Babylon (film, 2022)

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Babylon
Description de l'image Babylon (film, 2022).png.
Titre québécois Babylone
Réalisation Damien Chazelle
Scénario Damien Chazelle
Musique Justin Hurwitz
Acteurs principaux
Sociétés de production Marc Platt Productions
Material Pictures
Pays de production Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre Comédie dramatique
Durée 189 minutes
Sortie 2022

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Babylon est un film américain écrit et réalisé par Damien Chazelle, sorti en 2022. Il raconte le destin de plusieurs personnes de l'industrie cinématographique lors de la transition entre le cinéma muet et le sonore dans les années 1920.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Présentation générale[modifier | modifier le code]

Le film se présente comme le « récit d'excès les plus fous, de l'ascension et de la chute de différents personnages lors de la création d'Hollywood, une ère de décadence et de dépravation sans limites »[1], selon le pitch du film proposé par les distributeurs.

Synopsis détaillé[modifier | modifier le code]

En 1926 à Los Angeles, le cinéma muet bat son plein. Manuel « Manny » Torres (Diego Calva (en)), un immigré d'origine mexicaine, est homme à tout faire pour le studio Kinoscope, et se rêve en assistant réalisateur[2]. Il doit notamment transporter un éléphant pour une fête donnée par ses employeurs. Lors de la soirée orgiaque, Manuel rencontre Nellie LaRoy (Margot Robbie), une jeune femme qui rêve d'être actrice. Tandis qu'ils sniffent tous deux de la cocaïne, Manuel lui avoue vouloir lui aussi entrer dans le monde du cinéma pour faire partie de « quelque chose de plus grand ». Peu après, alors que Nellie participe à une danse endiablée, il réalise qu'il vient de tomber amoureux d'elle.

Sont également présents à la soirée, Lady Fay Zhu (Li Jun Li), une danseuse de cabaret s'occupant des intertitres et Sidney Palmer (Jovan Adepo), un trompettiste noir. Au cours de la fête, l'actrice Jane Thornton fait une overdose lors d'une séance d'ondinisme et Manny propose de faire entrer l'éléphant pour l'emmener discrètement à l'hôpital. Le directeur de Kinoscope, se retrouvant sans actrice pour tourner le lendemain, propose à Nellie de la remplacer au pied levé. La jeune femme accepte sans hésiter.

De son côté, Manuel doit ramener Jack Conrad (Brad Pitt), la star du studio, chez lui. Complètement ivre, Jack lui explique qu'il attend un événement qui changera la face du cinéma. Se liant d'amitié avec Manuel, Jack lui propose de l'accompagner sur un tournage, où Manuel sauve une séquence en allant chercher une caméra, toutes les autres ayant été détruites. Sur ce, le jeune homme gravit les échelons de la Kinoscope, tout en s'occupant des affaires de Jack. Nellie devient également la nouvelle coqueluche d'Hollywood suite à son premier rôle et est suivie par la critique Elinor St. John (Jean Smart), qui s'occupe également de la carrière de Jack. En 1927, Manuel est envoyé par Jack à New York dans le cinéma des frères Warner pour voir Le Chanteur de jazz, le premier film parlant. Par hasard, il retrouve Nellie et découvre que sa mère est internée dans un sanatorium. Après leur séparation, Manuel visionne le film et prévient Jack que la révolution qu'il attendait est arrivée.

Les débuts du cinéma parlant sont difficiles pour les techniciens et les acteurs, qui doivent apprendre à faire avec le son. Si Manuel et Sidney ont réussi leur transition, l'un en s'occupant des affaires managériales des studios et l'autre en devenant une star grâce à son instrument, Fay Zhu, Jack et Nellie n'ont pas cette chance. Les studios n'ayant plus de besoin d'intertitres, Fay Zhu est sur la touche, les spectateurs rient en voyant Jack parler et Nellie est accro aux casinos et à la drogue. La Kinescope débauche Manny et lui demande de reprendre la carrière de l'actrice en main. Malgré les efforts de son ami, Nellie n'arrive pas à se sortir de sa spirale infernale.

