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Bérenger Saunière

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Bérenger Saunière
Image illustrative de l’article Bérenger Saunière
L'abbé Saunière quelques années avant sa mort.
Biographie
Naissance
Montazels (France)
Ordination sacerdotale
Décès (à 64 ans)
Rennes-le-Château (France)
Autres fonctions
Fonction religieuse
Fonction laïque
  • Professeur au Grand Séminaire de Narbonne
  • Inventeur d'un hypothétique trésor
  • Entrepreneur et mécène

François-Bérenger Saunière, dit aussi abbé Saunière, est un prêtre catholique français, né le à Montazels, et mort le à Rennes-le-Château, deux villages situés dans le département de l'Aude.

Cet homme d'Église est principalement connu pour avoir dépensé d'importantes sommes d'argent durant son ministère effectué à Rennes-le-Château, du fait d'un important trafic de messes. Cet enrichissement reste étroitement associé, dans l'imaginaire collectif, à la découverte d'un hypothétique trésor par cet homme sur le site même du village, donnant lieu à l'affaire de Rennes-le-Château.

L'abbé Saunière a été l'objet d'une enquête de sa hiérarchie pour trafic de messes, qui entraîne une suspense a divinis. L'abbé a toujours eu d'ailleurs beaucoup de mal à s'expliquer, refusant de donner à sa hiérarchie des justifications claires et détaillées sur l'origine de sa fortune supposée[1].

En raison de cette affaire d'enrichissement due à un trésor supposé, mais enjolivée par de nombreux récits de fiction, des récits d'enquêtes de niveaux divers, et même de nombreux articles de presse et de reportages de télévision, l'abbé Saunière et la commune de Rennes-le-Château ont acquis une renommée internationale, notamment en Europe et dans les pays anglo-saxons.

Famille et enfance

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Château de Montazels dont Joseph Saunière, père du futur abbé, est le régisseur au service du marquis de Cazermajou.

La famille Saunière est originaire de Montazels, un petit village du département de l'Aude, situé à proximité de Couiza, non loin de la colline de Rennes-le-Château, celle-ci étant toujours visible en 2020 depuis l'ancienne maison familiale des Saunière.

Le grand-père de Bérenger se dénomme François Saunière et il exerce la profession de charpentier dans ce même village de Montazels. Avec son épouse, ils ont six enfants, dont le père du futur abbé, dénommé Joseph Saunière et un oncle dénommé Jean-Baptiste qui est également prêtre dans une paroisse située dans le Pays de la haute vallée de l'Aude à 10 km au nord-ouest de Couiza[2].

Joseph Saunière, son père, né en 1823 et décédé en 1895, épouse Margueritte Hugues le (décédée en 1909). Cet homme est gérant de minoterie, régisseur du château du marquis de Cazermajou. Il est également le maire du village de Montazels. La famille du futur abbé est donc une famille de notables locaux et leur maison, bien entretenue, est toujours visible en 2016, au cœur du petit village ; celle-ci offrant, en outre, une vue imprenable sur les collines du Razès, dont celle où émerge le village de Rennes-le-Château. Enfant, le futur abbé Bérenger Saunière connaît donc très bien la région et le secteur immédiat de sa future et dernière paroisse.

Joseph et Margueritte ont onze enfants, dont quatre décèdent en bas âge. Né le , Bérenger Saunière est le second enfant de la famille, mais il reçoit le statut de fils aîné du fait de la mort de son frère né en 1850 et décédé la même année. Bérenger Saunière a notamment un frère dénommé Jean-Marie Alfred mais connu sous le simple prénom d'Alfred, de trois ans son cadet. Celui-ci est également prêtre en 1878 ainsi qu'enseignant dans des établissements de la Compagnie de Jésus et professeur au petit séminaire de Narbonne. Il reçoit également le titre de précepteur chez le marquis de Chefdebien. Alfred Saunière est suspendu puis défroqué, et a une relation avec une certaine Marie-Émilie Salière avec laquelle il a au moins un enfant[3].

Formations et débuts professionnels (1874-1885)

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Bérenger Saunière entre en 1874 au Grand séminaire de Carcassonne où il apprend le latin, le grec ancien et, expérience plus exceptionnelle à ce niveau, des notions d'hébreu. Ses connaissances et ses aptitudes lui permettent de rester un certain temps au grand séminaire en qualité de professeur. D'autres sources citent le Grand séminaire de Narbonne comme son lieu d'exercice professoral[4].

Il devient diacre, puis est ordonné prêtre le ou le 7 juin[5]. Il est nommé à Alet-les-Bains le [5] pour une période de trois ans. Il est ensuite nommé, le , curé au village de Clat, petite bourgade isolée située sur les terres des Nègres d'Ables dont on retrouve le nom lorsque la fameuse histoire de trésor est évoquée quelques années plus tard[6].

Bérenger Saunière y reste trois ans avant de devenir professeur à Narbonne pour quelques mois. Selon de nombreuses sources, son attitude jugée trop indépendante lui valut d'être nommé à la paroisse de Rennes-le-Château, petite paroisse perdue dans la campagne audoise et présentant une église avec un presbytère délabré, mais bien connue de Bérenger Saunière[7].

Les premières années à Rennes-le-Château (1885-1891)

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Le village de Rennes-le-Château

Le bourg de Rennes-le-Château en 2016

Le village de Rennes-le-Château est situé dans la partie sud du département de l'Aude et plus précisément à 5 kilomètres au sud de Couiza. À l'arrivée de l'abbé Béranger Saunière, ce modeste village perché comptait un peu moins de 300 habitants.

Historiquement, le site de son bourg central correspond à un ancien oppidum et à l'emplacement d'une cité antique dénommé « Rhedae ».

Plusieurs facteurs ont vraisemblablement déterminé l'implantation d'une agglomération protohistorique sur ce site, à commencer par son emplacement géographique remarquable contrôlant l'important carrefour naturel formé par la confluence de l'Aude et de la Sals, sa position de belvédère offrant un panorama découvert sur 360° et la présence d'importants gisements métallifères (cuivre et fer) dans les proches environs[8],[9].

