Baptême de Clovis

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Représentation anachronique du baptême de Clovis, dépeignant le rite par aspersion dans une cuve baptismale. Or, le baptême par triple immersion dans une piscine[1] de baptistère demeure en usage jusqu'à l'époque carolingienne[2]. Toile du XVe siècle du maître de Saint Gilles.

Le baptême de Clovis est le sacrement symbolisant la conversion du roi des Francs Clovis Ier à la religion chrétienne. La cérémonie, organisée par l'évêque Remi la nuit de Noël[3], le 24 ou 25 décembre dans le baptistère de l'église qui se trouvait à l'emplacement de la cathédrale de Reims selon une tradition presque unanime[4], intervient à une date incertaine qui fait débat parmi les historiens[5]. L'historiographie, se basant sur l’Histoire des Francs de Grégoire de Tours, a longtemps fixé cette date à la Noël 496, après la bataille de Tolbiac mais elle se situerait plutôt entre 498 ou 499 selon la majorité des historiens, même si certains penchent pour une conversion plus tardive, en 505 voire 508[6].

Ce baptême a suscité des interrogations, multiplié mythes et clichés réducteurs transmis par des sources hagiographiques ou historiographiques (historiographie monarchique, catholique, républicaine) qui en ont fait ultérieurement l'un des événements les plus importants de l'histoire de France, et plus particulièrement de la monarchie ou de la nation française[7],[8]. C'est en souvenir de ce baptême que les futurs rois de France porteront le titre de « fils aîné de l'Église ». La France sera même reconnue par l'Église, et notamment par le pape Jean-Paul II, comme la nation « fille aînée de l'Église ».

Épisode inaugural de l'histoire de France[modifier | modifier le code]

La légende rémoise de la colombe (miniature à gauche) est un emprunt direct aux Évangiles[9] avec le baptême du Christ dans le Jourdain où le Saint-Esprit est apparu sous forme d'une colombe (tableau de Francesco Francia à droite).
En 2009[10], une dalle est installée au niveau de la cinquième travée de la nef de la cathédrale, rappelant qu'une « installation baptismale » (appelée dans les médias « baptistère de Clovis »)[11] daté grâce à des tessons de la première moitié du Ve siècle, a été mise à jour lors de fouilles archéologiques en 1995[12].

Bruno Dumézil, professeur d'histoire à la Sorbonne et disciple de Michel Rouche, spécialiste de Clovis[13], a complètement revisité l'étude du baptême dans son dernier ouvrage[14]. Il ne nie cependant pas le baptême de Clovis, mais il rappelle qu'on ne connaît à la vérité ni le lieu, ni la date, ni les circonstances précises et relativise l'importance de l'événement aux yeux des contemporains pour trois raisons principales. En premier lieu, les populations de la Gaule étaient déjà majoritairement converties au christianisme dès le milieu du IVe siècle (tous les sénateurs gaulois à Rome sont chrétiens en 400)[15]. Ensuite les baptêmes se faisaient à Pâques et non à Noël. Enfin se déclarer chrétien par une profession de foi ou devant une juridiction suffisait pour l'être.

Selon un épisode de mythologie chrétienne[16] rapporté dans la Vita sancti Remigii rédigée vers 876-878 par Hincmar[17], archevêque de Reims (vers 802-882), une colombe[18] aurait apporté la Sainte Ampoule remplie de Saint chrême à l'évêque Rémi, pour oindre le front de Clovis. Le diacre chargé d'apporter le chrême ne pouvant fendre la foule pour parvenir jusqu'à Remi, une colombe, tenant dans son bec l'ampoule (remplacée par un ange dans certaines versions), serait descendue du ciel. L'importance de cette légende (symbole de l'assimilation du baptême et du sacre royal, mythe pour légitimer la royauté franque occidentale et la primauté du siège archiépiscopal de Reims) et de son développement au XIIe siècle pour le choix de la localité où le roi doit être sacré est déterminante dans la victoire de Reims sur Saint-Denis, cette dernière s'assurant à la même époque un double monopole en matière de sacralité royale (nécropole dynastique de la famille royale et conservation des principaux regalia du royaume de France)[19].

