Bénévolat nature

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Le bénévolat nature est un champ du bénévolat qui peut se définir comme étant un domaine d’actions désintéressées, de terrain, ayant pour but la préservation de l'environnement, la protection et la valorisation des espèces animales et végétales et des habitats naturels[1]. La notion de bénévolat nature est souvent associée à l’écovolontariat, comme synonyme. L’écovolontariat est une action solidaire et participative qui consiste à aider, durant son temps libre, un projet lié à la préservation et à la valorisation de la diversité animale, végétale, environnementale et culturelle[2].

Objectifs du bénévolat nature[modifier | modifier le code]

Avec la prise de conscience écologique grandissante, le bénévolat s’est développé dans le domaine de la protection de l’environnement, avec de plus en plus de bénévoles voulant s’engager dans la sauvegarde de la biodiversité[3], menant ainsi à la création et à la démocratisation du bénévolat nature[4].

L'environnement représente aujourd’hui 9% de la part des engagements bénévoles et se place en 2016 en 3e position dans le palmarès des principales causes d’engagement des jeunes, derrière la santé et le sport. Cependant, les jeunes non engagés mais potentiellement intéressés par des missions de bénévolat placent en tête l’environnement (27 %), et cette fois-ci devant la santé (22 %)[5].  

La France compte plus de 19 millions de bénévoles[6] avec une recrudescence de l’engagement des 15-35 ans et une augmentation de plus de 33,6% entre 2010 et 2016[7]. Le bénévolat nature répond à cette demande d’engagement de la part d’un public jeune et néophyte qui souhaite s’engager ponctuellement pour la préservation de l’environnement.

Toute personne souhaitant s’investir pour la préservation de l’environnement, quel que soit son âge, son niveau de connaissance ou sa catégorie socio-professionnelle peut participer aux activités de bénévolat nature. Ces actions combinent un apprentissage pratique  sur le terrain et un approfondissement des connaissances sur les questions écologiques[8].

Les champs d’actions possibles[modifier | modifier le code]

De nombreuses associations françaises proposent des activités au grand public pour leur permettre de s’engager pour la nature sur diverses plateformes de bénévolat (jagispourlanature.org[4], benenova.fr[9], etc.) ou directement sur leurs sites internets.

Lorsque des activités de bénévolat nature entrent dans le cadre d’un événement national ou international de préservation de la nature (Journée mondiale des Zones humides, Fréquence Grenouille, Nuit internationale de la chauve-souris, etc.), des labels leur sont attribuées par les associations organisatrices.

Ces activités peuvent prendre plusieurs formes[10] :

Découvrir la nature[modifier | modifier le code]

Les associations de protection de l’environnement organisent des activités de découverte de la nature et de la biodiversité à travers des ateliers de formations mais aussi des sorties, des randonnées nature destinées à acquérir des connaissances sur le monde faunistique et floristique qui nous environne. Ces activités peuvent être considérées comme une première forme d’engagement pour la protection de la nature.

Aménager le territoire[modifier | modifier le code]

Les activités d’aménagement du territoire se développent de plus en plus dans le bénévolat nature, et ce sous plusieurs formes : beaucoup d’organismes proposent des chantiers de plantations collectives, la création et l’entretien de jardins participatifs et de pépinières de quartier en milieu urbain[11] , et des chantiers nature pour entretenir les espaces naturels , à travers notamment des missions de débroussaillage, de plantations, de création de mares.[12]

Ramasser les déchets[modifier | modifier le code]

Les collectes citoyennes de déchets se développent de plus en plus en France et dans le monde. Ces dernières sont faciles à réaliser et permettent de réduire le nombre de déchets sauvages laissés dans la nature. De nombreux citoyens bénévoles lancent des actions spontanées de ramassage près de chez eux[13]. Des associations comme Surfrider Foundation Europe ou Mountain Riders[14] ont mis en place des campagnes nationales de collectes de déchets : les Initiatives Océanes[15] et les Mountain Days[16].

Être bénévole en centre de soins[modifier | modifier le code]

Les centres de sauvegarde de la faune sauvage sont des centres agréés recueillant des animaux sauvages blessés et œuvrant à leur réinsertion dans la nature et accueillant des bénévoles pour les aider à administrer les soins et entretenir les cages et enclos des animaux[17].

L’Union française des Centres de Sauvegarde de la Faune Sauvage (UFCS) anime un réseau de 31 centres de soins qui constituent un réseau national de secours d’urgence à la faune sauvage. Un second réseau, le “Réseau Centres de Soins Faune Sauvage”[18], regroupe 18 centres présents sur 56 départements. Les centres nationaux sont notamment listés sur Hegalaldia et jagispourlanature.org qui relaient les demandes en bénévoles de nombreux centres.

Collecter des données avec les sciences participatives[modifier | modifier le code]

Les sciences participatives sont  la production de connaissances scientifiques auxquelles des acteurs non-scientifiques-professionnels — qu’il s’agisse d’individus ou de groupes — participent de façon active et délibérée[19]. Elles permettent la collaboration de bénévoles dans l’obtention de données scientifiques, sur des espèces floristiques et faunistiques particulières.

