Bandol (AOC)

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Bandol
Image illustrative de l'article Bandol (AOC)
Vignoble de l'AOC bandol au quartier du Brulat, Le Castellet.

Désignation(s) Bandol
Appellation(s) principale(s) bandol
Type d'appellation(s) AOC
Reconnue depuis 1941
Pays Drapeau de la France France
Région parente vignoble de Provence
Localisation Var
Climat tempéré méditerranéen
Superficie plantée 1 500 hectares
Nombre de domaines viticoles 268 producteurs avec deux caves coopératives (40 % de la production)
et cinquante-neuf caves indépendantes (60 % de la production)
Cépages dominants mourvèdre N, grenache N, cinsault N, clairette B, ugni blanc B, bourboulenc B, sauvignon B, marsanne B, rolle B et sémillon B
Vins produits 31 % rouges, 64 % rosés et 5 % blancs
Production 55 000 hectolitres
Pieds à l'hectare minimum 5 000 pieds par hectare,
soit maximum 2 m² par pied
Rendement moyen à l'hectare 40 hectolitres par hectare[1]

Le bandol[2] est un vin français d'appellation d'origine contrôlée du vignoble de Provence qui est produit autour de la ville de Bandol, dans le Var. Souvent considéré comme un des meilleurs vins rouges de Provence[3], il doit sa réputation à un microclimat très favorable au cépage mourvèdre donnant des vins puissants, charpentés et de très longue garde[4],[5]. L'appellation bandol produit également une large proportion de vins rosés (64 %) et une faible proportion de vins blancs (à hauteur de 5 %).

Histoire[modifier | modifier le code]

Antiquité[modifier | modifier le code]

Justin, dans son Abrégé des histoires philippiques (Historiarum Philippicarum, Livre XLIII, chap. IV, 1-2), un ouvrage qu'il présente dans sa préface comme un florilège des passages les plus importants et les plus intéressants du volumineux Historiæ phillippicæ et totius mundi origines et terræ situs rédigé par Trogue Pompée à l’époque d’Auguste, explique : « Sous l'influence des Phocéens, les Gaulois adoucirent et quittèrent leur barbarie et apprirent à mener une vie plus douce, à cultiver la terre et à entourer les villes de remparts. Ils s'habituèrent à vivre sous l'empire des lois plutôt que sous celui des armes, à tailler la vigne et à planter l'olivier, et le progrès des hommes et des choses fut si brillant qu'il semblait, non pas que la Grèce eût émigré en Gaule, mais que la Gaule eût passé dans la Grèce »[6].

Les Romains organisèrent le commerce de l’huile d’olive et du vin, dont les amphores et dolia remontés des fonds marins en sont les témoins.

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

La facilité de transport d’un vin bien équilibré et structuré fit sa renommée. Le port de Bandol n’étant pas assez profond, des tartanes ou félonques étaient utilisées pour transporter les fûts jusqu’aux gros navires mouillés dans la rade.

Période moderne[modifier | modifier le code]

Au grand siècle, le vin est bonifié à fond de cale au cours de traversées vers les Îles. Les fûts de chêne sont marqués au feu du « B » de Bandol qui assurait son origine et son authenticité.

Période contemporaine[modifier | modifier le code]

L'appellation bandol est reconnue par le décret du .

Étymologie[modifier | modifier le code]

Les premières attestations écrites citent Bendoroi, vers 1200, et Bendor, en 1259. Les toponymistes proposent une racine pré-indo-européenne *ben-d signifiant rocher[7].

Situation géographique[modifier | modifier le code]

Orographie[modifier | modifier le code]

La zone naturelle du bassin du Beausset est formé d'un synclinal largement ouvert à l’ouest vers la mer. Le vignoble est ainsi enserrée dans un vaste amphithéâtre de montagne (Sainte-Baume, mont Caume).

Géologie[modifier | modifier le code]

L’aire de production est située principalement sur des terrains du crétacé. Le sol type du terroir de Bandol est le sol squelettique, qui repose essentiellement sur les éléments de dégradation des grès calcarifères et marnes sableuses, et éventuellement sur éboulis ou colluvionnement avec un caractère rendziniforme.

Climatologie[modifier | modifier le code]

Le climat de ce terroir viticole est de type méditerranéen, caractérisé par un très fort ensoleillement, une saison sèche nettement marquée en été, des précipitations rares mais parfois violentes, des températures chaudes en été et douces en hiver. De par sa proximité avec la mer, les températures restent relativement clémentes en toutes saisons[8]. La température moyenne annuelle est de 15,9 °C.

Ainsi la température moyenne de janvier (mois le plus froid) est 9,3 °C (la plus chaude de France métropolitaine) avec des températures maximales moyennes de 12,7 °C et des températures minimales moyennes de 5,8 °C. La température moyenne de juillet (mois le plus chaud) est de 23,9 °C avec des températures maximales moyennes de 29,1 °C et des températures minimales moyennes de 18,8 °C.