Bérenger Saunière est nommé le , à l'âge de trente-trois ans, à la cure de Rennes-le-Château, village pauvre et isolé. Comptant 200 habitants à l'époque, il est durement touché par l'exode rural qui concerne, durant cette période, toute la région des Hautes Corbières. Selon le recensement public, le village a perdu, en 40 ans, la moitié de sa population, passée de 474 habitants (1851) à 241 habitants (1891).

Saunière arrive le 1er juin 1885[5]. Il est rémunéré 37 francs-or par mois[5]. Il découvre l'église dédiée à Marie Madeleine, édifice du XIIe siècle[10], qui est est délabrée ; des planches remplacent les vitraux cassés par les rafales de vent, la toiture est percée, la pluie a fait des ravages à l'intérieur, et le presbytère est inhabitable. Saunière est contraint de loger chez une paroissienne, Antoinette Marre[11],[7]. Saunière fait la connaissance de l'abbé Boudet, qui officie depuis 19 ans à Rennes-les-Bains, en contrebas du village[5].

Saunière fait ses premières homélies rapidement. Emporté par ses convictions monarchistes, il n'hésite pas à diaboliser, dès son arrivée, la jeune République et, lors des élections législatives françaises de 1885, il conseille un vote royaliste au cours d'une de ses homélies[12]. Le maire de Rennes-Le-Château s'en plaint au ministre des cultes, si bien que le préfet de l'Aude lui notifie une décision ministérielle prise par René Goblet, ministre des Cultes du Gouvernement de Freycinet[13], qui le suspend de tout revenu pendant six mois à partir de décembre 1885.

L'évêque de Carcassonne Paul-Félix Arsène Billard le nomme professeur de philosophie au petit séminaire de Narbonne afin de ne pas le priver de ressources[14]. Cette suspension de revenus est signalée dans la presse nationale, L'Univers, journal ultra-légitimiste, évoque le cas de Saunière et d'autres prêtres et parle à leur encontre de « persécution »[15]. Alfred Saunière, frère de l'abbé, enseigne aussi au petit séminaire, et est alors très actif au sein du Cercle catholique de Narbonne, déclinaison locale des cercles catholiques créés par un allié d'Henri d'Artois, comte de Chambord[12].

De retour à Rennes en juin 1886, Saunière obtient un don de 3 000 francs-or de la veuve d'Henri d'Artois pour faire rénover l'église[12]. Grâce à l'aide d'un commerçant limonadier du village voisin de Luc-sur-Aude, compétent en travaux de maçonnerie et dénommé Elie Bot, l'abbé Saunière put entamer dès 1886 les rénovations les plus urgentes (toiture, presbytère) avec les dons de quelques paroissiens et de certaines de ses connaissances extérieures au village[note 1], ce qui lui permet de s'installer au presbytère. Ces travaux considérés comme déjà coûteux ne furent pourtant réalisés que sur une longue période, Élie Bot n'effectuant ses interventions qu'en fin de semaine, après ses activités professionnelles. Au fil du temps, le limonadier devient le maçon attitré du curé de Rennes-le-Château[16].

Durant cette même période, l'abbé Saunière prend une décision qui choque certains de ses paroissiens et paroissiennes : le prêtre engage comme gouvernante une jeune servante de dix-huit ans, Marie Denarnaud (le droit canon impose un âge de quarante ans pour une telle fonction). Celle-ci est considérée comme dépassant ce simple rôle, ce qui entraîne des médisances dans le village, entretenues par le fait qu'elle devient plus tard sa légataire universelle. Christian Doumergue trouve dans leur correspondance personnelle que le prêtre l'appelle « ma petite Marie de Magdala » ou « [m]a petite Marinette », lui écrit quotidiennement dès lors qu'il n'est pas à Rennes-le-Château, et signe « Ton Bérenger »[12]. L'abbé la garda auprès de lui jusqu'à sa mort, qui survint en 1917. Marie décède en 1953.

Découvertes et enrichissement (1887 - 1905)

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Travaux de rénovations, de fouilles et de « découvertes »

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L'abbé Bérenger Saunière devant le porche de l'église de Rennes-le-Château (date inconnue)

Des témoignages concordent pour indiquer que Saunière se lance à la fin des années 1880 dans une rénovation d'ampleur de son église, et notamment de la toiture, pour éviter les infiltrations et les fuites. La trace la plus ancienne d'une rénovation du sol de l'église date de juin 1887[5]. En juillet 1887, il aurait fait procéder au remplacement du maître-autel grâce à un don de 700 francs fait par une lointaine paroissienne dénommée Marie Cavailhé de Coursan. On aurait trouvé un ou des parchemins dans une cache[12].

L'église de Rennes-le-Château

Église Sainte-Marie-Madeleine de Rennes-le-Château

L'église Sainte-Marie-Madeleine de Rennes-le-Château est dédiée à Marie Madeleine et date probablement du XIe siècle et fut à l'origine la chapelle des comtes du Razès. Elle est partiellement détruite lors des guerres de Religion[17].

L'aménagement intérieur et la décoration datent de la période où l'abbé Saunière officiait. À gauche de l'entrée, le visiteur peut découvrir un diable soutenant un bénitier. Les murs sont recouverts de peintures en relief dans un style assez classique et populaire. La dalle dite « des chevaliers » fut découverte dans cette église[18].

Plusieurs éléments (peintures, statuaire) ont fait l'objet de nombreuses interprétations de la part de nombreux chercheurs de trésors[19].

L'église est inscrite au titre des monuments historiques en 1994[10].

En 1891, il procède à de nouvelles découvertes : face au maître-autel, il découvre avec l'aide de ses ouvriers une dalle sculptée dite « du Chevalier »[20]. Cette dalle aurait donné accès à une crypte, répertoriée dans un registre paroissial d'Ancien Régime comme étant le lieu de sépulture des seigneurs de Rennes-le-Château[12].

Le double ministère de l'abbé Saunière
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Église d'Antugnac.

Alors qu'il est déjà le curé en titre de la paroisse de Rennes-le-Château, Béranger Saunière est nommé curé « intérimaire » de la paroisse du village d'Antugnac, durant un peu plus d'un an, du au , jour de l'arrivée du nouveau curé de la paroisse, l'abbé Gaudissart. Béranger Saunière se rendait à ce village à pied depuis Rennes-le-château pour y officier en empruntant un chemin qu'il connaissait bien puisque cela consistait à traverser en grande partie le territoire de sa commune natale, Montazels[21]. Béranger Saunière a rédigé un livre évoquant son passage à Antugnac (publié en 1984, cf. bibliographie).

