Baignade habillée

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La baignade habillée consiste à se baigner sans maillot de bain « occidental » (bikini, short de bain…), mais avec des vêtements de tous les jours, ceux qui ne sont généralement pas conçus pour le bain : t-shirt, pantalon… Toutefois, l'appellation peut intégrer le port de vêtements spécialement conçus pour le bain, tels les tops UV ou les burquinis.

Le fait de se baigner en portant des vêtements non échancrés (c'est-à-dire des habits qui ne laissent voir que peu de peau), habituels ou spéciaux (combinaison anti-méduse stinger suit ou isotherme wetsuit…), est une habitude dans de nombreux pays du monde, une pratique culturelle dont les raisons sont multiples : pudeur, religion, santé, survie… Dans les mondes asiatique ou musulman, se baigner habillé est une norme.

Aspects culturels[modifier | modifier le code]

Asie[modifier | modifier le code]

Se baigner habillé est une habitude dans de nombreux pays asiatiques[1] : Viêt Nam[2], Thaïlande[3], Inde[4], Bangladesh[5],[6]

Les raisons sont multiples :

  • pudeur,
  • modestie (manque de moyens pour acheter un vêtement spécifique pour le bain et humilité de ne pas exposer son corps),
  • culture asiatique appréciant la pâleur de la peau (critère esthétique),
  • protection contre les rayons ultraviolets.

Dans le cinéma indien, les scènes de « sari humide » (à la mer par exemple) permettent d’évoquer la nudité en la suggérant, car elle est taboue.

Monde arabo-musulman[modifier | modifier le code]

La religion musulmane et une certaine interprétation du Coran poussent des femmes à se baigner habillées, voile ou niqab compris, par exemple au Maroc[7],[8].

Les raisons sont similaires à celles des peuples asiatiques : protection solaire, pauvreté et/ou humilité…


Monde occidental[modifier | modifier le code]

Des enfants et parents dans une piscine publique à ciel ouvert, toutes et tous avec un t-shirt filtrant les rayons ultraviolets
Des enfants portant un top UV dans une piscine publique australienne

Dans la culture occidentale érotisée, la baignade se fait généralement dans des maillots aussi peu couvrants que des sous-vêtements.

Toutefois, les australiens et néo-zélandais ajoutent souvent un top UV pour se protéger des rayons ultraviolets.

Bénéfices pour la santé[modifier | modifier le code]

Protection contre le Soleil[modifier | modifier le code]

Deux sauveteurs allemands sur une guérite
Surveillants de baignade, habillés tous deux en T-shirt à manches courtes + short

Les vêtements créent de l’ombre et contribuent donc à lutter contre les coups de Soleil, c’est pour cette raison que :

  • de nombreux parents enfilent d’office un T-shirt à leur enfant sur la plage,
  • les maîtres-nageurs sauveteurs en extérieur portent des T-shirts malgré la chaleur,
  • les populations d'Asie du Sud (proches de l'équateur) se baignent habillées[1] (entre autres raisons).

Toutefois, les vêtements classiques ne bloquent pas la totalité des rayons ultra-violets, car souvent en fibre naturelle telle que le coton, qui bloquent moins bien les rayons UV que les fibres synthétiques (Lycra, élasthanne…)[9]. C’est pourquoi les surfeurs portent parfois des T-shirts en synthétique nommés top, top UV ou qualifiés de rash, certains modèles comportent des manches longues et/ou un col montant pour protéger les avant-bras, le cou et la nuque. Ce type de vêtement peut bien sûr être utilisé pour d’autres activités nautiques, à commencer par la simple baignade de loisir[10]. Les fibres synthétiques présentent également l’avantage de moins retenir l’eau, et donc de sécher plus vite et ainsi de redevenir plus rapidement efficace contres les rayons UV.

Les vêtements mouillés permettent aussi de se rafraîchir : en retenant l'eau, ils diffusent sa fraîcheur sur la peau pendant plus longtemps qu'un simple ventilateur ou brumisateur. C'est une des raisons pour lesquelles les peuples asiatiques se baignent habillés, y compris avec des T-shirts ou haut à manche longue.

« Parce que mes vêtements étaient mouillés, je suis resté au frais pendant un bon moment après. »

— John Mireless, Cambodian Countryside[11].

De nombreuses sociétés se sont spécialisées en textile de protection solaire [réf. nécessaire] [Informations douteuses] [?], certaines proposent des vêtements adaptés à l’eau[12] ,[13].

Protection contre d’autres dangers[modifier | modifier le code]

Les vêtements offrent une barrière contre les méduses et leurs piqûres. Le port de chaussures en eau naturelle permet de parer les nombreux facteurs de blessure de la plante des pieds[7] : branches, cailloux ou rochers, animaux cachés dans le sable, déchets divers (tessons de bouteille). Sauter les pieds en avant — avec chaussures — est ainsi plus sûr qu'un plongeon (qui lui se réalise tête la première). Des équipementiers sportifs conçoivent des chaussures conçues pour aller dans l’eau.

