Béatrice Galinon-Mélénec

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Béatrice Galinon-Mélénec
Naissance Lille (France)
Domicile France
Nationalité Drapeau de France Français
Domaines Sciences de l'information et de la communication, Anthroposémiotique, Anthropologie de la communication
Institutions Normandie université, UMR IDEES 6266 CNRS
Diplôme Doctorat en Sciences de l’Éducation (orientation sociologie), Université Paris-V Sorbonne
Directeur de thèse Gabriel Langouet (sociologie de l'éducation. Université Paris-V Sorbonne)
Renommé pour Fondatrice des paradigmes de l'Homme-trace (Ichnos-anthropos ) et des signes-traces.

Béatrice Galinon-Mélénec est professeur émérite en Sciences de l'information et de la communication, spécialisée dans les domaines de l'anthropologie de la communication, dans l'analyse de la dimension non verbale des situations de communication interpersonnelle. Son approche de l'interprétation des signes relève de la nouvelle vague de la sémiotique dite anthroposémiotique où la sémiotique incarnée tient une place centrale.

Biographie[modifier | modifier le code]

Après avoir obtenu un doctorat de l’université Paris-V Sorbonne en Sciences de l’éducation (1988) sous la direction du sociologue Gabriel Langouët, Béatrice Galinon-Mélénec est élue en 1989 maîtresse de conférences à l’Institut des Sciences de l’information et de la communication de l’Université Bordeaux-Montaigne puis, en 2002, professeur à l'université du Havre (Normandie Université).

À Bordeaux, elle participe au lancement (1992) puis au développement de la revue Communication & Organisation[1]. Elle crée le CDHET[2] (Réseau de recherche sur la Communication et le Développement des Hommes, des Entreprises et des Territoires) , groupe de recherche ouvrant, en 2000, des recherches interdisciplinaires et inter-universitaires sur la relation entre comportement animal et comportement humain. Depuis 2008, elle est membre permanent de l'Unité Mixte de Recherche (UMR) du Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS) IDEES[3] (Identités et Différenciation de l’Environnement des Espaces et des Sociétés) 6266, Normandie Université où elle dirige le programme L’Homme-trace[4].

En 2011, elle fonde le Research International Group: Human Traces[5]. Depuis 2014, des chercheurs venus de tous les horizons scientifiques travaillent en réseau sur les traces dans le cadre du e. laboratory on Human Trace Complex System Digital Campus UNESCO qu’elle a fondé [6].

Depuis 2011, elle dirige chez CNRS éditions la série L' Homme trace dont les ouvrages collectifs publient régulièrement les textes de chercheurs qui participent à l'émergence de "La nouvelle école française de la pensée de la trace"[1]

Principaux apports[modifier | modifier le code]

La trace[modifier | modifier le code]

Béatrice Galinon-Mélénec dénonce la simplification de l'usage de la notion de trace qui, contrairement à l'apparence, demande à être analysée dans toute sa complexité. Dans ses publications, elle dévoile les processus à l’œuvre dans l'interprétation humaine de la trace et, à l'instar de Derrida[7], invite les scientifiques soucieux d'épistémologie à procéder à une ''déconstruction'' systématique du terme.

Les signes-traces[modifier | modifier le code]

Observant que tout ce qui est potentiellement visible n'est pas nécessairement vu, Béatrice Galinon-Mélénec part de l'hypothèse que les signes n'apparaissent qu'aux individus qui sont préalablement disposés à leur réception, laquelle dépend de leurs corps-traces[8], c'est-à-dire d'un corps où se sont inscrites toutes les conséquences des interactions de l'individu avec les milieux qu'il a traversés au cours du temps. Le corps-trace de l'humain - chez cet auteur, il n'y pas de coupure entre le corps et l'esprit - dispose d'une plasticité, conséquence de ses interactions avec les milieux où il vit (nature, culture, techniques, société, etc.).

Les interactions d'un corps avec son milieu environnant étant spécifiques à chaque individu, le corps-trace résultant est inscrit dans la différence, différence qui module la réception du sensible. Pour signifier que la perception et l'interprétation du signe en est la conséquence, elle propose le terme "signe-trace"[9].

Cette définition a été utilisée par des chercheurs ou des acteurs professionnels pour analyser les situations de communication interpersonnelle où le corps est présent. Dans ce cadre, l'interprétation des signes émis par les corps apparaît comme inscrite dans une dynamique systémique liant le corps-trace de l'interprété et le corps-trace de l'interprétant au sein d'un complexe où des corps en co-présence sont animés par des interactions permanentes de traces[8].

Cette approche trouve des applications dans divers domaines - communication interne d'entreprise, recrutement, relation médecin-patient - et met en perspective les biais introduits par la communication à distance.

L'Homme-Trace (Ichnos-Anthropos)[modifier | modifier le code]

L'humain est un Homme-trace (Ichnos-anthropos) dont le corps-trace porte les "conséquences-traces" des interactions du dehors-dedans et du dehors au dedans. Selon l'auteur, corps-trace et milieu-trace rétroagissent dans une dynamique systémique depuis l'origine de l'humanité, ce qui explique la co-évolution de l'espèce et du milieu[8]. L'interprétation que l'Ichnos-Anthropos effectue du réel relève d'une anthropo-sémiotique où les signes apparaissent comme le résultat d'une interaction entre le corps-trace de l'Ichnos-Anthropos et la réalité-trace du monde.