Lors d'une fête donnée par Jack, Nellie entend deux invités rire aux éclats en parlant d'elle et ivre, elle propose aux convives de voir son père (son businessman incompétent) se battre contre un serpent. Tout le monde se rend en plein milieu du désert, où le père de Nellie s'effondre, complètement saoul, face à un serpent à sonnette. Nellie, ivre de colère, s'empare du serpent, qui la mord, et est sauvée de justesse par Fay Zhu, qui l'embrasse. Quelques jours plus tard, Jack apprend que son ami de longue date et producteur, George, s'est suicidé.

En 1932, Jack continue de tourner pour la MGM dans des productions médiocres, mais sent que sa popularité décline. Sidney, au sommet de sa gloire, se voit contraint de noircir son visage avec du cirage pour que le film puisse être diffusé dans les États du Sud. À la fin du tournage, le musicien, humilié, préfère démissionner et revenir à sa vie d'avant. Manny, lui, n'a pas abandonné à faire remonter la carrière de Nellie. Le cinéma devenant plus puritain, la relation lesbienne entre l'actrice et Fay s'arrête à la demande du studio. Avec l'aide d'Elinor St. John, Nellie est introduite dans la haute société d'Hollywood, mais ruine définitivement ses chances en insultant les convives et en vomissant sur l'un d'eux.

En se rendant à la MGM, Jack découvre un magazine où Elinor parle de sa popularité en chute libre et la confronte. La critique estime que son temps est révolu, mais qu'il restera à jamais immortalisé grâce à la pellicule. Une nuit, Nellie débarque en sanglots chez Manny. Ses addictions l'ont conduit à devoir de l'argent à un gangster, James McKay, qu'elle ne peut payer. D'abord insensible, Manny trouve de l'argent via Le Comte, un dealer bien connu des tournages. Ravi que l'argent arrive aussi vite, James commence à donner des idées de films à Manny, mais Le Comte avoue discrètement au manager que l'intégralité des billets sont des faux, fabriqués par un accessoiriste. James les emmène ensuite dans un tunnel, où les excès les plus malsains sont permis, mais il se rend compte de la supercherie. Manny et Le Comte s'enfuient, tuant au passage l'homme de main du gangster.

Manny rentre chez lui, avoue son amour à Nellie et lui demande de s'enfuir avec lui au Mexique, où ils pourront commencer une nouvelle vie. D'abord réticente, l'actrice accepte. De nuit, Manny passe prendre Le Comte, mais un tueur de James abat le dealer et son colocataire. Manny demande grâce et l'homme accepte en échange qu'il ne revienne jamais à Los Angeles. Manny retourne dans sa voiture, mais ne trouve nulle trace de Nellie, qui a préféré revenir sur sa décision, et le jeune homme part d'Hollywood.

Dans un hôtel, Jack retombe sur Fay Zhu, qui lui annonce qu'elle part travailler pour Pathé en Europe. Ravi pour elle, il lui souhaite bon courage pour la suite de sa carrière. Jack décide de remonter en prévenant sa femme qu'il va chercher des cigares tout en donnant un immense pourboire à un groom. Dans sa chambre, il prend finalement un pistolet et se suicide.

Par montage, le spectateur apprend la mort dans l'indifférence de Nellie à 34 ans et celle d'Elinor à 76 ans sur le son de Sidney, qui a trouvé sa place dans un groupe au sein d'un bar à Los Angeles tout en étant heureux de rejouer.

