Ballote

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Ballota nigra

Ballota nigra
Description de cette image, également commentée ci-après

Ballota nigra subsp. meridionalis

Classification
Règne Plantae
Sous-règne Tracheobionta
Division Magnoliophyta
Classe Magnoliopsida
Sous-classe Asteridae
Ordre Lamiales
Famille Lamiaceae
Genre Ballota

Nom binominal

Ballota nigra
L., 1753

Répartition géographique

Description de l'image Ballota_nigra_rangemap.png.


Classification APG III (2009)

Clade Angiospermes
Clade Dicotylédones vraies
Clade Noyau des Dicotylédones vraies
Clade Astéridées
Clade Lamiidées
Ordre Lamiales
Famille Lamiacées

Synonymes

  • Marrubium nigrum (L.) Garsault
  • Ballota foetida Lam.
  • Ballota sordida Salisb.
  • Stachys ballota Kuntze
  • Ballota velutina Posp.
  • Ballota sepium Paulet ex Pers.
  • Ballota urticifolia Ortmann ex Nestl.
  • Ballota aristata Rchb.
  • Ballota ampliata Willd. ex Steud.
  • Ballota hirta Steud.
  • Ballota rubra Schrad. ex Steud.
  • Ballota bracteosa Ball
  • Ballota submitis (Borbás) Borbás

La Ballote, Ballote noire ou Ballote fétide (Ballota nigra) est une espèce végétale faisant partie de la famille des Lamiacées, très commune en France et en Europe. On la retrouve également en Amérique du Nord, en Asie occidentale et Afrique septentrionale[1]. Ses fleurs sont pourpres et odorantes. Son utilisation remonte à l'Antiquité et a suscité de nombreuses recherches et études cliniques.

Description générale[modifier | modifier le code]

Appareil végétatif[modifier | modifier le code]

La Ballote est une plante herbacée, vivace, à croissance rapide et de 30 à 85 cm de haut. Les tiges, tétragones et velues, sont ramifiées près de leur base et portent des feuilles opposées, tomenteuses[2], d'un vert sombre légèrement grisé et à pétiole court. Elles ne dépassent pas 5 cm de long et 3,5 cm de large. Le limbe est ovale ou arrondi, à bords irrégulièrement crénelés et présente une nervation marquée au niveau de la face inférieure[3],[4]. Froissée, il émane de la plante une forte odeur nauséabonde rappelant le moisi ; sa saveur est âcre et amère[2].

Appareil reproducteur[modifier | modifier le code]

Les fleurs éclosent durant tout l'été, à partir de juin jusqu'en septembre, de façon successive [2]. Les fleurs sont hermaphrodites et la floraison est protandre, c'est-à-dire que dans une fleur, les anthères sont matures avant que le stigmate devienne réceptif. Elles sont groupées en glomérules axillaires compacts, et possèdent une palette de couleur allant du pourpre au rose [2].

La corolle est bilabiée : la lèvre supérieure, dressée et velue extérieurement, est repliée en gouttière de façon longitudinale et abrite les quatre étamines ainsi que le style ; l'inférieure, déployée horizontalement et denticulée, est constituée d'un large lobe médian et de deux lobes latéraux plus petits [4]. Les filets des étamines sont parallèles, et les anthères, petites et jaunes, libèrent le pollen à travers des fentes de déhiscence longitudinales ; l'ovaire, quant à lui, est entouré d'une glande nectarifère, ce qui fait que la fleur est dite mellifère et appréciée des abeilles.

Le calice, brun et velu, présente 5 dents, longues de 2-2,5 mm, avec un mucron spinescent[5], une pointe dure et raide. Les fruits sont des akènes à dissémination barochore. Les graines de la plante étant lourdes et de grande taille, elles auront tendance à rester proches de la plante-mère.

Sous-espèces [6][modifier | modifier le code]

  • Ballota nigra subsp. anatolica P.H.Davis - Iran, Turquie
  • Ballota nigra subsp. anomala Greuter - Grèce
  • Ballota nigra subsp. foetida (Vis.) Hayek - Europe centrale et sud de l'Europe; naturalisée en Suède, Ukraine, à Chypre, en Turquie, Argentine
  • Ballota nigra subsp. kurdica P.H.Davis - Iran, Irak, Turquie
  • Ballota nigra subsp. nigra - sud de l'Europe, Grande-Bretagne, Suède, Caucase, Iran, Turquie; naturalisée en Belgique, Nouvelle-Zélande, Argentine
  • Ballota nigra subsp. ruderalis (Sw.) Briq. - région méditerranéennne; Îles Canaries, Madère, Açores
  • Ballota nigra subsp. sericea (Vandas) Patzak - Albanie, Macedonie, Grèce
  • Ballota nigra subsp. velutina (Posp.) Patzak - Slovenie, Croatie; naturalisée en Argentine

Écologie[modifier | modifier le code]

