Bactérie multirésistante

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Les bactéries sont dites multirésistantes (BMR) aux antibiotiques lorsque du fait de l’accumulation de résistances acquises à plusieurs familles d’antibiotiques, elles ne sont plus sensibles qu’à un petit nombre d’antibiotiques utilisables en thérapeutique (résistance à plus de 3 familles différentes).

Ces bactéries font partie des organismes dotés de multirésistance aux médicaments (en), appelée aussi résistance polymédicamenteuse.

La multirésistance est ainsi une étape vers l’impasse thérapeutique. Les chercheurs et médecins ont d'ailleurs introduit le concept de « superbug » (super-germe), redoutant l'apparition, possible partout, à tout instant, d'un micro-organisme dévastateur résistant à tous les médicaments connus à ce jour, et le recrudescence d'épidémies[1].

Bactéries concernées[modifier | modifier le code]

Elle concerne les bactéries des infections communautaires (ex : pneumocoque, bacilles de la tuberculose) et les bactéries des Infections Nosocomiales (IN)[2].

Les BMR les plus souvent détectées en microbiologie sont par ordre de fréquence :

Prise en charge[modifier | modifier le code]

Le malade est généralement isolé. Un sigle distinctif est apposé sur le dossier médical, infirmier et sur la porte de la chambre. L'identification du germe, sa date d'apparition et le site sont apposés sur la porte de la chambre et sur la feuille de surveillance.

Le lavage des mains effectué à l'entrée et à la sortie de la chambre, avant et après chaque soins est antiseptique. Beaucoup pensent que ceci peut être réalisé par des solutés hydroalcooliques.

Les gants doivent être portés pour tout contact avec le patient ou avec le matériel contaminé (drap, lit,...). «Un patient = une paire de gants ; un geste = une paire de gants». Le port du tablier est obligatoire dès l'entrée dans la chambre et sera jeté avant la sortie

Le nettoyage des surfaces et de l'environnement se fait au moins une fois par équipe à l'aide de lingettes et de spray désinfectants.

Les chambres infectées sont les dernières nettoyées quotidiennement.

Le matériel entré dans la chambre n'en sort qu'après une décontamination.

Les soins nécessitant du matériel réutilisable comme le fibroscope doivent être programmés en dernier : décontamination (glutaraldéhyde).

Traitement[modifier | modifier le code]

Ces bactéries exposent au risque d’impasse thérapeutique, imposent une antibiothérapie probabiliste à large spectre responsable de nouvelles sélections bactériennes.

Lorsque cela est possible, un traitement par bactériophagique dans le cadre réglementaire d'une ATUn reste la voie la plus facile pour éradiquer le germe.

Etant donné les difficultés d'accès à la phagothérapie en France et le nombre limité de bactériophagiques autorisés dans le cadre des ATUn, des patients se regroupent en associations pour faciliter l'accès à la phagothérapie[3],[4],[5], voire pour partir se faire soigner à l'étranger lorsque leur état le leur permet.

Surveillance[modifier | modifier le code]

En France[modifier | modifier le code]

Dans ce pays existe un Comité technique national des infections nosocomiales qui suit également les accidents avec exposition au sang (AES), comme l'une de ses priorités depuis 1998[6]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Éric Postaire, Les épidémies du XXIe siècle, L'Age d'homme, (lire en ligne), p. 64.
  2. source : rapport RAISIN, janvier 2006
  3. « Phag Espoirs », sur phagespoirs.unblog.fr (consulté le 12 avril 2018)
  4. « Association Phages sans Frontières », sur phages-sans-frontieres.com,
  5. « EuroPhages », sur http://europhages.com (consulté le 14 avril 2018)
  6. Rapport commun GERES, InVS, RAISIN, Surveillance des accidents avec exposition au sang dans les établissements de santé français en 2008, Résultats

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]