Balle pelote

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La balle pelote également appelée jeu de balle est un sport collectif, de la famille des jeux de paume, opposant deux équipes de cinq joueurs sur un terrain, appelé ballodrome, et qui se renvoient une petite balle, appelée pelote, en la frappant à la main munie d'un gant.

C'est un jeu de gagne-terrain, populaire dans la partie ouest de la Belgique – dans les provinces de Namur, du Brabant wallon, du Hainaut, et dans la partie occidentale de la Flandre – ainsi qu'en France, dans la vallée de la Sambre et le Valenciennois. Ce jeu est très proche du handball frison (en) (en néerlandais : Friese kaatsspel), qui est pratiqué dans le Nord des Pays-Bas mais qui ne doit pas être confondu avec la balle pelote (ballodrome et règles différents).

Parmi les autres jeux de gagne-terrain, on trouve aussi, en Picardie, le jeu de balle à la main qui fait s'opposer deux équipes de sept joueurs et se joue à main nue, et la longue paume.

Une équipe jouant sur le ballodrome de Hoves en Belgique.

Infrastructure et matériel[modifier | modifier le code]

Terrain (ballodrome)[modifier | modifier le code]

dimension du ballodrome

La balle pelote se pratique en extérieur, sur un sol dur. Le terrain est traditionnellement la grand-place du lieu.

Une des caractéristiques du jeu de balle est que le terrain est composé de deux parties inégales, délimitées par des lignes blanches et parfois bornées de quatre perches. Le « grand jeu » est un trapèze dont la grande base est large de 19 m et la petite de 7 m (la corde), pour une longueur de 30 m. Le « petit jeu », qui prolonge ce trapèze, est plus rectangulaire, d'une longueur de 42 m.

La « corde », qui sépare les deux terrains, n'est pas une limite infranchissable une fois que la balle a été livrée.

Matériel[modifier | modifier le code]

La balle a longtemps été une pelote de sable et matière végétale, cousus dans une peau de cuir ; ses dimensions et son poids ont varié[1]. Elle est depuis le milieu des années 1970 en matière plastique et pèse environ 50 grammes pour un diamètre d'environ 50 mm.

Hormis pour la livrée, on frappe la balle avec un gant de cuir renforcé (« talon » et « paumette »), ce qui a engendré beaucoup de polémiques dans les années 1970 et 1980. Depuis lors, son poids, ses dimensions et sa fabrication font l'objet de spécifications détaillées par la fédération[2].

Joueurs[modifier | modifier le code]

Les joueurs doivent pouvoir être distingués par un maillot propre à leur équipe. On les appelle des pelotaris.

Ils sont au nombre de cinq par équipe. Proches de la corde se tiennent deux passes ou passîs (litt. passiers), aussi appelés cordiers ; derrière eux se tiennent les « frappeurs » : le petit mitan (petit milieu), puis quelques mètres derrière, le grand mitan (grand milieu) et tout au fond, la mouche ou mouchî, aussi appelé foncier[3].

Le jeu[modifier | modifier le code]

Le principe de la balle pelote[4] est d'accumuler des points, ou de préparer au gain de points (« marquer une chasse »), en relançant une balle en la frappant de la main, souvent le plus loin possible dans le terrain adverse.

Décompte des points[modifier | modifier le code]

La balle pelote partage avec le tennis la manière de compter les points : 15, 30, 40 et jeu. La notion d'avantage n'y existe cependant pas : à 40 à 2, l'équipe qui remporte le point a gagné le jeu. Autre différence avec le tennis, un rebond qui touche une ligne latérale est considéré comme mauvais.

Les matchs de championnat se déroulent en 13 jeux gagnants pour les adultes et 10 pour les jeunes, les tournois en 5 ou 7 jeux. En tournoi, une équipe de division inférieure dispose d'un avantage de 15 points à chaque jeu.

La livrée[modifier | modifier le code]

Jeux internationaux de balle pelote en 1949 (nl)

Après tirage au sort, l'équipe qui occupe le grand terrain livre, jusqu'à ce que deux chasses soient posées. Le livreur est remplacé à chaque jeu ; chaque joueur aura livré après cinq jeux. D'un jeu à l'autre, il n'y a pas de changement de terrain.

La mise en jeu, appelée livrée, se fait à main nue et à basse main.

Lors de la livrée, la balle doit soit rebondir pour la première fois dans le petit terrain, soit passer au-delà de la ligne de fond délimitée par deux perches (et dans ce cas, elle rapporte directement un quinze). Autrement, l'équipe à la livrée concède un quinze : si la balle tombe à l'extérieur ou sur une des lignes latérales, on dira que la balle est « mauvaise » ; si la balle touche le terrain avant la ligne de corde, on dira qu'elle est « courte ».

Étant donné la possibilité des points directs, une équipe peut gagner un jeu sans qu'une seule chasse ne soit posée.

