BARF

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BARF est un régime alimentaire pour les animaux. L'acronyme est en anglais pour « Biologically Appropriate Raw Food », ce qui veut dire en français « Nourriture crue biologiquement appropriée ». Cela consiste à rapprocher l'alimentation la plus naturelle possible sans ajout ni céréales. Soit de la viande pour des carnivores.

Principe du BARF[modifier | modifier le code]

Chien en train de manger un cou d'agneau cru

Le régime alimentaire BARF est une mode sociale[réf. nécessaire]. Une personne se présente comme un expert ou comme un coach, on parle du « prescripteur », auprès du public, on parle des « auditeurs » ou des « récepteurs ». Éventuellement, le prescripteur vend des produits conformes au concept, ou des séances de formation au concept présentées comme du coaching, une initiation, ou un loisir. Une approche « naturelle », « physiologique » et « biologique » est prônée, sans toutefois faire référence aux labels de l'agriculture biologique, qui existent pourtant pour l'alimentation animale. Il est aussi question de « respect » de l'animal, de sa « biologie » (alors que la biologie est une science humaine), et de « ses choix ». Or, en Europe il est un principe culturel commun que c'est au maitre de faire les meilleurs choix pour son animal comme le ferait un parent pour son enfant (droit romain, codifié en France par le code civil).

Les scandales alimentaires tels que ceux de la vache folle, du lait frelaté, ou du minerai de cheval étiqueté bœuf favorisent le développement de tels principes. Le fait de prescrire de la viande crue plutôt que cuite est une particularité qui fait le charme de ce régime, et un argument choc : les chiens dans la nature ne font pas cuire leur proies. Cet argument est à nuancer, car le chien est l'exemple type d'une espèce domestique créée par l'homme et pour l'homme, à l'aide de croisements sur des millénaires.

Le BARF prône une alimentation exclusivement carnivore pour un chat[réf. nécessaire], alors qu'on peut observer qu'un chat sauvage (en Andalousie par exemple), se nourrit volontiers de jeunes pousses d'herbe (généralement de l'orge) en plus des habituels rongeurs. De plus, ses besoins nutritionnels et le fonctionnement de son appareil digestif sont très connus de la médecine. C'est pourquoi, un vétérinaire ayant suivi une formation académique en France dirait qu'un chat domestique peut très bien être nourri d'un peu de poulet cuit, de riz et de carottes comme un humain, tant que son alimentation n'est ni salée ni grasse. Néanmoins, en l'absence totale d'étude scientifique, faute d'intérêt financier, il est impossible de valider ou d'invalider le principe du BARF.

Née en Australie, autour de l’alimentation du chien, la mode se propage ensuite à d'autres espèces animales domestiquées, chats et furets.

Chaque animal étant différent, il est important de surveiller ses réactions à l'alimentation, ses changements de comportement lors d'une période de transition entre l'ancienne alimentation et le régime Barf[1], et d'être attentif à ses douleurs, qui peuvent par exemple provenir d'une occlusion intestinale provoquée par un morceau d'os ingurgité.

Pour toutes les viandes crues, voire cuites s'agissant de celle de sanglier, il faut faire attention aux infections parasitaires et bactériologiques. Par exemple le saumon du Pacifique (Pacifique est le nom de l'espèce, qui peut se trouver également en Atlantique), peut être infecté par un trématode porteur d'un agent infectieux mortel pour les canidés[2].

Histoire[modifier | modifier le code]

Le régime BARF est un régime mis au point par le Dr Ian Billinghurst, un vétérinaire australien[réf. nécessaire]. Il est composé d’os charnus, de fruits et de légumes réduits en purée, d’abats et de suppléments tels que les algues, le yogourt, diverses huiles, la levure de bière, etc. Le nettoyage des dents est assuré par la mastication des os.

Sur le marché de l’alimentation naturelle, il s’agit du régime le plus populaire et la documentation sur le sujet est abondante que ce soit sur Internet ou en librairie. Elle convient très bien à la majorité des chiens, chats et furets, mais doit être adaptée pour ces deux derniers. La part végétale devra être réduite dans le cas du chat, et supprimée dans le cas du furet. La part d'os charnus devrait également être diminuée chez le chat, car ses besoins en calcium et phosphore seraient réduits selon ce vétérinaire[réf. nécessaire].

Le vétérinaire australien Tom Lonsdale, reprend à son compte ce régime et le nomme « Raw Feeding », ce qui signifie alimentation crue, mais aussi alimentation brute.

Théories[modifier | modifier le code]

En principe, les vétérinaires académiques recommandent une part d'alimentation végétale même pour des carnivores. Les pratiquants du BARF n'ignorent pas cette recommandation, quitte à adapter le principe fondamental du BARF. En effet, les légumes et les fruits constituent un apport très important en fibres et vitamines.