En 1952, Manuel revient à Los Angeles avec sa femme et sa fille pour leur montrer où il travaillait. Sa fille s'ennuie face à l'entrée et sa femme décide de la ramener tout en le laissant seul. L'ancien manager se rend dans un cinéma où est projeté Chantons sous la pluie, qui raconte la transition du cinéma muet vers le parlant. Se rappelant ainsi son passé, la femme qu'il aimait tant et ses amis disparus, il éclate en sanglots. Des extraits de différents films montrant l'évolution du cinéma – et allant jusqu'aux années 2000 – défilent ensuite sur l'écran, faisant écho à la promesse de Manuel au début du film. La caméra retourne sur Chantons sous la pluie et Manny sourit.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

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Distribution[modifier | modifier le code]

Production[modifier | modifier le code]

Genèse et développement[modifier | modifier le code]

En , il est annoncé que Damien Chazelle prépare son prochain projet : un film d'époque (period drama (en) en anglais) se déroulant durant l'âge d'or du cinéma hollywoodien. Alors que Lionsgate est évoqué pour acquérir le projet, Emma Stone et Brad Pitt sont annoncés dans les rôles principaux[7]. En , Paramount Pictures acquiert finalement les droits de distribution[8].

En , Brad Pitt confirme sa présence et évoque une intrigue se déroulant lors du passage du cinéma muet au cinéma sonore[9]. En , Emma Stone quitte le projet, prise par d'autres engagements. Margot Robbie est évoquée pour la remplacer, alors que Li Jun Li est choisie pour incarner Fay Zu[10],[11].

En , la présence de Margot Robbie est officialisée. Jovan Adepo et Diego Calva rejoignent également le film[12],[13],[14]. En , Katherine Waterston, Max Minghella, Flea, Samara Weaving, Rory Scovel, Lukas Haas, Eric Roberts, P. J. Byrne, Damon Gupton, Olivia Wilde, Spike Jonze, Phoebe Tonkin ou encore Tobey Maguire rejoignent la distribution[15],[16],[17]. En , Jean Smart est engagée[18]. En , c'est au tour de Chloe Fineman (en), Jeff Garlin et Troy Metcalf de rejoindre le film[19].

Source d'inspiration et figures authentiques[modifier | modifier le code]

Chazelle adopte en partie le point de vue de Kenneth Anger, cinéaste et auteur du livre Hollywood Babylone (1959) : best-seller indéniable mais énorme scandale, l'ouvrage répertorie les fantasmes, légendes urbaines et pseudo-vérités entourant l'industrie hollywoodienne. Il retrace les scandales les plus marquants du milieu, parmi lesquels les difficultés de tournage d'Erich von Stroheim, la liaison entre William Randolph Hearst et Marion Davies ou le scandale Roscoe Arbuckle-Virginia Rappe. Le livre sera réédité plusieurs fois, dans des versions augmentées. Si Hollywood Babylone prétendait être historique, « les récits décadents dont il a fait part sont aujourd’hui largement considérés comme de pures inventions »[20].

Le réalisateur s'est aussi inspiré du parcours de plusieurs célébrités des années 20-50. Le parcours de Nellie Laroy est ainsi influencé par celui de la it girl Clara Bow mais également de Lia LaPutti et Alma Rubens[20]. Jack Conrad serait inspiré de l'acteur-réalisateur John Gilbert[12]. Manuel Torres pourrait de son côté « représenter des acteurs tels que René Cardona, arrivés du Mexique et confrontés à une Californie particulièrement hostile à l'égard des étrangers, avant de devenir l’un des rouages de l’industrie du rêve »[20]. L'intrigue entourant le trompettiste Sidney Palmer provient en partie des parcours de Duke Ellington et Sidney Easton[21]. La mystérieuse Fay Zu présente quant à elle des similitudes avec Anna May Wong[11].