Autres raisons poussant à se baigner habillé(e)[modifier | modifier le code]

  • Détente, relaxation : des gens aiment se baigner habillés, chez eux ou en extérieur (pas nécessairement en public), juste pour se changer les idées et le plaisir[1],[14], sans nécessairement que ce plaisir devienne sexuel[15]. Ce loisir peut être appelé wet ou wetfun dans le monde occidental.
    Article détaillé : wetfun.
  • Pouvoir sauver quelqu'un de la noyade sans mettre sa propre vie en danger, car on est habitué(e) aux sensations particulières dans l'eau et à l'effort nécessaire.
  • Refuser l'érotisation[7] de certaines sociétés où le culte du corps est ancré, largement relayé par les média et la publicité (corps dénudés dans des annonces qui ne s'y prêtent pas, hypersexualisation des enfants mannequins…) et pousse à se dénuder.
  • Attirer l'attention sur soi en jouant sur le côté marginal ou transgressif des bains pratiqués habillés dans certains pays, voire provoquer en profitant du côté « sexy » procuré par les formes moulantes des habits trempés.

Les aspects positifs de la baignade habillée peuvent mener de plus en plus de gens à se couvrir pour se baigner, quitte à recourir à des maillots de bain « spéciaux »[16],[17].

D’autres circonstances encore peuvent pousser des gens à se couvrir dans l’eau ou une fois sortis de l’eau, quelle que soit leur culture :

  • cicatrice[18] ou brûlure,
  • tatouage ou inscription indélébile,
  • mélanome, cancer de la peau à tout stade (risque, pathologie en cours ou risque de rechute),
  • forte photosensibilité de la peau (personnes rousses ou albinos, entre autres),
  • rougeur, bouton, tache ou marque cutanée (maladie de peau...)
  • pilosité (chez les femmes par exemple),
  • prothèse, attelle, redresse-dos… ou autre dispositif orthopédique,
  • malaise quant à son corps ou son image ressentie (adolescent(e)s[note 1],[19]…),
  • caractéristiques genrées éloignées des standards sociaux (personnes intersexes, transgenres…),
  • membre artificiel ou organe absent par ablation ou amputation, ou autre signe visible considéré culturellement ou personnellement comme peu esthétique (varice, verrue, embonpoint ou maigreur, dimorphisme…).

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. La pudeur est la première raison pour laquelle les jeunes de France se désintéressent du naturisme, ce qui est aussi lié à la période difficile des changements hormonaux et corporels (puberté). Source : rapport 2013 de l'Association des Jeunes Naturistes de France.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c (en) « Swimming in Clothes? Just do it! » (consulté le 31 décembre 2014).
  2. Kevin Bodin, « Plages au Vietnam : quelques petites choses à savoir », sur www.voyageurs-du-net.com,‎ 11 février 2013 (consulté le 7 avril 2013).
  3. « Savoir vivre et coutumes locales en Thaïlande », sur www.thailande-tourisme.com, Thaïlande Tourisme - Guide et portail sur la Thaïlande,‎ 16 décembre 2010 (consulté le 7 avril 2013).
  4. « Inde », sur www.tripteaser.fr (consulté le 7 avril 2013).
  5. « Vacances bangladaises à Kuakata », sur www.la-croix.com (accès payant pour l’article en entier),‎ 20 décembre 2012 (consulté le 7 avril 2013).
  6. Alexandre Marchand, « Cox’s Bazar : le Bangladesh va à la plage, sans bikini ni crème solaire », sur blogs.rue89.com, Rue89 (un blogue),‎ 22 février 2010 (consulté le 7 avril 2013).
  7. a, b et c (en) Arthur Chappell, « In Defense of the Wetlook Fetish », sur www.arhurchappel.me.uk (consulté le 6 avril 2013).
  8. Sarah Blanquet, « Demoiselles de nage », sur le blogue photos.blogs.liberation.fr (via un album de photo prises dans cette localité), Libération,‎ 8 octobre 2008 (consulté le 6 avril 2013).
  9. Ligue suisse contre le cancer, « Textiles de protection solaire » (consulté le 4 avril 2013).
  10. (en) « Les tops UV aident à réduire le risque de cancer de la peau chez les enfants », www.mygc.com.au,‎ 20 février 2012 (consulté le 4 avril 2013).
  11. (en) John Mireless, « Cambodian Countryside », sur mirelesblog.com,‎ 28 avril 2011 (consulté le 4 avril 2013).
  12. Société Proteksol, importateur de Coolibar, « Tissus avec facteur de protection solaire UPF 50+ SUNTECT Coolibar », sur www.proteksol.fr (consulté le 4 avril 2013).
  13. Société Mayo Parasol, « Pourquoi mayo Parasol ? », sur www.mayoparasol.com (consulté le 4 avril 2013).
  14. Collectif, « Tout habillé dans l'eau », sur www.za-gay.org,‎ 29 avril 2012 (consulté le 7 avril 2013).
  15. Collectif, « Le wetlook », sur forum.aufeminin.com,‎ 14 avril 2005 (consulté le 7 avril 2013).
  16. « Les nouveaux maillots de la Compagnie du Bain permettent de se baigner dans des eaux comprises entre 16 et 20 degrés », émission « Oser Entreprendre », sur videos.tf1.fr, LCI,‎ 1er juin 2009 (consulté le 4 avril 2013).
  17. Xavier Allain, « Vidéo - Se baigner toute habillée, une nouvelle "mode" aux États-Unis ? », sur www.rtl.fr,‎ 27 juillet 2012 (consulté le 4 avril 2013).
  18. (en) Ellen (contributrice), « Fostering for Jack (A Parent's Story) », sur wackywet.com,‎ 30 mai 2006 (consulté le 31 décembre 2014).
  19. Association des Jeunes Naturistes de France, « Analyse du sondage 2013 - Rapport sur le sondage début 2013 sur la jeunesse naturiste et l'AJNF », ANJF (consulté le 6 avril 2013).

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]