L'accusation de pillage de tombes
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En 1892, à la fin des principaux travaux liés à l'aménagement de l'église, Saunière commence à s'intéresser à l'environnement immédiat de son église, dont le presbytère, le cimetière et les chemins qui y mènent. C'est également cette année-là que Marie Dénarnaud s'installe à demeure avec sa famille dans le presbytère[22]. Les villageois se rendent compte que le curé aidé par sa servante commence à creuser dans le cimetière contigu à l'église.

En mars 1895, le conseil municipal de Rennes-le-Château, qui a constaté plusieurs dégradations nocturnes opérées par l'abbé Saunière dans le cimetière, adresse deux lettres de plainte au préfet de l'Aude[23]. Les villageois constatent que Saunière s'absente de manière plus fréquente de sa paroisse et de son église, souvent pour plusieurs jours, ou le surprennent à réaliser des fouilles dans la campagne avoisinante. Pendant ses voyages, il est muni d'une valise qu'il transporte à dos d'âne, ou, selon d'autres témoignages des paroissiens, d'une hotte de vendangeur sur les épaules, censée contenir des pierres ramassées pour la décoration de son église ou de la grotte de son jardin[24].

Les grands travaux
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La Tour Magdala, la création la plus emblématique de l'abbé Saunière.

L'abbé Saunière, qui semblait avoir toujours vécu, jusqu'en 1890, dans une certaine pauvreté, donne l'impression qu'après avoir procédé à de simples opérations de restauration, se lance à compter des années 1891 et 1892 dans des dépenses somptuaires pour son église, son presbytère et l'environnement proche de ces deux bâtiments, dépenses apparemment à ses frais. Il entreprend une rénovation complète de l'église selon ses goûts, achevée en 1897.

En 1898[12], Saunière achète six terrains à Rennes-le-Château, au nom de sa servante, Marie Dénarnaud, qu'il désigne comme sa légataire principale[note 2]. Une villa commence à être construite par Élie Bot à partir de 1905[12]. Si Saunière envisage d'appeler sa villa « villa de Marie », il décide finalement de l'appeler villa Bethania (ou villa Béthanie), probablement afin d'éviter toute confusion avec Marie Dénarnaud, sa servante[12]. La tour Magdala est érigée dans un style gothique, et porte initialement les noms de « tour du Midi » ou « tour de l'Horloge »[12]. Une autre tour est érigée en verre et est reliée à la tour Magdala par un chemin de ronde. La villa est achevée en 1902[12]. Saunière fait ensuite aménager le jardin jardin d'agrément avec une ménagerie (où sont réunis des singes, des aras), une serre. En 1906, les travaux de construction sont achevés[12].

En 1908, les travaux, incluant ceux du jardin, sont tous quasiment achevés[12]. Saunière continue de vivre dans le presbytère. Saunière, dit-on, y accueille de hautes personnalités, leur offrant les mets et les alcools les plus raffinés[25]. Marie Dénarnaud accueille les invités, leur sert à manger et s'occupe d'eux[12]. Comme le rapporte Doumergue, la villa Béthanie est décorée avec des « papiers peints Art nouveau », dispose d'une « lampe chinoise », et on y trouve une peinture d'Alfons Mucha, achetée dans la boutique parisienne Home Decor[12].

L'œuvre architecturale la plus célèbre de l'abbé (et la plus représentée en photo) est sans aucun doute la tour Magdala qu'il bâtit au bord de la colline. Cette petite tour, aujourd'hui visitable, comme l'ensemble du domaine, abrite sa bibliothèque. Dans sa villa, il accueille des invités de marque qui viennent de très loin, mais dont l'identité reste obscure. La villa sert à loger les invités[26]. Doumergue écrit que « nombre de ses relations appartiennent aux classes élevées, qu’elles soient aristocratiques ou bourgeoises »[12]. Saunière est alors proche notamment de Jacques et Michel Sabatier, riches vendeurs de vins et spiritueux de Carcassonne[12].

Le luxe de l'abbé fait murmurer les villageois et grincer des dents. Saunière apprécie la vente par correspondance et commande des habits à Marie Dénarnaud à La Samaritaine comme au Bon Marché, à Paris, ou encore aux Grands Magasins du Louvre[12]. De plus, Saunière fait éditer une série de 33 cartes postales centrées sur Rennes-le-Château et, plus souvent, sur ses constructions[12]. Il commence à recevoir des lettres critiques anonymes, auxquelles il ne réagit pas, les considérant comme le fruit de la jalousie[12].

Les années difficiles (1905 - 1917)

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Ennuis avec la justice catholique

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Durant les dix premières années de ce nouveau siècle, l'abbé Saunière continue à dépenser sans compter (collections de timbres pour lui-même, vêtements, bijoux et parures pour Marie[27]). Déjà sermonné par l'évêché dès 1901 mais sans conséquences, sous l'épiscopat de Félix-Arsène Billard, il connaît sous l'épiscopat de son successeur, Monseigneur Paul-Félix Beuvain de Beauséjour, de nouvelles pressions quant à l'origine de ses ressources. Bérenger Saunière les explique par l'envoi de nombreux dons de bienfaiteurs anonymes, mais le nouvel évêque constate que ses livres de compte sont truqués[28].

Pourtant, Saunière attire rapidement l'attention des autorités ecclésiastiques. Le 15 janvier 1909, il reçoit une lettre de l'évêché de Carcassonne, qui l'affecte à Coustouges, loin de Rennes-le-Château. Cela « ébranle » (Doumergue) Saunière, qui hésite sur la conduite à tenir[12]. Il répond par une lettre, à la fin du même mois, qu'il refuse de quitter le village. Saunière finit par démissionner de l’Église, ce que l'évêché accepte à la condition qu'il quitte Rennes-le-Château, ce qu'il refuse. Le maire prend sa défense et indique à l'évêché que, sans Saunière, les fidèles ne se rendront plus à l'église. Le 2 juillet, un abbé est nommé à Rennes-le-Château, l'abbé Marty. En février 1910, Saunière décide de lui faire concurrence, achète du mobilier religieux, et officie la messe à la villa Béthanie ; l'église de l'abbé Marty se vide[12]. Selon Doumergue, Saunière envisage alors de quitter Rennes-le-Château. Il passe en revue l'option de se retirer à Lourdes, et en août 1910, il « charge ainsi un courtier en immeuble de mettre le domaine en vente. La démarche n’aboutira pas » (Doumergue)[12].

