BARF

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche


BARF est un régime alimentaire pour les animaux. L'acronyme est en anglais pour « Biologically Appropriate Raw Food », ce qui veut dire en français « Nourriture crue biologiquement appropriée ». Cela consiste à rapprocher l'alimentation la plus naturelle possible sans ajout de compléments ni céréales. Soit de la viande pour des carnivores.

Principe du BARF[modifier | modifier le code]

Chien en train de manger un cou d'agneau cru

Le BARF prône une alimentation exclusivement carnivore pour un chat[réf. nécessaire]. Née en Australie, autour de l’alimentation du chien, la mode se propage ensuite à d'autres espèces animales domestiquées, chats et furets.

Chaque animal étant différent, il est important de[évasif] surveiller ses réactions à l'alimentation, ses changements de comportement lors d'une période de transition entre l'ancienne alimentation et le régime Barf, et d'être attentif à ses douleurs, qui peuvent par exemple provenir d'une occlusion intestinale provoquée par un morceau d'os ingurgité.

Pour toutes les viandes crues, voire cuites s'agissant de celle de sanglier, il faut faire attention[évasif] aux infections parasitaires et bactériologiques. Par exemple le saumon du Pacifique (Pacifique est le nom de l'espèce, qui peut se trouver également en Atlantique), peut être infecté par un trématode porteur d'un agent infectieux mortel pour les canidés[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Le régime BARF est un régime mis au point par Ian Billinghurst, un vétérinaire australien[réf. nécessaire]. Il est composé d’os charnus, de fruits et de légumes réduits en purée, d’abats et de suppléments tels que les algues, le yaourt, diverses huiles, la levure de bière, etc. Le nettoyage des dents est assuré par la mastication des os.

Sur le marché de l’alimentation naturelle, il s’agit du régime le plus populaire et la documentation sur le sujet est abondante que ce soit sur Internet ou en librairie. Elle convient très bien à la majorité des chiens, chats et furets, mais doit être adaptée pour ces deux derniers. La part végétale devra être réduite dans le cas du chat, et supprimée dans le cas du furet. La part d'os charnus devrait également être diminuée chez le chat, car ses besoins en calcium et phosphore seraient réduits selon ce vétérinaire[réf. nécessaire].

Le vétérinaire australien Tom Lonsdale, reprend à son compte ce régime et le nomme « Raw Feeding », ce qui signifie alimentation crue, mais aussi alimentation brute.

Ces grands principes sont les fondements du régime BARF mais ne constituent pas pour autant une garantie d'équilibre ou d'adéquation nutritionnelle pour chaque animal.

Théories[modifier | modifier le code]

En principe[évasif], les vétérinaires académiques recommandent une part d'alimentation végétale même pour des carnivores. Les pratiquants du BARF n'ignorent pas cette recommandation, quitte à adapter le principe fondamental du BARF. En effet, les légumes et les fruits constituent un apport très important en fibres et vitamines, mais les quantités sont généralement trop pauvres (1 cuillère à soupe pour 10kg de poids vif). En revanche, les féculents et autres céréales sont totalement proscrites et considérées délétères et inutiles.

Il existe deux théories chez les adeptes de l'alimentation crue. La première est de dire que les carnivores, lorsqu'ils mangent leur proie, mangent également leur estomac entier, qui contient des végétaux digérés. La seconde théorie est la même, à la nuance que le loup sauvage secouerait l'estomac de sa proie avant de la manger, exprès pour en extraire les végétaux digérés[réf. nécessaire]. Néanmoins, cette théorie appliquée au chat conclut que les chats, quant à eux, consommeraient prioritairement la tête de leur proie et peu le tube digestif, ce qui équivaut à moins de fibres consommées.

On peut constater que[évasif] de nombreux chiens consomment spontanément des fruits. Néanmoins, certains prescrivent de réduire les légumes et les fruits en purée afin qu'ils soient plus facilement digérés par le chien. En cela on s'éloigne encore du concept original de régime « animal » et de « choix de l'animal ». Aussi, les légumes et fruits (pour les chiens) doivent être donné cru, à l'exception de certains légumes (le poireau et le haricot vert doivent être donnés cuits). Les glandes salivaires du chien ne produisent pas d'amylase (enzyme qui permet la digestion de l'amidon) [2]. Le « cru » du principe est donc réservé à la viande.

Le kefir de lait est le seul laitage admis ou recommandés dans le régime BARF si problème digestif, parce qu'ils contiennent des probiotiques.

Le régime contient depuis son originaire australienne, des algues, plus précisément du varech. Normalement les algues traversent le tube digestif sans être digérées mais apportent des vitamines A, B1, B3, B5, B6, B9, C et E, ainsi que du zinc, du brome, du calcium, de la choline, du cuivre, de l'iode (en quantité importante), du potassium, du sélénium, du sodium et du soufre.

Il contient également des céréales de luzerne (alfalfa), qui contient les vitamines A, B1, B6, C, E, K ET U, ainsi que du Bêta-carotène, de la niacine, de l'acide pantothénique, de la biotine, de l'acide folique, du calcium, du phosphore, du potassium, du magnésium, du fer, du zinc, du cuivre, des protéines, des acides aminés, des oligoéléments et des fibres. Comme souvent pour les Poaceae, les graines ne sont pas comestibles car elles contiennent des toxines naturelles.

L'usage de la luzerne est parfois contesté par certains maîtres qui peuvent observer[évasif] d'importantes réactions allergiques chez leurs animaux. Il est donc important de l'introduire avec parcimonie la première fois.