On retrouve la Ballote particulièrement en méditerranée occidentale, même si elle est répandue dans la quasi totalité de l'Europe. Elle serait originaire des rocailles et steppes péri-méditerranéennes et proches orientales puis se serait propagée en suivant l'extension des constructions humaines [4]. C'est une plante rudérale qui se porte bien dans les friches vivaces eutrophes, mésohydriques, ensoleillées, ainsi qu'aux bords des chemins. Très commune en France, cette plante nitrophile est relativement rare en Belgique [2]

La pollinisation de la ballote est entomogame, c’est-à-dire qu’elle est pollinisée par des insectes. La ballote fait partie de la famille des Lamiacées, dont les fleurs se font typiquement butinée par des abeilles à longue langue. La rophite à cinq épines, par exemple, est spécialisée dans cette famille et visite surtout les fleurs de la ballote [7]

Propriétés[modifier | modifier le code]

Cette plante présente des propriétés anxiolytiques et antidépressives, c'est pourquoi elle permet de lutter contre la nervosité, l'anxiété, les angoisses, la dépression ainsi que les troubles nerveux notamment chez les femmes au moment de la ménopause. Elle possède aussi des attributs contre les spasmes digestifs et les quintes de toux (antispasmodique) [2]. La Ballote constitue également un sédatif et un cholérétique.

Les dérivés phénylpropaniques qu'elle contient ont un effet antioxydant, et nombre d'entre eux savent se lier, avec plus ou moins d'affinité, aux récepteurs de la dopamine, de la morphine et des benzodiazépines [3], par conséquent et puisqu'elle est dénuée de toxicité, il est possible d'employer la Ballote comme alternative aux benzodiazépines. On peut l'utiliser chez les enfants et, pour une synergie d'action, la Ballote peut être associée au magnésium.

Utilisations[modifier | modifier le code]

Traditionnellement, la Ballote était utilisée comme vermifuge, antiémétique, sédatif, astringent doux, et stimulant. Elle était également employée pour diminuer le vomissement, et au début du XVIIème siècle, pour soigner des troubles nerveux tels que la dyspepsie ou des troubles du sommeil en réduisant la nervosité. C'est au début de ce siècle que H. LECLERC l'emploie avec réussite comme antispasmodique, pour soulager les crampes et maux d'estomacs, et dans le traitement de différents états de perturbations psychique, particulièrement contre l'anxiété [3].

En phytothérapie, on utilise les sommités fleuries qui sont récoltées au moment de la floraison. Les premiers travaux chimiques et pharmacologiques ont été accomplis dans les année 30 par J. BALANSARD [3].

À la dose recommandée, aucun effet indésirable n'est à signaler, néanmoins, certains auteurs recommandent de l'utiliser prudemment ou sur une courte durée car elle contient des diterpènes ladbanniques [3]. Enfin, elle est déconseillée chez la femme enceinte en raison de son ancienne utilisation en tant qu'emménagogue [3].

Aspect culturels et historiques[modifier | modifier le code]

Dans la Grèce antique, les sommités fleuries (fleur plus petite partie de la tige) étaient employées en pharmacologie pour leurs propriétés antitussives en usage interne et de cicatrisation en usage externe. Au XIXème siècle, on utilisait la Ballote pour réguler les troubles de l'humeur. De nos jours, il est avéré que la Ballote noire possède des propriétés en tant que sédatifs, anxiolytiques et antispasmodiques [8].

Références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.tela-botanica.org/bdtfx-nn-9097-synthese
  2. a, b, c, d, e et f J.L. Ramaut, J.Lewalle, A. Donneaux, J. Damblon. (1980). Plantes médicinales et condimentales. Société botanique de Liège et Laboratoire de botanique pharmaceutique, Université de Liège. p. 33
  3. a, b, c, d, e et f Chantal Ollier (2013). La Ballote noire, Le moniteur des pharmacies. Vol. 2966, p. 64 (http://www.acppav.org/pmb/opac_css/doc_num.php?explnum_id=1982)
  4. a, b et c J.J Mongold, S. Camillieri, J.J Serrano, C. Taillade, J.P Masse, P. Susplugas. (1991) Étude expérimentale de l'activité psychotrope de Ballota nigra. Phytotherapy, journal de phytomédecine et phytopharmacie, Vol. 36/37: 5-12. (http://www.paul-belaiche-daninos.fr/pdf_phytotherapie/36-37web.pdf)
  5. https://www.infoflora.ch/fr/flore/12002-ballota-nigra-subsp-meridionalis.html
  6. http://apps.kew.org/wcsp/namedetail.do?name_id=19633
  7. M. Terzo, P. Rasmont. (2007). Abeilles sauvages, bourdons et autres insectes pollinisateurs. Les livrets de l’agriculture. Vol. 14, p. 48 (http://agriculture.wallonie.be/apps/spip_wolwin/IMG/pdf/370780_Aides_a_l_agriculture_14_OK.pdf)
  8. http://jardinage.comprendrechoisir.com/plante/voir/591/ballote#sous-especes

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Références externes[modifier | modifier le code]