La moyenne pluviométrique annuelle est de 650 à 665 mm avec un fort ensoleillement. L’influence de la mer se fait sentir, elle tempère l’ardeur solaire en été tout en assurant une certaine humidité nocturne. Le mois le plus sec est juillet avec 6,6 mm, le plus pluvieux est octobre avec 93,9 mm. Il pleut moins de 60 jours par an (59,7 en moyenne) et les répartitions des précipitations sont très inégales. Ainsi février est le mois où il pleut le plus souvent avec 7,1 jours de précipitations mais pour seulement 88,3 mm alors qu'octobre n'a que 5,9 jours de pluie. Le mois où il pleut le moins souvent est juillet avec 1,3 jour. Les mois les plus secs et où il pleut le moins souvent vont de mai à septembre. L'automne est caractérisé par des pluies violentes mais brèves, l'hiver par des précipitations importantes mais plus réparties.

Nuvola apps kweather.svg Relevé météorologique de la région toulonnaise 1961-1990
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) 5,8 6,2 7,5 9,6 12,7 16,1 18,8 18,7 16,6 13,3 9,2 6,7 11,7
Température moyenne (°C) 9,3 9,8 11,4 13,7 17,1 20,8 23,9 23,8 21,2 17,3 12,8 10,2 15,9
Température maximale moyenne (°C) 12,7 13,3 15,3 17,8 21,6 25,6 29,1 28,9 25,7 21,4 16,3 13,6 20,1
Précipitations (mm) 76,3 88,3 56,4 55,7 45 22,3 6,6 28,5 49,1 93,9 69,4 73,5 665
Source : Le climat à Toulon (en °C et mm, moyennes mensuelles)

De par sa proximité avec la mer, le gel est rare (2,9 jours par an en moyenne) et le gel permanent (c'est-à-dire où la température maximale reste inférieure ou égale à zéro) totalement inexistant. La neige est rare également (à peine 1,5 jours par an en moyenne) et il est exceptionnel qu'elle tienne au sol (0,3 jours par an en moyenne).

Cependant, la douceur du climat ne doit pas faire oublier une caractéristique désagréable du climat : le vent. Il y a plus de 115 jours de vent fort (mistral, très sec; très violent; vent d'est, en général accompagné de précipitations ou de temps nuageux). Le mois le plus venteux est janvier avec en moyenne 12,5 jours de vent fort. Le moins venteux est septembre avec 7 jours de vent fort. En hiver, le mistral peut considérablement accentuer la sensation de froid même lorsque les températures restent clémentes. L'atmosphère est souvent sèche. Ainsi l'humidité relative y est en moyenne de 56 % avec peu de variations saisonnières : Les mois les plus secs sont juillet et août avec 50 %, les moins secs sont novembre et décembre avec 60 %.

Vignoble[modifier | modifier le code]

Présentation[modifier | modifier le code]

Salle de dégustation à l'œnothèque des vins de Bandol

Le vignoble s'étend sur huit communes :

Encépagement[modifier | modifier le code]

Pour les vins rouges et rosés, le cépage roi est le mourvèdre. Sont également présents, le grenache, le cinsault[9], la syrah et le carignan.

Les vins blancs assemblent trois cépages principaux : La clairette, l'ugni blanc, le bourboulenc, et quatre cépages secondaires : le sauvignon, la marsanne, le rolle et le sémillon.

Méthodes culturales[modifier | modifier le code]

Avec une densité de 5 000 pieds/ha, les vignes doivent être taillées court à deux bourres et bourrillon. De plus une nouvelle plantation n'entre en production à la 8e feuille pour les vins rouges. Le rendement de base est de 40 hl/ha, et constitue le rendement butoir. L'élevage de 18 mois minimum en fûts pour les vins rouges est nécessaire.

Terroir et vins[modifier | modifier le code]

Le terroir des vins de Bandol s'étend en amphithéâtre du massif de la Sainte-Baume, jusqu'à la Méditerranée. Le vignoble, qui couvre environ 1 500 hectares, est planté sur des restanques (terrasses) et orienté plein sud face à la mer. Il bénéficie d'un ensoleillement de près de 3 000 heures par an[10].

Les sols caillouteux, en majorité calcaires, se mêlent à des marnes sablonneuses et des grès enrichis d’éléments silico-calcaires. Ce sont des sols peu fertiles mais bien drainés. Cette aridité est équilibrée par l'humidité de l'air marin et par une faible pluviométrie (600 mm/an en moyenne), suffisante pour compenser le déficit hydrique estival. Les restanques permettent de plus une régulation naturelle des ressources hydriques[10].

Structure des exploitations[modifier | modifier le code]

Le nombre total de déclarants de récolte s'élève à 268. Une partie est regroupée dans 4 coopératives. Elles assurent 40 % de la production. Les caves indépendantes, au nombre de 59, représentent 60 % des vins produit dans la zone d'appellation qui s'étend sur 1 500 ha.