Parmi les protagonistes secondaires, le caractériel Otto Von Strassberger, campé par Spike Jonze, reprend les émules du réalisateur Erich von Stroheim[22]. La réalisatrice Ruth Adler se base sur la carrière bien réelle de Dorothy Arzner, laquelle a réalisé une vingtaine de films entre 1927 et 1943 avec à l'affiche Katherine Hepburn, Lucille Ball, Joan Crawford ou encore Clara Bow[21]. Elinor St. John, la célèbre journaliste qui fait et défait les carrières au fil de sa plume aiguisée, s'avère être une version romancée de l’écrivaine et scénariste anglaise Elinor Glyn, chroniqueuse pour Cosmopolitan et Photoplay[23]. L'overdose de Jane Thornton (Phoebe Tonkin) durant une fête orgiaque, alors qu'elle se prête aux pratiques urophiles mandées par Orville Pickwick (Troy Metcalf), n'est pas sans rappeler le scandale Roscoe Arbuckle-Virginia Rappe[24].

De nombreuses figures authentiques jalonnent également le long-métrage. Max Minghella campe le producteur Irving Thalberg, Pat Skipper prête ses traits à l'homme d'affaires William Randolph Hearst, Chloe Fineman incarne la comédienne Marion Davies et Alexandre Chen se glisse dans la peau du directeur de la photographie oscarisé James Wong Howe.

Tournage[modifier | modifier le code]

Le tournage devait initialement avoir lieu en Californie courant 2020 notamment pour des raisons de crédits de taxes[25]. Les prises de vues ne débutent finalement qu'en [17]. Elles se déroulent notamment dans la vallée de Santa Clarita[26]. Il a également lieu à Los Angeles[27].

Musique[modifier | modifier le code]

Babylon
Original Motion Picture Soundtrack

Bande originale de Justin Hurwitz
Sortie
Durée 97:15
Genre musique de film
Label Interscope Records

La musique du film est composée par Justin Hurwitz, collaborateur habituel de Damien Chazelle sur ses précédents films (Guy and Madeline on a Park Bench, Whiplash, La La Land et First Man : Le Premier Homme sur la Lune)[28]. Si les titres Voodoo Mama et Call Me Manny sont rendus publics dès le [29], la bande originale complète sort le [30].

Concernant la composition, travail qui a duré 3 ans, Hurwitz a souhaité s'éloigner du jazz en vogue à l'époque des années folles, pour une approche plus personnelle et originale en s'inspirant de genres contemporains comme le rock, la house ou la musique dance électronique mais composés pour et joués avec l'instrumentation et l'orchestration d'un ensemble jazz[31],[32].

La bande originale comprend une réorchestration d'Une nuit sur le mont Chauve de Moussorgski, jouée en direct par un orchestre sur le tournage d'un film historique.

D'autres morceaux sont inspirés directement de morceaux du répertoire symphonique classique. Ainsi Gold Coast Sunset s'inspire du Liebestod clôturant l'opéra Tristan und Isolde de Richard Wagner, alors que le morceau Hearst Party pastiche le Boléro de Maurice Ravel[32].

Sortie et accueil[modifier | modifier le code]

Accueil aux Etats-Unis[modifier | modifier le code]

Le film divise la critique presse américaine. Si certains journalistes louent la qualité de la réalisation et de la production, la musique et les performances des acteurs, d'autres sont négatifs sur certains aspects comme la durée ou le contenu explicite. Sur l'agrégateur de critiques Rotten Tomatoes, il obtient 55 % d'avis favorables pour 312 critiques et une note moyenne de 6,410. Le consensus suivant résume les critiques compilées par le site : « La quantité écrasante de Babylon est épuisante, mais tout comme l'industrie qu'elle honore, ses paillettes et son glamour bien joués et bien conçus peuvent souvent être une distraction efficace[33]. » Sur Metacritic, il obtient une note moyenne de 60100 pour 61 critiques[34],[35]. Le site IMDb (Internet Movie Database) établit quant à lui cette moyenne à 7,6/10, collationnant les avis de 22 681 utilisateurs[36].

Accueil en France[modifier | modifier le code]

En France, le site Allociné propose une moyenne de 4,3/5, fondée sur plus de 2 800 critiques de spectateurs[37]. Quant à la presse française, elle se montre nettement plus positive qu'aux Etats-Unis - Allociné recense une moyenne de 4/5 pour 45 titres de presse[38].