La tradition, soutenue par l’Histoire des Francs de Grégoire de Tours, récit sujet à caution, lie la conversion de Clovis au rôle déterminant de Clotilde, princesse burgonde chrétienne chalcédonienne (on dirait maintenant catholique) qui l'a épousé à une date incertaine (l'historiographie classique l'a longtemps placé en 493 mais les historiens penchent plutôt aujourd'hui pour les années 500)[20], et lie la décision du roi de se baptiser à la bataille de Tolbiac (dont la date fait elle aussi débat) au cours de laquelle il aurait fait vœu de recevoir le sacrement, si le dieu chrétien de Clotilde lui accordait la victoire[21]. Les motifs de cette conversion au christianisme nicéen (la religion orthodoxe, dite aussi « catholique », à une époque où les dynasties burgondes et wisigothes en particulier, pratiquent une variante hérétique, l'arianisme, qui nie la divinité du Christ), peut-être antérieure de nombreuses années à son baptême, suscitent de nombreux débats parmi les historiens : évolution spirituelle sincère ; acte politique opportuniste d'un roi issu d'un milieu largement romanisé, qui vise à accroître son emprise territoriale en obtenant le soutien des élites gallo-romaines christianisées (élites civiles, militaires et religieuses, notamment l'épiscopat[22] détenteur de pouvoirs politiques et administratifs considérables)[23],[24]. Le récit de Grégoire de Tours sur le baptême de 3 000 de guerriers francs (6 000 dans la Chronique de Frédégaire), concomitant à celui de leur chef, reste également idéologique. Ces soldats auraient pu recevoir devant la cathédrale une aspersion collective ou leur baptême être différé mais Grégoire, en tant qu'hagiographe, forge la conversion massive de ses soldats (référence probable au récit biblique des Actes des apôtres[25])[26] permettant aux Francs de rejoindre les Gallo-romains, dans un dessein d'unité politique qui aurait pour fondement principal l'unité religieuse du royaume[27],[28].

Alors que les vies de saints du VIe siècle négligent le baptême de Clovis, cet épisode est très vite intégré dans l'historiographie ecclésiastique (historiographie cléricale et généralement monastique, avec notamment le rôle au service de la monarchie des centres historiographiques de Fleury, de Reims et de Saint-Denis, ou Grégoire de Tours qui montre la voie en faisant de Clovis un « nouveau Constantin ») puis, dans un pays où s'affermit le pouvoir royal au XIIIe siècle, dans l'historiographie monarchique (avec notamment les Grandes Chroniques issues de l'atelier dionysien) qui fait du peuple de France le peuple élu et de Clovis le premier roi chrétien[29].

Commémorations[modifier | modifier le code]

Quatorzième centenaire du Baptême de Clovis[modifier | modifier le code]

La France, sous la présidence de Félix Faure, fête en grande pompe à Reims en 1896 le quatorzième centenaire du baptême de Clovis. Cette commémoration constitue l'apogée du mythe fondateur de la nation française[30]

Quinzième centenaire du Baptême de Clovis[modifier | modifier le code]

Le diocèse de Reims compte plus de 90 paroisses dédiées à Saint Remi. En 1996, sous la présidence du sénateur Albert Vecten, une commémoration du quinzième centenaire du Baptême de Clovis voit l'organisation de plusieurs manifestations. Parmi celles-ci, sept circuits reliant ces paroisses sont définis et proposés au public du au .

C'est à la même occasion que le pape Jean-Paul II célèbre une messe le sur la base aérienne 112[31]. Cette commémoration suscite une vive opposition des milieux anticléricaux et de certains groupes de laïcs qui dénoncent une récupération de Clovis comme un instrument de la propagande vaticane et voient dans cette célébration une revanche cléricale et intégriste sur le bicentenaire républicain de la Révolution. La controverse, baptisée « l'affaire Clovis » dans de nombreux médias (d'après le nom du pamphlet publié en septembre 1996 par Pierre Bergé), prend d'autant plus de relief que le pape est venu en France le 21 septembre, jour même de la proclamation de la Première République[32].

