Béni-Snassen (ethnie)

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Béni Snassen
بني يزناسن
ⴰⵢⵜ ⵉⵣⵏⴰⵙⵏ
Image dans Infobox.
Territoire des tribus Beni-Snassen (les tribus arabophones de la plaine des Triffa, apparentées aux Beni Snassen, sont indiquées en gris clair)
Informations générales
Nom arabe
Banī Iznāsn
Nom berbère
Bani Iznasn
Échelon
Confédération tribale
Géographie
Région principale
Province principale
Territoire
Chef-Lieu
Histoire et anthropologie
Mode de vie
Sédentaire
Fait partie du groupe tribal
Nombre de fractions
4 berbérophones, 4 arabophones apparentées
Fractions

Berbérophones : Aït Khaled ; Aït Mankouch ; Aït Atiq ; Aït Ourimech ;

Arabophones de la plaine : Houara-Snassen ; Ouled Sghir ; Beni Mansour ; Lâtamna
Culture
Langue principale
Rifain oriental, Arabe marocain (influence croissante)

Les Béni-Snassen ou Aït-Iznassen (berbère : ⴰⵢⵜ ⵉⵣⵏⴰⵙⵏ Ayt Iznasen, arabe : بني يزناسن) sont une confédération tribale, principalement berbérophone, établie au nord-est du Maroc.

Histoire

Les Béni-Snassen sont un ensemble d'origine principalement zénète. D’après la tradition locale, ils s’établissent dans leur région actuelle au VIIe siècle, refoulés par la conquête arabe depuis la région de Mascara, où ils étaient auparavant établis[1].

Au XIXe siècle, ils accueillent dans le nord de leur territoire un ensemble de 4 tribus arabes Ahl Angad, qui s'etablissent dans la plaine de la Triffa. En 1859, les Béni-Snassen sont notamment la cible d'une expédition française depuis l'Algérie[2]

Le gouvernement franquiste a réclamé en 1940 le rattachement des Béni Snassen à l'Espagne. Un protocole d'accord signé en 1925 entre dirigeants français et espagnols, à l'issue de la guerre du Rif, prévoyait d'ailleurs leur transfert dans le giron espagnol. Mais en 1940, les diplomates français refusent de se séparer de ce territoire qui revêt une importance stratégique car il longe à l'est la frontière avec l'Oranie, alors convoitée par le régime de Franco. Le 29 août 1940, Paul Baudouin, ministre des Affaires étrangères de Vichy, propose, afin de mettre un terme aux pressions des nationalistes espagnols, de leur céder les Béni Snassen dès que la paix générale sera établie en Europe. La cession ne se réalisera jamais[3].

Territoire

Le territoire des Béni-Snassen représente une aire de forme triangulaire délimitée par la Moulouya à l'ouest, l'oued Kiss à l'est et la plaine des Angad au sud. Il comprend ainsi l'ensemble montageux des Béni-Snassen et la plaine de la Triffa.

L'aire des Béni-Snassen comprend ainsi les villes de Berkane, Saïdia, Ahfir, Lemris, Reggada, Fezouane et Tafoughalt, ainsi que plusieurs villages.

Composition tribale

La confédération est constituée de 4 tribus principales, en plus de 4 petites tribus arabes établies dans la région:

  • Aït Khaled ;
  • Aït Mankouch ;
  • Aït Atiq ;
  • Aït Ourimech ;
  • Arabes de la Triffa:
    • Houara-Snassen ;
    • Ouled Sghir ;
    • Beni Mansour ;
    • Lâtamna.

Culture

Langues

Les Béni-Snassen proprement dits sont principalement berbérophones. Leur parler fait partie de l'ensemble rifain[4].

Au départ limitée aux Arabes de la Triffa, la langue arabe a gagné du terrain aux dépens de l'aire berbérophone, principalement chez les Aït Khaled ainsi qu'au niveau des marges méridionales des trois autres tribus.[5].

Musique

Héritière de l'Aarfa, danse guerrière des tribus rifaines, la Reggada est une danse traditionnelle née dans la région de l'Oriental. C'est à l'origine une danse guerrière des tribus berbères ; les guerriers dansaient en signe de victoire sur l'ennemi, d'où l'usage du fusil ; les frappes de pieds au sol se font au rythme de la musique et symbolisent l'appartenance à la terre.

Cette musique est fortement rythmée par le bendir et la ghaïta ou le zamar (sorte de flûte à deux cornes). Cette musique a vu naître trois courants : Alaouï, Arfa et Tazi. Ce folklore existe aussi en Algérie dans la région de l'Oranie frontalière.

On la danse avec des mouvements d'épaules, un fusil (ou un bâton), en frappant des pieds contre le sol au rythme de la musique.

Cuisine

La cuisine des Béni Snassen est rustique. Les principaux plats qui caractérisent la région sont :

  • l'awwoun, une pâte à base de farine d'orge non mûre grillée, d'eau et d'huile d'olive ;
  • la talekhcha, connue dans les autres régions du Maroc sous le nom de bissara ;
  • l'irechmen, préparation à base de grains de blé bouillis ;
  • le tarekhsast, un pain de blé sans levure ;
  • le timbessest, une galette de semoule de blé, similaire à la harcha ;
  • le timkhalaat, une galette farcie avec de la viande ou de la graisse ;
  • l'aryun, une farine d'orge non mûre grillée assortie delait.

Personnalités

Galerie

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Références

  1. Victor Bérard, « Questions extérieures : Algérie et Maroc », dans: La Revue de Paris - vol.6 (Bureau de la Revue de Paris, 1907), p. 870-871.
  2. Henri (1868-1943) Auteur du texte Mordacq, La guerre en Afrique : tactique des grosses colonnes, enseignement de l'expédition contre les Beni Snassen / par le commandant Mordacq,..., (lire en ligne).
  3. Alfred Salinas, Quand Franco réclamait Oran, L'Opération Cisneros, L'Harmattan, 2008, p. 101-103.
  4. S. Chaker, Les Beni Iznasen - Linguistique, dans: Encyclopédie berbère - vol.10 (Edisud, 1991), p. 1468-1470.
  5. Peter Behnstedt, « La frontera entre el bereber y el árabe en el Rif », dans: Estudios de dialectología norteafricana y andalusí - vol.6 (2002), p. 7-18.

Voir aussi

Bibliographie

  • E.B. et S. Chaker, « Beni Snassen / Beni iznasen (en berb. : At Iznasn) », dans Encyclopédie berbère, vol. 10 : Beni Isguen – Bouzeis (lire en ligne)
  • Attilio Gaudio, « Les Beni-Snassen, défenseurs de l'indépendance marocaine », dans Maroc du nord : cités andalouses et montagnes berbères, Nouvelles Editions Latines, (lire en ligne).

Articles connexes