Ban Chiang

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Site archéologique de Ban Chiang *
Image illustrative de l’article Ban Chiang
Poterie de Ban Chiang au Museum für Indische Kunst, Berlin-Dahlem
Coordonnées 17° 32′ 55″ nord, 103° 21′ 30″ est
Pays Drapeau de la Thaïlande Thaïlande
Type Culturel
Critères (iii)
Numéro
d’identification
575
Zone géographique Asie et Pacifique **
Année d’inscription 1992 (16e session)
* Descriptif officiel UNESCO
** Classification UNESCO

Ban Chiang (thaï : แหล่งโบราณคดี บ้านเชียง) est un site archéologique du nord-est de la Thaïlande, dans le district de Nong Han, province d'Udon Thani.

Ce site a été occupé de 3600 à 250 avant notre ère.

Les fouilles ont livré de nombreux objets en fer et en bronze (alliage de cuivre et d'étain), en particulier des bracelets de bronze et des outils en fer. La métallurgie du bronze aurait débuté entre 2500 et 2000 avant notre ère, une apparition tardive par rapport au Moyen-Orient mais contemporaine de la découverte du cuivre en Chine. Le cuivre et le fer fournissaient aussi des pigments pour les peintures rupestres qui abondent dans les environs.

Les habitants de Ban Chiang, riziculteurs et éleveurs, étaient surtout d'habiles potiers : poteries noires de 3600 à 1000 avant notre ère, poteries à motifs entre 1000 et 500 avant notre ère et les très célèbres poteries peintes en rouge sur fond rose orange entre 500 et 250 avant notre ère[1].

Le site est célèbre pour ses poteries peintes en rouge. Le site archéologique de Ban Chiang est classé au patrimoine mondial de l'Humanité de l'Unesco depuis 1992[2],[3].

La découverte[modifier | modifier le code]

Le site a été découvert officiellement en 1966 par l’étudiant Steve Young, qui a étudié l'anthropologie à l’Université de Harvard. On raconte que Young était allé se promener sur un sentier dans Ban Chiang quand il a trébuché sur une racine. Et, dans la terre, il y avait des poteries. Young savait que la cuisson des poteries était rudimentaire, mais le motif rouge était unique. Il a apporté des échantillons de poteries à la princesse Phanthip Chumbote qui avait un musée privé (le palais Suan Pakkad à Bangkok) et à Chin Yu Di qui travaillait au Département Thaï des Beaux-Arts[4]. Finalement, Elisabeth Lyon, une historienne d'art, a envoyé les échantillons de poteries à l’université de Pennsylvanie pour la datation.

La datation[modifier | modifier le code]

Une première datation par thermoluminescence sur les poteries fournit une date vers 4000 av. J.-C., ce qui provoqua un grand intérêt de la communauté scientifique. De nouvelles investigations réalisées en 1974 modifièrent cette datation et resituèrent l'occupation du site à partir de 2500 av. J.-C. pour la période la plus ancienne.

De nombreux squelettes ont été mis au jour, accompagnés de mobilier funéraire constitué d'objets en bronze et d'un grand nombre de poteries décorées de motifs géométriques. Les dépôts funéraires peuvent être répartis en 3 périodes. La période ancienne date de 2500 à 1000 av. J.-C. La période moyenne couvre le dernier millénaire et la période récente va jusqu’en 300 apr. J.-C. La production d'objets en bronze est attestée dès la période intermédiaire. Les belles céramiques peintes aux motifs en spirale datent de la période récente.

Le musée et la liste du patrimoine mondial[modifier | modifier le code]

Femme fabriquant des pots, Musée de Ban Chiang

En 1992, le site de Ban Chiang a été inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO sur critères (iii)[5], c'est-à-dire un site destiné à «témoigner d'un échange d'influences considérable pendant une période donnée ou dans une aire culturelle déterminée, sur le développement de l'architecture ou de la technologie, des arts monumentaux, de la planification des villes ou de la création de paysages»[6].

Près de site archéologique il y a le musée de Ban Chiang. Ce musée expose les découvertes issues des fouilles de Ban Chiang. Il raconte l'histoire ancienne de Ban Chiang ; des fonctionnaires protègent du pillage ce patrimoine de l'humanité et des universitaires y travaillent et font des recherches.

Dans le musée, on peut voir l’exposition intitulée Ban Chiang, Discovery of a Lost Bronze Age, une exposition réalisée par le Dr Joyce White qui fut l'objet d'une tournée aux Etats-Unis, constituée des poteries étudiées et datées par l'Université de Pennsylvanie. Cette exposition a pour finir été installée définitivement de façon permanente au musée de Ban Chiang en 1987[7].

Notes et références[modifier | modifier le code]

De nos jours, le passionné d'archéologie pourra trouver avec facilité de superbes poteries de Ban Chiang, "authentiques découvertes" récentes... fabriquées, de nos jours, en série pour les touristes dans les villages voisins.

  1. Collectif, Thaïlande, Éditions Nouveaux-Loisirs,, coll. « Guides Gallimard », , 376 p. (ISBN 2-7424-0160-1), Préhistoire, Ban Chiang pages 34 et 35 et Le Nord-Est, Ban Chiang page 229
  2. Unesco, « Site archéologique de Ban Chiang », sur whc.unesco.org (consulté le )
  3. (en) Ministry of Culture (Thailand), « Bang Chiang archeological site », sur 164.115.22.96 (consulté le )
  4. (en) Southeast Asia: A Past Regained, Alexandria, Virginia, Time-Life Books, , p. 25-32
  5. (en) UNESCO World Heritage Centre, « Ban Chiang Archaeological Site », sur whc.unesco.org (consulté le )
  6. UNESCO Centre du patrimoine mondial, « Les critères de sélection », sur whc.unesco.org (consulté le )
  7. (en-US) « Ban Chiang Background », (consulté le )

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