiste Pierre Bisson

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Baptiste-Pierre-Francois Bisson
Image illustrative de l'article Baptiste Pierre Bisson

Naissance
Montpellier (Hérault)
Décès (à 44 ans)
Marmirolo (Drapeau de l'Italie Italie)
Origine Drapeau de la France France
Arme Infanterie
Grade général de division
Années de service 1811
Distinctions comte de l'Empire
grand officier de la Légion d'honneur
Hommages Nom gravé sous l'arc de triomphe de l'Étoile, 16e colonne)

Baptiste-Pierre-Francois Bisson, né le à Montpellier et mort le au Palais de Bosco della Fontana (proche de Marmirolo), est un général français de la Révolution et de l’Empire.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfant de troupe, il passe par les grades inférieurs et ne devient officier qu'après la Révolution française. Il est nommé en l'an II, chef de bataillon à l'armée de Sambre-et-Meuse. Chargé de la défense du Chatelet, le 23 mai 1793, et enfermé dans cette place avec 60 grenadiers et 50 dragons, il se voit investi par 6 000 hommes de troupes ennemies. Bisson, pour leur cacher la faiblesse de la garnison, place ses grenadiers en tirailleurs devant les gués principaux, en avant d'un pont qu'il fait couper, puis il partage sa cavalerie en trois pelotons, ayant l'ordre de se tenir constamment en mouvement, tandis que dans la place, deux tambours battent continuellement là générale sur différents points, ce qui fait supposer aux assiégeants la présence de nombreux défenseurs. Ils se préparent donc à former le siège en règle du Chatelet ; mais ils se retirent dès qu'ils apprennent que le général Legrand amène des secours à la garnison.

À l'affaire de Messenheim, à la tête d'un bataillon de 417 hommes seulement, il soutient le choc de 3 000 fantassins et 1 200 cavaliers ennemis. Après avoir perdu, dans ce combat opiniâtre, le tiers de ses soldats, ce qui rend sa position on ne peut plus critique, il sait se tirer d'embarras par un admirable coup d'audace. Il précipite son cheval au milieu de la colonne ennemie, sabre, culbute tout ce qui barre le passage, traverse la Naw à la nage, court prendre position à Kirn, occupe tous les défilés et arrête les progrès de l'ennemi.

Nommé, le 17 messidor an VII (5 juillet 1799), chef de la 43e demi-brigade, il se conduit avec tant de bravoure et d'intelligence à la bataille de Marengo, le 25 prairial an VII, que le premier consul le fait général de brigade le 16 messidor an VIII (5 juillet 1800). Le 5 nivôse an IX (26 décembre 1800), il contribue puissamment au passage du Mincio, et le même jour, il se rend maître de la forteresse de Monzambano après un combat sanglant. Il commande ensuite la 6e division militaire, et quand, le 19 frimaire an XII, la croix de la Légion d'honneur lui est décernée, il est attaché à la première division du camp de Saint-Omer.

Nommé commandeur de l'ordre le 25 prairial suivant et général de division le 12 pluviôse an XIII (1er février 1805), il fait la campagne d'Allemagne sous le prince d'Eckmuhl. Blessé dangereusement au passage de la Traun, l'Empereur récompense ses longs services en lui décernant, le 4 nivôse an XIV (25 décembre 1805), le titre de grand officier de la Légion d'honneur et en lui conférant le gouvernement général de l'État de Brunswick, des principautés de Hildesheim, d'Albertstadt, d'Eichsfeld, ainsi que des villes de Goslar et de Mulhausen ; il est aussi gouverneur de Frioul et du comté de Gorezzia.

En 1807, il fait avec Ney la campagne de Prusse et de Pologne, et prend une honorable part à la bataille de Friedland, livrée le 13 juin.

Créé comte de l'Empire le 10 mars 1810, l'Empereur lui accorde une dotation de 30 000 francs sur les domaines de Neuhans et de Lauenbourg, situés en Hanovre.

Le général Bisson a une haute stature, mais il est devenu d'une obésité extrême. C'est sans doute à cause de cette corpulence extraordinaire qu'il cesse, quoique jeune encore, de coopérer activement aux luttes de l'Empire. Depuis 1807 jusqu'au 26 juillet 1811, époque où il meurt à Mantoue : il reste étranger aux victoires de l'armée française.

Il ne jouit pas seulement d'une grande réputation de bravoure, il passe aussi pour un gourmand de distinction. Son appétit est tel, qu'il recoit de l'Empereur un traitement supplémentaire et spécial pour y pourvoir. Brillat-Savarin lui a consacré les lignes suivantes dans sa Physiologie du goût : « C'est ainsi, dit-il, que le général Bisson, qui buvait chaque jour huit bouteilles de vin à son déjeuner, n'avait pas l'air d'y toucher. Il avait un plus grand verre que les autres, elle vidait plus souvent ; mais on eût dit qu'il n'y faisait pas attention ; et tout en humant ainsi seize litres de liquide, il n'était pas plus empêché de plaisanter et de donner ses ordres que s'il n'eût dû boire qu'un carafon. »

Son nom figure sur l'arc de triomphe de l'Étoile, côté Est, 16e colonne.

État de service[modifier | modifier le code]

Décorations, titres, honneurs…[modifier | modifier le code]

Source partielle[modifier | modifier le code]

« Baptiste Pierre Bisson », dans Charles Mullié, Biographie des célébrités militaires des armées de terre et de mer de 1789 à 1850,‎ [détail de l’édition]