L'évêché l'accuse de trafic de messes. Les gains de cette seule activité ont permis de financer les constructions et le mobilier alors que d'autres importants donateurs (milieux royalistes, dont le Cercle Catholique de Narbonne dont le frère de Bérenger, Jean Marie Alfred Saunière, est l'aumônier, puis le véritable porte-parole[26]) lui permettent d'acheter des terrains et faire don de fortes sommes aux familles nécessiteuses.

Pour se défendre, Saunière écrit à l'évêché de Carcassonne une défense, le 15 juillet 1910, indiquant qu'il ne peut indiquer l'origine de ses richesses sans trahir l'identité des donateurs ; il ajoute que la villa Béthanie a été érigée comme lieu d'accueil de prêtres âgés et sans demeure[12]. Ne convainquant pas, Saunière finit par être traduit devant l'officialité qui le suspend a divinis en , punition grave pour un prêtre en exercice. Il est alors remplacé par un autre curé. Il continue cependant malgré tout à donner des « messes à 4 francs » et cette affaire est évoquée dans la presse nationale[29]. Il renvoie son avocat, maître Mis, au profit d'un abbé spécialiste du droit canon, l’abbé Huguet. Faisant appel à Rome, il est réhabilité en 1913, puis définitivement interdit de messe en à la suite d'une nouvelle démarche de son évêque[30].

Demeurant toujours à Rennes-le-Château, Saunière, pourtant suspendu, continue à officier dans sa villa, grâce à une petite chapelle aménagée dans la véranda où la majorité des villageois pratiquants viennent le rejoindre, boudant les messes du nouveau curé. Au début des années 1910, Saunière envisage de vendre ses possessions et de déménager, mais il finit par changer d'avis ; en 1914, Doumergue rapporte qu'il rédige des lettres « évoqu[ant] [s]a volonté [...] de se lancer dans une nouvelle construction au sein du domaine. Il envisage cette fois l’érection d’un kiosque mauresque, qui lui servirait de bureau de travail »[12].

Durant la Première Guerre mondiale, Saunière, qui n'a, par ailleurs, pas pu récupérer son église, se voit soupçonné d'espionnage par d'autres villageois, hostiles au curé[31]. Quoi qu'il en soit, les rumeurs vont bon train sur le trésor de Saunière, beaucoup étant tout à fait rationnelles et impliquant une attitude frauduleuse : pillage de tombes, dons pour participer à un complot royaliste, trafic de messe sur une grande échelle, ce qui aurait entraîné des mises en scène et l'absence d'infirmation par l'abbé Saunière sur la découverte d'un supposé trésor, de façon à brouiller les pistes et masquer l'origine douteuse de ses ressources. La plupart des hypothèses farfelues ont été émises après la mort de l'abbé (voir chapitre suivant).

Décès d'Alfred Saunière

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Jean Marie Alfred, dit Alfred Saunière, frère cadet de trois ans de Bérenger et qui s'engagea comme lui dans la prêtrise, fut vicaire dans une paroisse nettement plus importante que celle de Rennes-le-Château, la petite ville d'Alzonne, bourgade très proche du siège du diocèse située à Carcassonne. Entre 1879 et 1892, il enseigna chez les jésuites[32].

Cet homme, qui mourut prématurément à l'âge de 50 ans, resta toujours très proche de Bérenger (permettant à certains chercheurs d'évoquer une certaine connivence voire une curieuse complicité entre eux[33]), mais sa vie fut nettement plus mouvementée. En 1897, il fréquenta de façon plus assidue la haute société locale, par exemple Madame du Bourg de Bozas, puis de Chefdebien, grand dignitaire de la franc-maçonnerie locale dont il devint le précepteur. Alfred dut cesser toute fonction et fut frappé, comme son frère aîné, de « suspens a divinis ». Il se retira en 1903 dans leur village familial de Montazels, où il vécut avec une femme plus jeune que lui et dénommée Marie Émilie Salière avec qui il a un enfant qui naît après la mort de son père.

Alfred Saunière connut une déchéance plus importante que celle de son frère et finit par décéder le , à la suite de ce qui semble une longue maladie.

Décès des abbés Rescanières et Boudet

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Avant la disparition des deux abbés de la paroisse voisine de Rennes-les-Bains survenue en 1915, l'abbé Saunière avait déjà connu la disparition de l'abbé Jean Antoine Gélis, curé de Coustaussa, sauvagement tué le . Cette mort a fait naître la supposition qu'il ait été codétenteur du secret de Saunière  car les deux hommes se connaissaient bien  , et que l'assassin ait cherché à récupérer des documents importants. Mais durant l'enquête, aucun élément ne permit d'impliquer directement ou indirectement l'abbé de Rennes-le-Château dans ce crime[34].

Le , mourut un coreligionnaire voisin, l'abbé Joseph Rescanières, curé de Rennes-les-Bains et successeur de l'abbé Henri Boudet dont certaines rumeurs et hypothèses prétendent qu'il aurait hérité des secrets de l'abbé Saunière[35]. L'abbé Boudet a longtemps été considéré comme très proche de l'abbé Saunière, mais sans véritable certitude. Cet abbé est l'auteur d'un ouvrage ésotérique très controversé : La Vraie langue celtique et le Cromlech de Rennes-les-bains[36], dont le contenu est scientifiquement intenable, car ce texte donne un rôle très ancien à la langue anglaise, pourtant reconnue par la linguistique comme s'étant formée durant l'époque médiévale. L'abbé Boudet décède de mort naturelle soixante jours après son successeur, l'abbé Joseph Rescanières. Ses archives passèrent dans la famille Saurel[37], la belle-famille de son frère Edmond.

Dernières années et décès

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Tombe de l'abbé Saunière à Rennes-le-Château.