Galerie d'images[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Christian Amalvi, « Le baptême de Clovis : heurs et malheurs d'un mythe fondateur de la France contemporaine, 1814-1914 », Bibliothèque de l'École des chartes, t. 147,‎ , p. 583-610 (lire en ligne)
  • Pierre Chaunu, Éric Mension-Rigau, Baptême de Clovis, baptême de la France : de la religion d'État à la laïcité d'État, éditions Balland, , 327 p. (lire en ligne)
  • Christian Delabos, « Le baptême de Clovis », Histoire antique et médiévale, 63, Septembre 2012, p. 20-27. Lire en ligne.
  • Bruno Dumézil, Le baptême de Clovis : 24 décembre 505 ?, Paris, Gallimard, coll. « Les journées qui ont fait la France », , 320 p. (ISBN 978-2-07-269067-9).
  • Clovis ou Les origines de la France / scénario Éric Mestrallet et Frédéric Fagot ; dessin Bruno Bertin ; mise en coul. Odile Mestrallet et Marie-Pia Orsel ; préface du Professeur Michel Rouche. Paris : coéd. Association Mémoire du baptême de Clovis & Fagot du Maurien, 1995, 43 p. (ISBN 2-911431-00-6)[37]
    Bande dessinée officielle publiée à l'occasion de la célébration du 1500e anniversaire du baptême de Clovis[38].
  • Michel Rouche (dir.), Clovis, histoire et mémoire. Vol. 2 : Le baptême de Clovis, son écho à travers l’histoire, actes de colloque (Reims, 1996), Presses de l’université Paris-Sorbonne, , 915 p.
  • Philippe Delorme, Luc de Goustine, Clovis 496-1996. Enquête sur le XVème centenaire, Régnier, , 223 p.
  • Michel De Jaeghere, Qui a peur du baptême de Clovis ? Renaissance catholique, 1997, 312 p.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Cette piscine au centre du baptistère est un bassin aménagé dans le sol, empli d'eau bénite, que surmonte un baldaquin ou une coupole, et qu'entourent, dans des niches, de petits flacons d'huiles consacrées. La grande variété des piscines baptismales n'autorise pas à faire des généralisations sur la profondeur de l'immersion, mais dans certains cas, le catéchumène pouvait descendre dans un mètre d'eau.
  2. « L'Eglise grecque procède à une immersion complète. La coutume, en Occident — où le climat est plus rude —, veut que le néophyte se tienne debout, avec de l'eau jusqu'aux cuisses ». Cf Philippe Delorme, Luc de Goustine, Clovis 496-1996. Enquête sur le XVème centenaire, Régnier, , p. 16
  3. Le droit canonique à cette époque proposait Pâques comme date la plus prestigieuse pour l'administration du baptême, mais Clovis a bénéficié probablement d'une dérogation car la fête pascale au début du printemps empiétait l'agenda royal, cette période correspondant à l'ouverture de la saison de la guerre qui, par les pillages et tributs, assurait un enrichissement, facteur important de sa légitimité face à ses guerriers. « L'administration du sacrement proprement dit se déroule pendant la « vigile » du jour choisi, soit entre la tombée de la nuit précédente et l'aube. Transposé dans notre calendrier civil actuel, le baptême de Clovis commença par conséquent la veille du jour de Noël. Si, comme le veut la tradition, le roi descendit le premier dans la piscine baptismale, il fut baptisé un 24 décembre au soir, et non un 25 décembre ». Cf Bruno Dumézil, Le Baptême de Clovis, Gallimard, , p. 9 et 20
  4. Le seul document contemporain, une lettre d'Avit de Vienne écrite vraisemblablement à Clovis pour s'excuser de n'être pas venu à la cérémonie et féliciter le souverain, indique le jour de Noël et la présence de plusieurs évêques (sans spécifier Remi) dans une cité gauloise non nommée (Avit de Vienne, Ep. 46, MGHAA VI, 2, p. 75-76). La première source narrative d'envergure qui mentionne explicitement Reims et Rémi ne date que des années 660 : la Chronique de Frédégaire, en reprenant des traditions orales, accentue l'orientation politique de la tradition de Grégoire de Tours, aux dépens de sa dimension religieuse. Les textes les moins sujets à caution au VIe siècle sont des sources épistolaires. « Pour reconstituer le baptême de Clovis, et plus largement son règne, nous nous fondons sur une douzaine de lettres dont les premiers lecteurs n’avaient peut-être pas compris le fin mot, et qui furent reproduites, des siècles plus tard, par des copistes qui lisaient à grand-peine leurs originaux ». Cf Bruno Dumézil, Le Baptême de Clovis, Gallimard, , p. 8 à 23