Il existe deux théories chez les adeptes de l'alimentation crue. La première est de dire que les carnivores, lorsqu'ils mangent leur proie, mangent également leur estomac entier, qui contient des végétaux digérés. La seconde théorie est la même, à la nuance que le loup sauvage secouerait l'estomac de sa proie avant de la manger, exprès pour en extraire les végétaux digérés[réf. nécessaire]. Néanmoins, cette théorie appliquée au chat conclut que les chats, quant à eux, consommeraient prioritairement la tête de leur proie et peu le tube digestif, ce qui équivaut à moins de fibres consommées.

On peut constater que de nombreux chiens consomment spontanément des fruits. Néanmoins, certains prescrivent de réduire les légumes et les fruits en purée afin qu'ils soient plus facilement digérés par le chien. En cela on s'éloigne encore du concept original de régime « animal » et de « choix de l'animal ». Aussi, les légumes et fruits (pour les chiens) doivent être donné cru, à l'exception de certains légumes (le poireau et le haricot vert doivent être donnés cuits). Les glandes salivaires du chien ne produisent pas d'amylase (enzyme qui permet la digestion de l'amidon) [3]. Le « cru » du principe est donc réservé à la viande.

Le kefir de lait est le seul laitage admis ou recommandés dans le régime BARF si problème digestif, parce qu'ils contiennent des probiotiques.


Le régime contient depuis son originaire australienne, des algues, plus précisément du varech. Normalement les algues traversent le tube digestif sans être digérées mais apportent des vitamines A, B1, B3, B5, B6, B9, B12, C et E, ainsi que du zinc, du brome, du calcium, de la choline, du cuivre, de l'iode (en quantité importante), du potassium, du sélénium, du sodium et du soufre.

Il contient également des céréales de luzerne (alfalfa), qui contient les vitamines A, B1, B6, C, E, K ET U, ainsi que du Bêta-carotène, de la niacine, de l'acide pantothénique, de la biotine, de l'acide folique, du calcium, du phosphore, du potassium, du magnésium, du fer, du zinc, du cuivre, des protéines, des acides aminés, des oligoéléments et des fibres. Comme souvent pour les Poaceae, les graines ne sont pas comestibles car elles contiennent des toxines naturelles.

L'usage de la luzerne est parfois contesté par certains maîtres qui peuvent observer d'importantes réactions allergiques chez leurs animaux. Il est donc important de l'introduire avec parcimonie la première fois.

Chien mangeant un œuf dur

L'œuf est considéré comme une viande normale. La coquille de l'œuf est une source importante de calcium et est proposée au chien avec le reste de l'œuf.

Cependant le blanc d’œuf cru contient une glycoprotéine inhibitrice de croissance, l'avidine.

Il faut être attentif aux apports d'acides gras polyinsaturés, appelés couramment « oméga 3 et 6 ». Si l'équilibre n'est pas trouvé, l'animal est exposé à de graves maladies[4] L'ajout de complément dans une alimentation barf n'étant nécessaire que si l'animal en a réellement besoin (arthrose, problème de peau, etc.). L'ajout de complément sans la moindre nécessité peu importe l'âge peut engendrer des conséquences comme de l'hypervitaminose.

Le taux de cendres est lui aussi très important, car si celui-ci est supérieur à 4 %, il y a de gros risques sur le long terme, de retrouver des maladies du foie et des reins.

Whole Feeding[modifier | modifier le code]

Chien mangeant une pintade crue, plumée

La diète Whole Feeding, qui signifie « alimentation complète », consiste à donner des proies entières, comme des volailles non plumées et non vidées, ou des proies partiellement reconstituées, quand il s'agit de grands animaux. L'idée est qu'en donnant des proies entières les proportions os, viande, abats soient naturellement respectées.

Cette mode est pratiquée également pour l'alimentation humaine (à l'exception des os), comme l'a popularisée le milliardaire Mark Zuckerberg.

De plus, ce mode d'alimentation ne repose pas sur un rythme régulier. À une période où la nourriture sera donnée en quantité supérieure aux besoins de l'animal succèdera une période de jeûne.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Transition vers le BARF », sur barfdiscount.fr
  2. Saladin, Claire Caractérisation et diversité génétique des ehrichioses canines en Guadeloupe, École Nationale Vétérinaire d'Alfort, 2007, p. 47et 48
  3. Erik Axelsson, Abhirami Ratnakumar, Maja-Louise Arendt, Khurram Maqbool, Matthew T. Webster, Michele Perloski, Olof Liberg, Jon M. Arnemo, Åke Hedhammar et Kerstin Lindblad-Toh, « The genomic signature of dog domestication reveals adaptation to a starch-rich diet », Nature, no 495,‎ , p. 360-364 (DOI 10.1038/nature11837, lire en ligne)
  4. (en) National Research Council (U.S.). Subcommittee on Dog Nutrition, Nutrient requirements of dogs, vol. 8, Washington, D.C., National Academy of Sciences, coll. « Nutrient requirements of domestic animals », , 71 p. (ISBN 0-309-02315-7, lire en ligne), p. 5-6

Liens externes[modifier | modifier le code]

Le site du BARF français