Les sept dernières années de Bérenger Saunière semblent être vécues de façon plus difficiles sur le plan matériel. D'une part celui-ci n'est plus le curé officiel de la paroisse et si l'accusation de trafic de messe est fondée, celui-ci ne peut plus s'adonner à ce genre d'escroquerie, puisque, d'une part, il ne peut plus officier et que d'autre part, il ne peut plus recevoir le courrier destiné à la paroisse et donc de l'argent d'éventuels donateurs. De plus, en 1914, la Première Guerre mondiale survient et ses soutiens ou donateurs éventuels ont d'autres préoccupations[38].

Saunière n'abandonne toutefois pas sa volonté d'être réintégré comme prêtre. En août 1916, les manœuvres judiciaires de l'abbé Huguet, avocat de Saunière, permettent d'aboutir à une possibilité de résolution : son client se voit proposé d'être réintégré comme prêtre, mais à condition de quitter Rennes-le-Château. Saunière refuse[12]. Faisant face à des difficultés financières, il est « dans l’obligation de vendre l’intégralité de son mobilier, sa somptueuse bibliothèque, sa collection de timbres » tandis que « [l]e magnifique jardin est laissé à l’abandon » ; il doit faire « estimer et hypothéquer ses constructions pour seulement 18 000 francs » (Jean-Jacques Bedu)[39].

L'abbé Saunière ne perd toutefois pas espoir et réussit à contracter un prêt de 6 000 francs auprès du Crédit foncier pour entretenir sa propriété. Toutefois, victime d'une attaque cardiaque le 17 janvier 1917, il meurt six jours plus tard le . Sa suspension ecclésiastique est annulée à temps pour qu'il bénéficie de funérailles religieuses[39],[5].

Marie Dénarnaud hérite de sa supposée fortune, de ses terres et surtout de ses dettes dans des conditions très particulières puisque selon l'ancien maire de Rennes-le-Château, Jean-François Lhuillier, la famille de l'abbé renonça à toute prétention sur cet héritage. Dénarnaud envisage de se donner la mort dans les jours qui suivent la mort[12]. Dénarnaud héberge pendant un temps René Guilhem, instituteur du village. Selon lui, Dénarnaud aurait nié l'existence d'un quelconque trésor, et lui aurait dit : « Les gens vous raconteront que Monsieur le curé a trouvé un trésor, c’est faux. Ce sont des femmes qui lui envoyaient de l’argent »[12]. Dénarnaud loue des chambres de la villa Béthanie à des visiteurs de passage[12].

Illettrée, puis rapidement isolée, Dénarnaud vit recluse jusqu'en 1942, année où elle fit la connaissance de l'homme d'affaires perpignanais Noël Corbu, en échange de ce qui s'apparenterait à une rente viagère annuelle. L'année 1946, semble être l'année où elle effectue son testament en faveur de Monsieur et Madame Corbu, les instituant comme légataires universels du domaine où ils s'installent et où ils subviennent à ses besoins, l'ancienne servante n'ayant quasiment aucun revenu. Dénarnaud est frappée, le , d'une attaque cérébrale, la laissant muette et paralysée. Elle meurt cinq jours plus tard, le 29 janvier 1953, à 85 ans.

La tombe de Saunière dans le cimetière de Rennes-le-Château étant régulièrement vandalisée, sa dépouille est déplacée le 14 septembre 2004 dans le mausolée cultuel du domaine voisin, ancienne propriété de l'abbé[40].

Postérité

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L'abbé Saunière, célébrité internationale

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En 1982, après avoir réalisé plusieurs films sur le mystère de Rennes-le-Château, trois journalistes britanniques, Henry Lincoln, Michael Baigent et Richard Leigh, publient un essai encore plus controversé, dénommé L'Énigme sacrée, qui relie, pêle-mêle (et toujours sans sources historiques vérifiées), la prétendue ancienneté médiévale du Prieuré de Sion, l'histoire des Templiers, celles des Cathares, de la dynastie des Mérovingiens, du Saint-Graal et des origines du christianisme, affirmant que Marie-Madeleine serait venue en France avec un enfant de Jésus, voire avec Jésus lui-même. Ce livre donne, cette fois-ci, un retentissement international à l'affaire de Rennes-le-Château[41].

Depuis le lancement de l'affaire par Corbu sur le plan médiatique en 1956, plusieurs centaines de livres, essais, romans et divers articles de fond, de valeur très inégale mais le plus souvent farfelus, ont été publiés à propos de l'abbé Bérenger Saunière, sans compter les nombreux sites internet dédiés à cette affaire[42], sans oublier de multiples reportages, des téléfilms et des films de fiction très imaginatifs qui se basent tous sur l'histoire désormais devenue mythique d'un simple curé de campagne peut-être équivoque et un peu dépassé par ses idées de grandeur, mais qui, dans la région même des Pyrénées occitanes ne fut pas un cas unique, puisque l'histoire du Père de Coma, curé dans la paroisse du Baulou, située à moins de 50 kilomètres de Rennes-le-Château, semble présenter beaucoup de similitudes avec celle de l'abbé Saunière, sans pourtant susciter autant de curiosités[43],[44].

Saunière est à nouveau mentionné dans les médias en 2011, lorsqu'une grotte calcaire est découverte à Rennes-le-Château[12].

Commémoration et hommages

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L'année 2017 correspond à la célébration du centenaire du décès de l'abbé à Rennes-le-Château. Le 12 août de cette même année, une animation culturelle dédiée aux chercheurs et écrivains liés à « l'affaire » est organisée, salle de la Capitelle, située dans l'ancien domaine de l'abbé[45].

Le , à la suite d'une décision du conseil municipal de Rennes-le-Château, le maire de la commune Alexandre Painco modifie le nom de la Grande-Rue du village en « Grande Rue Béranger Saunière »[46].

Archives personnelles

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Les archives personnelles de l'abbé Saunière ont été léguées à Marie Dénarnaud, en tant que légataire universelle. Elle a ensuite légué ces archives à la famille de Noël Corbu. Elles sont aujourd'hui en possession de Claire Corbu et Antoine Captier[12]. Ces archives sont toutefois frustes : une partie des papiers du prêtre a été détruit par les villageois, par exemple en prévision d'une visite épiscopale[12].