Chien mangeant un œuf dur

L'œuf est considéré comme[évasif] une viande normale. La coquille de l'œuf est une source importante de calcium et est proposée au chien avec le reste de l'œuf.

Cependant le blanc d’œuf cru contient une glycoprotéine inhibitrice de croissance, l'avidine.

Il faut être attentif[évasif] aux apports d'acides gras polyinsaturés, appelés couramment « oméga 3 et 6 ». Si l'équilibre n'est pas trouvé, l'animal est exposé à de graves maladies[3] L'ajout de complément dans une alimentation barf n'étant nécessaire que si l'animal en a réellement besoin (arthrose, problème de peau, etc.). L'ajout de complément sans la moindre nécessité peu importe l'âge peut engendrer des conséquences comme de l'hypervitaminose.

La réalité derrière les croyances[modifier | modifier le code]

Lorsque les grands principes sont remis en perspective et en correlation avec les besoins nutritionnels connus du chien[4] , il est aisé de se rendre compte que le modèle enseigné n'est pas un gage de qualité.

Le BARF propose la répartition suivante:

  • 45% de viande musculaire
  • 45% d'os charnu
  • 5% de foie
  • 5% autre abat
  • 1 cuillère à soupe de fruits et légumes mixés pour 10kg PV
  • 1 cuillère à café d'huile (animale de préférence) pour 10kg PV

Selon les quantités suivantes:

  • 2% du poids de l'animal si il doit maigrir
  • 2.5% du poids de l'animal si il doit rester stable
  • 3% et plus si il doit grossir
  • entre 6 et 10% pour les chiots en croissance

Malheureusement, ces modèles ne sont pas équilibrés en terme d'apport énergétique et nutritionnel.

Les principales carences sont :

  • Vitamine E
  • Zinc
  • Cuivre
  • B1, B2, B6
  • Iode
  • Acide alpha linolénique (omega 3)
  • Ratio phosphocalcique <1 avec la plupart des os charnus

On notera également un excès de phosphore en raison de la grande quantité d'os charnus.

Un BARF équilibré est néanmoins possible et faisable. On l'appellera alors PMR+

Pour être équilibré, un BARF doit tenir compte:

  • Du besoin énergétique réel de l'animal
  • De ses besoins nutritionnels
  • De l'équilibre entre les macro et micro nutriments

Pour être équilibré, un BARF doit contenir:

  • Des aliments variés dans des quantités appropriées
  • Des huiles végétales
  • Des féculents dans certains cas (croissance, sénior, chien sportif)
  • Des fibres en quantité suffisante
  • Des compléments alimentaires pour couvrir ce que l'alimentation ne peut pas couvrir


Les principaux bienfaits constatés après avoir rééquilibré un BARF classique :

  • Meilleur poil
  • Digestion constante
  • Poids stabilisé
  • Meilleure énergie

Le Prey Model[modifier | modifier le code]

Chien mangeant une pintade crue, plumée

Le Prey Model est une variante du BARF qui repose sur les mêmes grands principes à l'exception qu'il exclut tout fruit et légume ainsi que tout apport d'huile. Ce régime constitue un risque supplémentaire en terme de déséquilibre puisqu'il comporte un déficit en acides gras essentiels et en fibres indispensables à une digestion saine,en plus des déséquilibres communs au BARF.

Le risque sanitaire du BARF[modifier | modifier le code]

Au BARF comme au Prey Model, le grand principe commun est que rien ne doit être donné cuit. Si cette logique est erronée quant à la nécessité physiologique de distribuer la viande crue pour des raisons de digestion et de "nature", elle peut être un moyen de faciliter la logistique et la préparation des repas, la cuisson nécessitant naturellement plus de temps et de manipulation.

Le principal risque vient du fait que la plupart des propriétaires commandent de grandes quantités de nourriture congelée sur internet. Persuadés que l'estomac d'un carnivore peut supporter plusieurs décongélations et recongélations, les propriétaires n'hésitent pas à laisser décongeler 24h des dizaines de kilos de viande pour les recongeler ensuite, favorisant une prolifération bactérienne conséquente, pouvant poser problème à la fois pour l'animal et pour son entourage dans le cas où il excrèterait les bactéries ingérées dans son environnement. Ceci est démontré par plusieurs études réalisées sur la consommation de produits BARF hachés tout prêts, démontrant que les bactéries de type salmonelles ingérées étaient excrétées.

Afin de limiter le risque, et si le propriétaire ne souhaite pas cuire la viande, même en surface, il est impératif de distribuer une nourriture fraîche, ou n'ayant subi qu'une seule congélation, et de qualité consommation humaine (grandes surfaces, boucheries...).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Saladin, Claire Caractérisation et diversité génétique des ehrichioses canines en Guadeloupe, École Nationale Vétérinaire d'Alfort, 2007, p. 47et 48
  2. Erik Axelsson, Abhirami Ratnakumar, Maja-Louise Arendt, Khurram Maqbool, Matthew T. Webster, Michele Perloski, Olof Liberg, Jon M. Arnemo, Åke Hedhammar et Kerstin Lindblad-Toh, « The genomic signature of dog domestication reveals adaptation to a starch-rich diet », Nature, no 495,‎ , p. 360-364 (DOI 10.1038/nature11837, lire en ligne)
  3. (en) National Research Council (U.S.). Subcommittee on Dog Nutrition, Nutrient requirements of dogs, vol. 8, Washington, D.C., National Academy of Sciences, coll. « Nutrient requirements of domestic animals », , 71 p. (ISBN 0-309-02315-7, lire en ligne), p. 5-6
  4. Nutrient Requirements of Cats,, National Academies Press, (ISBN 978-0-309-03682-5, lire en ligne)