Retours positifs[modifier | modifier le code]

L'hebdomadaire Marianne consacre au film un long article[39] ainsi qu'un entretien avec son réalisateur[40]. Le magazine est très positif sur le film, indiquant qu'après la réussite de La La Land, son avant-dernier film en 2016, « vint ce jour béni de décembre 2022 où il nous fut permis de plonger la tête la première dans les trois heures et huit minutes de cinéma orgiaque, jouissif, allumé, de son nouveau film, Babylon. Alléluia ! Hollywood était bel et bien de retour ! »[39]. En introduction Emmanuel Tellier avait même affirmé : « Pas de meilleure manière de démarrer l’année sur grand écran ! Et pas de meilleure façon de redonner du cœur à l’ouvrage à la nouvelle génération de cinéastes. Avec son cinquième long-métrage, le Franco-Américain Damien Chazelle livre une orgie visuelle (de plus de trois heures) d’une qualité et d’une énergie enthousiasmantes. Un très grand film[39] ! »

Selon Frédéric Strauss de Télérama, il s'agit là d'un renouvellement complet de l'image un peu désuète que tout un chacun pouvait avoir de cette époque déjà lointaine : « Fêtes débridées, folle créativité… [Damien Chazelle] restitue la frénésie et la liberté du Hollywood des origines. Et Margot Robbie brille en star du muet. [...] L’ancien et le renouveau se télescopent avec brio dans cette fresque en forme d’énorme pochette-surprise, qui ne recule pas devant les frasques pour recréer Hollywood au temps du muet. Une époque lointaine que le réalisateur de La La Land (2016) semble avoir dans le sang, comme une fièvre. Possédé, il envoie valser l’image figée du vénérable cinéma de cinémathèque et fait d’emblée surgir des corps, de la sensualité, pour redonner chair à des êtres humains qu’on imaginerait spontanément comme des silhouettes diaphanes, fantomatiques, en noir et blanc. Les voilà qui font la fête en parfaits débauchés et lorsque, encore un peu titubants, ils se mettent à tourner un film, le grand tumulte continue et devient hilarant »[41]. Il attribue au film la note de trois "T" (soit « Très Bien »)[41].

Dans L'Obs, Nicolas Schaller voit en « cette fresque too much – trop exaltée, trop démonstrative − », une œuvre « pleine de musique et de fluides corporels, outrancière et documentée, inégale mais passionnante, [qui] trouve son sens dans ses moments de gueules de bois et ses petites épiphanies mélancoliques »[38].

Eric Neuhoff du Figaro affirme que Chazelle « reproduit toute la démesure du Hollywood des années 1920. Trois heures de montagnes russes dont on ressort KO, et ravi »[38].

Thierry Chèze de Première conclut : « De la générosité à revendre, un trio de comédiens étincelants (Margot Robbie, Brad Pitt et la révélation Diego Calva), une BO d’enfer… Difficile de bouder son plaisir devant ce geste d’amoureux éperdu mais lucide du septième art »[42].

Le Rolling Stone, par la plume de Xavier Bonnet, retranscrit l'idée générale du long-métrage « Puisque tout devait être spectacle déjà à cette époque, Chazelle prend le mot d’ordre à la lettre. Mais sa plus belle réussite est de savoir communiquer le plaisir qu’il en a manifestement tiré »[43].

Sur le site spécialisé Ecranlarge, Antoine Desrues se montre également très enjoué : « Avec Babylon, Damien Chazelle signe son magnum opus. Un film excessif, dément et courageux, qui regarde Hollywood droit dans les yeux pour en scruter les abîmes... et la lumière ». Son collègue Alexandre Janowiak renchérit : « Damien Chazelle confondant (à dessein ou non) décadence et outrance, son Babylon jongle âcrement entre le majestueux et le vulgaire, le précieux et le négligé. Heureusement, les furieux soubresauts l'emportent toujours sur les fautes de goût, et donnent naissance à une expérience de cinéma hors-norme, voire miraculeuse »[44].

