Banvou

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Banvou
Banvou
L'église Saint-Ernier.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Normandie
Département Orne
Arrondissement Argentan
Canton La Ferté-Macé
Intercommunalité Flers Agglo
Maire
Mandat
Joël Jourdan
2014-2020
Code postal 61450
Code commune 61024
Démographie
Gentilé Banoïciens
Population
municipale
621 hab. (2016 en diminution de 5,77 % par rapport à 2011)
Densité 48 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 39′ 54″ nord, 0° 33′ 11″ ouest
Altitude Min. 173 m
Max. 259 m
Superficie 12,98 km2
Localisation

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Banvou est une commune française, située dans le département de l'Orne en région Normandie, peuplée de 621 habitants[Note 1].

Géographie[modifier | modifier le code]

La commune est aux confins du Domfrontais et du pays d'Houlme, en Bocage normand. Son bourg est à 11 km au sud de Flers, à 13 km au nord-est de Domfront et à 18 km au nord-ouest de La Ferté-Macé[1].

Communes limitrophes de Banvou[2]
Le Châtellier Le Châtellier, Saint-André-de-Messei Saint-André-de-Messei
Le Châtellier Banvou[2] La Ferrière-aux-Étangs
Saint-Bômer-les-Forges Dompierre La Ferrière-aux-Étangs

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le lieu est attesté sous la forme Banvo en 1199[3].

La finale -ou, que l'on rencontre au sud de la Normandie et au-delà, s'explique généralement par le gaulois -avo > -avum, suffixe locatif.

René Lepelley[4] et Xavier Delamarre[5] expliquent le premier élément par le gaulois *banuos « jeune porc » (cf. irlandais banb « jeune porc », gallois banw « jeune porc », breton bano « truie »). Ce dernier pose un possible type toponymique *Banuavum équivalent des Porchères, Pourcieux de la toponymie romane, reprenant en cela la proposition d'Albert Dauzat et Charles Rostaing[6].

Le gentilé, Banoïcien, comme c'est fréquemment le cas, repose sur une étymologie erronée, puisque selon les règles de la phonétique historique, Banoicum ne peut pas avoir abouti à Banvou.

Histoire[modifier | modifier le code]

Selon la légende, Banvou était Bannou et Banoicum vicum « le  bourg de Ban »[7].

La paroisse de Banvou, dans l'Orne, était autrefois la plus au nord de l'ancien diocèse du Mans[8]. Elle se situait sur la marche de quatre anciens diocèses : le Mans, Sées, Bayeux et Avranches. Banvou occupe de fait une position privilégiée dans l'angle de la Varenne et des collines qui forment la ligne de partage des eaux entre le versant de la Manche et celui de l'Atlantique.

À Banvou se croisaient, à l'emplacement du bourg actuel, trois voies romaines : celle de Jublains à Vieux, celle du Mans à Valognes et celle de Rennes à Lisieux.

C'est là que vient s'établir au VIe siècle, un ermite, saint Ernier, envoyé par saint Innocent, alors évêque du Mans[réf. nécessaire]. Il y fonde un ermitage[Lequel ?] au cœur des solitudes boisées du Passais et ses miracles défraient tôt la chronique. En son honneur se tient une procession aux étranges rites, chaque année vers le 10 août[réf. nécessaire].

On y entend plusieurs récits, celui d'une fontaine qui déclenche des orages lorsque l'on y plonge un reliquaire, d'une aubépine qui fleurit l'hiver et ce autour de saint Ernier, dont la figure semble avoir fourni quelques traits à la confection d'un personnage de la Table Ronde, Léonce de Payerne (pagus Erneaie), régent du Banoïc dans les récits arthuriens.

Cette « gémellisation » des traits d'un personnage héroïque avec ceux d'un saint personnage est connue, elle a été étudiée par un clerc mayennais, l'abbé Moisan, qui en a fait sa thèse de doctorat ès lettres. L'érudit local René Bansard élargissant son champ de recherches à partir de ces constats, avait découvert dans cette région que d'autres ermites du Bas-Maine étaient, aux marches de la Normandie, dans le même cas que saint Ernier et que leurs hagiographies recoupaient, sur certains points, les récits légendaires de plusieurs chevaliers de la Table Ronde : saint Bômer (Bohamadus) et Baudemagu, le roi de Gorre, et surtout saint Fraimbault (Sanctus Frambaldus, soit le porteur (baldo)[Information douteuse] [?] de lance (framée)) avec Lancelot du Lac, meilleur chevalier du monde, héros des romans arthuriens, né en la Marche de Gaule et de Petite Bretagne, en la demeure de son père, Ban de Bénoïc.

« En la marche de Gaule et de Petite Bretagne, il y avait autrefois deux rois qui avaient épousé deux sœurs germaines, l'un s'appelait Ban de Banoïc et l'autre Bohort de Gannes. (incipit du Lancelot en prose, XIIIe siècle). »

. Cependant, sur ce point de la légende n'est évidemment pas en rapport direct avec Banvou qui n'a jamais été située sur la marche de petite Bretagne, si tel est le cas, il s'agit d'une interprétation littéraire. En effet, le village situé à la frontière méridionale de la Normandie (dans l'ancien diocèse d'Avranches) et qui colle à la fois aux diocèses du Mans et de Rennes (petite Bretagne) se nomme Les Loges-Marchis et est situé à plus de 50 km de là. En outre, c'est Landivy le village du diocèse du Mans se situe à la fois près du diocèse de Rennes et de celui d'Avranches. Il est situé à environ 47 km de Banvou.