  5. « La datation précise du baptême de Clovis demeure quant à elle l'objet d'une polémique, parfois très vive, qui remonte au XIXe siècle. L'historiographie catholique a eu tendance à préférer une date précoce, entre 496 et 500, qui concorderait avec le récit de Grégoire de Tours ; dans ce cas, la guerre entreprise contre les Wisigoths ariens en 507 pourrait avoir eu un motif confessionnel. Inversement, les écoles historiques protestantes ou républicaines ont eu tendance à voir dans le baptême un pur geste d'opportunisme, sans lien nécessaire avec les opérations militaires, ce qui conduirait à proposer une date tardive ». Cf Bruno Dumézil, Les barbares, Presses Universitaires de France, , p. 422-423
  6. Sylvain Gouguenheim, Regards sur le Moyen Âge, Tallandier, , p. 336
  7. Euloge Boissonnade, Le baptême de Clovis : naissance de la nation française, FeniXX, , 262 p. (ISBN 2-402-10469-4 et 9782402104692, lire en ligne).
  8. « 25 décembre 498 - Baptême de Clovis à Reims » [php], sur herodote.net, (consulté le 12 janvier 2019).
  9. Mc 1,10, Mt 3,16, Lc 3,22, Jn 1,32
  10. Aurélie Beaussart, « Histoires insolites autour de la cathédrale de Reims. 7. Sous la cathédrale, le baptistère de Clovis », sur lunion.fr,
  11. L'inscription sur la dalle (« Ici, Saint-Remi, baptisa Clovis, roi des Francs ») installée non loin de la chaire, incite à ce raccourci.
  12. . Ces fouilles ont exhumé la piscine baptismale à quatre mètres de profondeur, au milieu du système de chauffage de l'édifice. Cf Sylvie Balcon, Walter Berry, Robert Neiss, « Fouilles de la cathédrale », ville de Reims, 1995, 18 p.
  13. Michel Rouche, Clovis, Fayard. Paris.
  14. Bruno Dumézil, Le Baptême de Clovis, Gallimard. Paris, 2019.
  15. « Il est évident que les Mérovingiens étaient les alliés de l'Église depuis au moins deux générations au moment du baptême de Clovis. Le père de Clovis, Childéric, avait de très bonnes relations avec l'épiscopat et avec sainte Geneviève, patronne des Parisiens ; il avait également accordé des privilèges fiscaux à l'Église catholique. Bref, les Francs essayaient de jouer une politique de la séduction vis-à-vis des catholiques, de façon à s'attirer la sympathie des élites sénatoriales gallo-romaines. Lorsque Clovis demande le baptême, c'est donc un non-événement, qui ne paraît pas intéresser outre mesure ses contemporains ». Cf Bruno Dumézil, Des Gaulois aux Carolingiens (du Ier au IXe siècle), Presses Universitaires de France, , p. 43
  16. (en) Francis Oppenheimer, The Legend of the Ste. Ampoule, Faber and Faber, , p. 100.
  17. Hincmar, Vie de saint Rémi, éd. B. Krusch, MGH, SRM, t. 3, Hanovre, 1896, p. 295
  18. Le miracle de cette colombe tient ses origines dans la liturgie rémoise, en usage dans la cathédrale dès le VIIIe siècle, avec une « colombe baptismale en métal qui était suspendue au-dessus des Fonts Baptismaux de même qu'on suspendait au-dessus du tabernacle de l'autel une colombe eucharistique contenant les Saintes Espèces ». Cf Louis Réau, Iconographie de l'art chrétien, Presses universitaires de France, , p. 1145
  19. Alain Boureau, Claudio Sergio Ingerflom, La Royauté sacrée dans le monde chrétien, Éditions de l'École des hautes études en sciences sociales, , p. 26
  20. Bruno Dumézil, Les barbares, Presses Universitaires de France, , p. 422
  21. Pierre Chaunu, Éric Mension-Rigau, Baptême de Clovis, baptême de la France : de la religion d'État à la laïcité d'État, Balland, , p. 28-29
  22. D'ailleurs, lors du concile d'Orléans en 511, l'intervention de Clovis sur la nomination des évêques lui est d'ailleurs reconnue.
  23. Jean-Michel Matz, Anne-Marie Helvétius, Église et société au Moyen-âge, Hachette, , p. 38