Points directs[modifier | modifier le code]

Une équipe gagne directement le 15 si elle parvient à envoyer la balle au-delà de la ligne de fond qui lui est opposée (ligne des « outre »).

Une équipe concède un 15 si elle envoie la balle en dehors des lignes latérales (ou sur la ligne) sans rebond préalable sur le terrain. La balle est alors déclarée « mauvaise ».

Un 15 punitif (crié « Quinze ! » par les joueurs de l'autre équipe) est concédé si une équipe touche la balle deux fois d'affilée avant son deuxième rebond. Il en va de même si un de ses joueurs est touché, de volée ou après un seul rebond, par la balle sur une autre partie du corps que la main ou l'avant-bras nu.

Tant que la balle est bonne, elle peut être renvoyée de volée ou après un seul bond à l'intérieur du terrain.

Points indirects (les « chasses »)[modifier | modifier le code]

Si une balle tombée bonne n'est pas renvoyée après son premier rebond, le quinze n'est pas attribué mais reste en suspens jusqu'à ce que les équipes aient changé de côté et joué les chasses.

Les joueurs indiquent l'endroit où la balle est sortie latéralement du terrain (là où la balle « décorde ») ou là où elle a été définitivement arrêtée après son deuxième bond (éventuellement dans ce cas avec les pieds ou une autre partie du corps). On pose alors une chasse : l'arbitre marque d'un trait de craie l'endroit où la balle a décordé ou là où elle a été arrêtée ; la personne préposée au marquage des chasses pose à sa hauteur, en bordure du terrain, un rappel de chasse portant un numéro 1 ou 2.

Lorsque deux chasses ont été posées (ou une seule si une équipe compte 40 points — puisque alors un seul quinze peut lui suffire à remporter le jeu), les équipes changent de terrain ; c'est au tour de l'autre équipe à livrer pour jouer les chasses.

Le changement de terrain effectué, on joue la première chasse, puis la seconde. L'équipe qui remportera chaque fois le quinze sera celle qui sera parvenue à faire mourir la balle dans le terrain au-delà de la chasse marquée : l'endroit qui détermine si la chasse a été gagnée est – comme pour la pose des chasses – soit l'endroit où la balle coupe la ligne latérale après un bond, soit là où elle est définitivement arrêtée après deux bonds sur le terrain. Quand la chasse a été jouée et le point attribué, le marqueur de chasses barre à la craie la marque laissée par l'arbitre et retire le rappel de chasse.

Quand toutes les chasses marquées ont été jouées, l'équipe qui occupe le grand jeu reste à la livrée jusqu'à ce que deux autres chasses aient été posées.


Le but de l'engagement est de poser les chasses le plus loin possible pour qu'il soit plus facile, lors du changement de terrain, de repousser la balle au-delà.

Ce principe de gagne-terrain se retrouve dans le jeu de longue paume.

Variantes[modifier | modifier le code]

  • La petite balle au tamis
  • La demi-dure

Références[modifier | modifier le code]

  1. André Hainaut, Gustave du berdjî, mon grand-père, Jamioulx, (lire en ligne), p. 190-197
  2. « Cahier des charges pour les gants », sur Fédération nationale (belge) de jeu de paume (consulté le 8 juin 2018)
  3. Courtois Luc (dir.), Les noms de rue de Louvain-la-Neuve : une ville nouvelle en Wallonie : modernité et enracinement, Fondation wallonne Pierre-Marie et Jean-François Humblet, (ISBN 2960007220 et 9782960007220, OCLC 52004366, lire en ligne), s. vº Grand mitan, p. 115-116
  4. « Règlement du jeu de balle », sur Fédération nationale (belge) du jeu de paume (consulté le 8 juin 2018)

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Willy Bal, « La Fabrication des balles à jouer à Ham-sur-Heure », dans Les Enquêtes du Musée de la Vie wallonne, t.VI, pp. 287-299, (1952).
  • Willy Bal, « Sur le vocabulaire du jeu de balle dans l'Ouest-Wallon », dans Mélanges de linguistique romane offerts à Jean Haust, Liège, 1939 (réimprimé à Genève, 1972), pp. 21–30.
  • Julien Desees, Petite chronique illustrée des jeux de balle belges pendant les années de guerre — 1914-1918, Imprimerie du centenaire à Bruxelles, 1971.
  • Benoît Goffin, La Balle pelote au cœur de notre région, éd. Aparté, Namur, 2006. (ISBN 978-2-9303-2715-0). Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • H. Civilio, Le Jeu de balle en Belgique, Louvain, (mémoire en Éducation physique, Université catholique de Louvain), (1966).
  • J. M. Deravet, Évolution de la balle pelote pour que celle-ci ait droit de citer dans les activités sportives d’aujourd’hui, Louvain-la-Neuve, (mémoire en Éducation physique, Université catholique de Louvain), (1979).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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