Baptême de Clovis

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Représentation anachronique du baptême de Clovis, dépeignant le rite par aspersion dans une cuve baptismale. Or, le baptême par immersion dans une piscine de baptistère demeure en usage jusqu'à l'époque carolingienne. Toile du XVe siècle du maître de Saint Gilles.

Le baptême de Clovis est le baptême et la conversion du roi des Francs Clovis Ier et plus de 3 000 de ses guerriers à la religion chrétienne. Réalisé par l'évêque Remi, il aurait eu lieu le 25 décembre de l'année 496, 505 ou 507 à la cathédrale de Reims. Il est considéré ultérieurement comme l'un des événements les plus importants de l'histoire de France, et plus particulièrement de la monarchie française, et même de l'Église catholique qui ont élaboré à partir de lui la substance du mythe de la nation française[1],[2]. C'est en souvenir de ce baptême que les futurs rois de France porteront le titre de « fils aîné de l'Église ». La France sera même reconnue par l'Église, et notamment par le pape Jean-Paul II, comme la nation « fille aînée de l'Église ». La date de ce baptême est parfois évoquée comme étant le fait fondateur de la France.

Bruno Dumézil, professeur d'histoire à la Sorbonne et disciple de Michel Rouche, spécialiste de Clovis[3], a complètement revisité l'étude du baptême dans son dernier ouvrage[4]. Il souligne son rôle de non événement pour les contemporains pour trois raisons principales: en premier lieu, les populations de la Gaule étaient déjà majoritairement converties au christianisme dès le milieu du IVe siècle (tous les sénateurs gaulois à Rome sont chrétiens en 400), ensuite les baptêmes se faisaient à Pâques et non à Noël, enfin se déclarer chrétien par une profession de foi ou devant une juridiction suffisait pour l'être, le baptême ne devenant un rite consacré par l'Église qu'au milieu du VIe siècle. Il ajoute que la cuve baptismale, dont une canalisation a été retrouvée à Reims, ne permettait que l'entrée simultanée de trois personnes. Le baptême de 3 000 guerriers francs, concomitant à celui de leur chef, est donc légendaire. Il ne nie cependant pas le baptême de Clovis.

Mémoire[modifier | modifier le code]

Quinzième centenaire du Baptême de Clovis[modifier | modifier le code]

Le diocèse de Reims compte plus de 90 paroisses dédiées à Saint Remi. En 1996, sous la présidence du sénateur Albert Vecten, une commémoration du quinzième centenaire du Baptême de Clovis voit l'organisation de plusieurs manifestations. Parmi celles-ci, sept circuits reliant ces paroisses sont définis et proposés au public du au .

C'est à la même occasion que le pape Jean-Paul II célèbre une messe le sur la base aérienne 112[5].

Gallerie d'images[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Euloge Boissonnade, Le baptême de Clovis : naissance de la nation française, FeniXX, , 262 p. (ISBN 2402104694 et 9782402104692, lire en ligne).
  2. « 25 décembre 498 - Baptême de Clovis à Reims » [php], sur herodote.net, (consulté le 12 janvier 2019).
  3. Michel Rouche, Clovis, Fayard. Paris.
  4. Bruno Dumézil, Le Baptême de Clovis, Gallimard. Paris, 2019.
  5. « petit patrimoine », sur Le baptême de Clovis à Reims (consulté le 27 septembre 2020).

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