Avec le paradigme anthropologique de l'Homme-Trace, Béatrice Galinon-Mélénec ouvre la scène figurative d'un homo (sapiens ou non) de toute époque dont le corps est porteur des traces (ichnos) du passé (le sien et celui des humains qui l'ont précédé)et dont la relation présente au monde participe en permanence à produire un futur qui intégrera les "conséquences-traces" de ses actions présentes. Au fur et à mesure de sa diffusion et de son appropriation par d'autres auteurs, l'appellation "Homme-trace" a perdu la dimension paradigmatique initiale voulue par l'auteur ; Ce qui a eu pour effet de préférer sa traduction grecque "Ichnos-Anthropos" à chaque fois qu'il était fait référence au sens strict du paradigme.

Influence[modifier | modifier le code]

Les terminologies « Homme-trace », « corps-trace », « signe-trace » ont progressivement suscité un certain engouement. Néanmoins, si l’on se réfère à certains outils d’indexation, comme Google Scholar, les citations invitent à conclure que leurs emplois  dans les articles français en sciences humaines de la décennie 2008-2018 sont plus souvent liés au pouvoir évocateur des mots qui les composent qu’à la perspective systémique, dynamique et multi-échelles qu’ils recouvrent pour leur auteure. Les traces de consultations numériques[10] des ouvrages et publications font apparaître des lecteurs appartenant à 60% au milieu académique et issus d'horizons géographiques variés (The United States, Canada, Brazil, The United Kingdom, Italy, Romania, Spain, Morocco, Tunisia, Senegal, South Korea, Indonesia, Thailand, India, The Philippines, Turkey, Mauritius, Burkina Faso, Cameroon, Gabon, Côte D'Ivoire, Niger, Suisse).

Principaux ouvrages[modifier | modifier le code]

  • L'Homme-Trace : Des traces du corps au corps-trace, Paris, CNRS Editions, , 415 p. (ISBN 978-2-271-11417-4)
  • « Homme-trace » et « signes-traces », deux paradigmes français à l’épreuve des faits., Rouen, Klog Editions, , 125 p. (ISBN 978-2-9539459-7-3)
  • L'homme trace : perspectives anthropologiques des traces contemporaines, Paris, CNRS Editions, , 410 p. (ISBN 978-2-271-07139-2)
  • Penser autrement la communication : Du sens commun vers le sens scientifique. Du sens scientifique vers la pratique, Paris/Budapest/Kinshasa etc., L'Harmattan, , 247 p. (ISBN 978-2-296-02658-2)
  • Homme/animal : quelles relations ? Quelles communications ?, Mont-Saint-Aignan, Presses Universitaires Rouen, , 228 p. (ISBN 2-87775-353-0)
  • De la formation à l'emploi, le rôle de la communication, Presses Universitaires Pau, , 256 p. (ISBN 978-2-908930-15-3)
  • Projet et communication dans les universites, Editions d'Organisation, , 225 p. (ISBN 978-2-7081-1320-6)
  • Avec Sami Zlitni, Traces numériques : De la production à l'interprétation, Paris, CNRS Editions, , 290 p. (ISBN 978-2-271-07239-9)
  • Avec Fabien Lienard et Sami Zlitni, L'homme-trace : Inscriptions corporelles et techniques, Paris, CNRS Editions, , 284 p. (ISBN 978-2-271-08324-1)[11]
  • Avec Fabienne Martin-Juchat, Le corps communicant : le XXIe siècle, civilisation du corps ?, Paris, L'Harmattan, , 239 p. (ISBN 978-2-296-04597-2)[12]

Articles en ligne[modifier | modifier le code]

  • (en) « From Traces and Human Trace to Human-Trace Paradigm », Springer Proceedings in Complexity,‎ , p. 337-349 (lire en ligne)
  • « A la recherche de la trace », Communication et Organisation,‎ , p. 31-50 (lire en ligne)
  • (en) « The future of the Homme-trace », Netcom,‎ , p. 107-130 (lire en ligne)
  • Avec Fabienne Martin-Juchat, « Du « genre » social au « genre » incorporé : Le « corps genré » des SIC », Revue française des sciences de l’information et de la communication,‎ (lire en ligne)
  • « Expérience incarnée, construction cognitive et jugement », Revue française des sciences de l’information et de la communication,‎ (lire en ligne)
  • « Des signes-traces à l’Homme-trace. La production et l’interprétation des traces placées dans une perspective anthropologique », Intellectica,‎ (lire en ligne)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Communication et Organisation », sur communicationorganisation.revues.org,
  2. « Historique et ramifications », sur http://litis.univ-lehavre.fr, (consulté le 14 avril 2017)
  3. « UMR 6266 IDEES », sur http://umr-idees.cnrs.fr/ (consulté le 14 avril 2017)
  4. « L'Homme-Trace », sur http://umr-idees.cnrs.fr (consulté le 14 avril 2017)
  5. « RIGHT », sur https://rightunivlehavre.wordpress.com (consulté le 14 avril 2017)
  6. (en) « Complex Systems Digital Campus », sur https://en.wikiversity.org, (consulté le 28 avril 2014)
  7. Derrida, Jacques., De la grammatologie, Les Éditions de Minuit, (ISBN 978-2-7073-0012-6, OCLC 906392252, lire en ligne)
  8. a b et c Béatrice Galinon-Mélénec, L'Homme-Trace : Des traces du corps au corps-trace, Paris, CNRS Editions, , 415 p. (ISBN 978-2-271-11417-4), quatrième de couverture
  9. Béatrice Galinon-Mélénec, L'Homme-Trace : Des traces du corps au corps-trace, Paris, CNRS Editions, , 415 p. (ISBN 978-2-271-11417-4), p. 10
  10. « Academia.edu »
  11. Fabienne Duteil-Ogata, « Recension de L'Homme-trace tome III, CNRS éditions »
  12. Ghyslaine Thorion, « Recension de « Le corps communicant – Le XXIe siècle, civilisation du corps ? » in Communication et organisation, 2008. »

Liens externes[modifier | modifier le code]