Adam Sanchez, de GQ, est séduit par le spectacle : « les salles obscures se métamorphosent en des tunnels sombres inquiétants vers des mondes pervertis. Une révolution en chasse une autre sans que Hollywood ne veuille donner son mot à dire à ceux qu'il a longtemps laissé de côté. Du spectacle carnavalesque, Babylon bascule, dans un ultime mouvement, en une expérience de train fantôme, certes inégale et boursouflée, mais traversée par des visions saisissantes qui tranchent radicalement avec le début du voyage. Ses héros se murent progressivement dans le silence, impuissants face à un temps qui avance inexorablement et qui menace de les effacer. De Babylone, il ne restera que des ruines et des corps anesthésiés. Avant que Damien Chazelle, comme à son habitude, n'allume une dernière mèche dont on pourrait moquer la naïveté mais qui ranime son volcan visuel et la raison d'être de son personnage principal : cette croyance que le cinéma est plus important que la vie puisqu'il est le seul moyen de flirter avec l'immortalité »[45].

Cyprien Caddeo, de L'Humanité, évoque « une œuvre monstre, à l’image de son sujet : démesurée, tourbillonnante, boursouflée, épuisante »[38].

La rédaction de Femme actuelle « retient notamment les scènes de fêtes (incroyable travail de mise en scène !), des dialogues spirituels et une superbe déclaration d'amour au cinéma »[38].

Retours négatifs[modifier | modifier le code]

Les critiques les plus négatives reconnaissent néanmoins une naïveté touchante au long-métrage. C'est le cas d'Emmanuel Raspiengeas (Positif), lequel affirme que « ce pandémonium bouffon, qui se rêve en Casino scorsesien mais se complaît trop souvent dans une version trash du Dernier Nabab, se dissout dans une fin à la lisière du grotesque [...]. [Sa] naïveté confondante finit par faire le prix, en révélant le romantisme exacerbé qui le sous-tend ». Même écho chez Libération, où Sandra Onana note que « faire le procès en mauvais goût de Babylon justifierait sans mal de ne rien vouloir en sauver. Foutu pour foutu, on veut bien sauver le repoussant si c’est à ça que tient la part attendrissante du film, avec ses choix difformes qui lui font gagner en inquiétude, sa naïveté [...], son gigantisme ludique et enragé »[38].

Pour Les Inrockuptibles, si Chazelle est un « travailleur acharné et technicien hors pair, il lui manque encore la finesse de trait »[38].

Dans les Cahiers du Cinéma, Charlotte Garson ne cache pas son incrédulité : « Toutes les scènes sont montées selon des effets de crescendo, voire d’orgasme, surlignés par l’insupportable mickeymousing du compositeur Justin Hurwitz, mais cette agitation tient du bouche-à-bouche désespéré, tout comme la surexpressivité du jeu d’acteur présentée comme un feu sacré »[38].

Box-office[modifier | modifier le code]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Récompenses[modifier | modifier le code]