Type de vins et gastronomie[modifier | modifier le code]

Les vins blancs se présentent dans une robe jaune paille clair avec des arômes de tilleul et de genêts. Les rosés à la robe églantine, provient de plus en plus de la saignée du mourvèdre, qui leur procure une meilleure conservation.

Pour les rouges, le mourvèdre, associé au grenache, donne des vins puissants, charpentés, tanniques et de longue conservation. Caractérisés au départ par des arômes de fruits rouges, ils acquièrent après élevage des arômes de truffes et de sous-bois.

Ces vins qui possèdent une grande aptitude au vieillissement, - dix ans et plus - sont traditionnellement conseillés sur du gibier et de la venaison et il s'accorde parfaitement avec les daubes provençales, le civet de cerf ainsi que les civets de lièvre ou de sanglier.

Les rouges de Bandol accompagnent aussi la brouillade aux truffes. Les blancs se marient avec un loup grillé de la Méditerranée. Les rosés relèvent la saveur des aubergines à la parmesane[11].

Commercialisation[modifier | modifier le code]

Le volume déclaré est de 55 000 hl dont 31 % de vins rouges, 64 % de vins rosés et 5 % de vins blancs.

Producteurs[modifier | modifier le code]

Bandol rosé, Domaines Ott
  • Domaine de Frégate
  • Domaine Lou Capelan [12]
  • Château Canadel [13]
  • Château d'Azur [14]
  • Domaine La Bastide Blanche
  • Domaine de l'Estagnol
  • Château des Baumelles
  • Domaine de la Bégude
  • Domaines Bunan [15]
  • Domaine du Cagueloup
  • Clos du Cas[16]
  • Domaine de La Chrétienne
  • Domaine Costes Gallines
  • Domaine Ray-Jane
  • Moulin des Costes [15]
  • Domaine Dupuy de Lôme
  • Domaine de Frégate
  • Château Jean Pierre Gaussen
  • Domaine du Gros'Noré
  • Château Guilhem
  • Domaine de L'Hermitage
  • Domaine Lafran-Veyrolles
  • Domaine de La Laidière
  • Domaine Maubernard
  • Château de la Noblesse
  • Domaine de L'Olivette
  • Domaines Ott
  • Château de Pibarnon
  • Domaine Pieracci
  • Château Pradeaux[17]
  • domaine du Pey-Neuf
  • Domaine des Baguiers
  • Domaine de la Roche Redonne
  • Château de Rochebelle
  • Château La Rouvière [15]
  • Château Sainte Anne
  • Château Salettes
  • Domaine Sorin
  • Domaine La Suffrene
  • Domaine de Souviou
  • Domaine Tempier
  • Domaine de Terrebrune[18]
  • Mas Thérèse
  • Domaine Castell Reynoard
  • Domaine de La Tour du Bon
  • Domaine de Val d'Arenc
  • Domaine de la Ribotte[19]
  • Château Vannières[20]
  • Domaine de la Vivonne[21]
  • Domaine de la Garenne[22]
  • Bastide de la Ciselette
  • Le Moulin de La Roque
  • La Font des Pères
  • Domaine Baravéou
  • Domaine Imbert
  • Domaine des Trois Filles

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Décret du 3 novembre 2008.
  2. Références sur la façon d'orthographier les appellations d'origine
  3. « Vins Bandol - La Revue du vin de France », sur www.larvf.com (consulté le 26 septembre 2016)
  4. « Le Rouge, la référence Vins de Bandol : Le site officiel de l’ODG des Vins de Bandol. Vins », sur www.vinsdebandol.com (consulté le 26 septembre 2016)
  5. Olivier Bompas, « Provence : Bandol, grandir face à la mer »,‎ (consulté le 26 septembre 2016)
  6. La fondation de Massalia, Justin, écrivain latin du IIe siècle
  7. Albert Dauzat et Charles Rostaing, Dictionnaire étymologique des noms de lieux en France, Éd. Larousse, 1968, p. 1692.
  8. Relevés de la Météorologie nationale sur la période 1961-1990
  9. Le mourvèdre doit représenter au minimum 50 % et la présence d’au moins deux de ces trois cépages est obligatoire.
  10. a et b Le terroir des vins de Bandol
  11. Visa pour l'Appellation Bandol dans la brochure de l'association 50 ans d'AOC provençale (avril 2005)
  12. Domaine Lou Capelan
  13. [1]
  14. Château d'Azur
  15. a, b et c Domaines Bunan.
  16. Clos du Cas
  17. Ce domaine appartient à un descendant de la famille Portalis [2]
  18. Les vins de Bandol du Domaine de Terrebrune
  19. Domaine de la Ribotte
  20. Château Vannières
  21. Domaine de la Vivonne
  22. Domaine de la Garenne

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]