René Bansard allait se forger l'intime conviction que le terroir du Passais avait servi de terreau à une matière qu'on appellera la Matière de Bretagne composée sous commande de Plantagenêts. Et il n'eut de cesse, jusqu'à sa mort, de développer ses hypothèses dans ce sens.

Prospectant activement sur le terrain qu'il parcourait en Vélosolex pendant près de vingt ans, il en était arrivé à la conclusion que le pays du Passais, (du latin passus = lieu de passage[Information douteuse] [?]) a condensé sur son terroir un grand nombre d'événements symboliques que l'on retrouve à peine travestis dans la Matière dite de Bretagne. Ainsi, il avait croisé, à la façon d'un Schliemann vérifiant sur place les faits rapportés dans l'Iliade et l'Odyssée pour aboutir à la découverte du site hypothétique de l'ancienne Troie, parcourant à nouveau les itinéraires des chevaliers de la Table Ronde partis, par exemple, à l'aventure qui pour secourir la reine Guenièvre enlevée au royaume de Gorre (Gorron) par Méléagant le fils de Baudemagu, qui dans leur Quête du Saint Graal vers le Munt Salvage (Mont sauvage)[9].

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires
Période Identité Étiquette Qualité
1826 1827 Louis Émile Deshayes de Marcère    
         
? 1993 Louis Jourdan    
1993[10] mars 2008 Jean-Louis Pellerin DVD Entrepreneur de travaux agricoles, vice-président de la communauté de communes
mars 2008[11] juin 2011[12] Martine Guérin SE Laborantine (retraitée), décédée en cours de mandat
juin 2011[13] En cours Joël Jourdan[14] SE Maire par intérim (été 2011), puis élu. Ancien 1er adjoint, entrepreneur

Le conseil municipal est composé de quinze membres dont le maire et deux adjoints[14].

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[15]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2006[16].

En 2016, la commune comptait 621 habitants[Note 2], en diminution de 5,77 % par rapport à 2011 (Orne : -1,92 %, France hors Mayotte : +2,44 %). Banvou a compté jusqu'à 1 126 habitants en 1861.

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 0331 0791 1251 0141 0541 0431 0881 0781 084
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 0731 1261 0571 0451 0661 0251 029955893
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
823815804653602605547496489
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 2016
535488436418441456586659621
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[17] puis Insee à partir de 2006[18].)
Histogramme de l'évolution démographique

Économie[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • Église Saint-Ernier (XIXe) en pierre avec mobilier du XIXe.
  • Chapelle Saint-Ernier et croix sculptée de 1695.
  • Pont mégalithique de la Vallée, en limite avec Le Châtellier.

Activité et manifestations[modifier | modifier le code]

Foire de la Saint-Ernier, tous les ans en août.

Endurance de cross tous les deux ans en septembre[réf. nécessaire].

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Émile de Marcère (1828-1918), homme politique et dernier sénateur à vie français, est inhumé au cimetière.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale 2016.
  2. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2019, millésimée 2016, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2018, date de référence statistique : 1er janvier 2016.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Distances routières les plus courtes selon Viamichelin.fr
  2. « Géoportail (IGN), couche « Limites administratives » activée »
  3. Albert Dauzat et Charles Rostaing, Dictionnaire étymologique des noms de lieu en France, Librairie Guénégaud, Paris, 1989 (ISBN 2-85023-076-6), p. 51b.
  4. Dictionnaire étymologique des noms de communes de Normandie, Presses Universitaires de Caen, 1996 (ISBN 2-905461-80-2). p. 58.
  5. Dictionnaire de la langue gauloise, Une approche linguistique du vieux-celtique continental, Errance, Collection des Hespérides, 2003 (ISBN 2-87772-237-6). p. 66.
  6. Ibidem.
  7. Bertin Georges, La quête du Saint Graal et l'Imaginaire, Corlet, 1998.
  8. Flament P; in La Légende arthurienne et la Normandie, Corlet, 1983
  9. Georges Bertin, "La quête du saint Graal et l'Imaginaire", Éd. Corlet, 1998
  10. « Jean-Louis Pellerin mène une équipe « jeune et dynamique » », sur ouest-france.fr, Ouest-France (consulté le 10 juin 2015)
  11. « Martine Guérin s'installe dans le fauteuil de maire », sur ouest-france.fr, Ouest-France (consulté le 10 juin 2015)
  12. « Ouest-france.fr - Démission du maire de Banvou, près de Flers » (consulté le 21 juin 2011)
  13. « Joël Jourdan, nouveau maire de Banvou, près de Flers », sur ouest-france.fr, Ouest-France (consulté le 10 juin 2015)
  14. a et b Réélection 2014 : « Banvou (61450) - Municipales 2014 », sur elections.ouest-france.fr, Ouest-France (consulté le 14 mai 2014)
  15. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  16. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  17. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  18. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015 et 2016.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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