Positions politiques

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L'abbé Saunière est impliqué politiquement. Antirépublicain, il est très critique de la Troisième République et résolument conservateur[12]. Christian Doumergue rapporte, à partir des archives du conseil municipal et d'autres sources, que Saunière a manœuvré pour faire partir du village l'instituteur républicain et laïcisite Prosper Estieu[12].

Dans la culture populaire

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L'abbé Bérenger Saunière et le mythe de Rennes-le-Château ont inspiré de nombreux livres, essais, reportages, romans de fiction, des téléfilms et autres émissions de télévision, ainsi que, consécration suprême pour un homme sans aucune notoriété de son vivant (hors de son village), un musée municipal qui porte son nom[47].

Le « Musée-Domaine » de l'abbé Saunière

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Le domaine de l'abbé Saunière vu du ciel en 2016.

Devenue propriété de la commune, l'ancien domaine de l'abbé Saunière, ainsi que son presbytère, ont été transformés en musée local sous la forme d'un service public industriel et commercial[réf. nécessaire]. Ce site, ouvert à tous les publics et d'accès payant, permet de découvrir le petit presbytère (abritant les statues de cire de l'abbé et de Marie Dénarnaud, curieusement représentée plus vieille que son maître), la villa Béthania et son oratoire, les jardins, la tour Magdala et sa petite bibliothèque, le chemin de ronde et l'Orangerie. L'église étant située hors du domaine son accès est gratuit, mais le cimetière communal reste cependant fermé aux visiteurs et nécessite une autorisation de la mairie pour y pénétrer, l'accès étant réservé aux familles des défunts[48].

Les célébrations du « centenaire » de l'abbé Saunière

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À l'occasion du centième anniversaire du décès de l'abbé Saunière, survenu à Rennes-le-Château le , la municipalité a organisé le , veille de cet anniversaire, des conférences sur un thème unique : « Bérenger Saunière, sa vie, son héritage » et le 22 janvier, jour anniversaire même, une mise en scène théâtralisée dénommée « Secrets d’Église – Le Trésor de l’abbé Saunière »[49].

À l'initiative de deux acteurs français, Fanny Bastien et Geoffroy Thiebaut, la troisième édition du « Festival du film insolite 2017 » organisée les 9 et à Rennes-le-Château, a célébré le 100e anniversaire de la mort de l'abbé et a présenté, à cette occasion, une sélection de courts métrages basée sur le thème de « l’Abbé Saunière, son trésor, Rennes le Château et la Haute Vallée de l’Aude ». Ces reportages sont jugés et récompensés par un jury composé essentiellement de professionnels de la presse écrite[50].

L'abbé Saunière dans la littérature

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Ses écrits

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L'abbé a laissé trois ouvrages, publiés à titre posthume et référencés à la Bibliothèque nationale de France[51]. Un premier recueil qui évoque ses années de ministère à Antugnac :

Un second qui reproduit une correspondance :

  • Rennes-le-Château : cahier de correspondances, 1915-1917, Villeneuve-de-la-Raho, Pégase, , 56 p. (présentation en ligne)

Un troisième qui reproduit une partie de son journal intime :

  • Le journal de l'abbé Saunière, 1901 à 1905 : un trésor à Rennes-le-Château commenté par Patrick Mensior, Montigny-Lencoup, Les Éditions Rennes-le-Château, , 243 p. (ISBN 979-10-91506-73-1, présentation en ligne)
Dans cet ouvrage, assez récent, qui consacre un chapitre entier à l'abbé Bérenger Saunière, le journaliste Alexandre Adler reconnait à l'ecclésiastique un enrichissement personnel, notamment lié à ses connaissances, au travers de son engagement politique d'une part, et d'une escroquerie basée sur un trafic de messes organisée sur une grande échelle, d'autre part. Ce livre se consacre, ensuite, essentiellement à la supercherie organisée par Pierre Plantard qui exploita cette affaire d'enrichissement à des fins de publicité personnelle sous couvert de mystère ésotérique assez nébuleux[52].
Dans cet ouvrage qui connut un grand succès au niveau mondial, entraînant l'élaboration d'un second ouvrage, vingt ans plus, tard, les trois auteurs anglo-saxons établissent au travers d'une enquête très personnelle, un lien entre les supposées découvertes de l'abbé Saunière, du Prieuré de Sion de Pierre Plantard, de l'histoire des Templiers, des Cathares, de la dynastie des mérovingiens, du Saint-Graal et des origines du christianisme, revu et corrigé selon une thèse très singulière, mais en fin de compte, sans source véritablement fiable sur le plan historique. Cet ouvrage influencera de nombreuses œuvres de fictions pseudo historiques, dont le Da Vinci Code de l'écrivain américain Dan Brown.
  • Jean-Jacques Bedu, Rennes-le-Château, autopsie d'un mythe, Portet-sur-Garonne, Éditions Loubatières, , 236 p. (ISBN 9782862661421)
  • Jean Markale, Montségur et l'énigme Cathare, Pygmalion, coll. « Histoire de la France secrète », , 316 p. (ISBN 2-85704-213-2)
  • Robert Azaïs, Une balade à Rennes-le-Château : pour un promeneur curieux, TDO Éditions, , 136 p. (ISBN 978-2-36652-212-9)
  • Pierre Lunel, Les Plus Grands Escrocs de l'histoire, First, , 304 p. (ISBN 978-2754068918)

L'abbé Saunière au cinéma et à la télévision

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  • Revelation (2001) est un film britannique réalisé par Stuart Urban. Le scénario du film se base sur l'existence d'un complot d'une loge maçonnique templière visant à s'approprier une relique judéo-chrétienne dénommée le « Loculus ». L'enquête menée par Jake Martel fils de Magnus Martel (rôle interprété par Terence Stamp) les implique dans la légendaire lignée mérovingienne de Rennes-le-Château et entraîne la révélation d'un incroyable secret. Réalisé deux ans avant la sortie du roman Da Vinci Code, ce thriller mystico-religieux emmène le spectateur dans le mythe de la supposée descendance du Christ.
  • Da Vinci Code (2006) est un film policier américain réalisé par Ron Howard, adapté du roman éponyme de l'Américain Dan Brown. Le film commence par la mort du conservateur du Musée du Louvre dénommé (dans le film) Jacques Saunière, entraînant le Professeur Langdon (rôle interprété par Tom Hanks) à mener une enquête de nature ésotérico-policière, accompagné par la cryptologue Sophie Neveu (rôle interprété par Audrey Tautou). Ensemble, ils doivent découvrir des signes dissimulés dans les œuvres de Léonard de Vinci, ancien maître du Prieuré de Sion en déjouant les pièges d'une organisation religieuse proche du Vatican et qui finit par impliquer directement la jeune cryptologue. Ce film évoque de façon très libre le mythe du Prieuré de Sion qui n'a, lui-même, qu'un rapport très indirect avec l'histoire de l'abbé Saunière, exploitée dans les années 1960 par un mythomane en mal de notoriété. Malgré ce lien très léger, ce film relance l'intérêt de certains chercheurs sur le mythe de Rennes-le-Château et le supposé secret de l'abbé Saunière[53],[54].