Nominations[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. SensCritique, « Babylon - Film (2022) », sur SensCritique (consulté le )
  2. Maanya Sachdeva, « Diego Calva: Fans 'frustrated' over Mexican actor 'being left out of headlines' about Babylon », sur The Independent, (consulté le ).
  3. Antoine Desrues, « Babylon : critique à la lumière d'Hollywood », sur Écran large, (consulté le )
  4. (en) Release info sur l’Internet Movie Database.
  5. « Babylone », sur Cinoche (consulté le ).
  6. Brigitte Baronnet, « Babylon : Brad Pitt fait le show à l'avant-première parisienne du film de Damien Chazelle », sur Allociné, (consulté le ).
  7. (en) Mike Fleming Jr., « Brad Pitt Also Circling Damien Chazelle's Period Hollywood Babylon With Emma Stone », sur deadline.com, (version du 5 juillet 2021 sur l'Internet Archive).
  8. (en) Mike Fleming Jr., « Paramount Lands WW Rights On Damien Chazelle's Babylon With Emma Stone, Brad Pitt Circling Period Hollywood Drama », sur deadline.com, (version du 24 mai 2021 sur l'Internet Archive).
  9. (en) Zach Sharf, « Brad Pitt Relives the Fight Club World Premiere and Being Stoned As the Film Bombed », sur indiewire.com, (version du 11 juin 2021 sur l'Internet Archive).
  10. (en) Mike Fleming Jr., « Emma Stone Exits Damien Chazelle's Babylon; Margot Robbie In Early Talks To Reunite With Brad Pitt In Period Hollywood Drama », sur deadline.com, (version du 29 mars 2021 sur l'Internet Archive).
  11. a et b (en) « Damien Chazelle Casts Li Jun Li as Anna May Wong in Babylon », sur collider.com, (version du 19 décembre 2020 sur l'Internet Archive).
  12. a et b (en) Mia Galuppo, « Margot Robbie in Talks to Replace Emma Stone in Damien Chazelle's Babylon », sur hollywoodreporter.com, (version du 6 août 2021 sur l'Internet Archive).
  13. (en) Justin Kroll, « Fences Star Jovan Adepo Joins Ensemble Of Damien Chazelle's Babylon At Paramount », sur deadline.com, (version du 6 juin 2021 sur l'Internet Archive).
  14. (en) Borys Kit, « Rising Mexican Actor Nabs "Critical" Role Opposite Margot Robbie, Brad Pitt in Damien Chazelle's Babylon », sur hollywoodreporter.com, (version du 29 juin 2021 sur l'Internet Archive).
  15. (en) Anthony D'Alessandro, « Katherine Waterston Joins Damien Chazelle's 1920s Hollywood Pic Babylon », sur deadline.com, (version du 20 juin 2021 sur l'Internet Archive).
  16. (en) Anthony D'Alessandro, « Max Minghella, Flea, Samara Weaving & More Round Out Cast For Damien Chazelle's Babylon », sur deadline.com, (version du 25 juin 2021 sur l'Internet Archive).
  17. a et b (en) Borys Kit, « Olivia Wilde, Spike Jonze, Phoebe Tonkin, Tobey Maguire Join Damien Chazelle's Babylon(Exclusive) », sur hollywoodreporter.com, (version du 10 juillet 2021 sur l'Internet Archive).
  18. (en) Borys Kit, « Jean Smart Joins Brad Pitt, Margot Robbie in Damien Chazelle’s ‘’Babylon (Exclusive) », sur hollywoodreporter.com, (version du 12 juillet 2021 sur l'Internet Archive).
  19. (en) Anthony D'Alessandro, « Paramount Pictures’ Babylon Rounds Out Cast With Chloe Fineman, Jeff Garlin & Troy Metcalf », sur deadline.com, (version du 2 août 2021 sur l'Internet Archive).
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  25. (en) Bryn Sandberg, « Damien Chazelle's Babylon Among 13 Films Set to Shoot in California in 2020 », sur hollywoodreporter.com, (version du 28 décembre 2019 sur l'Internet Archive).
  26. (en) « Extras needed for Babylon movie filming near SCV », sur signalscv.com, (version du 9 juillet 2021 sur l'Internet Archive).
  27. (en) Locations sur l’Internet Movie Database.
  28. https://music.apple.com/us/album/babylon-music-from-the-motion-picture/1653477795
  29. https://www.rollingstone.com/tv-movies/tv-movie-news/first-songs-score-damien-chazelle-babylon-1234628073/
  30. https://www.cinezik.org/infos/affinfo.php?titre0=20221212184246
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Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]