De nombreuses associations et collectifs ont mis en place des programmes de sciences participatives pour lesquels le grand public n’a pas besoin de connaissances particulières et doit suivre un protocole fourni pour mener à bien ses observations. Les données collectées sont précieuses et permettent aux scientifiques de nourrir leurs études sur l’état de la biodiversité en France[20].

Le site OPEN (Observatoire Participatif des Espèces et de la Nature), est un portail de recensement des activités de sciences participatives sur le territoire co-gérée par la Fondation Nicolas Hulot pour la nature et l’homme et le Museum National d’Histoire Naturelle. De nombreux programmes se concentrent sur des espèces en particulier : par exemple, les pollinisateurs[21], les papillons[22] ou encore les oiseaux[23].

Alerter sur des dommages causés à l’environnement[modifier | modifier le code]

Alerter lorsque l’on constate des atteintes faites à l’environnement fait partie des actions qui entrent dans le champ du bénévolat nature. Dans ce domaine, des applications mobiles sont à disposition des citoyens , notamment pour dénoncer les dépôts de déchets sauvages alerter sur l’apparition d’insectes invasifs ou ravageurs , signaler des trafics illégaux d’animaux sauvages avec la Ligue de Protection des Oiseaux[24]... Les alertes parviennent aux autorités publiques qui agissent en conséquence.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « FAQ | J'agis pour la nature », sur jagispourlanature.org (consulté le 20 mai 2020)
  2. « Ecovolontariat », sur 1 mois 1 espèce (consulté le 20 mai 2020)
  3. « Donner de son temps aux associations pour les aider à réparer la nature | Fondation pour la Nature et l'Homme », sur Fondation pour la Nature et l'Homme créée par Nicolas Hulot, (consulté le 20 mai 2020)
  4. a et b « Bénévolat & Environnement », sur www.francebenevolat.org (consulté le 20 mai 2020)
  5. Thibaut de Saint Pol, « L'engagement des jeunes : une majorité impliquée, une minorité en retrait », Jeunesses, Etudes et Synthèses,‎ (lire en ligne)
  6. Cécile Bazin et Jacques Malet, « La France bénévole : évolutions et perspectives », Recherches & Solidarités,‎ (lire en ligne)
  7. Dominique Thierry, « L’évolution de l’engagement bénévole associatif en France, de 2010 à 2016 », France Bénévolat,‎ (lire en ligne)
  8. « Les nouvelles formes d'engagement », HCVA,‎ (lire en ligne)
  9. « Benenova innove avec le bénévolat «à la carte» », sur www.paris.fr (consulté le 20 mai 2020)
  10. « Développer le bénévolat Nature auprès d’un large public », sur www.fondationdefrance.org, (consulté le 20 mai 2020)
  11. Angela Bolis, « La nature sauvage à la conquête de Paris », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 20 mai 2020)
  12. Romain Lamberet - CEN Rhône-Alpes, « Le chantier nature : un outil de sensibilisation à la biodiversité », Les cahiers techniques,‎ (lire en ligne)
  13. « Ramasser des déchets, le nouveau chic », sur LExpress.fr, (consulté le 20 mai 2020)
  14. Le 22 novembre 2019 à 09h19, « Comment les stations de ski deviennent écoresponsables », sur leparisien.fr, (consulté le 20 mai 2020)
  15. Vincent Coste, « Initiatives Océanes : grand nettoyage de printemps des plages européennes », euronews,‎ (lire en ligne)
  16. « Bientôt une montagne « zéro déchet » ? », sur skipass.com (consulté le 20 mai 2020)
  17. « Etre bénévole au centre de soins | Bénévole au centre de soins | Le centre de soins », sur alsace.lpo.fr (consulté le 20 mai 2020)
  18. « Réseau Centres de Soins Faune Sauvage », sur www.facebook.com (consulté le 20 mai 2020)
  19. François Houllier et Jean-Baptiste Merilhou-Goudard, « Les sciences participatives en France. Etat des lieux, bonnes pratiques et recommandations », Rapport de l'INRA,‎ , p. 63 p. (DOI 10.15454/1.4606201248693647E12, lire en ligne, consulté le 20 mai 2020)
  20. E. BENTZ, C. JOIGNEAU-GUESNON, L. VONG et P. ZAGATTI, « Sciences participatives et biodiversité. Conduire un projet pour la recherche, l’action publique, l’éducation. », Guide de bonnes pratiques,‎ (lire en ligne)
  21. « Spipoll - Suivi photographique des insectes pollinisateurs », sur www.spipoll.org (consulté le 20 mai 2020)
  22. « Sciences participatives au jardin », sur www.sciences-participatives-au-jardin.org (consulté le 20 mai 2020)
  23. « BirdLab », sur Vigie-Nature (consulté le 20 mai 2020)
  24. « Trafic d'oiseaux Alerte vigilance ! - Actualités - LPO », sur www.lpo.fr (consulté le 20 mai 2020)