Télévision

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Les téléfilms
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Les reportages
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  • La roue tourne (1961) : une émission créée par l'historien Jean-François Chiappe animée par Guy Lux et Marina Grey qui se présente sous la forme d'un jeu télévisé et d'un documentaire, diffusé en mai 1961 sur la RTF en ce qui concerne l'émission consacrée à l'église de Béranger Saunière.
    Celle-ci évoque pour la première fois sur une chaîne de télévision, mais sous une forme ludique, l'hypothétique trésor de Rennes-le-Château avec l'aide bienveillante du restaurateur Noël Corbu, lui-même déguisé dans un costume d'ecclésiastique similaire tel que pouvait porter l'abbé Saunière[57].
  • Mystères (1992) : l'émission no 2 présentée par Alexandre Baloud, sur la chaîne de télévision française TF1 dénommée Le trésor de Rennes-le-Château et diffusée le . Il s'agit du troisième reportage d'une émission qui en présente généralement entre quatre et cinq à la suite.
  • Sociétés secrètes - Les masques des comploteurs (2013) : une émission d'investigation de la chaîne allemande ZDF, diffusée sur la chaîne franco-allemande ARTE avec une première diffusion le en France et en Allemagne sur cette chaîne[58]. Cette enquête effectuée par l'historien allemand Marian Füssel (diffusée dans la première partie de l'émission), dénonce le rôle de Pierre Plantard dans la création du mythe d'une filiation du Christ en s'appuyant sur le texte d'hypothétiques parchemins supposés découverts par l'abbé Saunière dans l'église de Rennes-le-Château, en omettant, cependant, d'évoquer le concours de circonstances qui a amené, par hasard, Pierre Plantard à Rennes-le-Château. En effet, l'hypothétique découverte d'un « trésor » à Rennes et la pseudo ancienneté du « prieuré de Sion », n'ont, à l'origine, aucun lien commun.

L'abbé Saunière à la radio et dans les médias

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Émission radiophonique

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Jeux vidéo

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Notes et références

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  1. Le nom de la « comtesse de Chambord » qui le nantit d'une subvention de 3 000 francs, fut évoqué comme éventuelle donatrice, mais l'épouse d'Henri d'Artois, dernier descendant agnatique de Louis XV, est morte en 1886.
  2. Marie Dénarnaud (12 août 1868 - 29 janvier 1953), fille de Guillaume et d'Alexandrine Marre, était la gouvernante et complice de l'abbé Saunière.