  24. Geneviève Bührer-Thierry, Charles Mériaux, La France avant la France (481-888), Belin, , p. 162-163
  25. Ac 2,41
  26. « Ce nombre de 3000 est fréquent dans l'Ancien Testament ou dans des récits de conversion. C' est un de ces topoi hagiographiques inspiré de modèles anciens, tout bonnement synonyme d'« un grand nombre de personnes ». Il ne signifie pas, loin de là, une christianisation en profondeur et les tombes des chefs de clan du VIe siècle témoignent, pendant plusieurs générations encore, des survivances païennes, tolérées par l'Église mérovingienne ». Cf Jean-Pierre Leguay, L'Europe des états barbares. Ve-VIIIe siècles, Belin, , p. 127
  27. Olivier Guyotjeannin, Clovis chez les historiens, Droz, , p. 111
  28. Michel Rouche (dir.), Clovis, histoire et mémoire. Vol. 2 : Le baptême de Clovis, son écho à travers l’histoire, actes de colloque (Reims, 1996), Presses de l’université Paris-Sorbonne, , p. 661
  29. Sylvain Gouguenheim, op. cit., p. 339
  30. François Boulanger, « Le quatorzième centenaire du baptême de Clovis (1896), la célébration d'un mythe fondateur et ses implications politiques », in S. Guilbert (dir.), Fêtes et politique en Champagne à travers les siècles, Nancy, Presses universitaires de Nancy, 1992, p. 211 à 223.
  31. « petit patrimoine », sur Le baptême de Clovis à Reims (consulté le 27 septembre 2020).
  32. François David, Les réseaux de l'anticléricalisme en France, Bartillat, , p. 66-70
  33. Le tableau met en scène la tripartition de Dumézil. À gauche, les guerriers francs « portent des casques ailés empruntés à l’iconographie gauloise, des barbes et des cheveux longs tirant sur le blond, typiques de la représentation des peuplades germaniques ; ils brandissent des étendards comme les soldats romains. Peaux de bêtes, y compris exotiques, et bâtons achèvent de désigner des barbares païens ». À droite, les clercs brandissent « en guise de lance et de bannière le Crucifié et des gonfalons ornés de Sa figure ; on est agenouillé en signe de dévotion et non de fidélité au roi. Au centre, se tiennent les trois personnages-clés de la conversion : Clovis, l’évêque et, au troisième plan, en posture d’orante, la reine Clotilde… La jambe gauche en avant signale le pas qui est en train d’être franchi ; la main droite gardant la francisque, lourde hache de guerre, garantit que cette force brute sera au service de la foi » Cf Alexandre Sumpf, « Le baptême de Clovis », sur histoire-image.org, (consulté le 15 mai 2021)
  34. Paris, Bibliothèque nationale de France, département des Manuscrits, Français 2813, folio 12 verso
  35. Adaptation de la phrase qui figure dans le récit de Grégoire de Tours (Hist., II, 31) participant au légendaire de la monarchie française (« Mitis depone colla, Sigamber ; adora quod incendisti , incende quod adorasti », « Baisse humblement la tête, fier Sicambre, adore ce que tu as brûlé , brûle ce que tu as adoré » ), cette formule a fait l'objet de nombreux examens lexicographiques et à d'analyses littéraires. Elle peut aussi se traduire, selon l'interprétation retenue par des historiens comme Michel Rouche, par « Dépose humblement tes colliers, fier Sicambre », colla étant une métonymie pour collaria, « colliers » et amulettes dont se parait le roi franc et qui étaient des symboles païens de son pouvoir. À cette incitation à l'humilité peu vraisemblable (un évêque ne se serait pas risqué à humilier un souverain à cette époque), Clovis, revêtu de la tunique blanche du catéchumène, symbole de pureté, rétorque, selon la célèbre contrepèterie d'Alphonse Allais toute aussi connue des écoliers : « Cambre-toi, vieux si courbe ! ». Cf Claude Lelièvre, Les rois de France, enfants chéris de la République, Bartillat, , p. 33
  36. Du baptême aux institutions : Clovis dans l'histoire, Centre d'études et de recherches sur l'Europe chrétienne, , p. 54
  37. (notice BnF no FRBNF35806401)
  38. Clovis ou les origines de la France, sur le site bedetheque.com

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