Références

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  1. Patrick Berlier, « L'hypothèse du trafic de messes », sur Regards du Pilat, (consulté le ).
  2. « Famille Saunière »(Archive.orgWikiwixGoogleQue faire ?), sur Rennes-le-Château, en quête de vérité.
  3. Martine Alix Coppier et Jean-Michel Thibaux, L'Héritière de l'Abbé Saunière, , 404 p. (lire en ligne).
  4. P. Bellemarre, J-M Epinoux et J-F Nahmias, Les génies de l'arnaque, édition Albain Michel, .
  5. 1 2 3 4 5 6 7 Gil Galasso, « Rennes-le-Château, entre mystifications et réalités », sur journals.openedition.org (consulté le )
  6. « Page 9 »(Archive.orgWikiwixGoogleQue faire ?), sur Musée de l'abbé Saunière.
  7. 1 2 « La vie extraordinaire de Bérenger Saunière » [PDF], sur rennes-le-chateau.org
  8. « Page 2 »(Archive.orgWikiwixGoogleQue faire ?), sur Musée de l'abbé Saunière.
  9. « L'histoire révée de Rennes-le-Château »(Archive.orgWikiwixGoogleQue faire ?), sur Histoire pour tous.
  10. 1 2 « Eglise Sainte-Marie-Madeleine », notice no PA00132609, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  11. Guy Mathelié-Guinlet, Rennes-le-Château : le mystérieux trésor de l'abbé Saunière, Aubéron, , p. 96.
  12. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 34 Christian Doumergue, Le secret dévoilé: enquête sur les mystères de Rennes-le-Château, les Éditions de l'Opportun, coll. « Poche », (ISBN 978-2-36075-428-1)
  13. « Page 3, section II »(Archive.orgWikiwixGoogleQue faire ?), sur Musée de l'abbé Saunière.
  14. Il y est encore en septembre 1890 comme en témoigne cette brève parue dans L'Univers, Paris, , p. 2 (lire en ligne).
  15. L'Univers, Paris, , p. 1 (lire en ligne).
  16. « Élie Bot »(Archive.orgWikiwixGoogleQue faire ?), sur rennes-le-chateau-archive.com.
  17. Jean-Alain Sipra, « L'Église Sainte-Marie-Madeleine », sur cathares.org (consulté le ).
  18. « La dalle des chevaliers »(Archive.orgWikiwixGoogleQue faire ?), sur rennes-le-chateau-archive.com.
  19. Claudie Voisenat, Imaginaires archéologiques, Les éditions de la MSH, , p. 69-70.
  20. « Patrimoine »(Archive.orgWikiwixGoogleQue faire ?) [PDF], sur Rennes-le-Château.
  21. Stéphanie Buttegeg, « Les divers ministères », sur rennes-le-chateau-bs.com (consulté le ).
  22. « Chronologie »(Archive.orgWikiwixGoogleQue faire ?), sur Société Perillos.
  23. « Bibliothèque »(Archive.orgWikiwixGoogleQue faire ?), sur octonovo.org.
  24. Robin 2005, p. 65.
  25. Claude Voisenat, Imaginaires archéologiques, Les Editions de la MSH, , p. 62.
  26. 1 2 Christian Doumergue, Le secret dévoilé : enquête au cœur du mystère, L'opportun, , 480 p..
  27. « Michelin »(Archive.orgWikiwixGoogleQue faire ?), sur Société Perillos.
  28. Guy Mathelié-Guinlet, Rennes-le-Château : le mystérieux trésor de l'abbé Saunière, Aubéron, , p. 75.
  29. « Les Diocèses - Carcassonne - Avis », L'Univers, Paris, , p. 5 (lire en ligne).
  30. Marie-France James, Ésotérisme et christianisme autour de René Guénon : ésotérisme, occultisme, franc-maçonnerie et christianisme aux XIXe et XXe siècles, Fernand Lanore, , p. 236.
  31. Alain Cochet, Le Scriptal : Lacan et l'instance de la Lettre, Éditions L'Harmattan, , p. 106.
  32. « Alfred Saunière »(Archive.orgWikiwixGoogleQue faire ?), sur Rennes-le-Château.
  33. « Alfred Saunière »(Archive.orgWikiwixGoogleQue faire ?), sur rennes-le-chateau-archive.com.
  34. Palmeti 2008, p. 50-53.
  35. Guy Mathelié-Guinlet, Rennes-le-Château : le mystérieux trésor de l'abbé Saunière, Aubéron, , p. 45.
  36. Henri Boudet, La Vraie langue celtique et le Cromleck de Rennes-les-bains, Place des éditeurs, .
  37. Chaumeil et Rivière, L'Alphabet Solaire, Éditions du Borrego, , p. 31.
  38. « Les secrets de l'abbé Saunière », sur La Culturothèque, (consulté le ).
  39. 1 2 Jean-Christian Petitfils, Les énigmes de l'histoire de France, Perrin, coll. « Collection Tempus », (ISBN 978-2-262-08733-3 et 978-2-262-10105-3)
  40. « Clochemerle à Rennes-le-Château »(Archive.orgWikiwixGoogleQue faire ?).
  41. Claude Voisenat, Imaginaires archéologiques, Les Éditions de la MSH, , p. 63.
  42. « Bibliographie », sur rennes-le-chateau-bs.com (consulté le ).
  43. David Galley, Enquêtes Sur La France Mystérieuse (ISBN 9782360753147).
  44. « Le monastère dynamité »(Archive.orgWikiwixGoogleQue faire ?), sur Le clos fleuri.
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  50. Cathy Mercier, « 9 et 10 août 2017 : les 24 heures insolites de Rennes le Château », L'Indépendant, .
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  52. Alexandre Adler, « Société secrète de Léonard de Vinci à Rennes-le-Château », B. Grasset, .
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  54. « Da Vinci Code : des prières mais pas d'appel au boycott », La Dépêche, (lire en ligne).
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  56. « Acteur d’une série télévisée, le maire y renforce la présence de Rennes le Château », L'Indépendant, (lire en ligne, consulté le ).
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  59. « Chroniques sauvages : Le mystère de Rennes-le-Château », sur France inter, (consulté le ).

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie

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Années 1960

Années 1970

  • René Descadeillas, « Mythologie du trésor de Rennes : histoire véritable de l'abbé Saunière, curé de Rennes-le-Château », Mémoires de la Société des arts et des sciences de Carcassonne, Années 1971-1972, Carcassonne, éd. Collot, 4e série, t. VII, 2e partie,

Années 1980

  • Jean Robin, Rennes-le-Château. La colline envoûtée, Paris, éd. de la Maisnie, (ISBN 2-85-707082-9).
  • Pierre Jarnac, L'Histoire du trésor de Rennes-le-Château, Association pour le développement de la lecture,
  • Claire Corbu et Antoine Captier, L'Héritage de l'abbé Saunière, Nice, Bélisane,
  • Gérard de Sède, Rennes-le-Château - Le dossier, les impostures, les phantasmes, les hypothèses, Robert Laffont,
  • Jean Markale, Rennes-le-Château et l'énigme de l'or maudit, Pygmalion,

Années 1990

  • Jean-Jacques Bedu, Rennes-Le-Château : autopsie d'un mythe, Portet-sur-Garonne, éd. Loubatières, (1re éd. 1990).
  • Alain Féral (ill. Spatz), Rennes-le-Château, clef du royaume des morts, Cazilhac, éd. Bélisane, .

Années 2000

  • Christian Doumergue, Bérenger Saunière, prêtre libre à Rennes-le-Château, Nîmes, Lacour,
  • Bruno de Monts, Bérenger Saunière, curé à Rennes-le-Château 1885-1909, Belisane, coll. « Les Amis de Bérenger Saunière »,
  • Axel Graisely, Sur les traces de Bérenger Saunière - 17 ans d'enquête, Daric, (ISBN 2-9516661-9-5)
  • Christian Doumergue, L'Affaire de Rennes-le-Château, Marseille, Arqa,
  • Jean-Alain Spira, Rennes-le-Château : du trésor des Wisigoths au secret de l'abbé Saunière, Pégase, (ISBN 9782952684408)
  • Laurent Buchholtzer, Rennes-le-château, une affaire paradoxale, L'Œil du Sphynx, (ISBN 2-914405-45-6)
  • Jean-Pierre Garcia, Rennes-le-Château - Le Secret dans l'art ou l'Art du secret, Pégase, (ISBN 978-2-9530184-0-0)
  • Jean-Pierre Viguié, L'Affaire Saunière, Aparis, (ISBN 9782353352791)
  • Dominique Dubois, Rennes-le-Château, l'occultisme et les sociétés secrètes, L'Œil du Sphynx, (ISBN 2-914405-26-X)

Années 2010

  • Vincent Berger, Rennes-le-Château par curiosité, Saint-Ferriol,
  • Renaud Thomazo, Les Grands Mystères de l'histoire de France, Larousse, coll. « Les documents de l'Histoire », , p. 74-77

Années 2020

  • David Rossoni, La pseudo-histoire décodée, l'exemple de Rennes-le-Château, Book-e-Book, , 322 p.

Articles connexes

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Liens externes

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